Test : The Brambles

Test : The Brambles

The Game Crafter est  un site américain proposant des jeux indépendants aux thèmes peu courants.

Avec The Brambles, vous allez combattre des esprits dans une ambiance tarot de divination. Le tout illustré avec des dessins issus des XVIème et XVIIème siècles, à ne pas mettre entre toutes les mains.

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Le jeu de John Burton est exclusivement prévu pour le solo. La mécanique est simple mais c’est ce qui la rend également addictive. Vous disposez de 2 decks de cartes :

  • Un pour les esprits à combattre de niveau 1 à 5.
  • Un pour les cartes que vous allez jouer. Il se compose de cartes d’esprits avec des valeurs de 1 à 14 qui sont réparties dans 5 familles. Vous trouverez également des ronciers, cartes négatives qu’il faudra détruire. Pour vous aider, des cartes spéciales sont également présentes avec des ciseaux de tonte sacrés, des visions et des convergences de flux.

Le but du jeu est de défaire les 20 esprits en composant pour chacun d’eux une main de 3 cartes.

De la paire avec une carte quelconque pour un esprit de niveau 1, vous irez jusqu’à une suite couleur pour défaire un esprit de niveau 5 en passant par la couleur ou le brelan.

Bien entendu, une main permettant de vaincre un niveau d’esprit fonctionne contre un esprit de niveau inférieur.

Le jeu rappelle The Game en solo, ce sentiment d’urgence et de gestion mélangées, et de ne pas savoir si au bout du compte on arrivera à terminer victorieux ou non.

C’est ce qui fait sa force et lui amène une très bonne rejouabilité. The Bramblers fait partie de ces jeux « coin de table » ou « pause déj », un quart d’heure devant soit et hop c’est parti ! Un petit jeu solo au charme atypique avec ses illustrations.

Donc pour du jeu solo rapide et malin vous pouvez y aller !

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Disponible ici :

Prix constaté : 24.99 dollars

Kickstarter : It’s a Wonderful Kingdom

Kickstarter : It’s a Wonderful Kingdom

It’s a Wonderful Kingdom (IWK) est un jeu qui est en financement participatif sur la plateforme Kickstarter du mardi 20 avril au 06 mai 2021, pour une livraison envisagée en janvier 2022.

Il s’agit d’un jeu de Frédéric Guérard (It’s a Wonderful World, Bellum Magica, Meeple Land, Grandbois), illustré par Anthony Wolf (Huns, Daimyo), pour 1 à 2 joueurs, à partir de 14 ans ( 12 ans si habitué), pour des parties de 45 min (60 à 90 min selon les modules et les joueurs !), édité par La Boite de Jeu et Origames.

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Dans It’s a Wonderful Kingdom, vous incarnerez un Duché en quête de pouvoir. Le trône vide de son ancienne Monarque appelle un héritier légitime. A vous de lutter pour récupérer votre juste place à la tête du Royaume.  Vous allez devoir choisir les routes de votre avenir et vous développer plus vite et mieux que votre adversaire. Vous devrez choisir vos développements pour définir votre stratégie d’expansion, et développer votre productivité afin d’accéder au pouvoir.

Mais saurez-vous éviter les pièges tendus par l’adversaire, et ruser suffisamment en l’incitant à commettre des erreurs ?

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IWK est un jeu qui reprend grandement (2 phases sur 3), la mécanique de It’s a Wonderful World sorti en 2019 chez les mêmes éditeurs.

On ne retrouve par contre que 4 ressources dans le jeu, soit une de moins que dans IWW :

  • Les Matériaux – cubes gris
  • La Population – cubes violets
  • L’Or – cubes jaunes
  • L’Exploration – cubes bleus

Enfin, il n’y a plus qu’un seul type de jetons, les soldats.

Ces soldats ne sont pas récupérés directement après une majorité de production, mais passent par une zone tampon, l’entrainement. Il vous faudra donc lors de la phase 3, obtenir 2 majorités pour récupérer un jeton soldat.

Les jetons Soldat sont aussi récupérables en bonus lors de la construction complète de certaines cartes.

Ils ne sont pas majorés en points de victoire à la fin de la partie, ne sont donc pas présents sur les cartes dans les zones de multiplication de points de victoire, par contre ils ont d’autres utilités :

  • Dans le module Conseillers, ils servent à déclencher les pouvoirs des conseillers quand on les dépense.
  • Dans le module Menaces, ils servent pendant une 4ème phase, la phase de Combat, à vaincre et éliminer les menaces présentes dans notre zone de construction.
  • Dans le module Quête, ils servent à satisfaire des étapes.

Le matériel est donc sensiblement identique dans sa forme, un certain nombre de cartes, des cubes de ressources, des jetons divers et variés, bref nous restons en terrain connu, et ses différences et son grand intérêt ne se trouvent pas ici.

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A quoi ça ressemble ?

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Comment ça marche ?

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À chaque tour, vous et votre adversaire allez vous proposer des cartes dans 2 zones de sélections distinctes. L’un après l’autre, vous récupérerez au choix les cartes d’une zone, mais attention aux cartes négatives qui feront perdre des points et ralentiront votre développement. Une fois la phase de Choix achevée, vous pourrez opter entre défausser vos cartes récupérées pour gagner des ressources instantanément, ou conserver ces cartes pour essayer de les construire, et ainsi développer votre Duché, améliorer votre production, et gagner des points de victoire.

A la différence de IWW, ici point de draft de cartes, mais l’apparition d’une nouvelle phase de jeu : la phase de Choix ou aussi nommée « Split & Trap ».

Cette phase va consister à répartir en alternance 2 cartes de sa main sur un ou deux emplacements et de choisir un tas parmi les deux (Split).

Il sera possible, à l’aide de deux jetons (jetons Piège), de pouvoir proposer deux cartes maximum de sa main, face cachée, afin de rajouter de l’inconnu dans le choix de l’adversaire (Trap).

La seconde phase est celle de la planification. Les joueurs comme dans IWW vont décider ce qu’ils vont faire des cartes récupérées dans la phase précédente.

  • Passer la carte en zone de construction
  • Recyclage de la carte

Selon les modules utilisés, certaines cartes seront affectées automatiquement à des zones précises. En effet, avec le module Conseillers par exemple, chaque carte conseiller récupérée sera mise automatiquement dans une zone proche de la carte Duché : la zone du conseil. De plus, chaque carte Conseiller apporte l’obtention d’un jeton soldat au joueur.

Avec le module Menaces, plus agressif, interactif et punitif, chaque créature récupérée pendant la phase de sélection sera transférée dans la zone de construction du joueur et déclenchera le cas échéant un effet pour le moins gênant !

Les cartes Trésors (hors module Conseillers) sont des cartes qui seront automatiquement recyclées.

La 3ème phase est donc la phase de production, là aussi identique à celle de IWW, où les joueurs vont récupérer leurs productions dans un sens fixe et récupérer ou non des jetons Soldat en fonction des majorités.

À la fin du 4ème Tour, le joueur avec le plus de Points de Victoire gagne la partie.

Les différents Modules (Menace, Conseillers, Quête, Conquête) proposeront de faire varier les mécanismes du jeu pour différents types d’interactions et encore plus de rejouabilité.

Ces modules sont vraiment des éléments essentiels de l’intérêt, et la rejouabilité de IWK tant ils bougent les lignes en fonction de leur facilité d’utilisation et d’intégration, l’impact sur l’interaction et le côté punitif du jeu, et de facto des points de victoire.

  • Module Menaces 
    • Interactivité 4/5
    • Difficulté 3/5
Carte Ombre
  • Module Conseillers
    • Interactivité 2/5
    • Difficulté 2/5
Carte Calamité
  • Module Quête
    • Interactivité 1/5
    • Difficulté 1/5
Carte Quête

Le module Menaces est un peu particulier car il contient plusieurs choix de créature en début de partie et rajoute la phase de Combat. Et ce n’est pas de la littérature, je peux vous assurer que la tension et la gestion des soldats par exemple n’est pas la même avec des Conseillers ou en étant confronté à des Menaces !

Le 3ème module, que je n’ai pas eu la chance de jouer, est la Quête, qui propose aux deux joueurs de répondre à des objectifs ou étapes avec un coût et une récompense. Les joueurs ont la liberté de satisfaire ou non, et dans l’ordre qu’ils veulent 3 étapes sur les 4 et d’en récolter ou non les gains.

Par contre, la dernière étape de chaque quête est obligatoire, et si un joueur ne peut pas la résoudre alors il perdra automatiquement la partie ! Encore une autre façon de jouer et de gérer ses ressources en donnant une utilisation autre que sur les cartes à construire.

Un autre module, Conquête, sera exclusif à la campagne KS et proposera encore une autre mécanique de jeu et un nouveau matériel !

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VERDICT

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Un des gros points forts de ce jeu, c’est la diversité des parties et la possibilité de gérer ces différents curseurs.

Que cela soit dans la gestion des modules, mais aussi de la face de son Duché. Comme dans IWW, vous aurez la possibilité de jouer en mode plus facile en sélectionnant la face A, où chaque joueur aura un multiplicateur de points de victoire différent, et où la production de départ sera asymétrique.

Avec ce choix, les points de victoires sont plus hauts en fin de partie, et les joueurs ne se battent pas forcement systématiquement sur toutes les cartes.

La phase B est une tout autre histoire ! La production de base est la même pour chaque joueur et aucun multiplicateur de points n’est présent sur la carte Duché. Les parties sont donc beaucoup plus tendues, plus fortes en interaction et moins explosives au niveau des points de victoire en fin de partie.

Alors oui, si vous n’aimez pas la mécanique de IWW, IWK ne parviendra surement pas à vous séduire.

Par contre, si vous ne connaissez pas ou si vous aimez jouer à IWW, alors sans aucune hésitation, foncez !

Bien que le mode 2 joueurs tourne bien avec le draft dans IWW, ici tout a été réuni pour que ce mode explose en bouche et libère toutes les saveurs que l’on attend d’un jeu en duo :

  • La diversité des parties : Que cela soit dans le choix du Duché, de sa face A ou B, et des modules (et même des Menaces), vos parties n’auront jamais la même saveur, et ça c’est chouette !
  • La rejouabilité : Les jeux de duel sont souvent, quand ils sont bons, déclencheurs de « parties revanches ». IWK ne dérogera pas à cette règle, croyez-moi, même si les parties ne seront jamais courtes, vous aurez envie d’enchainer les confrontations.
  • La tension : Vos choix impacteront directement votre jeu et celui de votre adversaire, plus ou moins en fonction du module choisi, mais toujours lors de la 1ère phase du jeu : la phase de sélection/choix. Le côté bluff vient se rajouter et croyez-moi c’est un pur délice tant il est bien équilibré.
  • L’apprentissage : Une chose est certaine, plus vous jouerez, plus vous serez à l’aise avec la seconde phase, la planification. L’optimisation s’apprend au fur et à mesure des parties, et cela crée un sentiment de confort très agréable au fur et à mesure de la « maîtrise » des mécaniques.
  • L’équilibrage : Les cartes et le gameplay ont été peaufinés à la perfection. Si vous avez un différentiel énorme à la fin de la partie, c’est que c’est un accident de parcours, et cela ne devrait pas arriver souvent (ce qui pouvait être le cas en multijoueur à IWW).
  • Illustrations : Encore une fois, on passe du temps à regarder en détail les fabuleuses illustrations des cartes (Merci Anthony !), un vrai univers s’offre à vous à chaque carte !

Attention, IWK augmente le niveau de réflexion des parties, contrairement à IWW. Autant on pouvait se poser la question de classer IWW parmi les jeux familiaux pour certains, familial + voire expert pour d’autres, ici avec IWK, la question est vite répondue, nous sommes à minima dans du familial + et moi je le classerais dans du jeu expert tant les choix sont compliqués à toutes les phases du jeu, et que l’apport dans la première phase du bluff n’est pas forcément intuitif.

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Adeptes de l’ « Analysis Paralysis », bienvenue !!

Souvent, dans certains jeux de gestion, nous sommes obligés d’attendre notre tour pour réfléchir à notre coup, car le matériel peut être amené à évoluer entre deux tours, mais ici ce n’est pas le cas. Ce qui va plutôt développer le temps de jeu individuel, c’est que chaque action devra être réfléchie, pesée. Chaque choix dans les deux premières phases devra être vraiment analysé, assumé.

Et quand on aime assumer des choix forts, prendre des risques, souvent réfléchis, eh bien on aime prendre son temps. Comptez donc entre 60 et 90 min par partie et de quoi hydrater votre cerveau !

Pour ma part, chaque partie apporte son lot de surprises, de déceptions, de satisfactions, cela faisait vraiment longtemps (peut être depuis ma découverte de IWW ^^) que je n’avais pas ressenti autant de plaisir à jouer en duo compétitif !

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Si vous n’êtes pas habitués à participer à des campagnes de financement participatif, sachez que La Boite de Jeu est un éditeur français sérieux et compétent, que ce soit dans la qualité de ces jeux et l’expérience des campagnes de financement (prix, qualité et délais de livraison). Vous pouvez bien sûr attendre la sortie boutique prévue au 1er trimestre 2022, mais vous n’aurez pas la totalité du matériel pour un cout souvent identique ou très proche.

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Pour les amateurs, le jeu marche aussi en mode solo. Comme pour le jeu 2 joueurs, un module devra être choisi en début de partie, et seule la 1ère étape du jeu sera quelque peu modifiée. Une pioche Danger sera créée afin de simuler une confrontation. De plus, un seul jeton Piège sera utilisé à chaque manche et permettra de révéler une carte au lieu de l’inverse pour le jeu 2 joueurs.

Enfin une étape de « Fouille » permettra de faire tourner les cartes Développement plus rapidement.

Ensuite, chaque module mettra à votre disposition un tableau de score comparatif afin d’évaluer votre performance !

Moi, la décision est déjà prise !

Lien des règles en français : https://www.laboitedejeu.fr/wp-content/uploads/2021/04/IWK-FR-STD-rules-preKS.pdf

Cliquez ici pour le lien de la campagne Kickstarter.

Dossier : Le jeu Solo

Dossier : Le jeu Solo

Le jeu dit de société en solo : comment le choisir, quel est l’intérêt et surtout, pourquoi jouer en solo ?

Je vais tenter de répondre à ces questions en me basant sur ma propre expérience.

Depuis que je joue aux jeux de société dits modernes (si vous voulez savoir, comment j’en suis venu là je vous propose de cliquer ici, pour accéder à l’article où j’explique comment je suis entré dans le monde des ludistes modernes) je pensais que pour jouer aux jeux dits de société, il fallait être….bah en société…

Logique non ?

Et puis, un beau jour, j’entends parler de jeux en solo.

Donc là déjà, je m’interroge !

Jouer aux jeux de société en solo, je trouve que l’expression en elle-même est assez paradoxale (C’est pas faux !) !

Bref, curiosité piquée au vif, je regarde ce qui se fait !

Et je découvre un groupe dédié aux jeux de société en solo (toujours cette expression qui me perturbe, mais soit !).

Je remplis ma demande d’adhésion au groupe facebook accessible ici : Jeu de société en Solo.

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Et donc, je découvre qu’il existe des tas de jeux de société jouables en solo (Bon, vous avez compris l’idée, j’arrête avec l’appellation « de société ».), des beaux, des moches, des courts, des longs, des plus simples aux plus experts, bref je découvre un nouvel univers !

Mais alors la question qui se pose… Pourquoi ?

Pourquoi ai-je voulu franchir le cap et jouer en solo ? Eh bien je vous remercie d’avoir posé la question et la réponse va être aussi nette que tranchante :

PARCE QUE !!!!

Voilà la blague facile est faite, et si vous avez aussi eu l’image d’une canette d’Orangina rouge avec une tronçonneuse à la main, c’est que vous êtes un mordu de la TV de la fin des années 90 !

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Blague à part donc, jouer en solo avait beaucoup d’avantages pour moi :

  • L’apprentissage des règles en solo permettait de mieux appréhender le jeu avant de l’expliquer à un groupe, sauf si le solo est fondamentalement différent, mais ce n’est pas si souvent le cas, beaucoup de règles sont communes.
  • Cela évite de jouer 2 joueurs pour essayer de comprendre le jeu.
  • Cela me permettait de me sortir de mes écrans, quitte à jouer en solo, autant que ce soit différent de ce que je connaissais déjà par cœur.
  • Mais surtout, cela me permettait de sortir un jeu pour lequel je n’avais pas spécialement de public, ou pas toujours du monde disponible pour y jouer.

Vous ne vous êtes jamais surpris étant jeune à sortir un Monopoly, un jeu d’échecs, un jeu de dames ou autre, et de jouer 2 fois comme si vous étiez vous, contre une autre version de vous-même ?

Il n’y a que moi ?

Bon tant pis… (Mais je suis sûr que vous l’avez fait, mais vous n’osez pas l’avouer…)

L’avantage du jeu solo c’est qu’on n’a pas de parti pris, on joue, on respecte la règle et hop on gagne ou on perd.

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Mais j’en vois qui doutent, pourquoi jouer en solo ?

Autant sortir un bon jeu sur smartphone/console ou ordinateur non ? Le jeu de société est bien fait pour être joué en société ?

Je n’aurai qu’une chose à dire :

Cela vous choque de voir une personne faire des mots croisés, des sudokus, des mots mêlés ou autre test psychologique ou jeu disponible dans un magazine généralisé ou spécialisé ? Ou même le très célèbre Rubik’s Cube ? « Les casse-têtes chinois » selon une ancienne appellation ?

Non ?

Alors pourquoi douter de l’intérêt de jouer à un jeu que l’on aime en solo ?

Fût-il faussement appelé jeu « de société ? »

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Alors, maintenant que j’ai bien raconté ma vie, passons plus en détail à comment choisir son jeu solo.

Dans cette partie, je vais tenter d’être neutre et de donner des éléments pour trouver LE bon jeu solo qui vous correspond. Certes, certains seront purement subjectifs, mais je ferai tout pour être neutre et ne pas parler de ce que j’aime en particulier, mais des faits plus concrets. (Avec des exemples, qui eux, seront personnels.)

Alors comment bien choisir son jeu ?

Déjà la base est de savoir ce que vous recherchez comme jeu :

Un jeu 100% solo tel un mot croisé ?

Cela existe oui, je vous citerai « Vendredi » le pionnier du genre, mais aussi « Coffee Roaster » ou encore « Négociateur en prise d’otages », « Warp’s Edge » ce ne sont que quelques exemples et des jeux plutôt rapides, mais il en existe bien d’autres.

Ou alors un jeu qui dispose d’un mode solo, même s’il peut se jouer à plusieurs ?

On ne va pas se mentir, ce type est le plus répandu, le plus représenté avec plus ou moins de réussite.

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Une fois le choix du 100% solo ou d’un jeu disposant d’un mode solo, quelle est la prochaine étape ?

Je pense qu’il faut définir la mécanique ensuite.

Est-ce que je recherche un jeu de pose d’ouvriers, un jeu de cartes, un jeu de dés, un jeu de gestion, un jeu de pions, un coopératif ou un compétitif etc. etc. ? Ou est-ce que je recherche un jeu qui allie plusieurs mécaniques ? Parce qu’avant toute chose, il faut savoir si la mécanique va nous plaire, si vous êtes allergique au hasard, est-ce qu’un jeu qui se joue uniquement aux dés ou avec des pioches de cartes va vous convenir ?

C’est une étape cruciale que je place avant le thème et l’esthétique d’un jeu puisque si on est allergique à une mécanique c’est important de savoir avant de se ruer en boutique (ou sur une plateforme de financement participatif) pour acheter un jeu.

Je prends l’exemple d’un ami qui déteste les jeux de pose d’ouvriers, j’ai bien tenté de l’initier à quelques jeux, mais il trouve ces jeux trop frustrants en termes de durée, de possibilités et de restrictions d’actions par tour. Donc, pour lui, un jeu de pose d’ouvriers sera immédiatement un frein avant même de savoir quel est le thème du jeu ou s’il est beau ou propose un réel défi.

Donc, de mon point de vue, la mécanique est vraiment très importante pour vraiment prendre du plaisir !

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Ensuite je mettrais le thème en second critère.

Mais ce n’est pas une vérité absolue, pour moi qui suis allergique à la fantasy sous toutes ses formes, même si la mécanique que je préfère est bien présente, je ne m’intéresserai même pas au jeu, ni de près, ni de loin. Mais là, c’est un critère très personnel. D’un point de vue plus objectif, je dirais qu’il faut que le thème passe en second, après la mécanique.

Pourquoi choisir un thème qui vous plait ?

Parce qu’une fois que vous savez que les mécaniques vous plaisent, il faut savoir si vous allez avoir affaire à un jeu qui va vous raconter une histoire, qui va vous immerger dans son thème. Soit on achète un jeu de type « abstrait » parce que l’on apprécie la mécanique, tel qu’un « casse-tête » comme un Rubik’s Cube par exemple ou un IQ challenge ou un Perplexus pour citer quelques casse-têtes solitaires.

Soit on achète un jeu pour se plonger dedans.

Plusieurs exemples basés sur mes goûts personnels me viennent en tête.

Anachrony (Eh oui, je le cite à la moindre occasion !) est, pour moi, très thématique, j’ai vraiment l’impression d’envoyer mes ouvriers dans leurs exosquelettes pour effectuer des tâches, j’ai vraiment l’impression de voyager dans le temps et de me battre contre le temps lui-même (dans son mode solo initial) !

Terraforming Mars, j’ai vraiment l’impression d’être à la tête d’une corporation qui voit défiler des contrats et des idées, qui en sélectionne et qui termine par avoir bâti quelque chose de concret (surtout avec des tuiles en 3D pour renforcer l’immersion).

This War of Mine aussi me plonge vraiment dans l’ambiance cruelle et dure de la guerre (même si je n’ai pas connu la guerre moi-même) et je ressors d’une séance de ce jeu vraiment avec un état d’esprit différent, j’ai éprouvé de l’empathie pour les personnages que j’ai joués, ceux que j’ai rencontrés, etc. etc…

Nemesis, là aussi j’ai vraiment l’impression de vivre le film « Alien le 8ème passager » quand j’y joue, j’angoisse dès que je rentre dans une pièce, je tente d’accomplir ma mission et de me sortir de là fissa !

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A l’inverse, vous pouvez choisir des jeux pour leurs mécaniques et non pour leur thème car quand vous allez y jouer, vous n’aurez pas l’impression de réaliser quoi que ce soit.

Je citerais Tapestry (un jeu que j’adore), mais quand on peut envoyer des personnes dans l’espace, sans jamais avoir développé l’écriture ou l’agriculture, vous aurez du mal d’avoir l’impression de mener une civilisation quelque part.

Idem pour It’s a Wonderful World, une mécanique au top, mais aucune impression d’être à la tête d’un empire ou d’accumuler des ressources, il sera plus simple de dire que vous produisez du gris pour construire cette carte, carte qui vous donnera accès à du noir et du vert lors de la prochaine phase de production.

Et les Châteaux de Bourgogne non plus ne donne pas l’impression d’avoir bâti un domaine, pourtant ce jeu est extraordinaire aussi en solo ! (avis tout personnel).

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Voilà quelques exemples, mais pour moi, le thème est important pour savoir où on met les pieds.

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Ensuite vient aussi l’idée de savoir contre quoi vous allez vous battre.

Un automa ? Un jeu en coop ou c’est le jeu qu’il faut battre ? Un « beat your own score » ou BYOS ou « battez votre propre score » en français. Un jeu narratif qui va vous raconter une histoire au fil d’une campagne ? Un jeu ou le seul objectif est de vaincre le jeu ?

Autant d’éléments encore à prendre en compte, les jeux avec automa ou IA sont des jeux où vous allez affronter un paquet de cartes dans beaucoup de cas, qui vont dicter les actions qui seront réalisées par un joueur virtuel qui va soit vous bloquer, soit vous polluer, soit tenter de simuler ce que pourrait effectuer un humain qui serait en face de vous avec une certaine logique, qui agira selon vos actions, ou du moins, selon les possibilités restantes.

Certains sont des petit bijoux thématiques et tellement bien pensés qu’on a vraiment l’impression de se battre contre un humain.

Je citerais Spacecorp 2025-2300 et le chronobot initial d’Anachrony (encore lui ?!) pour la thématique de l’automa et Baseball Highlights 2045 pour l’impression qu’elle sort les bonnes cartes au bon moment !

D’autres ne sont là que pour nous bloquer, comme dans Underwater Cities, ce n’est même pas un véritable automa, c’est un gêneur qui bloque un emplacement ou deux selon vos actions (et c’est redoutablement efficace !).

Et certains sont carrément dans les choux, avec une logique discutable ou qui ne plaira pas à tout le monde, la logique de l’automa de Tapestry n’est pas forcément compréhensible, mais elle est redoutable d’efficacité par contre (mon exemple personnel d’automa que je déteste est celui de Maracaibo, cet automa effectue un rush qui m’oblige à juste tenter de la contrer et elle plombe les fins de parties très rapidement avec un score totalement surréaliste, mais là encore c’est ma vision, beaucoup apprécient cet automa).

Les BYOS (Beat Your Own Score) maintenant, dans le lot on peut citer, It’s a Wonderfull World, Dinogenics, Rallyman Gt ou Rallyman Dirt, la majorité des jeux de type Roll & Write (mais pas tous, certains ont aussi des automa comme Trek 12, la série des Welcome to, Torpedo Dice etc…), les extraordinaires Terraforming Mars, Underwater Cities ou Clans of Caledonia par exemple.

Ici, soit un objectif à atteindre via des scénarios (Dinogenics), soit un barème de points pour vous situer (Clans of Caledonia, It’s a Wonderfull World, les roll & write, etc.) et certains dans un temps limité comme Terraforming Mars et Underwater Cities pour leur nombre de tours limité.

Et certains autres jeux vous proposeront de battre le jeu sans points du tout, juste le plaisir de vaincre le jeu, comme dans un Pandémie (thématique actuellement non ?), un Sub Terra (il vous faudra sortir vivant d’une série de galeries souterraines alors que des bestioles essaient de vous transformer en goûté vivant), Nemesis (là aussi des bestioles qui veulent vous becter, mais dans l’espace, là où personne ne vous entendra vous faire dévorer), Marvel Champions où vous devrez venir à bout d’une bande de vilains et super vilains avec des héros/héroïnes.

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Mais on peut aussi parler des jeux narratifs comme Star Wars Assaut sur l’Empire, First Martians, Aftermath, Pandemie Legacy, où l’objectif est de vaincre le jeu au terme d’une campagne de plusieurs chapitres qui vont vous raconter une histoire et dont vos choix vont peut-être modifier la suite du récit.

Certains comme Star Wars Assaut sur l’Empire, First Martians ou les Unlock vont nécessiter d’avoir une application pour pouvoir fonctionner, donc encore un critère à choisir, avec application, sans application…

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Vous pensiez que c’était fini ?

Que néniette Jar Jar !

Le dernier point (pour moi, mais je sais que ça sera le premier pour d’autres), celui qui devrait arriver en dernier des derniers :

L’esthétique du jeu.

S’arrêter à l’esthétique d’un jeu est très souvent (tout le temps ?) une erreur.

Il existe une fausse vérité, mais très souvent un jeu considéré comme « moche » est souvent excellent en termes de mécaniques et/ou d’immersion. Je citerais Terraforming Mars et les Châteaux de Bourgogne comme porte-étendards de ces jeux moches, mais pourtant tellement bons en solo ! Je pourrais aussi parler d’un jeu qui fait exception dans mes critères, mais pour lequel le thème m’a sauvé de la crise d’épilepsie : Dungeon Degenerates !

Heureusement pour moi, c’est fantasy donc je fuis, mais les retours que j’en ai eu sont vraiment excellents, du coup je pense qu’il aurait été mon exception qui confirme la règle, son esthétique me fait vraiment mal aux yeux et je pense que je ne pourrais jamais jouer avec un jeu qui est, pour moi, aussi laid (Pardon aux illustrateurs, mais j’exprime mon avis par rapport à mes goûts, je comprends parfaitement que l’on puisse aussi l’apprécier !)

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Bref, revenons à l’esthétique !

Parfois l’inverse de ce que je viens de dire est vrai, un jeu est graphiquement magnifique, mais les mécaniques sont creuses et/ou le thème absent.

L’un des parfaits exemples est Tapestry ou DC Comics Deckbuilding Game et ses illustrations splendides, les jeux sont jolis, les mécaniques sont bonnes, mais le thème n’est pas là, on aurait collé des concombres et des poireaux dessus, cela n’aurait rien changé (et des concombres ou des poireaux qui se battent ça fait toujours un bon duel… ahem, passons…).

Donc achetez ces jeux si l’esthétique vous plait, mais que les autres critères ne vous conviennent pas risque de vous décevoir.

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Et il y a les exceptions, les jeux qui sont beaux, mécaniquement irréprochables et immersifs, je citerais certains jeux de l’auteur Vital Lacerda qui arrive toujours à rendre ses jeux thématiques, beaux en termes de design et de matériel et où on ressent vraiment la sensation d’accomplir ce que l’on est censé accomplir.

Mais acheter un jeu de M. Lacerda c’est la quasi-garantie d’un sans-faute (pour peu qu’on apprécie ses jeux et les règles bien grosses et velues !).

Certaines personnes refusent de jouer à des jeux simplement parce que l’esthétique les rebute, je le conçois, mais c’est souvent se priver d’un jeu d’une profondeur insoupçonnée ! Parfois le tout colle, parfois non !

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Et l’un des derniers critères et probablement le plus discutable, c’est choisir un jeu qui dispose d’un solo « officiel » ou parce qu’il existe des solo « fan-made » ?

C’est quoi un solo « fan-made » ?

C’est un mode solo pour un jeu qui n’a pas été prévu par l’auteur à la base, mais des joueurs passionnés se sont penchés sur la question et ont étudié un mode solo pour pouvoir jouer à leurs jeux préférés en solitaire quand ils n’ont personne sous la main.

Je citerais Christian Bergeron qui a créé de nombreuses variantes solo, le blog session solo aussi un blog/page facebook mené(e) par Thibault Bellet (https://www.sessionsolo.com/), et bien sûr Sylvain Chiellini qui lui aussi propose des variantes solo pour des jeux.

Certaines variantes sont aussi trouvables sur BGG et ailleurs bien entendu.

Certaines d’entre elles sont vraiment bien pensées et réglées aux petits oignons, alors que d’autres seront bancales. (Un mode solo sur Star Wars Rebellion ? sérieusement ?)

Donc il faut aussi prendre ce paramètre en compte, est-ce qu’on décide de prendre un jeu qui n’a pas de mode solo, mais dont un ou plusieurs fans se sont penchés sur la question pour en proposer un, ou est-ce qu’on reste fidèle à la vision de l’auteur qui n’a pas prévu de mode solo à son jeu ?

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Un dernier élément à prendre en compte, pas des moindres ceci dit, mais qui viendra en premier ou en dernier en fonction du type de joueur/joueuse que vous êtes :

La complexité du jeu.

Eh oui, c’est un critère important au final.

Si vos références sont des jeux comme Carcassonne, Takenoko ou Blanc-Manger Coco, il serait bien avisé de vous renseigner avant de vous attaquer à un Projet Gaia, un Pax Pamir, un jeu de M. Lacerda ou un Anachrony (encore lui ?!).

Passer de jeux dont les règles sont apprises en quelques minutes à des jeux où les règles vont faire 16 pages minimum, voire 30 ou plus, n’est pas à prendre à la légère, car cela pourrait aussi vous dégouter de jouer à un jeu solo. Donc là encore, bien se faire conseiller est primordial pour savoir dans quelle aventure on s’embarque !

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Quelle que soit votre décision finale, le jeu solo est une bonne alternative aux écrans, il fait travailler la mémoire plus qu’un jeu vidéo, il permet aussi de combler un vide quand il est impossible de jouer avec une ou plusieurs personnes, ou quand votre groupe d’amis/famille n’aime pas un jeu que vous adorez, ça permet de le sortir quand même !

Le jeu solo se développe de plus en plus et de plus en plus d’auteurs/éditeurs mettent des modes de jeu solo, c’est que le marché se développe et que le public est demandeur ! Mais méfiances aux modes solos collés dans la boite à l’arrache pour vendre !

Et comme je le dis souvent : rejoignez-nous dans les jeux en solo ! Il n’y a qu’ensemble que nous jouerons seuls !

Test: Le Seigneur des Anneaux: Voyage en Terre du Milieu

Test: Le Seigneur des Anneaux: Voyage en Terre du Milieu

Le Seigneur des Anneaux.

Tout un programme.

Rien qu’à l’évocation de ces mots, je suis assailli de souvenirs tant cette œuvre et son auteur ont marqué mon imaginaire. De mes lectures des ouvrages de cet univers si vaste et important, les films de Peter Jackson ou encore les différents jeux vidéo, cet univers m’a toujours accompagné. Tolkien et son œuvre ont d’ailleurs influencé pléthore d’artistes en tout genre, et dans différents domaines.

Forcément quand vous êtes autant influencé par une œuvre, vos attentes en sont d’autant plus élevées.

C’est donc assez dubitatif que je me plongeais dans ce jeu et sa campagne, même s’il était de toute façon inutile de résister, je savais que je le testerais un jour ou l’autre 😉

Le Seigneur des Anneaux : Voyage en Terre du Milieu est donc l’œuvre de Nathan I. Hajek, Grace Holdinghaus, édité par Fantasy Flight Games et distribué par Asmodée.

Il est prévu pour 1 à 5 joueurs, à partir de 14 ans et pour une durée de 1 à 2 heures par scénario.

Précision importante, le jeu nécessite une application dédiée, et on y reviendra.

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Le matériel

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On commence par quoi ? Ce qui fâche ou pas ? Allez on tranche dans le vif du sujet directement, pas besoin de tourner autour.

Cette boite est énorme. Elle est aussi remplie de matos.

Jusque-là, ça peut être un bon point.

Sauf que comme d’hab avec FFG, bah vous avez une boite, et dedans, tout est en vrac. On reviendra sur le coût que ça représente, mais franchement, d’autres éditeurs y arrivent et font cet effort, va quand-même falloir y penser un jour, parce que vu le prix de base de la boîte, c’est un peu limite quand-même. Je vous laisse juger sur pièces :

Voilà voilà …

Sinon les figurines sont de bonne facture et ça c’est top ! De nombreux tokens en carton sont présents, et énooooormément de cartes. D’ailleurs les cartes que l’on manipule le +, celles qui constituent votre deck, sont bien trop petites pour la manipulation que vous devez en faire. Clairement pas ergonomique ce choix de taille de cartes.

Tout est thématique à souhait, les illustrations immersives, et on plonge dans l’univers dès qu’on déballe ou qu’on attaque la mise en place. Et ça c’est le bonheur.

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A quoi ça ressemble ?

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Comment on joue ?

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Ce jeu est un jeu narratif. Coopératif. Un jeu d’aventures et d’explorations.

Tout est vrai là-dedans.

Gardez bien en tête, si vous hésitez à acquérir ce jeu, que vous cherchez des éléments de réponse pour voir s’il peut vous plaire ou non, que vous allez jouer en coopératif (ou solo) mais aussi et surtout que vous serez constamment accompagné/guidé par une application créée pour l’occasion.

Cette application omniprésente en refroidira plus d’un, mais il faut le reconnaître, elle est plutôt très bien faite.

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C’est elle qui, au début de la partie, vous indiquera comment préparer les éléments du terrain que vous aurez pour objectif d’explorer et sur lequel se déroulera votre aventure.

C’est elle qui fera apparaître les ennemis, qui vous contera l’aventure que vous vivrez, qui vous indiquera quand vous devrez faire un test de sagesse ou quand vous subirez des blessures.

Et encore plein d’autres choses.

En gros, vous passerez autant voire plus de temps à manipuler cette appli qu’à jouer effectivement en déplaçant vos personnages, ou jouant vos cartes.

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Si vous êtes encore là, c’est que ça ne vous a pas totalement refroidi. Et c’est tant mieux parce que, j’insiste, mais cette application est bien faite !

Vous incarnerez un personnage bien connu de l’univers du Seigneur des Anneaux (ou moins connu comme Béravor ou Eléna par exemple), que vous devrez mener tout au long de la campagne de scénarios. Ce personnage aura un deck de cartes, ainsi que des objets spécifiques. Chacun ayant des caractéristiques particulières, il conviendra de les utiliser de manière réfléchie si vous souhaitez avancer dans cette campagne.

Votre deck de cartes principal sera celui que vous manipulerez très, mais alors très souvent. Et on en revient à la taille bien inadaptée de ces cartes au vu de leur utilisation. A chaque début de tour, vous mélangez ce deck. Il est constitué de cartes vous permettant de valider les différents tests que vous aurez à effectuer (combat, sagesse, agilité etc …), de cartes n’aidant pas à réussir les tests mais ayant des effets que vous pourrez préparer à l’avance et déclencher quand vous en aurez besoin, et de cartes vous handicapant + ou – durant la partie. Ce deck sera évolutif durant un scénario (l’équivalent des blessures que vous subirez, les cartes peurs viendront polluer ce deck), et vous pourrez aussi l’améliorer entre chaque scénario, ou bien en changer pour un deck d’une autre compétence par exemple. Pas de dés à lancer dans ce jeu, tout ce qui vous arrive ou presque se résout sous forme de tests grâce à votre deck de cartes, vos caractéristiques de personnage et votre équipement.

Généralement, vous commencerez un scénario avec vos personnages sur un élément de terrain, avec 2 ou 3 autres éléments visibles mais c’est tout. Il s’agit en effet d’un jeu d’exploration donc vous devrez avancer un peu à l’aveugle pour faire apparaître les autres éléments du terrain vous entourant, un peu comme si vous avanciez dans la pampa sans savoir à l’avance sur quoi vous alliez tomber. Et ça c’est plutôt thématique, bien amené et intéressant dans ce jeu.

Bien sûr c’est l’appli qui vous dira quel élément il faudra mettre en place, ce que vous y trouverez, et s’il y aura des ennemis à trucider ou non.

Suivant le scénario, vous devrez rechercher un objet spécifique, trouver le camp des ennemis et leur chef, ou encore vous échapper avec des ennemis à vos trousses. Forcément, au bout d’un moment vous aurez compris le fonctionnement et vous aurez compris qu’il vous faut trouver quelque chose, donc explorer votre environnement.

A vous de décider d’engager le combat, de vous mettre à distance raisonnable, d’envoyer tel ou tel personnage en reconnaissance, de rencontrer tel ou tel personnage qui se trouve sur votre chemin, etc… Vos choix et vos résultats impacteront la suite de votre aventure, puisque vous pourrez terminer un scénario sans avoir trouvé l’objet recherché, ou vaincu un ennemi. Vous pourriez être passé à côté de quelque chose d’important en ayant choisi de ne pas explorer cette partie du terrain.

Qu’importe, votre aventure continue, et l’appli intègre ça pour vous dans la suite de vos pérégrinations !

Comme tout ou presque est géré par l’appli, vous pouvez sauvegarder et reprendre plus tard, ça c’est chouette quand même, mais bon la frontière entre jeu vidéo et jeu de société est très ténue !

Pour info (et je l’ignorais, je viens de l’apprendre au détour d’un échange facebook sur ce jeu), il existe une appli fan-made qui permet de prendre un peu + la main sur l’appli, et notamment de paramétrer la difficulté en cours de campagne, l’expérience de vos héros, de rajouter/enlever un joueur etc … Cliquer là :

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Pour conclure sur ce jeu, une campagne complète est disponible dans la boîte de base, et ça ne vous étonnera certainement pas, mais des scénarios sont disponibles à l’achat via l’appli, et 2 extensions « mineures » sont déjà disponibles, ainsi qu’une majeure. Majeure aussi en terme de prix on en reparle tout de suite dans le …

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VERDICT

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L’avis de Fabien :

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Quelques idées intéressantes, mais clairement c’est du fan service. Si l’évocation du Seigneur des Anneaux ne vous transporte pas immédiatement au gouffre de Helm, vous n’irez certainement pas à la fin de cette aventure. L’appli est omniprésente (bon ça on pourra pas dire qu’on n’était pas prévenu mais quand-même) et donne très clairement l’impression d’être fixé dessus. C’est d’autant plus dommage que la boîte déborde de matériel, mais qu’au final, pour certains scénarios, la table vous semblera relativement vide, même après avoir découvert l’ensemble du terrain.

L’évolution de vos personnages au cours de cette campagne, et la sensation d’avancer dans une quête principale, avec plusieurs quêtes annexes sont des éléments très plaisants qui vous feront poursuivre cette aventure pour en connaître le dénouement, et y amener vos personnages sains et saufs !

Le côté mécanique des combats et de la plupart des évènements que vous devrez résoudre pourra vous lasser. Point de lancers de dés dans ce jeu, mais un deck de (petites) cartes que vous ferez tourner encore et encore … et encore. Vous devez faire un test de sagesse ? Piochez autant de cartes que votre capacité de sagesse. Si les cartes tirées vous donnent les succès nécessaires, c’est validé. Sinon essayez de rattraper le coup avec vos cartes préparées ou vos jetons initiative. Si malgré tout ça, c’est un échec, eh bien appuyez sur la touche correspondante sur l’appli et voyez ce qu’il se passe. Lors des premières parties de campagne, ça semble assez limité, mais, et c’est aussi là où le jeu prend tout son sel, plus vous avancerez dans la campagne, plus vous améliorerez votre personnage, son équipement, et son deck de cartes. Et là vous aurez envie de continuer cette aventure, récupérer des armes, équipements, artefacts, et améliorer votre deck afin de parer à toutes les situations qui se présenteront à vous ! Comme dans une vraie aventure en fait ! Ça tombe bien, c’est Voyage en Terre du Milieu !

Maintenant abordons un des gros points noirs de ce jeu, à savoir son tarif. La boîte de base s’achète dans les 90€ à peu près neuve. C’est déjà énorme en soi, et pas à la portée de toutes les bourses, loin s’en faut. Ne comptez pas sur un rangement ou un insert pour ce prix-là, ce qui est encore plus dommage pour ceux qui aiment peindre leurs figurines, et donc les protéger un minimum dans la boîte. Des aventures supplémentaires sont disponibles à l’achat sur l’application (8 €). Des extensions à 13€ sont dispo et la grooooosse extension est disponible à … 72 €. D’ailleurs, l’une des petites extensions contient des figurines que vous affronterez dans la campagne de la groooosse extension … ^^

Finalement, le jeu est selon moi à réserver aux afficionados de cette œuvre de Tolkien. Si ce n’est pas votre cas, je ne peux vous garantir que vous irez jusqu’au bout de la campagne.

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L’avis de Romain :

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Ce Seigneur des Anneaux, de par son tarif élevé et l’utilisation d’une appli est un jeu réservé aux fans de la licence.

Le matériel est très agréable, mais une fois en place l’impression de vide sur le plateau est assez notable. Impression qui s’estompe vite puisque l’on joue au travers de l’application qui gère 90% du jeu. Elle est très bien faite et agréable à manipuler. Ce côté jeu vidéo augmente l’immersion dans le jeu et son histoire. Les chapitres sont bien équilibrés et la mécanique de deck building pour améliorer son personnage est vraiment bien pensée.

Par contre, choisir le plus petit format de carte possible devient rapidement un souci pour les joueurs aux gros doigts.

On a donc un super jeu au thème fort et plaisant mais avec de gros points noirs : le tarif d’entrée et surtout des extensions ! Et même encore plus avec des aventures payantes via l’appli. Le sentiment vache à lait est bien présent au moment de payer les 8€ d’une quête.

Les joueurs qui veulent décrocher des écrans ne tiendront pas 10 minutes non plus devant l’omniprésence de l’application.

Si ces deux paramètres ne vous effraient pas, alors foncez ! Le jeu est immersif, on retrouve bien l’univers de Tolkien et le tout est très plaisant à jouer. Un jeu pour les fans du Seigneur des Anneaux.

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Disponible ici :

Prix constaté : 90 €

Test: After the Virus

Test: After the Virus

Un jeu de zombies qui tient presque dans la poche et se joue en 15 minutes, vous en rêviez ?

After the Virus vous propose de prendre la place de survivants dans un petit jeu de deckbuilding malin et rapide.

Le jeu de Jacob Fryxellius, oui le papa de Terraforming Mars, est comme son grand frère des étoiles pas très joli. C’est le moins que l’on puisse dire, même si on finit par s’attacher à ce style proche des comics américains. C’est d’ailleurs Daniel Fryxellius le responsabl… euh l’illustrateur.

Le jeu exploite une mécanique de deck building avec 2 paquets de cartes : des objets, personnages, capacités dans le premier, pour tenter de survivre, et des zombies dans le second pour tenter de vous faire perdre.

Le jeu est prévu pour 1 à 3 joueurs mais, franchement, c’est tout simplement un jeu solo. A partir de 10 ans et pour une durée d’environ 45 minutes.

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A quoi ça ressemble ?

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Comment on joue ?

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Le jeu se compose de chapitres qui vous plongent dans l’apocalypse zombie, de ses prémices à l’installation de votre camp, puis vous essaierez de venir à bout de cette… pandémie ?

Chaque chapitre modifie la mise en place et les conditions de victoire, pour ce test, je vous en explique les bases.

Pour la mise en place, prenez un plateau personnage, il vous dira de quelles cartes se compose votre deck de départ. Placez un jeton sur le 1 de la piste, il indique que vous faites face à la première vague de zombies et prenez donc un zombie de valeur 1 à ajouter à votre deck de départ.

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À votre tour, vous allez piocher 5 cartes et si un ou plusieurs zombies sont piochés, placez-les en jeu immédiatement.

Avec les cartes restantes vous pouvez fouiller le deck principal de cartes pour repérer de nouvelles armes, objets, compagnons ou capacités à récupérer.

Vous pouvez également, en défaussant de votre main des cartes, récupérer ces cartes révélées.

Vous pouvez aussi placer en jeu depuis votre main des cartes. Pour les activer, vous devez défausser le nombre de cartes de votre main indiqué sur celles-ci.

Une petite mécanique de gestion de main rapide et simple qui rend le jeu fluide et agréable à jouer.

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Les zombies en jeu doivent être gérés le tour où ils sont mis en jeu, il vous faudra donc bien anticiper et vous préparer à subir de grosses vagues si la partie dure trop longtemps.

Un zombie non tué ou esquivé vous mordra. Vous pouvez être mordu à la jambe, ce qui vous privera de toutes les capacités de fuite. Si vous choisissez d’être mordu au bras vous perdrez la capacité d’utiliser 2 armes, ce qui risque de précipiter votre trépas.

Une fois mordu à la jambe et au bras, restera la morsure à la tête qui, elle, est fatale !

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VERDICT

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After the Virus se classe dans ces jeux die and retry avec sa mise en place express. On joue, on perd et on y retourne parce que, nom didiou, je vais quand même pas perdre face à un jeu à la c** !

Vous perdrez souvent, au point de vous demander si certains scénarios sont réalisables. Et quand vous y parvenez enfin, c’est pour immédiatement vous lancer dans le suivant puisque désormais vous maîtrisez le jeu…. Ou pas !

After the Virus est un super jeu solo dans la catégorie des petits jeux avec une belle courbe d’apprentissage et un potentiel de frustration assez impressionnant. On l’aime autant qu’on le déteste.

Donc préparez-vous à maraver du zombie et à en subir les conséquences dans After the Virus vous allez prendre « chair » !