Il fallait au moins ça, 3 laborantins différents qui parlent de ce jeu, c’est pas rien ! Et oui quand le « buzz » de 2022 (pour le moment) arrive, il faut bien qu’on essaie de creuser un peu ça, et d’aller plus loin que les commentaires, présentations et divers avis dithyrambiques que vous croiserez un peu partout. En même temps, c’est peut être justifié ?
On va essayer d’y voir plus clair, de ne pas se contenter d’une présentation ni de quelques parties (ou moins) et d’aller voir ce qu’il a dans le ventre. Voici en quelques mots l’avis de chaque laborantin, cliquez sur leur nom pour accéder à la critique détaillée :
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L’avis de Philippe B. : Sans être pour moi le jeu de l’année, Akropolis fait remarquablement bien ce pour quoi il est fait, un jeu beaucoup plus subtil qu’il en a l’air, aux règles simples et à la bonne rejouabilité. Le format 2 joueurs est excellent et permet une vraie réflexion tactique. Je me pose juste la question si à 3 ou 4 joueurs les sensations sont les mêmes.
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L’avis de Romain B. : Sans réinventer la roue, sans mécanique incroyable et avec un jeu léger, il fait le boulot. Ajoutons à cela un prix contenu et un rangement de la boite intelligent, et je peux vous conseiller au minimum de l’essayer si l’occasion se présente.
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L’avis de Fabien : Un jeu qu’on dirait créé par un type qui fait des jeux depuis 30 ans tellement les mécaniques s’imbriquent parfaitement, et qui manque tout de même de coffre pour provoquer cet indispensable et si rare effet waouh.
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L’avis de Philippe B. :
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Amis lecteurs, bonjour ! Me voici lancé dans le grand bain avec ce premier article qui va me permettre de vous donner mes impressions concernant le buzz de l’été qu’est Akropolis. Mais avant cela, une courte présentation de ma petite personne… Philou comme diminutif, je traîne mes guêtres dans le milieu du jeu depuis plus de 40 ans et le mot qui me caractérise le mieux c’est éclectique ! Tout comme avec le cinéma, la littérature, la bd ou j’ai la même façon d’aborder les choses, je suis capable de jouer à tout ! Du jeu d’ambiance au familial, du wargame au jeu expert, de l’ameritrash au jeu de rôle. Cela ne me donne aucune légitimité, si ce n’est le fait de m’enthousiasmer chaque jour face à la multitude de produits qui inondent aujourd’hui le marché ! Cela ne m’empêche pas d’avoir mes coups de cœur, mes déceptions et si cet article plaît, qui sait, je les partagerai avec vous en toute humilité. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos constructions…
Je vais essentiellement aborder Akropolis à deux. D’une part cela me permet de faire une dédicace à Mireille Mathieu et placer une vanne de boomer (les moins de 40 ans n’auront pas la réf !) et, c’est sans doute la meilleure raison, c’est qu’en vacances avec mon amoureuse, nous n’avons pas eu l’occasion de le « poncer » de manière intensive avec d’autres joueurs alors que nous avons multiplié les parties en duo. Parlons d’abord thématique et mécanique : Nous incarnons des architectes de la Grèce antique et donc censés construire les plus belles et les plus puissantes des cités. Pour cela, nous avons à notre disposition divers bâtiments et notre matériau de prédilection est bien entendu la pierre. Bon, j’avoue que question immersion ce n’est pas ce que j’ai vu de mieux, mais globalement la notion de construction est bien présente. Concernant la mécanique, dois-je revenir sur les mécanismes du jeu fort bien huilés qui n’ont rien d’originaux, mais qui font parfaitement le travail : À son tour, on va choisir dans une rivière de tuiles celle qui apportera le plus d’avantages et qui permettra de faire le plus de points à la fin du jeu. La première tuile de la ligne est gratuite et les autres peuvent être acquises en dépensant de la pierre, de plus en plus cher au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la tuile de départ.
Les règles de poses dans la cité sont faciles à retenir et tiennent compte d’une logique imparable : Deux marchés ne peuvent pas être côte à côte Les habitations doivent former un seul quartier Les casernes doivent être placées sur les bords extérieurs de la ville Les temples doivent être totalement entourés Les jardins n’ont pas de règles spécifiques. L’aspect le plus intéressant est la possibilité de construire en recouvrant les premières tuiles posées et ainsi constituer une ville sur plusieurs niveaux. Les avantages sont multiples, d’une part en recouvrant des cases incolores représentant des carrières, vous allez gagner des pierres et ainsi vous permettre de ne pas vous limiter, à votre tour, à la seule tuile gratuite que vous seriez sans cela autorisé à prendre et d’autre part à augmenter là valeurs de vos bâtiments en fonction du niveau atteint.
Sur certaines tuiles se trouvent des bonus multiplicateurs correspondant à chaque type de bâtiments et qui vont vous permettre de la façon la plus simple d’appliquer ce coefficient aux nombres de bâtiments en fin de partie et de déterminer le gagnant Après la première partie, tout cela va s’intégrer très facilement et le décompte des points n’est en rien fastidieux. L’aspect tactique prend vraiment son essor après deux ou trois parties et on commence à regarder plus attentivement les tuiles chez son voisin. On va privilégier certains types de bâtiments au détriment des autres et ainsi essayer de gravir les niveaux synonyme de points de victoires plus conséquent. Vaut-il mieux choisir cette tuile qui me donne un bonus intéressant ou vais-je prendre cette autre tuile qui donnerait un avantage marquant à mon adversaire…
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Vous l’avez compris, derrière des mécanismes classiques et des règles simples, Akropolis offre un panel d’émotions qui jusqu’à maintenant nous a permis ma chère et tendre et moi-même de ne pas nous lasser et d’y revenir deux à trois fois dans la journée. Une partie se joue vite, et implicitement, nous avons décidé de nous départager sur 2 parties gagnantes. Pour finir, sans être pour moi le jeu de l’année, Akropolis fait remarquablement bien ce pour quoi il est fait, un jeu beaucoup plus subtil qu’il en a l’air, aux règles simples et à la bonne rejouabilité.
Le format 2 joueurs est excellent et permet une vraie réflexion tactique. Je me pose juste la question si à 3 ou 4 joueurs les sensations sont les mêmes. D’instinct, j’aurai tendance à dire qu’à plus de deux, l’opportunisme l’emporte sur cet aspect tactique qui personnellement m’a particulièrement accroché. Il me reste donc à inviter à la table d’autres joueurs… ce sera fait très vite ! Les potes arrivent demain !!!
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L’avis de Romain B. :
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Construire sa cité grecque en optimisant le placement des différents quartiers et bâtiments, le tout en famille en une demie heure, c’est plutôt intéressant !
Akropolis, le nouveau jeu de Jules Messaud, tête bien connue chez Old Chap Games avec le récent Complices, s’associe à Gigamic pour ce jeu illustré par Pauline Detraz.
Un jeu pour 2 à 4 joueurs avec des parties de 30 à 45 minutes et les plus jeunes sont bien entendus les bienvenus dès qu’ils savent compter et multiplier. Le jeu, tout comme Kingdomino, peut d’ailleurs permettre d’apprendre à compter en s’amusant.
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Dans Akropolis, vous allez construire votre cité en posant des tuiles venant d’un marché commun.
Chaque tuile est composée de 3 hexagones en triangle. A tour de rôle, le joueur peut prendre la tuile de son choix, la première disponible étant gratuite, puis chaque tuile suivante coûtant une pierre, seule ressource du jeu, de plus que la précédente.
Une fois votre tuile choisie, vous pouvez la poser adjacente à une tuile composant votre cité ou en recouvrant 3 hexagones pour monter en hauteur. Écraser des hexagones vous permet de récupérer des ressources si vous écrasez des carrières, et d’avoir des hexagones qui vous rapporteront plus au scoring final. En effet, Akropolis s’explique principalement par son scoring. Tous les types de quartier ont chacun un scoring différent avec un point commun : vous allez multiplier la valeur de chaque hexagone, valeur dépendant de la hauteur de cet hexagone dans votre cité, par le nombre d’étoiles visibles dans votre cité en fin de partie.
Les habitations vous rapporteront des points pour la plus grande zone d’hexagones adjacents, les marchands veulent être isolés, les temples entièrement entourés, les casernes militaires placées sur les bords de la cité et les jardins sont en placement libre.
À vous d’optimiser tous ces placements tout en essayant de monter en hauteur. Un défi bien agréable avec un choix de tuiles suivi d’une bonne réflexion pour son placement.
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Le jeu n’en devient pas pour autant un brise neurone, il garde une légèreté et la partie avance de manière fluide, un gros point positif. Le jeu est également joli, le graphisme est précis et il vous faudra de bons yeux pour deviner les détails de la vie des habitants de votre cité. Le plus important est par contre lisible : les couleurs.
Lors de vos premières parties, faites attention aux étoiles ! Elles n’ont pas besoin de placement particulier (collées ou non aux hexagones qui scorent), leur placement est totalement libre, et surtout peu importe la hauteur à laquelle elles se trouvent, elles n’augmentent pas leur valeur.
Les carrières aussi sont facilement identifiées pour mieux les écraser et récupérer des pierres. Cette gestion de la ressource est un aspect intéressant du jeu, est-ce que je dépense pour prendre une tuile qui me semble très importante ou est-ce que j’en garde pour ne pas louper la tuile qui arriverait plus tard ? A vous de décider et, ne vous inquiétez pas, les pierres en stock, c’est autant de points de victoire en fin de partie.
Et d’ailleurs, l’aide de jeu aidera les nouveaux joueurs à se rappeler du scoring tout comme les joueurs plus expérimentés, avec un rappel de la répartition de chaque type de tuile.
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Et donc, Akropolis, on est akro ?
L’une des premières influences qui vient en tête c’est Kingdomino. Vient également Taluva et le moins que l’on puisse dire c’est que ce sont deux jeux qui sont présents depuis plusieurs années. Pour Akropolis, seul l’avenir nous dira si le jeu s’inscrira dans ces classiques, atteignant des publics de joueurs néophytes et s’il enchaînera les prix ludiques. Il a déjà gagné le prix famille en Angleterre, ce qui est un bon début !
Le jeu est taillé pour les familles, pour les joueurs qui découvrent le monde ludique moderne. Les parties sont courtes, les choix assez clairs, et on a plaisir à monter en niveau lors de la pose. Ajoutons aussi un autre point très positif : l’épaisseur des tuiles ! Elles sont très agréables à manipuler et bien épaisses, ce qui est un excellent choix éditorial pour renforcer le coté 3D quand on les empile.
Le calcul du score de chacun est simple à effectuer, j’avais un doute avec 6 scorings différents, mais non, en 2 minutes c’est réglé.
Akropolis offre une vraie satisfaction en fin de partie et surtout il a cette petite frustration qui donne envie d’y retourner de suite. Le jeu valide pas mal de points positifs, que ce soit matériel, dans sa fluidité et la simplicité de ses règles, il propose des choix intéressants et, au final, on a ce sentiment d’être content de ce que l’on a fait. De quoi dire qu’Akropolis est un top jeu ? Personnellement oui ! Pour moi ce jeu est une porte d’entrée de choix pour de nouveaux ludistes, tout en permettant aux plus expérimentés de se faire plaisir.
Sans réinventer la roue, sans mécanique incroyable et avec un jeu léger, il fait le boulot. Ajoutons à cela un prix contenu et un rangement de la boite intelligent, et je peux vous conseiller au minimum de l’essayer si l’occasion se présente.
Alors, à vous le développement de votre cité en étages avec le risque de finir akro !
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L’avis de Fabien :
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Un jeu qu’on dirait créé par un type qui fait des jeux depuis 30 ans tellement les mécaniques s’imbriquent parfaitement, et qui manque tout de même de coffre pour provoquer cet indispensable effet waouh. Le jeu est limpide, s’explique très rapidement, se comprend tout aussi vite. La mise en place est facilitée par un rangement plutôt bien pensé et sans plastique. Les parties sont rapides, sauf si vous jouez avec des joueurs très lents (vous voyez de qui je parle, on en connaît tous).
C’est franchement une vraie réussite de conception, de design et d’édition. Le rapport entre la mécanique de placement de tuiles et votre cité qui prend forme sous vos yeux au fur et à mesure des tours est parfait. Jetez un œil à votre cité, vue du dessus, et multipliez les places par le bonus de la même couleur (si la contrainte de placement de chaque place est respectée). Il n’y a rien de complexe là-dedans et c’est très certainement sa plus grande force. On le rapprochera d’un Kingdomino dans ce scoring (avec une zone d’une certaine couleur multipliée par le nombre de couronnes présentes dans cette zone), et cette comparaison est plus qu’honorable vu le succès du jeu.
Mais, eh oui il y a un mais, ça manque tout de même d’enthousiasme je trouve. Les sensations que j’ai en y jouant sont de me dire régulièrement durant la partie que c’est très fluide, que ça tourne tout seul, que rien ne me pose question, et que je me laisse embarquer jusqu’à la fin de partie sans aucun accroc, ou point de règles mal rédigé ou mal conçu. Mais, du coup, la partie se termine, et c’était un voyage très paisible. Trop paisible. Je n’ai pas cet effet waouh qu’a pu me procurer un Ark Nova, un Mille Fiori, ou un First Empires, pour ne citer que 3 jeux récents, et qui n’ont rien en commun, à part le fait de m’avoir fait ressentir de superbes sensations en y jouant. Parce que finalement, c’est bien ça que l’on recherche, non ?
Le Festival Paris est Ludique 2022 premier jour !Après 3 ans sans festival (3 ans boudiou!!!) On peut enfin retrouver tout le monde et jouer, discuter et rigoler !
Sur la place parisienne énormément de beau monde, entre auteurs, éditeurs et influenceurs c’est une bonne partie du monde ludique francophone qui s’est réunie pour un grand weekend de jeux.
Au labo on furette un peu partout et on a vu de bien jolies choses comme Shogun no Katana chez Atalia, Hybris Disordered Cosmos qui est jouable sur le stand d’Intrafin. Chez Lucky Duck Games ils ont des jeux qui attirent l’oeil (il y a même un Vindication jouable !). Mais les bestioles en guerre semble être le jeu a surveiller ! Super Meeple vous propose de jouer a Coffee Traders et si vous hésitez a le commander c’est l’occasion de voir le monstre en place et même de le tester !
Un petit coucou à BYR Games avec un jeu d’apéro : Sauce qui Peut, un jeu ou l’on perd ses amis dans la joie et la bonne humeur. Pour finir Thomas a joué lui aussi a East India Companies et semble très motivé a faire l’article sur ce jeu qui arrivera vers Essen.
Bref Les festivals ludiques c’est quand même du pur plaisir de tous vous voir et échanger !
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Le Festival de Thibault :
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De mon côté, j’ai participé à l’animation du stand Days of Wonder pendant les deux jours de Paris est Ludique. Évidemment, les incontournables Aventuriers du Rail (notamment le petit dernier, San Francisco) et Mémoire 44 étaient de la fête, mais j’ai pour ma part passé l’essentiel de mon temps à faire découvrir le tout nouveau Heat, par les auteurs de Flamme Rouge. Il s’agissait encore de la version prototype mais le gameplay hyper satisfaisant et les magnifiques illustrations de Vincent Dutrait ont conquis un grand nombre de joueurs. Un jeu de course dans lequel vous devez jouer votre main le plus stratégiquement possible, et piocher dans votre capital risque au bon moment sous peine de perdre du temps dans un virage ou d’être incapable de mettre la gomme quand il le faudrait.
l J’ai passé un week-end formidable à rencontrer des joueurs de tous horizons, à discuter avec eux, à leur expliquer le jeu mais au-delà de ça, j’ai également grandement apprécié de les accompagner pendant leurs parties endiablées, tellement Heat se révèle cinématique avec tous ces retournements de situations et ces bolides qui avalent les grandes lignes droites à toute vitesse avant de négocier du mieux qu’ils peuvent un virage terriblement serré.
Crash Octopus est un jeu qui a fait l’objet d’une campagne Kickstarter, et qui débarque dans nos contrées grâce à Atalia. C’est Itten, un éditeur japonais qui est à l’origine du projet, et on leur doit notamment Tokyo Highway ou Moon Base. Le jeu qui nous intéresse aujourd’hui est l’œuvre de Naotaka Shimamoto (Tokyo Highway, Moon Base), illustré par Yoshiaki Tomioka (Tokyo Highway, Moon… Bref vous avez saisi l’idée).
C’est donc de pichenette dont il est question, et vous retrouverez dans le dossier que nous avions publié il y a 2 ans, un historique de ce type de jeu, et quelques références devenues des « classiques », comme Pitch Car ou Ice Cool pour ne citer qu’eux.
Crash Octopus, c’est surtout un matériel incroyable, tout en bois, avec un design minimaliste mais très percutant je trouve, et qui attire l’œil bien plus que l’illustration de la boîte pourrait le faire penser. Vous devrez, avec de grands ou petits coups de pichenettes, propulser les trésors de l’océan vers votre bateau, et les garder en équilibre sur ce dernier. Mais plus les joueurs récupèreront de trésors, plus le poulpe le verra d’un mauvais oeil, et essaiera de vous embêter en déplaçant ses tentacules qui bloquent vos lignes de vue, et parfois en faisant tomber votre cargaison à l’eau.
Il est prévu pour 1 à 5 joueurs, à partir de 7 ans et pour une durée de 20 minutes environ.
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Un poulpe en bois
Itten Games est l’un de ces éditeurs asiatiques qui sait apporter de l’élégance à son travail d’édition, et propose des jeux au matériel plutôt rare pour notre marché européen, et c’est tant mieux. Par exemple, Tokyo Highway attire l’œil quand vous croisez la version XL en festival. Ce n’est pas banal comme proposition de jeu, et le joueur est souvent attiré par ce matériel inhabituel, ces boites épurées. Je n’ai pas adhéré au gameplay de Tokyo Highway, j’ai trouvé que l’ergonomie et les diverses manipulations du matériel nuisaient trop au gameplay. Pour Crash Octopus, c’est donc la pichenette qui est au programme, et je dois vous dire que ce n’est pas le type de jeu vers lequel je me dirige en premier.
Mais il faut avouer qu’il sait se faire désirer ce poulpe. Regardez-moi ce matériel épuré et pourtant si attirant. Beau travail d’édition d’ailleurs, de réussir à créer une identité visuelle si particulière et si efficace, et pourtant si épurée. Y’a pas à dire, ils sont forts.
Le matériel ne passe pas inaperçu, et quelqu’un qui passerait devant le jeu en démo en festival ou dans un café jeu serait forcément attiré, et aurait, je pense, la curiosité de s’y attarder.
Sauf s’il est pas curieux.
Par contre, le seul défaut, et pas des moindres, c’est les drapeaux et leurs hampes, qui au bout de 2 parties ont rendu l’âme pour 2 d’entre eux. C’est dommage, car c’est l’élément qui est mis à plus rude épreuve, puisqu’il sert à faire la pichenette en le faisant pivoter entre ses doigts. Un point de colle et ça sera réglé, mais c’est tout de même dommage, vu la qualité et la beauté du reste du matériel.
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Poulpe pas si méchant
On pourrait penser, en voyant l’illustration, ou en s’imaginant tout simplement un poulpe géant avec des petits bateaux au milieu de ses tentacules, que ces bateaux ne feraient pas les malins face aux tentacules. Eh bien, finalement, ils fanfaronnent pas mal je trouve. Et c’est mon regret, j’aurais aimé quelque chose de plus chaotique qui collerait au thème du kraken. Finalement, à moins de faire rebondir un dé sur la tête du poulpe, pour qu’il atterrisse et renverse votre bateau, les interactions avec le poulpe se borneront généralement à des déplacements de tentacules qui viendront vous gêner dans vos lignes de vue pour récupérer les trésors, et vous obligeront à vous déplacer. Pas assez chaotique et fou-fou selon moi ; mais bon, j’aurais dû m’en douter, le poulpe est quand même tout rose bonbon mignon sur la boite, ça ne prédestinait pas l’affrontement contre le kraken géant comme dans Pirates des Caraïbes.
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Familial par excellence
La pichenette, quand c’est amené comme ça, c’est l’idéal pour du jeu inter générationnel, de bons moments en famille, des fous rires et des Ooooooh et de Woaaaaaah (Oui, des gens font ça quand ils jouent… certainement… quelque part.). Pas vraiment de prise de tête ave Crash Octopus, tout le monde est là pour s’amuser, la gagne devient secondaire, et on ne se fait pas de nœud au cerveau. Partez plutôt sur Pitch Out ou A la Conquêtes des Catacombes si vous voulez de la pichenette avec un peu plus de profondeur et de choses à gérer.
Mais Crash Octopus est très bien comme cela, prenez-le pour ce qu’il est, et vous passerez un bon moment autour de la table.
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A noter la présence dans la boite de matériel pour 2 pièces optionnelles, l’île sans nom, et le pirate Rose, à ajouter ou non au jeu de base, pour varier les plaisirs.
Et si on se lançait dans l’immobilier ? Pas comme tous ces gagne-petit qui cherchent à vous vendre un appartement : « La cuisine est neuve et il faudra prévoir quelques travaux dans les WC. ». Non, dans l’immobilier le vrai ! On achète des terrains, on construit des immeubles, on loue les locaux et on revend le tout (avec les gens dedans tant qu’à faire) pour se faire une belle plus-value !
Ça vous tente ? Alors on sort la boite de Magnate : the First City et on se lance !
Dans ce jeu de James Naylor, dont c’est le premier jeu d’ailleurs, édité par Naylor Games (dont c’est aussi le premier jeu) et passé par un Kickstarter… Hey, attendez, Kickstarter servirait à des auteurs pour créer leur premier jeu ? Ce n’est pas une plateforme de précommande de jeux en retard ?
Bref, monsieur Naylor a revisité le Monopoly et en a fait un jeu, il est passé par Kickstarter pour l’éditer et nous on s’est dit : « Allez, ça sent bon cette affaire. ».
Il y avait des indices, des signaux pour se dire ce jeu-là, on l’évite c’est pas plus mal.
Et pourtant ! Une fois reçu et joué, on a surtout félicité le copain qui a eu le nez pour participer quand-même à ce projet !
Magnates, ou comment jouer au capitalisme immobilier sans aucun état d’âme.
Le jeu vous propose d’acheter des terrains, d’y construire des maisons, des immeubles d’habitations, des centres commerciaux, des zones industrielles ou encore des buildings d’entreprises. Une fois construit, votre projet accueillera des occupants, et une fois les loyers empochés… On revend le tout pour maximiser les profits !
Les joueurs vont donc créer une bulle financière où les prix monteront crescendo jusqu’à l’explosion de cette bulle qui déclenche la fin de partie. À vous d’avoir maximisé vos profits pour sortir vainqueur de cette compétition immobilière avec plus d’argent que vos adversaires.
Âmes sensibles s’abstenir, ici, on achète, on vend, on bétonne, et le tout sans se soucier de ce qui pousse ou vit autour. Quoi que certains emplacements sont plus attractifs pour d’éventuels locataires comme un bois ou un parc, là où un aéroport attirera les entreprises mais fera fuir les familles.
Il y a donc un premier niveau de compétition sur le choix des emplacements pour construire. Tous ne sont pas accessibles, donc à chacun de les choisir au mieux.
Ensuite, que construire ? Plusieurs paramètres entrent en compte comme le vivier de clients potentiels pour chaque type de construction.
Et une fois votre projet bâti, encore faut-il attirer le chaland ! Cette phase au début de chaque manche vous verra lancer des brouettes de dés ! Une brouette ? Vraiment ? Quand on en vient à lancer 15 ou 18 dés, je trouve le terme plutôt approprié, non ?
Avec vos dés, à vous d’obtenir les meilleurs combos pour remplir votre bâtiment tout neuf.
Le but est simple : avoir un bâtiment bien rempli pour tout simplement le vendre avec ses occupants et ainsi vous refaire la cerise avec un joli profit au passage et avec cet argent tout frais…. Réinvestir dans un projet encore plus lucratif !
Mais attention ! À chaque manche le jeu va accélérer. Les ventes, la publicité pour attirer des locataires, le prix actuel du marché, autant de paramètres qui feront piocher des cartes danger et ainsi vous rapprocher de l’explosion de cette bulle financière.
Parce que quand ça va péter, et ça va péter, j’espère que vous aurez tout revendu ! Une fois que la fin de partie est déclenchée, les prix retombent comme un soufflé, ou plutôt comme un avion sans aile.
S’il vous restait des propriétés, elles ne valent quasiment plus rien. Les joueurs font alors le compte de tout l’argent accumulé par chacun, et le plus riche l’emporte ! Oui, pas de morale, même à la fin, faut pas déconner, on est là pour le flouse pas les sentiments !
Magnates c’est donc un Monopoly qui a appuyé sur le bouton nitro de sa voiture, le jeu accélère de plus en plus fort et le grand mur de la fin de la partie, il rentre joyeusement dedans en souriant de toutes ses dents. Ce n’est pas pour autant un party game, vous prendrez le temps de réfléchir où investir, quand vendre et comment réinvestir. On aime bien rigoler, mais quand ça parle de gros sous, on sait rester focus.
Pour autant le jeu demande de ne pas le prendre au sérieux. Mettez l’ambiance, balancez vos billets au banquier comme si c’était votre strip teaseuse, montrez un petit billet de 5 millions aux autres pour vous la péter, bref ! Soyez capitaliste tel le loup de Wall Street ! Avec du panache.
Magnates, c’est un jeu où l’ambiance autour de la table fait partie de l’expérience de jeu. Si votre style c’est camomille, pas un mot et réflexion, il vaut peut-être mieux y réfléchir à deux fois avant d’investir. A près de 100€ la boite, on se demande si l’auteur/éditeur n’a pas pour but de créer une mise en abîme du joueur au moment de l’achat.
Le jeu se veut fun sous ses aspects requin de la finance. Lancer 17 dés pour essayer d’attirer une firme d’avocats dans une playstation 5, il fallait oser. L’autre morceau de gameplay qui me plait le plus dans ce jeu c’est le panic switch.
Ce moment où un joueur va tenter de rentrer dans la tête des autres pour provoquer des ventes. Pas une ou deux, mais 3 ventes par joueur (chacun dispose de 3 actions par manche) pour faire exploser la bulle à ce moment précis. Et c’est là que l’impasse mexicaine apparaît ! Normalement il faut être 3, que chacun braque les deux autres et qu’au final on soit tous quand-même bien emmerdé.
Cette fois, vous pourrez créer des impasses à 4 et même à 5 ! Tout le monde se regarde, un joueur vend… Les autres le suivront-ils ? Et à chaque vente il est toujours possible de dire stop, de ne pas vendre, de ne pas suivre tel un mouton, « Parce que, moi, je dicte le marché, je suis pas les autres, moi !
Et du coup, tu fais quoi ?
Ben je vends… Mais c’est parce que je l’ai décidé, ok ! »
Ce genre de situation où tout peut déraper, et même si tout le monde vend, il reste possible que le jeu ne se termine pas quand-même ! Ah ! Le petit malin du fond qui avait gardé une maison, il ne la vend plus 4 mais 9 millions avec cette manche supplémentaire. Il se gave, il fait même des bisous aux billets qu’il vient d’empocher parce que tout le monde le sait qu’avec cette maisonnette ridicule, il vient de gagner la partie.
Voilà Magnates. Si ce petit résumé vous fait penser que vous aussi, insulter vos potes, vous prendre pour Trump et twitter n’importe quoi, alors go ! Soyez fous, soyez immatures et rejouez au Monopoly « mais en mieux quand-même », et avec Magnates, c’est ce que vous aurez sur la table.
A l’aventure compagnons ! Pour protéger le royaume, montez votre petite équipe de fiers aventuriers et partez à travers les vallées et forêts bouter renards, crocodiles et cochons hors du royaume, tout en récoltant des trésors ; et n’oubliez pas d’attraper les fées que vous pourriez apercevoir. Si votre âme de bricoleur ludique vous démange vous pourrez aussi reconstruire les villages à travers le royaume !
Le jeu reprend une mécanique qui m’est chère : le bag building. Cette mécanique utilise un sac que chaque joueur va garnir de jetons. Les jetons représentent les membres de votre expédition que vous allez piocher à chaque manche.
Le but est d’exploiter au mieux ces jetons et d’en récupérer de nouveaux pour améliorer vos prochains tirages.
Les gardiens de Havresac propose donc cette mécanique qu’Orléans a mise en lumière, le tout dans un jeu plus accessible et surtout avec une durée plus courte, comptez 45 minutes par partie quand tout le monde connait le jeu. Et pour l’âge des joueurs, vous pouvez y aller à partir de 8 ans pour les enfants habitués aux jeux.
Les joueurs disposent chacun de leur plateau royaume, tous les plateaux étant disposés à l’identique. Ce sera donc à chacun de faire les meilleurs choix en fonction de la sortie de vos jetons pour combattre et récolter au mieux les éléments de votre plateau.
Une fois cette phase de jeu effectuée, chaque joueur obtient des points de victoire et de l’argent en fonction de la gloire qu’il a accumulée pendant la manche, et, avec cet argent, à vous le recrutement de nouveaux compagnons ! Il en existe 6 différents avec, pour chacun d’entre eux, 2 pouvoirs possibles, le pouvoir actif de chacun pour la partie étant défini à la mise en place.
Les parties sont rapides ; une fois que chacun a bien compris le principe de chaque jeton, les joueurs peuvent même jouer en simultané.
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C’est aussi pour moi le gros point faible du jeu, on joue totalement dans son coin sans avoir besoin de regarder ce que font les autres joueurs. Il n’y a pas d’interaction, ce qui posera un souci à certains joueurs, donc autant prévenir tout le monde.
De ce fait, le jeu fonctionne très bien dans toutes ses configurations puisque le nombre de joueurs ne changera rien au gameplay de la partie.
Le deuxième point négatif du jeu est son manque de rejouabilité. Alors, calmons-nous quand-même, le jeu est tout à fait rejouable, mais n’enchainez pas 30 parties dans votre semaine pour ne pas vous en lasser tout simplement. Ce qui me dérange est le départ avec les mêmes jetons, le fait que toutes les cartes ajoutant les monstres seront jouées à chaque partie, j’ai du mal avec les jeux ou l’on verra toutes les infos à chaque partie, comme Rococo par exemple.
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Donc ce gardien de Havresac on le recommande ?
Oui c’est un bon jeu avec une mécanique peut exploitée et un univers visuel et thématique bien adapté. Chacun prendra son plaisir à jouer ses gardiens et accumuler gloire et pièces d’or pour améliorer ses gardiens tout au long des 5 manches qui composent la partie.
Le jeu est familial, vous pourrez embarquer tous les ludistes en herbe de tout âge et même les joueurs plus aguerris pour une petite partie ou deux !
C’est encore une fois un jeu où l’on reconnaît de suite le style de l’éditeur Catch’up, des jeux aux règles fluides, au gameplay bien dans le thème, et une patte graphique qui se dessine boite après boite. Ajoutons aussi le prix qui reste contenu pour ce format de boite ; dans la flambée actuelle c’est toujours agréable.
Avec les gardiens de Havresac, c’est un jeu familial, malin et au temps de jeu contenu qui nous est proposé, et si le manque d’interaction ne vous dérange pas, alors vous pouvez y aller, vous aurez un jeu de plus pour faire découvrir les jeux de société et jouer en famille !