Test : Cascadia

Test : Cascadia

Cascadia est un jeu de Randy Flynn illustré par Beth Sobel. Il est édité par Falout Games et localisé par Lucky Duck Francophone.  
C’est un jeu prévu pour 1 à 4 personnes pour des parties de 30 à 45 minutes, à partir de 10 ans. 

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Le matériel : 

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Composé de tuiles, de jetons en bois, d’autres en carton et de cartes ainsi que d’un sac en toile, le jeu est de bonne qualité générale. Les illustrations sur les jetons semblent fragiles, mais je n’ai eu aucun souci. Quelques jetons de bois étaient légèrement irréguliers dans ma version et le séparateur en carton tordu, mais rien qui ne gêne la lisibilité ou le gameplay. A noter que le jeu est vendu avec une feuille de score, c’est toujours appréciable. 

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A quoi ça ressemble ? 

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Comment on joue ? 

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Sans rentrer dans le détail des règles, qui sont très simples et claires, le jeu fournit beaucoup de possibilités, tant au niveau des modes de jeu disponibles que de la variété des parties.  En fonction du nombre de personnes participantes, il faudra retirer un certain nombre de tuiles aléatoirement. Ce qui fait que toutes les tuiles ne sortiront jamais à chaque partie, pour le renouvellement c’est parfait. 

Il y a aussi 5 tuiles de départ pour 4 personnes maximum, donc là aussi, même si on peut tomber régulièrement sur les mêmes tuiles de départ, la variété est quand-même possible, surtout quand on joue à moins de 4. 

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La mécanique est simple, on a devant nous 4 tuiles et 4 jetons animaux, on choisit une paire avec la tuile et le jeton qui est en dessous, on place la tuile de manière à ce qu’elle soit adjacente à une tuile déjà posée et qu’elle partage au moins un coin avec le même type de terrain et on place le jeton animal n’importe où sur notre paysage, du moment que cet habitat est adapté à l’espèce que l’on veut poser. 

Grâce à un système de jetons « nature » il sera possible de sélectionner une paire de tuile/jeton animal sans respecter la règle initiale. 

En fin de partie, on marquera des points en fonction des cartes d’espèce qui auront été piochées en début de partie et des terrains qu’on aura placés, la personne qui a formé des terrains plus grands que les autres aura un bonus de majorité. Le calcul final des points déterminera qui l’emporte et qui a réussi à mieux respecter les restrictions liées aux espèces. 

Voilà un petit résumé du gameplay. 

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Ce qui m’a plu dans ce gameplay, c’est clairement le renouvellement des tuiles pour que ça ne soit pas toujours les mêmes à chaque partie et la pioche des jetons qui peut être contrôlée via les jetons nature, via un système de surpopulation, pour pouvoir à la fois augmenter nos chances de piocher les bons jetons, mais aussi pour empêcher nos adversaires d’avoir peut-être un jeton qu’ils voulaient absolument. 

Cascadia ne brille pas par ses interactions directes, il n’y en a pas du tout, on construit son puzzle chacun dans son coin, mais les interactions indirectes vont être au cœur du jeu aussi. 

Prendre une tuile et un jeton en fonction uniquement de ce qu’il nous faudrait, ou alors regarder ce que font les autres pour aussi éviter qu’ils n’aient une trop grosse majorité de terrain ou leur supprimer des jetons animaux ? 

Voilà le dilemme de ce jeu et le sel des interactions indirectes. On peut jouer des deux manières, sans lever le nez de son puzzle ou en guettant ce que font les autres et en tentant de leur couper l’herbe sous le pied ! (ahah) 

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Une fois que tout le monde a 23 tuiles au total devant lui (la tuile de départ comptant pour 3 et 20 tours de jeu) la fin de partie est déclenchée. Pour le compte des scores, des cartes sont piochées en début de partie, et là, ce qui m’a beaucoup plu, c’est la possibilité de jouer de plusieurs manières : 

Soit on pioche aléatoirement, soit on s’attaque aux challenges proposés par le livret de règles et on pioche les cartes demandées et plus on va avancer dans les défis, plus ce sera corsé, avec des objectifs de points minimum à atteindre, des espèces spécifiques pour lesquelles marquer des points etc… 

Des variantes plus accessibles pour jouer avec les plus jeunes ou pour ceux qui veulent jouer sans gros calculs ou restrictions sont aussi possibles. 

Le jeu propose donc une rejouabilité et un challenge assez impressionnants ! 

Et ça c’est très appréciable, on va renouveler les parties sans avoir l’impression de tourner en rond ou de faire toujours la même chose ! 

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En solo, le jeu se joue dans le mode challenge, il faut atteindre les objectifs de pose de score et de cartes espèces, et il nous faudra aussi retirer une paire de tuile/jeton animal à la fin de notre tour pour simuler la présence d’une autre personne, mais pas de score à battre autre que celui imposé par le challenge. 

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Alors, finalement, ce Cascadia est-il un must have ? 

Pour moi oui ! Cependant, il n’est pas exempt de défauts ! 

Autant la rejouabilité, la beauté du jeu une fois la partie terminée, le côté puzzle game et la rapidité des parties avec la simplicité des règles en font un excellent jeu, autant quelques défauts doivent être soulignés. 

 
Déjà le temps de jeu en solo et à 4 est drastiquement inverse. 
En solo, je peux jouer en 15/20 minutes max quand j’ai mes idées et mes objectifs, mais je suis quelqu’un qui joue très vite de nature, rares sont mes phases d’analysis paralysis, mais dès qu’on joue à 4, et si on joue avec des personnes qui aiment tout optimiser, on va vite avoir l’impression d’un jeu qui traine en longueur, alors que ce que j’aime, moi, dans ce type de jeux, c’est de les jouer vite, on peut enchainer les scénarios et défis. 

Je n’ai pas minuté mes parties à 4, mais j’ai clairement eu l’impression que c’était bien trop long. Je préfère le jeu pour y jouer en solo et en duo, après ça sera trop long pour moi et je préfèrerais sortir autre chose comme jeu. Etrange, parce que j’aime réellement le jeu et j’apprécie de le faire connaitre, mais bon… Quand la sensation de lourdeur s’installe sur un jeu que je trouve très rapide ça me pèse (ahah bis). 

Si vous avez l’habitude de jouer entre optimisateurs ou entre speedrunners, vous y trouverez votre compte en termes de durée, mélanger les deux risque d’en frustrer certains. 

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Ensuite, parmi les défauts, l’un est totalement subjectif, n’est pas forcément un défaut, mais il est important de le savoir, le thème est totalement absent, je n’ai pas l’impression de bâtir un vrai écosystème et de placer des animaux dans un habitat adapté, j’ai juste des jetons à poser sur des tuiles et à faire correspondre les éléments pour faire des points. Donc on a clairement affaire à un jeu abstrait, mais ce n’est pas un vrai défaut, c’est juste qu’il faut le savoir si le ressenti de la thématique est important pour vous. 

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Ensuite la chose qui est frustrante au plus haut point en fonction des parties c’est clairement l’aléatoire. Alors, oui, il est maitrisable en partie avec les jetons nature. MAIS ! Si on arrive pas à avoir les jetons nature parce que les autres nous piquent toujours les tuiles dont nous aurions besoin, nous pouvons subir le jeu et l’aléatoire, car les tuiles sont piochées aléatoirement et les jetons animaux aussi. 

Donc en solo ce n’est pas très grave, on échoue à cause d’un tirage défavorable, bon, on relance la partie et c’est réglé. Quand on joue à 4, qu’on est dernier, et qu’on subit l’aléatoire pour ne jamais rien avoir et qu’on a passé pas mal de temps dessus, c’est bien plus frustrant et on n’a pas envie de refaire une partie aussitôt par crainte de revoir la même chose se produire. 

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Et dernier point négatif, certaines cartes espèce animale pour le scoring finale manquent de clarté malgré les explications fournies dans le livret de règles.  J’ai dû aller sur BGG pour connaitre les subtilités. 

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Alors, en lisant la liste des points noirs, comment est-ce que je peux dire que le jeu est un must have ? 

Parce que, pour peu qu’on aime la pose de tuiles, les puzzles et les jeux qui peuvent se jouer vite si tout le monde connait et est rapide, plus le fait que je joue au jeu majoritairement en solo ou duo, c’est un jeu idéal dans ces configurations.  
En solo une partie de 15/20 minutes ça détend, ça repose, mais ça fait réfléchir, si on est frustré par le tirage, on recommence et on tente de faire mieux, il s’explique facilement et peut être sorti avec tout type de personnes, donc ça aussi c’est un gros point en sa faveur. 

Sa rejouabilité et ses variantes sont aussi un gros point fort et on peut aussi noter tous les scores des challenges pour qu’à la fin de ceux-ci on puisse savoir qui a réalisé la meilleure performance sur l’intégralité des challenges ! 

Donc c’est un très grand oui pour moi, mais je le recommande surtout pour le solo/duo, au-delà il devient trop long pour moi et ma manière de jouer. 

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L’avis de Mariana :

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Quand j’ai vu sur Kickstarter, en octobre 2020 que l’équipe derrière l’excellent Calico avait créé un nouveau jeu, j’ai tout de suite été attirée et j’ai donc immédiatement voulu en savoir plus. En lisant la description du jeu, j’ai pu entrapercevoir la simplicité des règles de Calico, mais aussi toute sa complexité. Le thème sur la nature n’était pas pour me déplaire et je n’ai donc pas hésité très longtemps avant de rejoindre l’aventure.  

Cascadia est un excellent jeu de placement de tuile. La simplicité des règles et la rapidité des parties sont sans nul doute ses grands points forts. Les règles – en tout cas celles en anglais – sont très bien écrites, claires et avec de nombreux exemples. Ces atouts en font un jeu familial par excellence, plaisant aux enfants et qui ravira également les joueurs initiés. Le matériel participe à la très bonne expérience. Le thème n’est pas très présent mais cela n’est pas gênant pour moi dans ce type de jeu. Le seul point négatif que je pourrais faire est peut-être le manque de cartes objectifs – sachant que j’ai 5 cartes objectifs supplémentaires correspondant aux cartes promo réservées aux personnes ayant acheté le jeu via la plateforme de financement participatif. C’est dommage car le jeu se prête vraiment à enchainer plusieurs parties et moi qui aime le changement, je trouve ça frustrant de retomber sur les mêmes objectifs. Certes, les parties restent différentes du fait du tirage des tuiles, des combinaisons des cartes objectifs, des choix de chacun mais c’est à mes yeux un tout petit grain de sable que je voulais mentionner.  Cela n’est évidemment qu’un détail, car vous retrouverez le même plaisir lorsque vous le ressortirez quelques jours plus tard. Pour terminer, je tiens en mettre en avant l’excellent mode solo et les défis proposés par les auteurs – que vous retrouverez bien évidemment dans la partie challenge solo du blog (à venir). 

C’est sans surprise que je vous le conseille ! Bon, les joueurs n’appréciant que les jeux experts, clairement, ce jeu n’est pas fait pour vous sauf si vous êtes curieux de découvrir d’autres choses plus légères mais tout aussi agréables. 😊 

Test : Dune : L’avènement d’Ix (extension)

Test : Dune : L’avènement d’Ix (extension)

Après une dizaine de parties de Dune Imperium, mes joueurs commençaient à devenir de sacrés pantouflards. Ce n’est pas qu’on s’ennuyait, pas du tout. Le jeu de base restait assez riche pour nous surprendre mais on avait une bonne idée des stratégies à suivre et des pièges à éviter. Le jeu ronronnait tranquillement comme un vieux matou au coin du feu. On s’installait près de lui, les charentaises aux pieds, un plaid à carreau posé sur les genoux. Avec l’Avènement d’Ix, tout ça c’est fini. Le jeu s’est remis à pisser sur nos couvertures et à labourer nos chaussons. Le pire, c’est qu’en grands masos que nous sommes, on en redemande.

Je ne parlais pas vraiment de chats mais d’une extension pour Dune Imperium. Elle est toujours du même auteur, Paul Dennen, du même éditeur (Lucky Duck Games) et toujours pour un à quatre joueurs. Par contre, comptez des parties légèrement plus longues.

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Dune en chaleur

L’Avènement d’Ix a décidé de casser toutes nos petites habitudes. Notamment dans la gestion des ressources. La synergie eau-épice-solari à la papa, c’est terminé. Comme l’épice ne peut plus être convertie, la bataille pour la thune devient autrement plus tendue (du moins au début). D’autant que l’argent est encore plus essentiel qu’avant. L’action payante qui permettait de recruter des troupes est remplacée par des cuirassés, autrement plus puissants. Ça fait trois actions payantes extrêmement importantes (avec le bonus d’achat de cartes et le troisième agent). Chaque dépense devient une vraie décision stratégique et autant de dilemmes en perspective.

L’épice ne sert donc plus à amasser de la maille mais à acheter des technologies. Des tuiles aux effets variés qui ont en commun de vous faire lâcher un “La vache, c’est fort ça !” la première fois que vous les lirez. Et si vous n’en voyez pas tout de suite l’utilité, croyez-moi, en jeu vous comprendrez.

Le marché aux épices n’est pas simplement retiré, il est remplacé par une mécanique de fret spatial. Lorsque l’on y va, on peut choisir de remplir patiemment nos transports ou, au contraire, les faire partir plus tôt mais récupérer moins de choses. Une mécanique assez simple mais subtile, créatrices de nouveaux dilemmes.

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Chroniques ixiennes

Les cuirassés, les technologies et les cargos. Voilà les trois principales nouveautés introduites par l’Avènement d’Ix. Elles sont toutes les trois tellement indispensables qu’il est suicidaire de ne pas jouer un minimum dessus. En plus d’être de puissantes unités des combats, les cuirassés sont indestructibles (que la bataille soit gagnée ou perdue, elles finissent par revenir dans notre garnison). Les technologies sont des sources de bonus et de points de victoire très importants. Enfin, les cargos sont devenus la principale source de revenu en solari (entre autres choses).

L’Avènement d’Ix retire d’un côté, ajoute de l’autre mais sans jamais alourdir l’ensemble comme ces nouveaux effets de cartes, l’infiltration (qui permet de jouer sur une case déjà occupée) ou le déchargement (utile pour obtenir des bonus en défaussant ou détruisant une carte). Si elles ont des conséquences plus marginales en termes de jeu, elles sont à la fois assez classiques (si on connaît les deckbuilding ou les jeux de placement d’ouvrier) et permettent de réaliser des petits “coups” assez sympas.

Quant aux nouveaux personnages, il y a à boire et à manger. Il y a des pouvoirs très simples (pour celles et ceux qui ne veulent pas se prendre la tête), des trucs franchement cool à jouer, et d’autres un peu capillotractés, voire carrément accessoires.

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Dune, et de deux !

L’impression générale après quelques parties jouées, c’est la générosité. Cette extension est un menu maxi best of. Il y a plus de tout. Plus de possibilités stratégiques, plus de filouteries tactiques, plus de pistes de développement, plus d’effets wahou. Cela risque d’être un peu indigeste pour les joueurs néophytes mais si vous avez déjà quelques parties au compteur, qu’est-ce que c’est bon !

En nous permettant de mieux gérer notre main de cartes intrigue et en nous offrant de nouvelles sources de points de victoire, on a le sentiment que l’extension cherche à réparer en partie le côté volontairement déséquilibré du jeu original tout en gardant sa personnalité insaisissable, capable de nous surprendre d’un tour à l’autre.

Faire une extension pour un jeu avec une forte composante deckbuilding n’a rien de sorcier. Des cartes en plus, quelques mécaniques rigolotes et le tour est joué. Ix va plus loin en cassant notre petite routine pour installer une dynamique nouvelle. Si certains joueurs vont peut-être regretter le côté un peu “foufou” du jeu original, elle deviendra rapidement indispensable à tous les autres.

Une chose est sûre, l’épice n’a pas fini de couler sur nos tables.

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Disponible ici :

Prix constaté : 40€

Test : Fantastiques Fabriques !

Test : Fantastiques Fabriques !

Avant de s’intéresser au jeu en lui-même, on va s’attarder un instant sur le titre et l’illustration de la boite de jeu. Fantastiques Fabriques ?? Sérieusement ?? Une usine représentée avec un sol bien vert, un nuage bien blanc, et un soleil qui illumine le tout, le tout en style graphique bien vectorisé ^^ On se croirait presque dans les années 70 lorsqu’on essayait de faire croire que l’industrie était l’avenir et le moyen d’arriver à un avenir radieux et bénéfique pour tous, avec des enfants aux dents blanches et des pavillons pour tout le monde. En plus, en gros et gras, on voit la devise « Bâtir, Former, Produire ». Un vrai manuel destiné à tous les nouveaux embauchés à l’usine, voilà ce que c’est ! Pour finir là-dessus, le thème retenu à la base de la conception était l’espace, et ça a donc bien changé depuis !

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Bon, après ce passage dispensable, on va s’attarder un peu sur ce jeu de Joseph Z. Chen et Justin Faulkner, illustré par Joseph Z. Chen, et édité par Deep Water Games, Metafactory Games, et localisé par Lucky Duck Games. Le projet a connu une très belle campagne Kickstarter qui a réuni + de 4.300 contributeurs ; sur un premier jeu de cet éditeur, c’est vraiment pas mal !

Il est prévu pour 1 à 5 joueurs, à partir de 10 ans et pour une durée de 45 minutes environ.

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A quoi ça ressemble ?

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Fantastiques Fabriques se présente donc comme un jeu de placement de dés et de moteur de ressources. 2 mécaniques pas vraiment originales. Par contre, on ajoute un jeu en simultané, et un niveau de difficulté qu’on qualifiera d’accessible, et là ça commence à prendre forme cette recette !

L’auteur, dans une interview, indiquait avoir souhaité que son jeu puisse avoir la rejouabilité et la création d’un moteur comme dans Race for the Galaxy, mais sans la difficulté et l’iconographie qui peut faire peur, qu’il ressemble à 7 Wonders pour son jeu en simultané et sa montée en puissance tout au long de la partie, mais sans l’apprentissage nécessaire des cartes et des chainages. Il cite aussi Alien Frontiers pour le placement des dés, sans avoir des tours trop longs.

Pas mal de références pour l’un des auteurs, Joseph Z. Chen qui place la barre haut, et nous fait nous demander si le résultat est à la hauteur de ses espérances, et surtout des nôtres en tant que joueurs !

Pour faire court, vous allez donc créer votre usine en fabriquant des cartes sur lesquelles vous placerez des dés afin de déclencher les effets. Vous pouvez jouer votre tour à votre convenance, par exemple en plaçant un dé qui déclenche l’effet d’une carte, et vous attribue une ressource qui vous manquait pour déclencher avec un autre dé et cette ressource, l’effet d’une autre. Cet effet « action pour action » en dépitera certains car de l’organisation et l’optimisation de votre tour dépend votre réussite à ce jeu, votre montée en puissance, et donc votre éventuelle victoire.

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Attendez-vous à avoir le nez collé à votre tableau que vous êtes en train de construire, et ne pas avoir grand-chose à faire du voisin, sauf à vérifier son nombre de cartes produites ou ses points de victoire, puisque c’est cela qui va déclencher la fin de partie.

A réserver donc aux fans de combos et d’optimisation dans son coin, mais pas que, puisque le côté abordable du jeu fait que vous n’allez pas non plus vous faire des nœuds au cerveau pendant des heures. Les parties se font assez rapidement, surtout au fur et à mesure que vous y jouerez. Ne comptez pas passer 2 heures sur la construction de votre moteur, ou alors vous avez loupé l’esprit du jeu. ^^

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Avec un petit draft avec rivière commune qui vous permettra d’acquérir le spécialiste ou la carte bâtiment que vos adversaires lorgnaient, et un lancer de vos dés à chaque tour, pour définir la valeur de ceux-ci et donc la façon dont vous les utiliserez (puisque, pour déclencher une carte, il vous faudra souvent une certaine valeur de dé), Fantastiques Fabriques ne vous emmènera définitivement pas dans l’optimisation à outrance et la partie à rallonge. Ajoutez à cela ce design si coloré, vous savez que ce jeu ne vous fera pas mal au crâne à la lecture des règles, et c’est parfois tant mieux. D’autant que niveau matériel, c’est de très haute qualité, et on n’a pas cette sur-édition assez courante lors d’un premier jeu d’un éditeur sur Kickstarter. Là c’est optimisé, fort justement, en termes de qualité, et de fonctionnalité. On notera les plateaux double couches avec les emplacements pour les dés bien pratiques, et l’épaisseur très correcte des cartes dont certains éditeurs pourraient s’inspirer pour un jeu dans lequel on manipule autant les cartes.

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VERDICT

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Fantastiques Fabriques est donc un bon jeu qui agréable, très bien édité, abordable en termes de tarif comme de difficulté de jeu, et qui est une bonne introduction colorée à la mécanique de création de moteur. Une iconographie claire et lisible facilitera la prise en main, après il faut aimer le design vectoriel bien coloré mais l’ensemble est harmonieux.

Donc prenez le pour ce qu’il est, à savoir un jeu rapide (45 minutes au bout de la 2ème partie), avec une part de hasard (avec 4 dés à lancer par tour au minimum, et une rivière de cartes qui tourne en fonction des actions des voisins), un soupçon d’optimisation dans votre création de moteur (j’active cette carte qui me permet d’avoir la ressource nécessaire pour en construire ensuite une autre), et un jeu simultané bien senti sur ce format (je vous déconseille de jouer chacun son tour, sauf si votre voisin triche, et encore).

Ce jeu n’est pas une usine à gaz, demande un minimum de réflexion, vous n’aurez pas 30 bâtiments construits devant vous au bout de 2 heures de jeu, et vous ne passerez pas 12 minutes à calculer votre score en fin de partie pour savoir si vous l’emportez.

Moi j’ai bien aimé, je ne regrette pas d’y avoir joué, et de l’avoir fait jouer, et si je tombe dessus, je testerai avec plaisir les extensions pour voir ce qu’elles apportent. Malgré tout, ça manque d’un étage à la fusée tout de même pour que j’en fasse un indispensable dans ma ludothèque, mais cela vient aussi et surtout de mes différents groupes de joueurs, pour qui il sera soit trop rapide et gentillet, soit trop chacun-dans-son-coin et pas assez rigolo. Oui j’ai des groupes de joueurs vraiment différents, ça passe d’une soirée jeux faciles/apéro entre voisins, à des soirées avec Hadara, It’s a Wonderful World, et enfin des soirées jeux experts ou j’ai parfois mal la tête en rentrant. Mais c’est ce qui est aussi beau dans le jeu. Sa diversité.

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Prix constaté : 32 €

Test : Gloutons Mignons

Test : Gloutons Mignons

Le jeu pour enfants. Un marché tellement porteur commercialement, et pourtant tellement complexe au niveau édition. On parle tout de même de jeux devant s’adapter au plus grand nombre, alors que justement les enfants sont totalement différents dans leur apprentissage, leur concentration, leur et leurs envies. Il n’est pas rare qu’un jeu plaise à mon fils, qu’il adhère au jeu, comprenne les règles, alors que le même jeu qu’on aura prêté aux enfants du voisin, ou que des personnes me disent que ce jeu n’a pas du tout fonctionné pour son fils, sa fille, qu’ils n’ont pas du tout accroché, pas compris les règles, pas pris de plaisir etc…

Encore plus dans les jeux enfants (car cette introduction peut aussi se transposer pour les jeux « adultes »), je trouve qu’il est parfois délicat de trouver un jeu qui plaise à l’enfant, aux parents, et qui dure dans le « temps » (même si l’enfant grandit vite et que ses goûts évoluent aussi vite).

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A quoi ça ressemble ?

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Gloutonnerie Digitale : je scanne donc j’essuie

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Ici, Lucky Duck Games développe sa branche enfants (Lucky Duck Kids) avec Gloutons Mignons, qui s’adresse aux enfants à partir de 6 ans, pour 2 à 4 joueurs, et qui associe cartes physiques et application mobile. Quand je vois application mobile dans un jeu pour moi, je tique déjà un peu je le reconnais. Alors quand en plus ça s’adresse à des enfants, j’avoue être curieux de voir ça. Ce jeu est l’œuvre de Andreas Wilde, illustré par Jochem Van Gool et Jovana Damcevska, et la partie application conçue par Hybr.

Donc vous allez devoir nourrir des monstres colorés, et bien prêter attention à la couleur des objets que vous leur donnerez. Ils mangent tout, donc n’ayez pas peur de leur donner un dentier, un vinyle ou un livre. Par contre la couleur et le symbole ont leur importance.

Votre action de jeu se résumera à sélectionner une de vos cartes, la placer devant votre téléphone et l’appli va scanner la carte et donner l’objet à manger au petit monstre. Très clairement nous avons pesté à de nombreuses reprises durant nos parties devant la non-réponse du scan du QR Code des cartes … Mon fils a même abandonné cette partie et me tend dorénavant la carte pour que je la présente sous différents angles au téléphone, et qu’il daigne l’accepter enfin. J’ai même quelques fois éteint l’application et relancé la partie tellement j’en avais marre.

Parce que oui, vous l’aurez compris, l’application n’est pas comme dans certains jeux, un support, un accompagnement, un assistant discret. Non là c’est le jeu en fait. L’appli est ouverte durant toute la partie, et vous la fixez d’un bout à l’autre. Un peu too much selon moi, j’ai vraiment l’impression d’avoir un jeu vidéo sur mobile, et des cartes qui viennent apparaitre dans l’appli quand je les scanne.

Wait, en fait c’est ça !

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Mignonnerie éphémère

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Les illustrations de Jochem Van Gool et Jovana Damcevska sont vraiment réussies ! La boite est très belle et attirera forcément l’œil des enfants et parents dans les boutiques de jeux. Les cartes sont variées, les dessins très réussis, et les rappels de couleurs et de symboles sont intelligemment disposés. Sur la partie artistique, rien à redire.

Par contre, il y a un vrai écart avec la partie applicatif qui est clairement un niveau en-dessous ! On ne retrouve pas la même qualité et la qualité du « trait » dans les monstres virtuels, ni dans les environnements. C’est même un peu gênant … Dommage.

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Un soufflé qui retombe

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Présenté comme un jeu de cartes coopératif d’association de couleurs, Gloutons Mignons a de belles promesses dès qu’on voit ce qui est annoncé sur le dos de la boite : « Pas besoin de lire les règles, plongez directement dans le jeu ! ». J’aime bien car généralement ça augure un jeu fluide, logique et facile à prendre en main. Et le défi est relevé, c’est exactement ça ! Chapeau bas car ce n’est pas évident à mettre en place.

Par contre qu’est-ce que ça s’essouffle vite … Le mode histoire vous propose de visiter différents lieux qui vous amèneront à rencontrer de nouveaux monstres qu’il faudra nourrir de diverses manières. C’est bien, ça permet d’augmenter le challenge au fur et à mesure, d’intégrer les règles de base, pour les corser un peu au fur et à mesure. Mais clairement, au bout de quelques parties, ça fait un peu flop. Les nouveaux monstres ajoutent artificiellement des règles et, au bout d’un moment, on tourne un peu en rond. Nous avons fini le mode histoire, et le jeu va vite aller chez un ami puisque je ne pense pas qu’on y rejouera avec mon fils.

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VERDICT

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Je vais faire un verdict à 2 entrées pour vous montrer que l’enfant et le parent ne retirent pas toujours la même satisfaction lors d’une partie, ce qui est plutôt logique me direz-vous, mais qui illustrera certainement mon propos sur ce jeu.

Mon fils a aimé Gloutons Mignons. Il a trouvé ça coloré, rigolo, il a aimé voir la carte que l’on présentait au téléphone apparaitre sur l’écran, et être mangé par le monstre. Visuellement l’application prend le relais et virtualise l’action que l’on fait. En plus les monstres « rotent » quand ils mangent, donc ça, ça ne pouvait que lui plaire ^^

Par contre, très vite, il a fini par me tendre la carte qu’il voulait donner à manger pour que ce soit moi qui galère un peu (parfois, souvent ?) pour faire reconnaitre le QR Code par l’appli. Un peu dommage, sa participation n’en est donc que plus limitée.

Pour ma part, très clairement, ce jeu ne restera pas dans la ludothèque de junior. On a fini le mode histoire, un peu en se forçant quand même pour bien tester le jeu et avoir la conscience tranquille ^^ mais ça en devenait un peu pénible quand même. Mon sentiment est d’avoir un jeu vidéo, auquel on a ajouté des cartes physiques, et non l’inverse. C’est dommage, et ça ne rejoint pas ma conception du jeu de société. Au moins le jeu est proposé à un tarif abordable et c’est tant mieux.

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Nous faisons partie du programme d’affiliation mis en place par Philibert sur leur site. Cela signifie que si un jeu que nous avons chroniqué vous plaît, et que vous l’achetez en cliquant sur le lien Philibert que nous proposons en bas de chaque article, nous percevrons une modeste contribution nous permettant de nous acheter d’autres jeux, pour pouvoir les chroniquer et vous donner notre avis. C’est une forme de soutien, et nous vous en remercions par avance! C’est grâce à vous que nous pouvons continuer à abreuver ce modeste blog avec toujours + de contenu.

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Disponible ici :

Prix constaté : 15€

Game on Tabletop : Sleeping Gods

Game on Tabletop : Sleeping Gods

Cela faisait un bon moment que j’avais envie d’essayer « un Ryan Laukat narratif ». Voilà qui est fait !

Sleeping Gods est donc l’œuvre de Ryan Laukat (Above & Below, Near & Far) qui l’a également illustré. Le jeu sera édité en français par Lucky Duck Games lors d’un financement participatif qui aura lieu sur Game On Tabletop à partir du 28 septembre.

Prévu pour 1 à 4 joueurs, à partir de 13 ans et pour une durée de 1h à 20h. Eh oui, c’est une campagne !

Notez que LDG m’a envoyé une boite en anglais, je ne sais donc pas si la VF sera exactement comme la VO.

Revenons au jeu.

Votre équipage et vous-même commencez l’aventure à bord de votre navire, le Manticore, sur la « Mer Vagabonde » (je trouve ça poétique comme traduction pour « The Wandering Sea », à voir ce qu’auront choisi les Canards Chanceux !). Perdus, vous devez trouver un moyen de rentrer chez vous.

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Le matériel :

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La boite de Sleeping Gods est tout simplement magnifique et bien remplie avec moults jetons, pions et cartes ; sans oublier les grandes tuiles Equipage. Le livret de l’histoire et l’atlas sont également d’excellente facture, et que dire des sublimes pièces en métal…

J’espère que la VF fera honneur à la VO !

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A quoi ça ressemble ?

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Comment on joue ?

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Perdus dans l’immensité de la Mer Vagabonde, votre navire le Manticore, votre équipage et vous-même devez trouver un moyen de réveiller les dieux. Puisqu’ils sont les seuls à pouvoir vous renvoyer chez vous, il vous faudra du courage et la coopération de chaque membre d’équipage pour trouver une solution. Mais attention ! Monstres et autres désagréments vous guettent. Cette entreprise ne sera pas de tout repos !

TOUS les membres d’équipage sont répartis entre les joueurs le plus équitablement possible. Seule Odessa sera placée à portée de tous, près du Manticore. En effet, le joueur actif pourra utiliser ses membres d’équipage ET Odessa, accessible au joueur actif.

Chaque membre de l’équipage possède ses propres caractéristiques, que ce soit la santé, les capacités spéciales, les statistiques de l’arme équipée, ou les compétences maitrisées.

Les réserves des divers jetons sont placées sur le côté de l’aire de jeu. L’atlas est ouvert à la page correspondant à l’endroit de la campagne où vous la commencez / continuez, et le livret de l’histoire doit toujours rester à portée des joueurs.

Les différents decks de cartes sont placés comme expliqué dans le livret de règles mais le plus important est de ne pas mélanger les pioches numérotées : les cartes Ennemi, Quête et Aventure doivent rester dans l’ordre.

Les cartes Aptitude et Marché doivent être mélangées (séparément bien sûr !), tandis que les cartes Evénement nécessitent une organisation particulière puis rejoignent leur emplacement dédié sur le Manticore.

Je ne ferai pas l’inventaire complet du matériel pléthorique, c’est inutile, mais je vais vous présenter rapidement un tour de jeu. Les joueurs prennent leur tour de joueur actif (matérialisé par le jeton Capitaine) dans le sens horaire, en suivant un ordre précis (indiqué sur le plateau du Manticore) :

1 > Action bateau

Le plateau Manticore (recto-verso pour 1/2 ou 3/4 joueur(s)) vous permettra de réaliser différentes actions. Le joueur actif en choisit une parmi 6 qui lui permettront chacune de faire plusieurs choses :

  • récupérer des points de commandement qui vous serviront, en les plaçant, à utiliser les capacités spéciales de votre équipage ou les effets des cartes piochées (Vous pensiez que tout serait gratuit à bord de votre bateau ? Que nenni !) ;
  • piocher des cartes Aptitude ;
  • gagner des jetons Fouille qui vous rapporteront des ressources ;
  • supprimer des pions Commandement précédemment placés ;
  • ôter un dégât à l’un des membres d’équipage.

2 > Evénement

Le joueur actif pioche une carte Evénement et résout l’effet ou le test le cas échéant.

3 > Deux actions

Le joueur actif choisit ensuite 2 actions parmi :

  • voyage : il déplace le navire sur l’atlas ;
  • exploration : il se rend dans un lieu spécifique (numéro cerclé de rouge) à ses risques et périls aux risques et périls de tout l’équipage ;
  • marché : (Vous avez deviné, j’espère !) il va faire des courses au… marché !  ;
  • port : il répare le Manticore, soigne ou redonne des forces à l’équipage, et utilise son expérience pour améliorer le niveau des marins.

4 > Fin du tour

Le joueur actif passe le jeton Capitaine à son voisin de gauche.

Comment résoudre un test ? C’est enfantin : le joueur actif choisit les membres d’équipage (parmi les siens, évidemment) qui y participent et il pioche une carte Aptitude. Oui mais ça n’est pas si simple car, comme il faut additionner les compétences de l’équipage avec les points de Destin inscrits sur la carte Aptitude, et que, en plus cela fatigue les marins de travailler… Il faut faire attention de ne pas trop leur en demander, sinon ils ne pourront plus rien faire !

Et les ennemis alors ? Eh bien, en combat, le joueur actif disposera de 4 cubes Combat à distribuer aux membres d’équipage au fil de la bataille pour représenter le combattant actif. Pour toucher un (ou plusieurs) ennemi(s), il lui faudra additionner les points de Précision du marin pêcheur bagarreur aux points de Destin d’une carte Aptitude. Attention, si l’ennemi est juste blessé, il contre-attaque !

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VERDICT

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Je confirme ce que j’ai dit au début de l’article : c’est beau et de qualité ! Le matériel déborde de la table et fait briller les yeux !

C’est beau jusque dans le couvercle de la boite !!!

J’avais, depuis un moment, envie d’essayer un Laukat narratif. J’avais hésité à me lancer dans ses 2 précédents opus et, l’occasion faisant le larron, je n’ai pas été déçue par Sleeping Gods ! Je n’ai pas terminé la campagne, mais je compte bien me plonger dans le jeu jusqu’au bout !

Le scénario d’introduction est presque décevant quand on a lu les règles et que l’on veut tout de suite tout essayer, mais il faut savoir être patient, surtout avec ce type de jeu. La récompense, le fait de savoir jouer à la « vraie campagne » sera d’autant plus agréable.

Comme dans tout jeu coopératif, l’interaction est bien présente dès lors que l’on joue à plusieurs, puisque les choix de chacun influeront directement sur l’histoire. En solo, les interactions n’interviennent qu’entre le joueur et lui-même… 😉 Et ça fait 9 personnages à gérer !

J’ai vraiment préféré la configuration à 2 joueurs. Ma devise : « A deux, c’est toujours mieux ! ». C’est tout de même plus agréable de pouvoir discuter avec quelqu’un d’autre que soi… Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion d’essayer à 3 ou 4 joueurs.

Côté immersion, on s’y croirait, le temps de mémoriser le nom des icônes et leur effet éventuel. J’ai été happée par le jeu, et il n’est pourtant pas dans ma langue maternelle ! Le côté narratif est prenant et avec les (presque) 170 pages du livret d’histoire, il y a de quoi faire !

Un petit mot sur les combats par exemple, qui sont, comme tout le reste, très bien travaillés : le système d’attaque / contre-attaque notamment apporte encore plus de vie au jeu.

Chaque élément du jeu a une raison d’exister et les joueurs ne se contentent pas de placer / déplacer / ôter des pions. Au contraire, ils se déplacent à bord d’un navire qui vogue d’un endroit à un autre en fonction de leurs choix ; ils dépensent les points de Commandement pour donner des ordres à leur équipage ; les actions des membres d’équipage les fatiguent… D’ailleurs, un petit conseil : ne fatiguez pas trop vos membres d’équipage (à surveiller presque davantage que la santé) et faites aussi attention à la gestion des pions Commandement. Un marin trop fatigué ne peut plus participer aux tests et est défavorisé en combat.

Je botte en touche sur la rejouabilité puisqu’il s’agit d’une campagne dans laquelle les éléments narratifs se dévoilent peu à peu. Recommencer en faisant d’autres choix ? Pourquoi pas… mais allons déjà jusqu’au bout de la campagne !

Je pourrais en écrire des pages car il y a tant à dire… Mais j’ai articulé cet article autour du non-spoil, je vais donc m’arrêter là. Sinon, je vous aurais parlé des ports et de tout ce qu’on peut y faire, de l’XP, des totems…

Ah si, je peux ajouter quelque chose : le fait de pouvoir ajouter / retirer des joueurs au cours de la campagne est une excellente idée qui m’a bien plu lorsque ma moitié a enfin voulu se joindre à moi ! Et le journal de bord, sur lequel les joueurs figent le moment de la campagne où ils font une pause, n’est pas parfait mais plutôt bien pensé. Du coup, cela permet de faire une sauvegarde, également facilitée par les boites.

Un point négatif à souligner ? Euh… pas vraiment. Dommage que les boites ne soient pas toutes aimantées comme celle des cartes Quête et Aventure. Et si je cherche vraiment la petite bête, un insert compartimenté pour les différents jetons de la réserve et de la campagne en cours, avec un emplacement pour chaque type de carte et un intercalaire pour séparer les cartes de la campagne en cours du reste des pioches… aurait été le bienvenu ! Vraiment, côté gameplay, je ne trouve rien à redire.

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Conclusion

Je dois acheter une table plus grande ! 😉

Trêve de plaisanterie.

Vous avez du temps devant vous ? L’envie de vous investir dans un jeu narratif dont la profondeur n’a d’égal que son esthétique ? Foncez, vous ne le regretterez pas ! Sur ce, j’y retourne ! 😊

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Le lien vers la campagne :