Test : Cubitos

Test : Cubitos

Critique rédigée à l’aide d’un exemplaire envoyé par l’éditeur.

Un jeu vous proposant une course dans un univers cubique (certains y verront une inspiration à la Minecraft), où via une mécanique de stop-ou-encore, vous pousserez votre chance en lançant des dés afin d’obtenir le plus de résultats favorables.

Un sentiment de déjà-vu ? Vous n’avez pas tort, et on va voir pourquoi.

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L’œuf ou la poule

Même avant d’avoir lu le livret de règles, rien qu’en lisant le dos de la boite, je me suis dit que ce jeu avait un sacré air des Charlatans de Belcastel. Le jeu de Wolfgang Warsch est un des jeux que j’apprécie beaucoup pour son côté fun et abordable, et du fait qu’il sublime cette mécanique du stop-ou-encore. Pour rappel ou pour ceux qui ne connaissent pas, les joueurs piochent en simultané des jetons dans un sac et les posent dans leur chaudron respectif. Si vous posez des jetons blancs et que leur valeur cumulée est de 7 ou + le chaudron explose et vous n’aurez pas toutes les actions et bonus disponibles en fin de tour. Ça n’a rien de complexe et pourtant le fonctionnement de cette mécanique de jeu jouée en simultanée est parfait. Tout le monde se guette du coin de l’œil, attendant l’explosion du chaudron d’à côté, tout en poussant sa chance en continuant de piocher pour son propre chaudron. Un vrai plaisir.

Après quelques recherches, j’ai vu que Cubitos était aussi fortement inspiré, ou comparé, à Quarriors, ou la Quête d’El Dorado que je ne connais pas.

Je me concentre sur les Charlatans du coup, et je ne peux arrêter de me poser cette question de l’inspiration des auteurs en créant leurs jeux. John D. Clair est aussi l’auteur de Mystic Vale, Ecos, Dead Reckoning et Space Base. Cubitos est sorti en 2021 mais comme tous les jeux, nécessite entre 1dé6 mois et 1dé6 années de création et développement. Les Charlatans sont sortis en 2018.

Les similitudes entre les 2 sont trèèèèès nombreuses. Remplacez les jetons des Charlatans par des dés à Cubitos, et à part un plateau symbolisant un circuit contre un chaudron de magicien, et vous avez le même jeu.

J’avoue que cela me gêne d’avoir autant de proximité entre les 2 jeux, et je m’étonne même que Cubitos qui est sorti après n’ait pas été développé en réaction à la sortie de Charlatans pour ne pas le modifier un tant soit peu. Les 2 semblent tellement en confrontation au moment d’un achat qu’à part si vous préférez les dés aux jetons, ou inversement, vous aurez du mal à faire un choix.

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Dés à gogo

Vous aurez donc à lancer des dés à votre tour en espérant obtenir les symboles qui vous feront avancer le plus vite possible sur le circuit, et gagner des bonus et des ressources vous permettant d’acheter d’autres dés plus forts au fur et à mesure de la partie. Chacun part avec le même pool de dés de départ, sans pouvoirs spécifiques, et vous pourrez l’améliorer durant la partie avec les différents dés et leur pouvoir associé à disposition. C’est là où la différence se fait entre les joueurs, avec certains privilégiant tel ou tel type de dés. Avancer plus vite dès le début, gagner plus de ressources permettant d’acheter plus vite les dés les plus chers. Toutes les stratégies seront possibles, mais vous aurez bien compris qu’il faudra tout de même les lancer ces dés, et espérer avoir les bonnes faces.

Car si au cours d’un lancer, tous vos dés indiquent une face vide, c’est le drame et la frustration. Vous avez poussé trop loin votre chance, et il vous faudra regarder les autres avancer ce tour-ci. Cela peut aussi vous arriver plusieurs tours de suite ou durant la partie si vous êtes un peu poissard, ou si vous ne vous contentez pas d’un lancer, et si vous relancez sans cesse. À vous de voir !

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Alors l’œuf ou la poule ?

J’ai une préférence pour les Charlatans de Belcastel que je trouve plus élégant. Si vous avez déjà ce jeu, à moins d’adorer le stop-ou-encore et/ou les dés, je ne vois pas ce que Cubitos apportera à votre ludothèque. Si vous n’en avez aucun, posez-vous la question si vous préférez lancer des dés, ou piocher des jetons dans un sac, si vous préférez faire une course autour d’un circuit, ou si vous préférez concocter une mixture prête à exploser. Enfin si vous préférez les couleurs flashy à l’américaine, ou le sobre et parfois pas très beau design à l’allemande. Et ça compte aussi, il y a généralement 10€ de différence entre les 2, à l’avantage des Charlatans.

Test : Vivarium

Test : Vivarium

Critique rédigée à l’aide d’un exemplaire envoyé par l’éditeur.

Voilà un jeu bien malin et agréable, mais qui je pense aura du mal à sortir de la masse. On ne cesse de vous parler des trop nombreuses sorties de jeux, et surtout de jeux que l’on range dans cette catégorie des « OK Games ». Ce ne sont pas de mauvais jeux, mais rien ne les fera sortir du lot et ils ne passeront pas à la postérité ludique. C’est pas forcément grave, sauf si tous les jeux sont dans cette catégorie. Il faut bien dire que ces derniers temps, j’ai du mal à identifier des jeux qui rentreront dans ma ludothèque à coup sûr, et qui ont le potentiel pour y rester longtemps. Et même s’il est aussi important de remettre en question ces jeux plusieurs années après, je me dis quand même que beaucoup de jeux auxquels je joue ne l’ont pas ce potentiel.

Et bien il y a tout de même un entre deux qui nous fait tous mentir, c’est que certains OK Games sont quand même plus que ça, même s’ils n’en deviennent pas des indispensables et des jeux à ériger au panthéon ludique.

Tout ça pour ça vous allez me dire, oui mais pas que. Parce que je trouve important de souligner Vivarium tout de même, même s’il ne réinvente pas la roue. Il ne rentre donc pas dans ma ludothèque mais il aurait pu y rester un peu, et c’est déjà pas mal !

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Pokemon, attrapez-les tous

Difficile de ne pas y voir une légère inspiration puisque le bestiaire de Vivarium vous propose des créatures de type différents, et de couleurs différentes. Les illustrations très réussies (pour la plupart) sont moins enfantines que Pokemon et c’est tant mieux. L’idée sera donc de collectionner des créatures, pour les faire fonctionner avec les cartes de scoring que vous aurez. Prenez les bonnes cartes qui marchent avec les types de créatures ou d’équipements que vous avez, et optimisez votre collection. Cela passe par une méthode de sélection originale avec 2 dominos avec lesquels vous combinerez 2 chiffres pour définir la colonne et la ligne de la carte que vous récupérez. C’est sympa et malin mais je n’ai pas ressenti assez de contrainte à ce niveau-là puisque défausser 1 gemme vous permettra d’augmenter ou réduire la valeur d’un chiffre d’un des dominos.

Après, on est sur du familial. C’est donc plutôt vers la configuration 3 et 4 joueurs que la tension se fera ressentir, puisque les rivières de cartes ne sont remplacées qu’en fin de chaque manche.  2 joueurs, pas mal de cartes disponibles donc vous êtes plutôt tranquilles, à 3 ou 4 faudra vous lever tôt et pas regarder les autres jouer.

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Rapport poids-puissance en mécanique auto, poids-durée en mécanique jeu de société

Vivarium me semble très bien équilibré à ce niveau-là, et ça mérite d’être souligné. Souvent, un jeu va tirer en longueur à tel point qu’on a le sentiment de répéter les actions, sans sentir de montée en puissance, ou de fin de partie s’accélérer. J’ai eu le cas avec Age of Champagne récemment. C’est loin d’être mauvais, mais aux 2/3 de la partie, on regarde un peu sa montre. Parfois aussi, la fin de partie est trop abrupte et on est bien trop frustré. Ça fait même partie du jeu par moments.

Dans le jeu qui nous occupe aujourd’hui, je trouve cela très bien construit. Je n’ai pas eu ce sentiment de partie trop longue ou trop courte, et surtout, pour un jeu pas complexe mais intéressant dans sa mécanique de collection et de scoring, c’est la durée parfaite. Pas le temps de s’ennuyer non plus. À votre tour, vous ne prendrez qu’1 carte (sauf action de quelques cartes) donc ça s’enchaîne bien, si votre adversaire met 10 minutes à jouer, changez plutôt de joueur, le jeu n’y est pour rien.

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Studio H

Je me concentre souvent sur le jeu et plutôt l’auteur que l’éditeur, mais dans le cas précis, je n’ai joué à aucun des 6 jeux de Frédéric Vuagnat, et le travail d’édition est comme souvent avec Studio H très qualitatif et mérite d’être souligné. Un bon jeu n’est pas forcément un jeu beau, mais on ne va pas bouder son plaisir quand les illustrations et le matériel sont de bonne qualité. A part des dominos qui je pense vont peut-être se salir au fur et à mesure des parties, et qui sont dispensables au final, le matériel proposé est superbement illustré par Satoshi Matsuura. Vous avez peut-être aperçu ses œuvres dans Hidden Leaders récemment, ou encore Almost Innocent. C’est personnel et on peut ne pas aimer, mais moi j’ai adoré le travail d’édition et d’illustration de ce jeu. J’attends toujours de voir l’apport au monde du jeu d’un éditeur avec Hachette derrière, et hormis Oriflamme et son As d’Or, j’ai du mal à identifier un jeu Studio H indispensable à une ludothèque. Espérons que cela viendra !

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Alors ça dit quoi ?

On est donc sur un jeu proposant des mécaniques classiques (collection de cartes sur des formes et/ ou couleurs, optimisation avec cartes de scoring en fin de partie). Ce qui me fait vous en parler en bien aujourd’hui, c’est que même si on a déjà vu ça ailleurs, Vivarium est à conseiller pour de l’intermédiaire bien ficelé, bien édité, et bien proportionné. Après vous l’avoir vendu comme un rôti, vous aurez bien compris que je vous le conseille si 30 minutes de jeu est la durée idéale pour un jeu à 3 ou 4, sans trop se casser la tête, mais en essayant tout de même d’optimiser son jeu. On ne va pas se mentir, je doute qu’il fasse date dans l’histoire du jeu de société (je prends pas trop de risques en même temps).

Test : Colorado

Test : Colorado

Alors pied tendre tu te sens chanceux ? Le monde ludique se divise en deux catégories : ceux qui demandent une carte et ceux qui la donnent, toi tu la donnes.  Alors passe-moi le 2 bleu ! Tu l’as pas ?

Les Dieux ne sont pas avec nous et ils détestent les corniauds dans ton genre tu sais…

Colorado, c’est le nouveau jeu de Joachim Thôme que l’on connaît pour Wild Space ou le récent Les Tribus du Vent. Pour Colorado, c’est Sylex à l’édition pour ce jeu de call and write. De quoi ? De call and write, soit un jeu à mi-chemin entre  le 7 familles et un Next Station London ; oui ça paraît étrange et pourtant ça fonctionne !

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Avant de discuter mécaniques, jetons un œil au matériel avec 4 plateaux effaçables pour les joueurs et un plateau central lui aussi effaçable. Les plateaux sont chargés visuellement et, à la mise en place, je me demandais ce qui m’attendait dans ce jeu. Au final, pas d’inquiétude, le jeu est clair une fois les règles lues.

Pour accompagner ces plateaux, des cartes de 6 couleurs offrant 3 paires d’actions. Et on notera que, pour les joueurs qui aiment sleever leurs cartes, la boite dispose d’onglets permettant de les caler, malin !

La diligence est donc fournie et agréable, mais qu’en est-il du voyage ? Est-ce que l’on verra des indiens et des hors la loi dans le Colorado ?

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Pour cela, commençons par appeler un des fiers pionniers de cet ouest américain, oui le jeu reprend cette mécanique vue dans le 7 familles qui paraît désuète et peut-être même obsolète, mais, au final, non ! C’est tout con, mais le plaisir de jeu est là, pour celui qui récupère la carte qu’il a demandée ou pour celui qui, n’ayant pas la carte demandée, a le choix de celle qu’il va donner. Un sentiment presque nostalgique pour celles et ceux qui ont enchainé les parties de 7 familles étant petits.

Et avec cette carte, que fait-on ? Le jeu vous propose 6 couleurs de cartes avec 3 cartes dans chaque couleur. Chaque carte propose 2 actions ce qui nous fait… 6 actions possibles.

Hey, pied tendre, tu serais pas en train d’essayer de m’arnaquer ?

Eh non, le jeu est plutôt simple :

  • 2 actions pour cocher votre plateau personnel vous permettant d’avancer dans les régions que vous avez découvertes ou sur la piste de chemin de fer en bas de votre plateau.
  • 2 actions associées aux pépites d’or : soit en empocher une, soit en dépenser pour jouer une carte de votre main.
  • 2 actions associées aux cartes : soit en piocher 3, soit en défausser 2 de même couleur pour en jouer une de votre main.

Et sur chaque carte, une de ces paires d’actions.

Le joueur actif va donc appeler une carte chez l’adversaire de son choix, tous les joueurs vont ensuite jouer avec la carte récupérée et à partir de là c’est chacun pour sa pomme ! Comme dans un bon western vous aurez des bons et des mauvais choix mais pas de place pour la faiblesse !

La première action vous permettra souvent de jouer bien différemment des autres, de multiplier les combos et les enchaînements de coches et de pose de cartes, bref de jouer un peu dans son coin. Heureusement cette partie du tour ne dure jamais longtemps, Colorado reste un jeu pour les familles, pas besoin de réfléchir 107 ans pour tomber sur une pépite ou le tipi d’indien de passage, indien valant mieux que deux « tulauras » (une tribu rivale)…

Le rythme de la partie va donc s’accélérer pour devenir frénétique, la demande de carte et les actions en découlant s’enchaînant telles des têtes de bétail dans le Wyoming. La partie va vite et il vous faudra bien suivre ce que valident les autres pour ne pas vous retrouver au dépourvu quand la bise de la fin de partie sera venue.

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Le jeu vous demande suivre divers objectifs comme ouvrir des régions de même couleur, chasser les hors la loi ou encore rendre visite aux saloons.

À chaque objectif terminé, le joueur l’annonce et inscrit le score obtenu sur une piste aux étoiles de shérif. À la 7ème étoile validée, la partie prend fin et les fiers cowboys n’ont plus qu’à aligner leurs scores.

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Colorado, contrairement aux X&write « classiques » qui pêchent par leur manque d’interaction, vous demandera de surveiller de près ce que font les autres. Scoring boosté au premier arrivé, fin de partie dès qu’un joueur aligne 7 étoiles, les paramètres pour jouer avec les autres sont nombreux et surtout cette partie call est très intéressante ! En effet, si vous ne possédez pas la carte demandée vous avez le choix de l’action que vos adversaires et vous-même ferez !

Le tout se joue en 30 à 40 minutes dès les premières parties, et, une fois les 3 actions et l’iconographie connue, le tempo sera encore plus rapide, tel un joueur d’harmonica, ça va accélérer alors ne vous laissez pas distancer les cowboys !

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Colorado fonctionne également quel que soit le nombre de joueurs. J’étais plutôt sceptique en duel mais bon le duel c’est le cœur des westerns non ? Eh bien, ça fonctionne ! Un peu plus de pioche dans la main de l’adversaire (il n’a ni la carte demandée, ni une carte de la couleur ou du chiffre) mais rien de rédhibitoire ou trop chaotique, ça reste fluide et plaisant, on a même un peu plus de temps avec une partie plus longue en temps par joueur.

Pour l’âge des participants c’est comme pour les rodéos aux États-Unis, ça peut commencer très tôt ! Dès 8 ans, colt à la ceinture et crayon en main les petits ludistes peuvent partir chasser le hors la loi.

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Colorado m’a beaucoup plu. Rien que la « blague » de commencer l’explication des règles par : « on va jouer aux 7 familles en roll and write », il y a de quoi perdre beaucoup de monde ! Sur ce premier ressenti plutôt négatif, les joueurs par la suite sont charmés par la finesse et la fluidité du gameplay.

Le jeu est également rapide à jouer, pas de temps mort on va jouer à chaque appel de carte et même si un joueur enchaîne les combos, l’attente ne dépassera pas la minute d’autant qu’on surveille ce qu’il fait s’il enchaîne vraiment fort les actions.

Le prix également est attractif ! 27€ environ pour des plateaux d’excellente qualité et un bon deck de cartes ça me va très bien. À noter (encore une fois) les onglets pour maintenir les cartes c’est malin et pratique : bien vu !

Le jeu est familial, ne cherchez pas à vous faire fumer le cerveau ça se joue au fil de l’eau, allongé sur son cheval, un harmonica à la main. On surveille les autres mais sans interaction directe. 

La reprise de la mécanique des 7 familles est bien implémentée, elle s’intègre très bien au jeu, le côté montée en température sous un soleil de plomb avec la fin de la partie approchant n’est pas sans rappeler Wild Space du même auteur qui avait ce côté acidulé et nerveux si plaisant à jouer.

Colorado, c’est validé pour moi ! Un X&write qui sait se démarquer avec sa partie call et son thème présent, une belle découverte. Il y aura deux types de joueurs désormais, ceux qui jouent à Colorado et ceux qui s’ennuient… Alors, de quel groupe fais-tu partie ?

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Disponible ici : sortie en janvier z’avez pas suivi ?? ^^ (lien à venir)

Prix constaté : 27€

Le Labo en Festival : Les Jeux du Stan 2022 Nancy

Le Labo en Festival : Les Jeux du Stan 2022 Nancy

Voilà 1 semaine que s’est déroulé le festival des jeux du Stan organisé par La Caverne du Gobelin. Ce festival se déroule au stade Marcel Picot à Nancy, un chouette lieu pas habituel pour jouer ^^ Sur 4 niveaux, vous y trouvez une braderie, un espace proto, espace enfants, escape game, espace associations, des éditeurs, et la zone expert avec Les recettes ludiques ! Il y a de quoi faire !

J’y suis allé le samedi après midi et soir en espérant jouer à quelques jeux qui me faisaient de l’oeil, et c’est chose faite pour plusieurs d’entre eux.

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Mage Noir

J’ai d’abord pu jouer à Mage Noir (Constantin DedeyanVincent Vimont), un jeu de cartes pour 2 joueurs qui vous amène à lancer des sorts, avec un système de mana partagé. Par chance, c’est l’auteur et éditeur qui était présent et c’est toujours mieux d’avoir une explication du jeu par quelqu’un qui le maitrise. Pour ne rien gâcher, il est très enthousiaste, disponible et pédagogue, donc bravo pour l’animation !

En ce qui concerne le jeu, il y a quelques idées très intéressantes, notamment avec les mots clés des cartes. Par exemple lancer un sort nécessite par exemple d’avoir préparé un autre sort précédemment, ou même plus d’un. Si le sort Vent ardents nécessite 2 souffles préparés, vous devez avoir 2 cartes contenant le mot souffle dans leur nom qui sont préalablement préparées dans votre zone. Peu importe la carte, l’effet du sort ou le nom complet, les 2 sorts préparés doivent avoir le mot souffle dans leur nom. C’est plutôt chouette je trouve.

Je note aussi le système de mana qui n’est pas habituel, dans le sens où à chaque début de tour, vous piochez 3 manas sur les piles communes (celles que vous voulez) et vous les posez sur 2 piles centrales à tour de rôle. Une à droite, à gauche et droite (ou inversement). Du coup vous alimentez 2 piles de mana communes aux 2 joueurs. Vous en choisissez une qui rejoint votre réserve personnelle. Si vous avez suivi, l’autre pile est tout de même alimentée en cartes de mana, et l’adversaire prendra à son tour 3 cartes, les dispose, et en choisit une. Enfin, en utilisant un sort, les manas qui ont servis à son activation sont replacés sur les piles au centre. Vous devrez donc aussi gérer les manas que votre adversaire aura à disposition avec vos actions. Malin !

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Volto

Nous avons joué à Volto (Yusuke Emi (江見祐介))chez Blue Orange, une revisite des échecs qui ne m’a pas convaincu, mais l’ami Romu qui m’accompagnait a craqué, et l’a ramené à la maison. Les différentes pièces de votre camp ont des déplacements différents, et une capacité de prendre une pièce adverse ou non. Ces infos sont visibles uniquement de vous-même, et l’adversaire est donc à l’aveugle sur ce qu’il affronte. Idem pour vous, vous avez des pièces identiques en face de vous, qui avancent selon leurs règles. Au bout de plusieurs parties, vous pouvez deviner à peu près car vous êtes habitués aux différents déplacements, et vous savez que telle pièce se déplace en diagonale, et telle autre non. La fin de partie se déclenche si votre roi atteint le camp adverse, ou si votre adversaire prend vos 2 pièces dont j’ai oublié le nom, on va les appeler les kamikazes ^^ En gros ces 2 pièces se déplacent, mais ne peuvent pas prendre de pièce adverse. Donc si vous jouez sans aucune stratégie, votre adversaire s’apercevra bien vite que votre pièce se contente d’aller au contact de ses pièces, et ne les prend jamais. Sauf que si vous jouez malin, ou si votre adversaire mort à l’hameçon, il va prendre votre kamikaze. Sa pièce est détruite aussi, et s’il prend vos 2 kamikazes, il perd la partie.

Donc pas mal de hasard je trouve, c’est certainement ce qui ne m’a pas convaincu plus que cela. Mais Romu a beaucoup apprécié !

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Drones vs Goélands.

Léo BlandinDelphine Robert, illustrations Romain Lubière, édité par Chèvre Edition.

Que dire … j’ai été assez « choqué » par les ressemblances de ce jeu avec tant d’autres. De nombreux jeux sortent, je suis souvent à regretter le manque d’originalité, de prise de risques ou de création, et bien là je suis servi. Dans ce jeu à 2, des bases sont à conquérir au centre, et vous posez une carte par tour sur l’une d’elles. Quand vous avez la majorité (en additionnant les valeurs des cartes posées sur une base par rapport à celles de votre adversaire), vous contrôlez la base, et retournez le jeton de cette base à votre couleur, qui vous permet de déclencher l’effet (déplacer une carte d’une autre base vers une autre, détruire une carte, etc …). Toutes sortes d’évènements en chaines qui auront pour but de vous faire prendre le contrôle de la dernière base et de l’emporter, ou alors d’enclencher des effets à rallonge qui mettront le bazar et modifieront les équilibres à foison.

Dire que ce jeu emprunte à Schotten Totten, Bestioles en Guerre, et bien d’autres est loin de la réalité. Honnêtement, j’ai les jeux que je viens de citer, et je les apprécie énormément. Je ne vois pas dans quel monde Drones vs Goélands pourrait apporter quelque chose. C’est même beaucoup moins élégant je trouve, et je fais donc l’impasse sur celui-ci.

Si vous ne connaissez aucun de ceux cités, je comprendrai qu’on puisse l’acquérir ou y jouer, mais encore je vous conseillerai plutôt ceux-là…

crédit photo : les jeux du Stan

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Let’s Summon Demons

Ben Stoll, illustré par Steven Rhodes.

Minivilles sauce Stranger Things. Long et répétitif à 2, il semble un peu plus fun à 3 ou 4 mais c’est loin d’être foufou. Vous achèterez des cartes qui s’activent en fonction du dé que vous lancez à chaque tour. Certaines cartes s’activent aussi lors du lancer des adversaires. Quand la carte s’active, vous gagnez des pièces, pour acheter des cartes, et pour enfin invoquer vos démons. Arrivé à 10 pièces avec 3 démons, vous l’emportez.

Une sensation encore plus minimaliste qu’avec Minivilles, ce qui n’est pas banal, une sensation de tourner en rond quand pendant plusieurs lancers de suite, aucunes cartes ne s’activent (c’est le jeu ma pov’ lucette), bref à part un thème qui peut vous parler (Stranger Things, jdr, années 90, etc …), ce jeu ne vous emmènera pas bien loin.

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Mind MGMT

Jay CormierSen-Foong Lim, illustré par Matt Kindt, localisé par Matagot.

Embarqué par l’enthousiasme de Ben, j’ai voulu voir ce qui déclenchait son enthousiasme. Je sais ce que je savais déjà avant cette partie, les jeux de chasseur-chassé ne sont pas ma tasse de thé. Je reconnais beaucoup de qualités à ce jeu, notamment éditoriales, visuelles et thématiques (quoique, sur ce dernier point, si l’on ne connait pas la BD, me dire que nous sommes des agents repentis qui essaient de retrouver le type de la société secrète qui recrute des gens ne m’a pas vraiment sauté aux yeux… ). Bref, s’il est effectivement plus intéressant que Whitechappel ou Mr Jack, ça ne me parle pas et l’effet joueur alpha est toujours trop présent dans ce genre de jeux pour moi. Quant au chassé, il y a tellement de downtime que c’est pas simple de rester concentré durant la partie. Bref, ça n’est pas pour moi.

crédit photo : off the page games

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Challengers

Johannes KrennerMarkus Slawitscheck, illustré par Jeff Harvey.

Le dernier jeu de la soirée que nous avons fait à 6 joueurs. Je n’avais rien vu passer dans mes radars sur ce jeu, et je comprends pourquoi à postériori. Depuis, comme par hasard, je le vois élevé au rang de coup de cœur par de nombreux influenceurs.

Voici donc le jeu de la bataille, en mode « tournoi » où vous affronterez chaque joueur, en « améliorant » un peu votre paquet de cartes après chaque manche. Lorsque toutes les manches sont jouées, il y a une manche finale pour désigner le vainqueur.

Alors on vous expliquera à droite à gauche que c’est un jeu d’ambiance, qu’avec les bons joueurs ça sera une ambiance survoltée, que la dernière manche vous aurez tous les joueurs autour en train de crier et d’encourager, que même les voisins du quartier débarqueront parce que quand même c’est la manche finale de Challengers, ça déchaîne les foules ! Et puis vous allez dévoiler une carte que vous posez au centre. La carte de valeur 3. Puis votre adversaire fait de même, la carte de valeur 2. Il rejoue. Une carte de valeur 2, il prend l’avantage. C’est à vous. Une carte de valeur 1 qui vous double la valeur des cartes si vous avez au moins 2 cartes de valeur 3 sur votre défausse. Wouhou, vous prenez le lead. Votre adversaire dévoile une carte. C’est un 1.

Pour ne rien arranger (oui j’insiste), le jeu est vendu 35€ ce que je trouve bien élevé, sachant que la moitié du matériel proposé n’est pas nécessaire, et est présent pour en mettre plein les yeux, mais c’est raté, autant que les illustrations d’ailleurs…

J’ai vraiment du mal à partager cet enthousiasme organisé pour le jeu de la bataille 3.0. Il y a tellement plus d’élégance, d’originalité et de fun dans un Skull King par exemple, ou même dans un Perudo ^^ Bref je ne rejouerai jamais à ce jeu ^^

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District Noir

Nobutake DogenNao Shimamura, illustré par Przemysław FornalVincent RochéHinami Tsukuda.

Je voulais jouer à ce jeu depuis quelques temps déjà, et c’est chose faite. Pour 2 joueurs, avec une direction artistique très sombre mais très bien réalisée, Soit vous posez une carte au centre, et la rivière se forme. Soit vous prenez les 5 cartes maximum de la rivière (en partant de la dernière posée), et les ajoutez à votre collection. Vous ne pouvez prendre ces cartes qu’une fois par manche, donc à vous de bien utiliser cette action. A la fin des manches, on calcule le score. Certaines cartes se jouent à la majorité (celui qui a le + de 8 remporte 8 points), d’autres sont des malus (-2 et -1). Enfin celui qui a réussi à avoir les 3 cartes ville l’emporte immédiatement. Bref c’est minimaliste, mais plutôt intéressant à jouer. Des actions épurées, un scoring à surveiller en fonctionne des actions de votre adversaire et des cartes qu’il ajoute à sa collection, et surtout l’apparition des cartes ville à surveiller comme le lait sur le feu. J’y rejouerai avec plaisir pour voir la courbe de progression.

crédit photo : les jeux du Stan

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Encore une édition très réussie donc, beaucoup de public qui a pu jouer à de nombreux jeux sur un festival gratuit, avec un très beau cadre. Merci à tous les bénévoles et à la Caverne pour cet évènement !!!

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Et pour plus de photos c’est ici que ça se passe :

Les Jeux du Stan

Test : Sobek 2 joueurs

Test : Sobek 2 joueurs

Critique rédigée à l’aide d’un jeu envoyé par l’éditeur

Dans la gamme des jeux à 2 joueurs voici Sobek 2 joueurs, déclinaison du Sobek 1er du nom qui n’est plus édité. Je vous invite à parcourir le carnet d’auteurs de Bruno Cathala qui explique la genèse de ce projet. C’est toujours intéressant je trouve de voir le point de départ d’un jeu qui pour l’exemple qui nous concerne est une volonté de faire revivre Sobek 1er du nom qui n’était plus commercialisé sur décision du distributeur. Bon il est quand même revenu sous les traits d’Oliver Twist mais bon.

Avec Sébastien Pauchon (Jaipur, Jamaica, Botanik, Corinth), l’auteur a donc réfléchit à une nouvelle version, et les idées mises en commun, et les retours sur les tests ont abouti à une version 2 joueurs uniquement.

Sobek – crédits : https://www.brunocathala.com/sobek/

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Contraintes sur le Nil

Dans la gamme des jeux à 2 joueurs, Sobek trouvera certainement sa place. J’apprécie le rapport temps de partie / profondeur car au bout de la 2ème partie, le temps de jeu se tient entre 15et 20 minutes, mise en place comprise. À part les différents bonus et tuiles spéciales qui nécessitent un retour à l’aide de jeu de temps en temps, la mécanique de base reste simple et accessible, mais pas dénuée de stratégie.

Tout est dans la contrainte puisque vous devrez forcer votre adversaire à faire le mauvais choix qui vous avantagera pour la suite. Il faut essayer de se souvenir des tuiles prises par votre adversaire pour le tenter à aller récupérer une tuile dont il a besoin, mais qui lui fera prendre en même temps des jetons contraintes, ou vous amènera dans une position préférentielle. Ça n’est pas simple et clairement, avec Sobek 2 joueurs, les premières parties seront plutôt dans l’optique d’optimiser votre jeu, et par la suite, vous vous évertuerez à forcer votre adversaire à déjouer pour l’emporter. Cette profondeur est plaisante dans un temps de jeu réduit. Bien sûr, cela implique que les 2 joueurs ont presque autant de parties au compteur, sinon le déséquilibre est flagrant.

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Recyclage

On ne va pas se mentir, on commence à bien connaître la patte Cathala. Ceux qui connaissent bien ses jeux se diront certainement « ah tiens, ça me rappelle *nommez un jeu de Bruno* ». Par exemple, en ce qui concerne Sobek, on retrouve le déplacement et la disposition des cartes/tuiles en quadrillage comme dans La Main du Roi. On retrouve le scoring comme dans Kingdomino, avec le nombre de tuiles multiplié par le nombre de scarabées/couronnes. Et comme très souvent, on a aussi les tuiles spéciales, les jetons bonus, présents dans nombre de ses créations.

Si ça ne réinvente pas la roue, on ne va pas non plus bouder son plaisir. Et si cela manque un peu d’originalité et d’effet waouh (cela manque tellement sur toute la production ludique actuelle de toute façon), il serait injuste de ne pas saluer le travail des auteurs justement, puisque Sébastien Pauchon a apporté son expérience pour un résultat très appréciable.

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Extension « Les Trésors du Pharaon »

L’extension n’est pas indispensable à mon goût, sauf peut-être si vous avez rincé le jeu de base et que vous vous lassez un peu. Les ajouts amènent de l’aléatoire supplémentaire, pour un jeu qui en contient déjà suffisamment (positionnement des tuiles au départ, bonus et personnages faces cachées, pioche des debens). Il me semble déjà suffisamment « chargé » pour un jeu rapide à 2 joueurs, avec des jetons personnages aux pouvoirs différents, l’aléatoire de la pioche des jetons debens. Pas besoin d’en rajouter pour en faire un jeu qui est très agréable à 2 joueurs, qui se joue vite quand on connait le jeu, et qui propose une tension entre les 2 joueurs durant toute la partie, dans le but de contraindre l’adversaire à effectuer le choix vers lequel vous l’aurez « guidé ».

Après si vous avez déjà des dizaines de parties au compteur, cette extension peut vous renouveler le jeu, même si je vous encourage plutôt à découvrir d’autres très bons jeux à 2 joueurs. Je trouve que c’est un segment du jeu très dynamique et qui regorge de bons jeux. Je conseillerai District Noir, Jekyll vs Hyde, Onitama, ou encore Imhotep le Duel.

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Et c’est gagné !

Et bien oui, Sobek 2 joueurs rentre dans ma ludothèque et y reste ! Dans la gamme 2 joueurs, il a toute sa place aux côtés notamment de ceux cités plus haut. J’apprécie particulièrement sa finesse, ses différents degrés de lecture puisque je peux prendre autant de plaisir en y jouant de façon un peu désintéressée avec un joueur novice ou un peu jeune, qu’y jouer très stratégiquement et de manière très contrainte pour mon adversaire (quand j’y arrive) avec un adversaire d’un autre calibre. Et ça ce n’est pas donné à tous les jeux de pouvoir être joués avec différents publics. J’aime aussi sa durée de partie contenue qui lui permet de sortir à de multiples occasions. Le temps à disposition pour un jeu étant parfois un critère à prendre en compte, Sobek 2 joueurs y répond favorablement.

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Sobek 2 Joueurs

Disponible ici :

Prix constaté : 22,50 €

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Extension Les Trésors du Pharaon

Disponible ici :

Prix constaté : 8,90 €