Test : Bullet

Test : Bullet

Bullet est un puzzle game dans un univers japonais très séduisant. Si la direction artistique ne plaira pas à tout le monde, il est certain qu’elle ne vous laissera pas indifférent pour autant. Le but du jeu est d’être la dernière héroïne en jeu (mode compétitif) ou bien de vaincre une héroïne sous sa forme « boss » (mode coopératif). Pour cela, vous avez à votre disposition des bullets que vous devez placer selon des règles précises sur votre plateau personnel. Votre mission est alors de reproduire les patterns de votre personnage afin d’« attaquer vos adversaires ». Toute la complexité provient du nombre de points d’action limité à chaque manche, vous obligeant à analyser au mieux les différentes options qui s’offrent à vous. Un combat passionnant dont l’intensité ne fera que croitre au fil des manches pour obtenir un K.O final, mais de qui ?

Bullet est un jeu issu d’un financement participatif sur Kickstarter et intégralement financé le 18 juin 2020. Il a été imaginé par Joshua Van Laningham. Il est joliment illustré par Collateral Damage Studios, Sebastian Koziner, Usanekorin et Davy Wagnarok. Il est édité et distribué par Level 99 Games. La VF est prévue chez Matagot pour Novembre 2022.

Le jeu est prévu pour 1 à 4 joueurs, à partir de 12 ans et pour une durée d’environ 15 minutes.  

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Le matériel :

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J’avais pris sur Kickstarter la version Deluxe du jeu – c’est celle avec les pions en bois. Je dois dire que je ne regrette pas du tout, car je trouve que cela participe grandement à l’expérience de jeu. Les pions en bois sont sublimes. En revanche, concernant les différents plateaux, j’aurais aimé qu’ils soient plus épais. Le carton est assez fin et est de ce fait facilement déformable. Rien de dramatique si on est un minimum précautionneux avec ses jeux. Les cartes, elles, sont de plutôt bonne qualité. De manière générale, je suis plutôt satisfaite de la qualité du matériel.

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A quoi ça ressemble ?

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Comment on joue ?

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Je vais ici vous parler du mode de jeu le plus classique, c’est-à-dire le mode « Free-For-All ». Le but du jeu est d’être la dernière héroïne encore en vie à la fin du tour. C’est le mode conseillé pour débuter et se familiariser avec le jeu. Pour une expérience encore plus calme, vous pouvez même jouer sans le timer de 3 minutes. C’est d’ailleurs ce que les auteurs vous recommandent de faire pour votre première partie. Un petit ajout très agréable est la possibilité de trouver des musiques spécialement faites pour le jeu en guise de timer sur le site de Level 99 Games en passant par Spotify. Je vous laisse ici le lien de l’album dédié.

Pour commencer, mettez tous les palets, les fameux « bullets » dans le grand sac blanc. La piste d’intensité est placée au centre de la table et le marqueur d’intensité est positionné sur l’espace vide le plus à gauche. Les tuiles pouvoir sont mélangées et forment une pile face cachée. Il faut en révéler un nombre égal au nombre de joueurs.

Chaque joueur choisit son héroïne avec le paquet de cartes correspondant, ainsi que le plateau « incoming area » spécifique à l’héroïne et un plateau « current area ». Le marqueur de points d’action est placé sur la case la plus haute de la piste de points d’action. Les joueurs mélangent leur deck de cartes spécifiques pour créer leur pioche et constituer leur main de cartes. La mise en place des joueurs est à présent presque terminée.  Il ne reste plus pour chacun des joueurs qu’à piocher 10 bullets dans le sac blanc et les mettre dans son sac noir.

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La partie se déroule en plusieurs tours divisés chacun en 3 phases :

  • 1/ Option Phase ou phase d’action : durant cette phase, tous les joueurs jouent simultanément.  Le but est de placer sur votre plateau personnel l’ensemble des bullets qui se trouvent dans votre sac. Vous piochez donc un à un les bullets du sac pour les placer sur le plateau selon les règles de pose. La couleur indique la colonne dans laquelle le palet va être placé et le numéro correspond à l’endroit où il sera placé dans cette colonne. Mais attention ! Dès que vous ne pouvez pas placer un bullet, il est envoyé dans la « hitbox » et il vous blesse immédiatement. Quand vous perdez votre dernière vie, la partie s’arrête pour vous. L’objectif est donc d’être la dernière héroïne en jeu pour gagner la partie. Evidemment, afin de pouvoir vous prévenir d’éventuels dommages, d’autres actions sont possibles durant cette phase. Vous pouvez utiliser les actions spécifiques de votre plateau personnage. Vous pouvez en faire autant que vous voulez, à condition d’avoir les points d’action nécessaires. Vous pouvez également utiliser vos patterns si, au préalable, vous avez réussi à reproduire le schéma du pattern. C’est grâce à cela que vous allez enlever les bullets de votre plateau. Et vu qu’il s’agit tout de même d’un jeu compétitif, les bullets que vous avez retirés sont directement mis devant le plateau de votre adversaire de gauche. Les bullets ainsi récupérés s’ajouteront à ceux de la prochaine manche.  
  • 2/ End Phase ou phase de fin de tour : une fois la phase d’actions terminée ou le timer écoulé, chaque héroïne récupère une tuile pouvoir et la place sur son plateau. Vous pourrez vous en servir dès le tour suivant. Ensuite, chaque joueur doit reconstituer sa main de cartes. Pour finir, vous allez à nouveau remplir votre sac noir d’un nombre de bullets équivalent à l’intensité de la piste d’intensité.
  • 3/ Cleanup Phase ou phase de nettoyage : c’est le moment de remettre de nouvelles tuiles pouvoir et de replacer votre marqueur de points d’action sur le plus haut numéro. N’oubliez pas non plus à ce moment d’augmenter le niveau d’intensité. Plus la partie dure et plus la difficulté augmente. Et enfin, vous allez placer dans votre sac noir tous les bullets que vos adversaires vous ont envoyés. Et ça peut faire beaucoup de bullets à force ^^

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Les tours vont ainsi s’enchainer jusqu’à ce qu’une des conditions de victoire soit atteinte :

  • Il ne reste qu’une seule héroïne en jeu qui est alors désignée grande gagnante ^^
  • Il n’y a plus de bullets dans le sac blanc et tout le monde a perdu

On vient donc de voir comment on joue au mode classique. Il existe toutefois 3 autres modes de jeu vous permettant de vous affronter à 4 joueurs en constituant des équipes de 2 joueurs, ou de jouer en coopératif pour vous mesurez à un boss ou encore de jouer en solo !

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VERDICT : Un grand oui

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Pour faire simple, j’ai adoré ce jeu. Les règles sont très simples et les parties rapides – et pourtant j’ai presque joué toutes mes parties sans le timer. J’aime ce casse-tête pour pouvoir réaliser nos patterns afin d’éliminer un maximum de bullets à chaque manche pour éviter la défaite le désastre lors de la manche suivante. Et avec certains personnages, ce casse-tête s’intensifie puisque vous ne voudrez surtout pas avantager vos adversaires. On peut lui reprocher un manque d’interaction puisque celle-ci n’est présente que de manière indirecte à travers les bullets éliminés qui seront transmis à un adversaire. Cela n’est toutefois pas gênant pour moi puisqu’il s’agit avant tout d’un combat avec soi-même pour se dépasser et montrer sa supériorité ^^

En revanche, en ce qui concerne la rejouabilité, vous aurez de quoi faire. Tout d’abord, cela vient des héroïnes qui, grâce à leur spécificité, apporte une dynamique très différente sur la manière de jouer individuellement du fait de leur pattern et pouvoir unique, mais aussi en fonction des autres héroïnes en jeu qui vont significativement avoir un impact sur vos choix. D’autre part, les différents modes de jeu n’y seront clairement pas pour rien. Le mode en équipe est vraiment intéressant et apporte une certaine originalité car cette façon de jouer est peu commune. Il y en aura ainsi pour tous les goûts avec du compétitif, du compétitif en équipes et du collaboratif avec l’affrontement des boss. Ce dernier mode est d’ailleurs très intéressant et la difficulté bien ajustée.

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Pour ceux qui aiment jouer en solo comme moi, vous aurez deux modes de jeu possible en solitaire : la bataille de boss, mais aussi le « score attack » où vous devez résister durant un maximum de manches avant d’être K.O. Dans ce dernier cas, vous serez alors votre propre adversaire puisque chaque bullet que vous retirez de votre plateau personnel se retourne contre vous en faisant augmenter l’intensité.  

Avant de conclure, je voulais souligner le matériel de cette version Deluxe avec les pions en bois qui subliment le jeu et son expérience ludique.

Vous l’aurez compris, ce jeu est pour moi une vraie belle découverte et j’ai d’ailleurs acquis sans aucune hésitation l’extension de ce jeu offrant notamment de nouvelles héroïnes.  

Test : Nile Artifacts

Test : Nile Artifacts

A la vue des illustrations exotiques et ensoleillées de Nile Artifacts, l’un de mes joueurs a tout de suite pensé à l’ancienne boite des Cités Perdues (réédité depuis sous le nom de Lost Cities). Quant à moi, certaines mécaniques et la thématique égyptienne m’ont fait dire que les auteurs avaient probablement bien aimé Sobek premier du nom. En fait, par bien des aspects, Nile Artefacts rappelle tout un tas de jeux. Et ce n’est peut-être pas une qualité.

Nile Artifacts est un jeu du prolifique Matthew Dunstan (Bubble Stories) et du non moins prolifique Brett J. Gilbert (High Risk, Professeur Evil & La Citadelle du Temps), illustré par Iosu Palacios Asenjo et édité par Ankama.

Il est annoncé pour être joué de 1 à 4, pour une durée de partie estimée à 20 minutes, à partir de 8 ans.

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Tout-en-karton

Une manche de Nile Artifacts s’articule en deux temps : Le voyage et sa destination. Durant le voyage, on se déplace le long du Nil d’autant de cases désirées. On récupère un artefact à l’endroit où l’on fait escale et ce qu’on laisse derrière pourra être récupéré par les joueurs suivants. Une mécanique éprouvée que l’on retrouve dans Sobek, Tokaido ou, plus récemment, Parks.

Une fois que tous les joueurs ont rejoint l’une des deux extrémités du plateau, il est temps d’utiliser nos artefacts comme offrandes aux temples révélées qui sont autant d’objectifs sources de points de victoire. Une fois que l’un des joueurs a rempli l’ensemble des objectifs d’une carte temple, on la remplace et tant pis pour les autres. Une petite mécanique de course censée créer de la tension que l’on retrouve dans pas mal de jeux, comme Llama Land que j’avais testé l’année dernière.

On joue ainsi, manche après manche, jusqu’à épuisement de la pioche d’objectifs.

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Un long fleuve trop tranquille

Dans l’absolu, Nile Artifacts n’est pas désagréable mais un peu plan-plan et pas très original. S’il essaye quelques choses nouvelles comme la possibilité de faire demi-tour sur le Nil, moyennant de l’or que l’on récupère au compte-goutte durant la partie, ça ne suffit pas pour casser l’impression d’y avoir déjà joué, en mieux.

En plus de son manque d’originalité, Nile Artifacts pêche par un rythme aléatoire très dépendant du tirage des cartes objectifs. Si artefacts et objectifs coïncident, le jeu peut proposer des dilemmes intéressants mais dans certaines parties, on se retrouve pendant des manches entières à simplement ramasser le maximum d’artefacts pour plus tard, sans trop réfléchir.

Celui qui, à chaque tour, est certain de ne pas se poser de questions, c’est le quatrième joueur. Il sert principalement de voiture balai, ramassant les miettes laissées par les autres. Au moins il n’y aura pas de jaloux, le premier joueur est tournant et il n’y a aucun moyen de changer l’ordre du tour. Il faut juste se dire qu’à quatre on va passer un tour à regarder les autres jouer. Heureusement qu’à deux ce problème s’estompe.

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Pas Nil… mais pas bien non plus.

Les illustrations ont beau être très jolies, l’édition sympathique et les mécaniques fonctionnelles, le jeu manque terriblement de personnalité. En tant que petit jeu tactique, Nile Artifacts n’est pas mauvais, mais l’arrière-goût de “déjà vu, déjà joué” est tenace et les petites tentatives d’originalité çà et là ne suffisent pas pour relever la fadeur du plat.

Ni vraiment raté, ni complètement réussi. Pas déplaisant mais vite oublié. Nile Artifacts illustrerait parfaitement la définition du terme “Ok Game”. Si jamais vous n’avez joué à aucun des jeux cités dans cette critique, il y a peut-être une chance que vous y trouviez votre compte (surtout si vous n’avez pas l’intention d’y jouer à 4). Sinon passez votre chemin.

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Disponible ici :

Prix constaté : 20€

Test : Loco Momo

Test : Loco Momo

L’avis de Romain B. :

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Prenez votre appareil photo et rassemblez les animaux !

Dans Loco Momo, à vous d’aligner les animaux et les couleurs pour réaliser la plus belle des photos de groupe de la forêt.

Loco Momo, c’est un jeu de Lenny et Leon Liu avec les visuels d’Aisha Lee. Un jeu pour 1 à 4 personnes qui nous arrive en France grâce à Blam ! avec, au passage, l’ajout de 2 petits modules pour augmenter la rejouabilité.

La couverture de la boite vous invite de suite à l’ouvrir, qu’est ce qui peut bien se cacher là ? Un jeu pour enfants ? C’est la première pensée qui nous vient et pourtant ! Pourtant, ne vous y fiez pas. Loco Momo plaira tout autant aux plus jeunes qu’aux grands.

Par ses règles qui s’expliquent presque en y jouant. À son tour, un joueur va choisir un animal du plateau central, le déplacer selon la race de cet animal et récupérer toutes les tuiles de la même couleur que celle choisie (et donc celle choisie avec). Vient ensuite une phase de placement sur son plateau personnel pour correspondre au scoring proposé, une ligne pour avoir un maximum d’animaux différents, une pour avoir un maximum de tuiles du même animal, ensuite deux lignes pour réaliser des paires, et finalement une dernière ligne pour compléter les paires en brelans.

La couleur sert donc à récupérer les tuiles mais elle peut vous apporter un bonus pour chaque ligne ou colonne d’une seule couleur (remplie) en fin de partie.

Voilà, vous savez déjà jouer avec ours, aigles, tigres et canards. Tout le sel du jeu viendra de vos choix, de vos prises de risque et de vos anticipations de placement. C’est tout simple mais diablement efficace ! Le jeu a également un autre paramètre important : il est court. 6 petites manches et donc à la fin de la partie le même sentiment de frustration, cette même envie d’y retourner, encore une petite partie, je suis sûr de pouvoir améliorer mon score !

C’est vraiment fin, dosé au gramme près et surtout ça fonctionne !

Pour la rejouabilité, cette fois je peux vous la garantir ! En effet, j’ai mis la main sur le jeu il y a plus d‘un an dans sa version originale, et il n’y a pas de doute, on y revient ! Avec des parties de 15 minutes en même temps, c’est si facile de le sortir.

Vous voilà avec un petit bonbon ludique, cette petite sucrerie fraîche qui permet de digérer tranquillement le gros jeu qui vient de se finir ou de se mettre en jambes avant de se lancer dans la partie de la soirée.

Avec Loco Momo, tout le monde peut jouer, une légère phase d’apprentissage des mouvements de chaque animal et le tour est joué !

Pour les 2 modules ajoutés à la version française, ils proposent d’être le joueur qui aura le moins d’un type d’éléments en fin de partie (élément tiré au hasard) ou d’en placer un dans le coin haut droit de votre plateau personnel.

C’est sympathique, ça permet de varier un peu les parties surtout si le jeu vient à être joué et rejoué tous les jours. Personnellement, je ne me lasse pas du jeu de base, il faut savoir jouer à autre chose pour éviter l’indigestion ludique, mais j’y reviens avec gourmandise quand je peux.

Loco Momo c’est vraiment un coup de cœur personnellement, de ces petits jeux où l’ambiance autour de la table est enjouée et les parties ouvrent à la rigolade, c’est tout bon. Mes compères Ludo et Thomas vous donnent leurs ressentis juste en dessous, histoire de nuancer (un peu) mes propos.

Amateur de jeu de pose de tuiles à optimisation, avec Loco Momo, vous avez un jeu fait pour vous !

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L’avis de Teaman :

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Contrairement à mes collègues, j’ai du mal à être subjugué par Loco Momo. Mettons de côté ses illustrations enfantines, qui ne seront un problème que quand les ludicaires voudront le vendre au public. Selon moi, son premier souci c’est son matériel qui n’est clairement pas au niveau. Quand tu passes après Azul, c’est compliqué. Surtout quand tu boxes dans la même catégorie. Depuis Splendor, une bonne partie des éditeurs ont compris que le plaisir de jeu passait aussi par le matériel. Et nous, joueurs, en bons enfants gâtés, nous nous sommes habitués à ce luxe.

Sinon, mécaniquement, ça marchouille gentillement. On retrouve comme dans Azul, un marché commun de tuiles que l’on va ensuite placer sur son plateau personnel pour engranger un maximum de points. Son gros point fort, les parties sont rapides, même si la prise de tuiles et la manière de scorer, un poil alambiquée, nécessitera un temps d’adaptation.

Le problème vient essentiellement des sensations de jeu. Quand je joue à Loco Momo, j’ai l’impression de faire toujours la même chose : je regarde les animaux qui m’intéressent, je vérifie que je peux les prendre et je remplis mon tableau. Je me suis peu retrouvé face à des situations de dilemmes, surtout à quatre joueurs où le contrôle est très réduit. Je ne peux pas finir ma ligne ? Bof, pas grave, j’ai de quoi faire ma colonne. Même si à deux nos choix sont influencés par le tableau de notre adversaire, je trouve que l’interaction reste moins subtile que dans le fameux jeu au carrelage portugais.

Loco Momo n’est pas un jeu désagréable, et si on me le proposait, je ne dirais pas non à une nouvelle partie, mais si c’est moi qui devais choisir, je préférerais plutôt ressortir Azul et ses suites.

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L’avis de LudodelaLudo :

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Lors d’une balade au cœur d’une forêt plutôt accueillante, j’entendis des bruits d’appareil photo, en rafale ! Baissant discrètement un gros buisson, quelle ne fut pas ma surprise de voir tout plein d’animaux poser ici et là, tantôt seuls ou à plusieurs, pour un lapin photographe !

Loco Momo, et pour moi c’est son seul défaut, est malgré sa couverture de boite enfantine, un jeu de pose de tuiles logique et addictif. Le but du jeu étant de faire plus de points que ses adversaires en choisissant et en posant des petites tuiles colorées d’animaux tout mignons. On se plait à jouer et rejouer à ce petit jeu sans chichi qui renferme assez de chaos (tirage des tuiles) et de stratégies (choix des combinaisons et pose de tuiles) pour en faire un jeu addictif à partir de 7 ans !

Le matériel est correct, les règles claires et accessibles, et de plus le jeu propose 2 petites variantes pour continuer à se casser les neurones tranquillement sur la mousse soyeuse des arbres imposants de la forêt.

Un jeu indispensable à toute famille désirant s’amuser de 2 à 4 joueurs (toutes les configurations sont bonnes), et même seul, puisqu’un mode solo basique est proposé. Allez, je laisse les animaux à leur hobby étonnant et je retourne à ma balade.

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Prix constaté : 24 €

Test : Coffee Traders

Test : Coffee Traders

Bienvenue à Anvers en 1970 ! À vous de développer le commerce du café équitable avec 5 régions du monde que vous allez développer, exploiter pour obtenir les meilleurs arômes en vue de remplir des contrats et livrer les cafés de la ville.

Coffee Traders est le jeu du duo Rolf Sagel et André Spil qui nous a proposé Wildcatters, une sorte de grand frère de Coffee Traders sur le thème de l’exploitation pétrolifère mondiale.

Le jeu est prévu pour 3 à 5 joueurs, à partir de 12 ans et pour une durée de 2 heures environ.

Le jeu est édité dans sa version originale par Capstone Games et la version française arrivera en 2022 chez Super Meeple.

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Coffee Traders c’est aussi le Diamant d’Or d’argent… le numéro deux quoi ! C’est un vrai jeu expert que vous allez poser sur la table, un jeu exigeant, avec deux phases principales pendant chacune de ses 3 manches, pléthore de matériel et sa haute interaction.

En 3 manches, vous allez planter des champs de café, aider les populations locales à exploiter ces plantations, commercer les récoltes et, avec le café ainsi récupéré, remplir des contrats ou livrer les cafés locaux.

Chaque manche commence par une phase d’action où chaque joueur dispose de cubes lui permettant de payer ses actions. Le but est de préparer le terrain en posant de nouvelles plantations. Le but de ces plantations est bien évidemment la production de café, mais pas seulement. Le scoring final prend en compte l’influence de chaque joueur dans chacune des 5 régions, influence fournie par vos plantations et vos bâtiments.

Après cette première phase principale, une seconde commence avec une interaction entre les joueurs des plus intéressantes. Chaque joueur peut y affecter un de ses employés en tant que négociant dans une région pour en récupérer du café ou en tant que maître de chantier pour construire un bâtiment.

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Ce qui est particulièrement intéressant est le « piggy backing ». Les autres joueurs vont pouvoir suivre l’action que vous lancez en accompagnant votre négociant dans la région ou en construisant un bâtiment également.

Cette seconde phase principale est des plus intéressantes, elle permet au jeu de conserver un rythme de croisière sans temps d’attente trop important. Non seulement on reste actif pendant l’action des autres, mais en plus les choix de chacun sont des plus intéressants pour tous. Personnellement c’est la phase que je trouve la plus intéressante, elle est très vivante, tous les choix sont intéressants, c’est à ce moment que le jeu est dans son fauteuil, dans ce qu’il peut proposer de mieux.

S’ensuit une phase de production où chaque joueur va récupérer le café négocié avant la phase des contrats.l

Les contrats, c’est peut-être ce que le jeu a de moins sexy, de (trop ?) basique. Chaque joueur dispose de 6 contrats où il peut livrer des cafés d’Anvers.

Une phase des plus classiques qui peut durer longtemps avec un potentiel d’analysis paralysis assez fort selon les joueurs autour de la table. Si on y ajoute la règle aberrante des jetons bonus associés aux contrats remplis avec cette piste pour les poser qui sort tout droit d’un cerveau torturé (on attend avec impatience les dizaines de questions sur ce sujet sur les réseaux sociaux 😋).

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Et voilà face à quoi vous allez vous retrouver, à boire, à manger, des ânes, des chats… vraiment de quoi bien se torréfier les neurones façon ristretto !

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Le jeu est complet, mais il a tous de même des défauts à ne pas oublier. Les microrègles pour commencer. Elles sont légion, ça démarre dès la mise en place entre celle à 3, celle à 4 et celle pour 5 joueurs, suivez bien le guide des règles pour ne pas commencer la partie avec un jeu faussé. Ajoutons les petits points de règles présents tout au long du jeu et ce sont quelques allers-retours dans les règles qui seront au programme. La pose des champs et ce qu’il est possible de poser ou pas, la construction de bâtiments possible en piggy back, la fameuse piste pour les jetons bonus… La liste peut être longue, mais, au final, on vous rassure, rien de désastreux pour autant, juste quelques temps de vérification à prévoir pour vos débuts, le syndrome de la VAR vu au football pour les connaisseurs 🤣.

Le calcul des productions de café vous fera réviser vos additions, soustractions et divisions ! Ça peut paraître tout bête, mais le calcul de ce que chacun va récupérer, s’il s’ajoute à la négociation de café, peut être bien lourd pour certains joueurs ; en général l’expert du calcul mental autour de la table prend en main cette phase en annonçant les totaux par joueur pour que tout se passe bien. Au moins, vous êtes prévenus !

La phase de contrat de la 3ème et dernière manche sera la phase la plus longue du jeu. Les joueurs étant au pied du mur avant le scoring final, les cerveaux sont lancés à plein régime et chaque choix devient crucial, et les calculs associés vont faire durer la fin de la partie.

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Coffee Traders est le second jeu de son duo d’auteurs. On est donc tenté, quand on l’apprécie, de regarder leur première création : Wildcatters. Ce « premier » partage pas mal de mécaniques et de gameplay avec Coffee Traders. Personnellement, j’ai découvert Wildcatters en second et au premier abord je l’ai trouvé nettement supérieur ! Plus profond, plus tendu et violent. Bref meilleur. Après quelque temps, en rejouant à Coffee Traders, force est de constater que les deux jeux sont tout de même différents, je n’ai pas les mêmes attentes selon le jeu qui sera sur la table et je n’ai pas la sensation d’effet doublon.

Et pour finir, parlons de l’insert… Ah ben non. Pas d’insert, du moins pas dans la version originale. Vu la quantité de matériel, un insert serait des plus utiles, mais bon, les sachets plastiques, c’est toujours utile.

Un dernier point : le prix. Ce jeu pour la version anglophone de Capstone est à 110 €. Un prix quasi prohibitif, vu chez les Lacerda, mais aussi pour certains jeux deluxe. Oui c’est un budget, oui c’est le prix de 2 jeux dits experts, mais je trouve qu’il vaut l’investissement.

Vous ne pourrez donc pas dire que les éléments « négatifs » du jeu n’auront pas été soulevés.

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Et comme c’est un jeu que j’aime beaucoup, je reviens sur les points qui le placent au-dessus de la mêlée.

Coffee Traders est un jeu qui procure des sensations différentes selon les configurations dans lesquelles il est joué. Que ce soit à 3, 4 ou 5 joueurs, il fonctionne et l’on passera un très bon moment autour de la table. Mention spéciale au format 5 joueurs qui offre un setup totalement équilibré pour une durée de jeu au final très correcte.

L’élément central du jeu, son cœur de mécanique repose sur l’interaction entre les joueurs. Les autres vous prennent des actions, des emplacements, mais le jeu offre toujours des solutions, des voies de détournement pour arriver à vos objectifs. Vous aurez besoin des autres et la concurrence est vraiment bien dosée. On peut même parler d’interaction positive, ce que les autres construisent ou les actions qu’ils lancent vous profiteront également.

Passons au matériel, tout d’abord le plateau central très chamarré et peut paraître chargé pour certains, mais pas d’affolement, tout est lisible. Allez, un petit bémol sur la partie bar à café qui est peut-être trop petite pour les joueurs à l’autre bout du plateau. C’est en tout cas fort joli et c’est à noter !

On peut également regarder du côté des plateaux joueurs. Ils paraissent complexes et trop grands au premier abord, mais une fois la première manche jouée, tout est limpide et la découpe du tour de jeu sur le plateau personnel de chaque joueur est une formidable idée ! En un coup d’œil, on sait où se trouve chaque ressource, où l’on en est, ce qu’il est possible de faire ou pas. Bref c’est du grand art sur ce point, et nombre de jeux feraient bien de s’en inspirer.

Avec tout cela, Coffee Traders propose un grand jeu, physiquement comme ludiquement. Un jeu expert à n’en pas douter, de par les multiples règles et microrègles, mais aussi de par l’étendue des choix qu’il propose.

Au final, un jeu pour joueurs experts amateurs de belles pièces, il serait noté Vital Lacerda sur la boite qu’on ne serait étonné ni du prix ni des petites règles additionnelles, un beau gage de qualité pour le jeu qui arrivera prochainement en version française, à surveiller de près donc !

Test : Get on Board

Test : Get on Board

Les bus sont parfois à l’heure, mais celui-là a clairement 3 ans de retard.

3 ans de retard pour un bus c’est beaucoup. Parfois, il ne suffit pas qu’un jeu soit bon, il est aussi question de l’environnement lors de la sortie de ce jeu, surtout vu le nombre de sorties actuellement.

Et ce Get on Board me donne vraiment l’impression d’avoir plusieurs bus de retard. Pas dans sa conception, puisque le jeu est sorti à l’origine en 2018 sous le nom de « Let’s Make a Bus Route », mais plutôt dans sa localisation et son arrivée sur le marché français.

2018 c’est aussi l’année de sortie d’un très bon flip&write, Welcome To, je dis ça je dis rien…

L’un est arrivé à l’heure et a pu populariser le roll/flip & write, l’autre arrive… en retard.

Get on Board est l’œuvre de Saashi (Coffee Roaster), illustré par Monsieur Z, édité par Iello. Il est prévu pour 2 à 5 joueurs, à partir de 8 ans et pour une durée comprise entre 30 et 45 minutes.

La feuille à cocher

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Déjà-vu

Bah oui, au bout d’un moment, les roll/flip & write c’est bien, mais on commence à en avoir vu pas mal. Alors, certains amènent quelque chose de + qui fait la différence et leur fait gagner leur place parmi les élus, mais parfois c’est quand-même trop léger. Il y a déjà de très belles références dans le genre, qui ne sont pas près d’être remplacées, sauf si on vient proposer quelque chose d’original, ou s’il y a un vrai apport à la mécanique. Je citerai mes préférés qui sont Welcome To, Cartographers, Fleet the Dice Game, Paper Dungeons, Doodle Islands, Encore, Corinth et Très Futé.

Avec Get on Board, vous chargez les passagers que vous rencontrez sur l’itinéraire de bus que vous construisez sur la carte commune et centrale. Votre chemin passe par une mamie, cochez une mamie sur votre feuille. Un touriste, un homme d’affaires, même principe. Vous devrez optimiser votre trajet afin de charger plusieurs touristes ou hommes d’affaires avant de passer par un lieu touristique ou un immeuble d’affaires, et y déverser vos passagers, afin qu’il vous rapporte le + de points. Plus vous aurez de mamies, plus ça rapportera, et avoir des étudiantes ne rapportera des points que si vous passez par plusieurs universités durant votre trajet. Petit bonus, si vous amenez vos hommes d’affaires à bon port, ils vous permettent de cocher une mamie, un touriste ou une étudiante en plus.

Tout est donc question de timing et d’optimisation, même si vous n’optimiserez pas souvent grand-chose, puisque votre tracé sera dépendant des numéros qui sortent à chaque tour, comme au bingo, et qui vous indiquent quel tronçon de ligne de bus (droite, avec virage, avec 2 virages, longue de 1 barre, 2 ou 3 barres) vous pourrez placer sur le plateau pour étendre votre trajet.

C’est somme toute assez limité, et surtout, vu et revu.

Le ticket n°9 ne donne pas le même tronçon à positionner pour chaque joueur

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Interaction ? Oui mais non

On nous vend ce jeu comme apportant l’interaction qui manque souvent dans les truc&write, il est même précisé « interaction totale » sur le site de l’éditeur. Il est vrai qu’habituellement, à de rares exceptions, chacun joue plutôt dans son coin, le nez sur sa feuille. Mais ça fonctionne très bien comme ça au final. Avec Get on Board, le plateau central et commun doit y remédier. Chaque fois que vous devrez emprunter une route sur laquelle un adversaire a déjà construit précédemment une ligne de bus à sa couleur, vous aurez un malus. Ces embouteillages peuvent se produire à de multiples endroits du trajet, il est plutôt rare, voire impossible, durant les parties que tout le monde s’ignore et fasse son trajet de bus sans rencontrer l’autre. Donc vous aurez des malus à cocher un certain nombre de fois durant la partie.

Bon, au final vous n’y pourrez pas grand-chose non plus, puisque vous ne déciderez pas de quel tronçon vous allez pouvoir utiliser à votre tour, puisque le tirage est aléatoire. Vous pourrez juste, quand arrivera la fin de partie, anticiper un peu cela, mais faut pas nous la faire à l’envers, vous ne contrôlerez rien. ^^

Vous pourrez bien sûr modifier vos tronçons pour faire une ligne droite au lieu d’un virage et inversement, mais ça vous comptera comme un malus aussi donc bon… Faudra juste veiller à pas trop les accumuler ces malus.

A part ça, c’est tout niveau interaction, vous ne priverez pas les autres d’un lieu si vous êtes le premier à y aller. Ah si, 2 objectifs communs sont dispos. Le 1er qui réalise un objectif gagne 10 points, le second 6 PV pour le même objectif. On est loin de l’interaction totale, ou alors on n’a pas la même définition.

Ah si, j’oubliais, vous aurez de l’interaction puisque les « adversaires » vont vous gêner pour la visibilité sur le plateau. ^^ Bah oui avec 3 lignes de bus de couleurs différentes sur des tronçons n’en matérialisant qu’un sur le plateau, ça sera aussi l’embouteillage visuel, et à 3 ou 4 joueurs, à certains endroits, vous ne savez plus trop quel passager monte dans votre bus…

ça commence à se marcher dessus

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Bof Bof

J’ai joué à ce jeu avec 7 personnes différentes avec plusieurs parties au compteur, dans différentes configurations. Le sentiment est allé de « C’est nul, on maitrise rien, on a bientôt fini ?? », à « Un bon jeu de recherche des possibles, c’est sympa. ». 5 personnes, moi y compris, ne font pas une généralité, surtout si j’en crois les vidéos dithyrambiques et autres articles, voir les notes Philibert (une belle moyenne de 4,6/5 pour la moyenne des blogueurs). Il n’empêche, je vous dirai que j’y ai joué et que je vais le revendre, les parties n’ont rien provoqué comme émotions ludiques. Le jeu n’est pas mauvais, attention, mais j’ai déjà joué à un paquet de truc&write, et il s’adresse surtout à un public familial et un peu novice dans ce type de jeu. Je suis peut-être un peu trop exigeant pour le coup, mais il ne remplacera pas les jeux que je cite en début d’article. Ah oui, dernier point à souligner, par rapport à tous ceux que j’ai cités, il est le plus cher à l’achat. Le plateau commun n’y est certainement pas pour rien.

Le plateau New-York pour 2 à 3 joueurs

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Prix constaté : 25€