Test : Deluge de Dragons

Test : Deluge de Dragons

Cette critique a été rédigée à l’aide d’un exemplaire fourni par l’éditeur.

Difficile de réinventer la roue à chaque jeu, je vous l’accorde. Entre hommages assumés ou non, copies conformes, twists légers plus ou moins bien amenés, j’ai régulièrement le sentiment de ne plus être surpris mécaniquement. La faute est la mienne en partie, puisqu’à force de jouer, et bien on voit de plus en plus de mécaniques. L’impression d’originalité est moins présente parce que logiquement, il devient de moins en moins probable de ne pas avoir déjà croisé cette mécanique dans un jeu.

La faute est aussi celle des auteurs et des éditeurs qui cherchent souvent à sortir des long-sellers, ces jeux qui vendront sur le long terme et permettront de se créer un nom pour les auteurs, et de vendre du volume de manière régulière sur un jeu déjà développé et qui ne nécessite plus de frais, à part de le réimprimer régulièrement. Généralement c’est au détriment de la créativité et de l’originalité, sauf parfois pour le 1er jeu qui marque son temps. Celui-ci est alors allègrement copié, inspiré, détourné, par de nombreux suiveurs, dans le but de rencontrer le même succès commercial.

Schotten Totten

Comment ne pas parler de ce grand ancien du Dr Knizia qui a marqué son époque, et continue de le faire. Il aura en tout cas bien marqué Jay Bendixen, l’auteur de Déluge de Dragons. La marque de fabrique du docteur c’est quand même souvent des jeux plutôt épurés, et on se dit qu’il arrive à faire des expériences ludiques incroyables avec peu de choses. Schotten ne fait pas exception à la règle. Un jeu de 54 cartes de 1 à 9 en 6 couleurs, des bornes entre vous et votre adversaire, et vous devez poser des cartes de votre côté de la frontière. Chaque borne fait l’objet d’une compétition pour la conquérir et la garder, à base de combinaisons de poker (brelan, suite, somme …). Chaque joueur ne peut poser que 3 cartes maxi de son côté de la frontière. Simple, basique. Tactique, facile à prendre en main, à expliquer, et temps de jeu rapide.

Le jeu est sorti en 1999, ça commence à dater, mais est toujours édité, disponible en boutiques, et joué un peu partout. Peu de jeux peuvent en dire autant.

En passant je vous conseille de vous intéresser à Hanami, la réimplémentation de Samurai, sorti en 1998. Encore une perle du docteur, et si vous aimez les jeux épurés et tactiques, vous allez adorer.

Revenons-en à nos moutons … dragons

Le jeu qui nous intéresse aujourd’hui propose comme Schotten de conquérir des bornes en y posant des cartes. Ici le jeu s’adresse plutôt à une cible enfants donc les règles sont encore plus simples que Schotten. Pas de combinaisons de poker ici, additionnez juste la valeur de vos cartes sur chaque base. Celui qui a la plus grande valeur contrôle le territoire/la borne. Les dragons sont de 5 types différents, et vous ne pouvez les poser que sur le territoire qui leur correspond. 5 bornes conquises durant la partie, et c’est la victoire, si vous ne pouvez plus jouer c’est la défaite, sinon on résout à la fin.

C’est mignon, c’est rapide, c‘est 13-15€ en boutique. J’ai pas grand-chose d’autre à en dire malheureusement. C’est assez fainéant en termes de création je trouve, ça me fait penser à une enième sortie qui sortira aussi vite des boutiques qu’elle est arrivée, et qui va se retrouver soldée dès la prochaine saison, cad janvier 2027.

Un twist qui coupe pas vraiment la faim

Bon j’admets, elle n’est pas forcément évidente celle-là, faut comprendre que c’est pas simple de trouver des titres de paragraphes un minimum percutants, intéressants ou rigolos … Bref là ça faisait allusion à Twix 2 doigts coupe faim, twix / twist … voilà voilà

Bref pour Déluge de Dragons, Jay Bendixen s’est quand dit qu’il fallait ajouter un twist sinon ça serait trop visible …

Quand vous poserez une carte devant une borne/territoire, votre adversaire récupèrera la carte visible sur cette borne. On repiochera ensuite une carte qui viendra sur la borne vide. Donc quand vous jouez, vous donnez aussi une carte à votre adversaire. Et potentiellement une carte forte. Il n’y a plus uniquement que la conquête de la borne à surveiller, mais aussi la carte qui viendra s’ajouter au jeu de votre adversaire si vous jouez sur cette borne.

Bon en vrai c’est pas un petit twist, ça change quand même pas mal la dynamique du jeu et la tactique, soyons honnête.

Vous pourrez aussi poser une carte face cachée parmi vos 3 max par borne, qui sera révélée à la fin de la partie.

Enfin, si la victoire se joue au décompte final, le joueur qui aura une somme avec ses dragons de 2 fois + que son adversaire sur ce territoire perdra la conquête. Des dragons trop puissants deviennent belliqueux, résultat vous perdez … Ce twist là il est moins fifou et moins intéressant que le premier.

Voilà en substance les ajouts ou différences par rapport à Schotten. Pour le reste vous lirez les règles si le jeu vous intéresse.

Pourquoi ne pas jouer à l’original finalement ?

C’est vraiment ce que je me dis après avoir joué à ce Déluge de Dragons. Je connais le jeu dont il s’est grandement inspiré, il est encore plus épuré, et à part le côté combinaisons de poker qui pourrait être moins facile à appréhender pour des enfants de 8 ans, Schotten reste plusieurs crans au-dessus selon moi. Pas la peine de rajouter des twists à ce jeu qui n’a besoin de rien de plus. Alors pourquoi je jouerai à Deluge alors que j’ai Schotten dans ma ludothèque ?

La réponse pourrait tout simplement être que j’y jouerai si je n’ai pas ou si je ne connais pas Schotten. Je cherche un petit jeu pour jouer avec mon enfant, je vais en boutique, et je tombe dans le rayon enfants sur ce jeu plutôt mignon avec ces dragons colorés. 2 joueurs, 15 minutes, prix contenu. Mon fils craque sur les dragons et commence déjà à me demander de le prendre …

Personnellement et à force de jouer encore et encore, depuis des années, je recherche une originalité, une expérience ludique, et je suis trop souvent déçu par le peu de prise de risques de la majorité des jeux qui sortent. J’ai trop souvent l’impression d’avoir déjà joué à ça. Et un jeu « qui marche bien » comme on a coutume d’entendre ne me suffit plus du tout. Déluge de Dragons fait partie de ceux-là. « Un petit jeu qui tourne » (encore heureux vu le monument dont il s’inspire), pas de reproches particuliers à lui faire, si ce n’est ce côté trop inspiré, ce côté frileux dans la proposition, et cette impression que l’on passera à autre chose très facilement sans avoir été marqué par ce jeu.

Bref, un jambon beurre tout simple, pas le plat travaillé et étonnant dont on se rappellera des mois après l’avoir mangé.

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Prix constaté : 13,50 €

Test : Lego Ninjago : Les aventures du Bounty

Test : Lego Ninjago : Les aventures du Bounty

Cette critique a été rédigée à l’aide d’un exemplaire fourni par l’éditeur.

Elias on joue à un jeu ?

Mouais bof … flemme.

Ok je voulais te montrer le jeu Lego Ninjago qui vient de sortir … dommage !

Lego Ninjago ?! J’arrive !

Voilà en substance ce qu’il s’est passé quand j’ai proposé à mon fils de jouer à un nouveau jeu de société ^^

Un nouveau jeu à licence c’est à nouveau une interrogation sur la raison de cette sortie. Y a-t-il un jeu, un film ou un évènement sur lequel l’éditeur souhaite surfer pour vendre. C’est souvent le cas, et c’est rarement gage de qualité pour ce que le jeu aura dans le ventre. Il s’agit souvent de commandes passées par les ayant-droits pour avoir un autre produit avec une licence qui parle, et qui vend. Bon, là on parle de Lego, et la marque fait rarement n’importe quoi. Mais est-ce que ces aventures du Bounty cachent un « vrai » jeu de société, ou juste une opportunité commerciale ?

Niveau édition, rien à redire

Passée la joie de voir ses héros sur une boîte de jeu de société, on a pu ouvrir la bête et se rendre compte que quand c’est Lego qui appose son logo sur une boîte, on peut être tranquille. Même bonheur qu’à l’ouverture d’une boîte de Lego à construire, on se retrouve avec une boîte de … Legos à construire. Trop cool !

Mon fils s’en est donné à cœur joie, les mêmes sachets « papiers » que dans les nouvelles boîtes Lego, les pièces à trier puis à regrouper par personnage. Chaque Ninjago se retrouve avec son « coffre » pour ranger son matériel. Au moins un jeu qu’il prendra plaisir à ranger …

Et surtout, les personnages à construire !!! On retrouve Cole, Zane, Kai et Nia. Selon la boîte c’est une figurine exclusive, qui devrait donc ne pas se retrouver dans d’autres sets Lego. Soit.

Le reste du matériel est constitué de cartes et de jetons tokens en carton. J’avoue qu’on aurait adoré avoir les ennemis serpents en figurines aussi, ça aurait tellement eu de la gueule de jouer avec toutes les figurines ! Mais le prix s’en serait forcément ressenti … Pour que ça reste « abordable », on se contentera donc des 4 personnages principaux.

Les illustrations sont validées par Lego, tout est conforme aux figurines, à la série TV et à l’univers Lego.

Un sans-faute de ce côté-là, et c’est tant mieux.

Tower defense

À la manière d’appli mobiles ou de certains jeux de société comme « Attrape Monstres », « Kingdom Rush » (appli et jds), il va falloir gérer des vagues d’ennemis et obtenir la victoire avant que trop d’ennemis aient atteint les zones à protéger.

Mécaniquement rien de fifou mais on verra que ça fonctionne très bien avec nos amis Ninjago. 6 aventures contenues dans la boîte nous feront affronter les hordes de serviteurs ssserpents qui n’auront de cesse d’envahir notre cher Bounty, notre bateau bien connu des amateurs de la série TV.

Un deck de 6 cartes sera utilisé durant la partie, et chaque aventure est constituée de plus ou moins de chapitres, la difficulté augmentant au fur et à mesure des aventures.

Le joueur actif va révéler la 1ère carte de la pioche, la résoudre, et soit faire apparaître des ennemis, les faire avancer, ou encore faire apparaître des bonus bien utiles à récupérer. Ensuite il joue en se déplaçant, en attaquant les ennemis, en déclenchant ses compétences, et en récupérant des bonus si possibles.

C’est du coopératif, donc il faudra jouer en équipe, utiliser les actions à bon escient, et atteindre son plein potentiel, comme les vrais Ninjago. Les ennemis vaincus sont ajoutés sur la piste de victoire, si on atteint le nombre demandé en début d’aventure, on l’emporte. À l’inverse, si les ennemis arrivent dans les zones clés du navire, ils s’ajoutent à la piste des méchants (oui oui) et de la même façon, s’il y en a le nombre requis, la partie est perdue.

Construction et impact sur le gameplay

Un jeu Lego n’en serait pas un si l’on ne pouvait pas ajouter des armes, accessoires ou autres à nos figurines. Bref construire ! Rassurez-vous, c’est là que vos marmots prendront leur plus grand plaisir, c’est avec la possibilité de leur ajouter des armes ! Mais pas de manière désorganisée ni quand ça leur chante non plus, attention ! Et surtout cela aura un impact non négligeable sur la partie.

Quand un ennemi vaincu recouvre une carte potentiel sur la piste de victoire, les joueurs vont alors choisir l’une de leurs cartes et ajouter l’équipement en question. La carte résumera aussi le bonus apporté et sera désormais utilisable durant la partie. Possibilité de traverser les murs, de geler les ennemis, d’augmenter sa force etc … Toutes ses compétences feront la différence entre défaite et victoire à la fin de l’aventure. Alliez les compétences des Ninjago avec intelligence vous assurera la victoire, foncez tête baissée sans tenir compte des atouts de vos coéquipiers et vous connaitrez la défaite. C’est en substance, ce qu’aurait pu vous dire Maître Wu.

Les joueurs iront donc piocher dans leur petit coffre, prendre leur équipement, et l’ajouter à leur figurine sur le plateau. Parfait pour les enfants, ils vont manipuler, construire, améliorer, et voir leur figurine évoluer durant la partie.

Un sans-faute

Clairement je n’ai rien à redire sur ce jeu. C’est un sans-faute en termes d’édition mais ça semble logique avec la licence Lego. Interdiction de faire n’importe quoi avec cette marque si connue, et c’est tant mieux. Même mécaniquement, c’est nickel. C’est surtout là que j’avais un doute. Mais clairement, la mission est accomplie en voyant les 4 enfants s’éclater avec leurs figurines à essayer de contrer les vagues d’ennemis, de collaborer ensemble, de discuter stratégie, d’essayer de faire front et de juguler les menaces croissantes et qui arrivent de partout. La licence Lego fait que le jeu sort à 40€ environ en boutiques.

Le seul point négatif, c’est qu’on recommence à chaque aventure. On ne conserve pas son équipement, il n’y a pas cet aspect campagne et ça aurait génial d’implémenter ça avec le côté construction et évolution des Lego. C’est frustrant de devoir déconstruire ses personnages, enlever les équipements. Conserver sa progression aurait apporté un plus non négligeable je pense.

Contenu supplémentaire : https://www.dottedgames.com/ninjago/extra-content/

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Prix constaté: 39€

Test : Fromage

Test : Fromage

Cette critique a été rédigée à l’aide d’un exemplaire fourni par l’éditeur.

Ah, la France, le pays du fromage

Ce n’est un secret pour personne, avec un nombre incalculable de variétés de fromage, la France est sans conteste le pays où il y a le plus de choix.

Je ne donne aucun chiffre parce qu’internet n’est pas d’accord avec lui-même et que j’aime des chiffres précis, donc je m’abstiendrai bien d’avancer un chiffre, mais l’offre est pléthorique, donc en toute logique, moi qui aime le fromage et qui pourrait faire un repas entier à base uniquement de fromage, quand j’ai vu un jeu sortir sur cette thématique, ma curiosité a été piquée.

Donc nous allons voyager en France, pour produire du fromage français et nous allons voir si les auteurs arrivent à nous faire faire un voyage gastronomique odorant avec tous les fromages que nous allons pouvoir produire.

Le voyage olfactif assez peu odorant

J’aborde immédiatement le point noir du jeu : la thématique.

Pour faire simple : on ne la sent pas (C’est parti pour des jeux de mots faciles et débiles…).

Malheureusement, même si tout est fait pour qu’on puisse voir du fromage partout, il est bien difficile de sentir la thématique dans ce jeu dans lequel on va très souvent résumer l’action qu’on veut faire à « faire du blanc, du jaune ou du bleu », on oublie vite les « pâte molle, pâte pressée, pâte persillée » au profit des couleurs de nos portions de fromage surmontées de nos ouvriers.

C’est dommage, mais quasiment inévitable dans ce type de jeu typé euro.

Une fois cette déception passée, le jeu se révèle être bougrement efficace !

Une mécanique bien affinée

Fromage c’est une mécanique de pose d’ouvriers basique avec un léger twist et un jeu en simultané.

Ajoutez une pointe de gestion de ressources, une course aux points de victoire et à la fin de la partie, et vous avez un jeu avec des règles simples, des mécaniques très simples aussi, mais efficaces.

Je ne vais pas vous faire les règles, je vais juste vous expliquer le twist de la pose d’ouvriers que je trouve malin.

Votre ouvrier représente un type de fromage (pâte molle, pâte pressée, pâte persillée).

Et la forme du support de l’ouvrier est en forme de part de camembert (comme pour le Trivial Pursuit si vous êtes assez vieux pour y avoir joué).
Quand vous allez poser votre ouvrier, 3 choix s’offrent à vous, de votre choix dépendra le moment auquel vous allez récupérer cet ouvrier.

C’est là le twist car la plupart du temps on récupère nos ouvriers en fin de manche ou en fin de tour suivant les jeux, ici point de manches, juste des tours de pose (et des tours de plateau, mais j’y reviendrai plus loin) et de la récupération.

Les choix que vous avez représentent le temps qu’il faudra à vos ouvriers pour faire un fromage.

Voulez-vous un fromage de type bronze, argent ou or ?
Forcément, ça prendra plus de temps pour affiner un bon fromage, plutôt que pour en sortir un tout juste bon à être commercialisé au Lidl du coin !

Donc selon que vous ferez un fromage de bronze, d’argent ou d’or, vous récupèrerez votre ouvrier au prochain tour, dans 2 tours ou dans 3 tours !

Et ça c’est malin, parce qu’il va falloir bien calculer pour savoir où placer vos ouvriers pour les récupérer au bon moment.

Car comme si ça ne suffisait pas comme twist, les auteurs ont décidé de faire un twist aussi avec le plateau de jeu.
Il est divisé en 4 parts de… fromage toujours (C’est bien, vous suivez !) et à chaque tour, après avoir posé un, deux ou vos 3 ouvriers (ou aucun car c’est possible de ne plus en avoir de disponibles), le plateau va tourner d’un quart dans le sens des aiguilles d’une montre et vous jouerez sur un nouveau morceau de plateau, vous donnant accès à un lieu différent.

C’est malin et surtout ça oblige un peu à optimiser parce que chaque portion de plateau possède sa propre manière de scorer.

Donc il faudra anticiper le fait d’avoir un ouvrier à la bonne couleur de fromage pour la section suivante.

Malin !

Un jeu accessible

Cela peut paraitre un peu compliqué, mais c’est vraiment simple, on est sur un jeu que je qualifierais à mi-chemin entre le familial et l’initié.
Les règles sont simples, les mécaniques aussi, le jeu se joue vite et seules les différentes voies de scoring sont un peu plus compliquées, mais en soit, c’est un jeu nerveux grâce au fait que vous allez poser vos ouvriers tous en même temps puisque vous ne jouez que sur la partie qui est face à vous, c’est d’ailleurs le seul inconvénient du jeu, c’est qu’il faut forcément faire face à quelqu’un pour jouer puisqu’on ne peut pas jouer côte à côte sous peine de ne pas bien voir sa portion de plateau.

Mais entre le fait que le jeu se joue en simultané et qu’il ne propose pas 50 choix quand on est face à sa portion de plateau, ça en fait un jeu qui se joue vite et où les temps morts sont assez rares.

Si on ajoute qu’on a la possibilité de jouer avec des bâtiments qui vont nous aider à tordre un peu les règles à notre avantage à certains moments, qu’on a aussi une foule de bâtiments supplémentaires que l’on peut drafter en début de partie pour créer une fromagerie unique et totalement asymétrique des autres, on se retrouve avec un jeu qui offre une énorme rejouabilité tout en étant accessible et rapide.

Alors, le fromage coule ?

Je dois dire que j’ai été agréablement surpris par ce jeu.
Certes il est très accessible, ce qui est un avantage ou un inconvénient selon qu’on préfère les jeux experts aux jeux accessibles.
Malgré cette accessibilité je passe toujours un bon moment parce qu’il est rapide, il est malin et on va quand même chercher à bloquer un peu les adversaires quand on pourra le faire histoire de leur couper l’accès à certains bonus où à certains scorings.

On a donc une interaction indirecte intéressante car bloquer certains emplacements pour les fromages est définitif !

Une fois un fromage fabriqué à un endroit, il ne sera plus jamais retiré, donc nos choix sont importants et bloquer des emplacements pourra être crucial.

Le jeu a été pensé pour être joué en duo, à 3 ou à 4 (en solo aussi, mais c’est identique au duo pour les emplacements du plateau) avec des fiches à glisser dans le plateau central pour empêcher l’accès à certains emplacements et augmenter l’aspect de blocage, ce qui fait qu’il se joue très bien même à 2 ou 3 et qu’il reste très agréable.

Ce twist de la pose d’ouvriers et du mouvement du plateau et ce jeu en simultané en font un vrai bon jeu qui demande de la réflexion sans basculer dans le jeu lourd et expert et qui fait qu’il est toujours agréable à sortir et joli à regarder.
Je ne regrette que la thématique soit absente car on fabrique du fromage, mais on ne sait jamais vraiment quoi et ce ne sont pas les commandes avec un nom et un visuel de fromage qui nous y aideront car on va surtout regarder les logos pour faire les bonnes couleurs et les oublier une fois accomplies.

Dommage car sans ça, le jeu frôlait le sans-faute !

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Prix constaté: 45€

Test : 1ers Contacts

Test : 1ers Contacts

Cette critique a été rédigée à l’aide d’un exemplaire fourni par l’éditeur.

Running Alien

Seul contre les agents, un alien, dont le vaisseau s’est crashé sur la terre, doit patienter quelques jours avant l’arrivée du vaisseau mère pour le récupérer.

Durant ce temps, il doit se faire le plus discret possible car les humains ne savent pas encore qu’il y a d’autres formes de vie dans l’univers et ils n’ont pas été jugés dignes de le savoir.

Mais ayant entendu des rumeurs, des agents sont venus là où les indices indiquent qu’il aurait pu y avoir un crash de vaisseau alien et doivent enquêter et débusquer cette forme de vie.

Dès lors, l’alien devra tout faire pour leur échapper et ne jamais se révéler à eux.

Un jeu de cache-cache, de bluff et de déduction va se dérouler et un seul camp en sortira vainqueur.

Une guerre des cerveaux

1ers contacts se joue avec une mécanique que j’affectionne particulièrement : le 1 contre tous.

Donc, une personne endossera le rôle de l’alien et devra lutter face aux autres cerveaux, alliés pour le traquer et le débusquer le plus rapidement possible.

Les agents ont le droit de communiquer, d’échanger des infos et de s’organiser au mieux pour trouver l’alien et le capturer.

Cela donne lieu à une lutte sans merci entre chaque camp où tout le monde va tenter de faire le maximum, soit pour berner les agents, soit pour être très efficace dans la traque et cerner l’alien.

Car si les agents doivent communiquer ouvertement et être donc entendus de l’alien, l’alien, lui, fera ses déplacements et ses petites magouilles à l’abri derrière son paravent dans le silence le plus total.

Donc à part en utilisant leur esprit d’analyse et leur logique, les agents n’ont aucun moyen d’anticiper les mouvements de l’alien.

Rassurez-vous, ça fonctionne très bien, le jeu n’est pas déséquilibré et c’est totalement réalisable de trouver l’alien et les retournements de situations sont fréquents.

Vous pourrez parfois avoir de la chance et le capturer très rapidement et parfois galérer parce que l’alien saura vous faire tourner en rond et vous berner, la victoire est toujours possible pour les deux camps !

Des règles et des tours de jeu simples

Les règles du jeu sont vraiment simples à aborder et à expliquer, même si pour certains détails j’aurais apprécié un peu plus de précisions.

Je sais qu’écrire des règles et mettre en forme ce qu’on a comme vision et comme logique dans notre tête n’est pas toujours évident, mais globalement, si on reste logique et qu’on réfléchit, les doutes qu’on aura pendant la partie trouveront une explication d’eux-mêmes.

Un tour de jeu est très simple : l’alien se contente de se déplacer secrètement sur la carte, pour cela il utilise un marqueur et trace son trajet sur une mini carte qui est cachée derrière un paravent pour que les agents ne puissent pas voir les choix effectués.

Une fois fait, les agents vont s’activer, un par un et dans l’ordre de leur choix, se déplacer et tenter de détecter la présence de l’alien.

L’alien n’a, bien entendu, pas le droit de leur mentir et il doit leur annoncer s’ils le détectent (entendez par là qu’il doit leur dire s’il est dans la zone de détection utilisée par l’agent.)

Et si les agents pensent savoir où se situe l’alien, ils tentent de le capturer.

S’il est bien là, la partie prend fin, les agents ont gagné.

S’il n’est pas là, on continue à jouer jusqu’à ce que l’alien ai été capturé ou jusqu’à ce qu’il réussisse à s’enfuir.

Simple non ?

Trop simple ?

Je dirais oui et non.

Oui parce que les tours se ressemblent et ne varient pas, on fait toujours la même chose, l’alien se déplace, les agents se déplacent et analysent l’environnement et on recommence.

Donc oui, en termes de mécaniques, le jeu et simple et redondant.

Et pourtant, on a envie de refaire une partie aussitôt après la fin.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que l’auteur a eu le bon sens de mettre l’intérêt du jeu dans les sensations de jeu, à savoir la traque et plus que dans la mécanique.

C’est un choix que je trouve très malin, car la tension ressentie dans les deux camps est jubilatoire.

En tant qu’alien, tout faire pour berner les agents et leur échapper apporte une tension qui est vraiment excellente et qui fait qu’on ne s’ennuie pas de voir les agents dialoguer, réfléchir, essayer de nous trouver, établir des théories sur les déplacements qu’on aurait pu faire, c’est encore plus amusant quand on est très loin d’eux et qu’ils sont persuadés de resserrer l’étau autour de nous.

De même que c’est très plaisant, quand ils arrivent à nous acculer et qu’on a l’impression qu’on ne pourra pas leur échapper !

Et la tension et l’excitation ressentie est la même côté agents : tenter d’analyser le comportement de l’alien, calculer les possibilités qu’il avait de se déplacer à tel ou tel endroit, le traquer et finalement le trouver, parfois au dernier tour, c’est extrêmement jubilatoire !

Donc 1ers contacts réussit une chose rare :

Faire passer la mécanique au second plan et ressentir pleinement la thématique de la traque, si bien que le fait que les tours ne changent jamais n’est pas du tout une source de lassitude.

Un jeu rejouable à l’infini

Le jeu propose un total de 7 scénarios différents, c’est-à-dire que l’alien a des objectifs à atteindre, chaque camp pourra obtenir en début de partie des objets qui seront utilisables pour les aider et la carte est réversible avec un côté plus petit pour des parties plus rapides.

Si l’objectif est toujours le même quand on rejoue un scénario, la manière de se placer et les déplacements de l’alien ainsi que le choix des agents et de leurs capacités feront que vous pourrez rejouer 10 fois le même scénario, sans avoir la même partie ni la même issue, ce qui fait que non seulement, on peut varier les scénarios pour ne pas rejouer deux fois de suite le même, mais nos choix une fois en jeu, donneront des parties totalement différentes dans lesquelles la lassitude n’interviendra pas !

Si en plus vous changez de personne pour incarner l’alien à chaque partie sur un même scénario, les variations sont infinies !

Verdict final

1ers contacts est un jeu vraiment très très bon, j’irai jusqu’à le qualifier d’excellent et sa proposition est originale, tant par le fait que les jeux en 1 contre tous ne sont pas légion, mais aussi par sa thématique ressentie en jeu, le plaisir qu’il procure, sa rejouabilité et son accessibilité.

Si on ajoute le fait qu’il y a plein de petites références à la pop culture sci-fi sur le plateau et sur les cartes, on se retrouve avec un jeu qui peut se jouer avec beaucoup de monde, le jeu est accessible tout en proposant une profondeur de jeu intéressante pour plaire tant aux néophytes qu’aux personnes plus aguerries.

Je reviens rapidement sur ce qui m’a le plus plu dans le jeu : sa mécanique de 1 contre tous, parce que je trouve que c’est la meilleure victoire possible dans un jeu : lutter seul contre plusieurs cerveaux qui s’allient pour tenter de l’emporter a un goût de réelle victoire pour moi, je trouve ça extrêmement satisfaisant. (C’est d’ailleurs pour cela que j’aime aussi énormément Not Alone, l’Ile au Trésor et Star Wars Assaut sur l’Empire pour lesquels j’ai aussi écrit des articles dont vous trouverez les liens ci-après.)

Not alone : https://www.lelabodesjeux.com/2020/12/07/test-not-alone/

L’ile au trésor : https://www.lelabodesjeux.com/2020/02/02/test-lile-au-tresor/

Assaut sur l’empire: https://www.lelabodesjeux.com/2020/01/12/star-wars-assaut-sur-lempire/

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Prix constaté : 35 €

Les 35 ans de l’éditeur Gigamic

Les 35 ans de l’éditeur Gigamic

Gigamic est un éditeur de jeux dans le monde entier, et localise des jeux étrangers. Ca fait donc 35 ans qu’ils proposent « du jeu de société pour enfant au jeu d’ambiance, en passant par des casse-têtes, des jeux pédagogiques, des jeux de plateau, jeux de cartes ou jeux de réflexion, jeux en bois etc… » (gigamic.com).

Le mercredi 24 juin 2026, Gigamic fêtait ses 35 ans avec le public, à l’Embarcadère de Boulogne sur Mer. J’ai eu la chance d’assister à l’événement.

A l’arrivée, à l’extérieur du bâtiment, les célèbres jeux en bois de l’éditeur en version géante : Corridor et sa version Pac-Man, Quarto, Qawale, Qomet ou Quixo.

Un peu plus loin, Instable proposait d’utiliser une bouteille comme support d’un jeu d’équilibre ; malin mais pas évident et surtout pas dans mes jeux de prédilection. Il faut dire que je ne suis pas très douée lorsqu’il s’agit de dextérité…

Près de l’entrée, Tossit vous invitait à jouer à la pétanque avec des fléchettes en silicone. Et juste à côté, les incontournables Gagne ton Papa et Katamino attiraient toujours autant les plus jeunes.

Passons à l’intérieur où la grande salle de l’Embarcadère était remplie de tables avec des jeux (Si, si, je vous assure !). Là, j’avoue que j’ai surtout joué à des jeux pour enfants avec mes nièce et neveu.

J’ai beaucoup aimé deux jeux en particulier : Miroir Magique et Zim Zam Zoum.

Dans Miroir Magique, vous devez trouver des images sur une carte qui n’en contient que des moitiés. A vous de positionner correctement le miroir pour former les images que l’on recherche. Un jeu de rapidité et d’observation original donc, où les plus jeunes sauront vous mettre en difficulté !

Dans Zim Zam Zoum, il s’agit de retrouver trois animaux dans une grille de memory, avec un petit twist qui a son importance : le lancer du dé. Ce dernier vous imposera de retrouver Zim, Zam ou Zoum dans la grille. Vous trouvez l’animal recherché ? Vous gagnez la carte (que l’on remplace dans la grille) et pouvez continuer en relançant le dé. Stop ou encore ? Si vous réussissez à mettre de côté plusieurs cartes et que vous vous arrêtez, elles sont à vous. Si vous continuez et vous ne trouvez pas la suivante, toutes les cartes mises de côté sont perdues. Je ne parle bien évidemment pas des cartes gagnées auparavant ! A la fin de la pile de cartes, la partie s’arrête. Là encore, les plus jeunes sauront vous damer le pion !

Voilà donc deux petits jeux qui permettent de jouer avec nos chères petites têtes blondes sans nous ennuyer.

J’ai tout de même eu l’occasion d’essayer un ou deux jeux plus « adultes ».

Commençons par Quadri, un jeu abstrait coopératif ou compétitif dans lequel vous utilisez des cartes composées de quatre carrés de quatre couleurs différentes pour former des sortes de polyominos d’une même couleur, avec un nombre limité de tours pour remplir les objectifs demandés. Je n’ai joué qu’à la version coop à 2 joueurs qui s’est avérée très sympathique.

J’ai également pu jouer à Bella Vista à 4 joueurs. Vous devez ériger des bâtiments en fonctions d’objectifs communs et en respectant la contrainte de chaque manche. Il vous faudra choisir les meilleurs emplacements au bon moment et surveiller de près vos adversaires qu’il ne faudra pas hésiter à bloquer.

Un jeu familial simple et agréable où une ville prend forme sous vos yeux grâce aux bâtiments en 3D (en carton qui m’a semblé de bonne facture). L’interaction est au rendez-vous pour les amateurs, sans être trop forte pour ceux qui la craignent.

Conclusion :

Un bien bel événement auquel toutes les personnes que j’ai croisées étaient contentes de participer. Merci Gigamic !