Test : Kikicri

Test : Kikicri

Le jeu en bref

Kikicri est un jeu de Jonathan Favre-Godal et Corentin Lebrat, illustré par Pauline Berdal et édité par Space Cow. Il se joue de 2 à 6 joueurs, à partir de 5 ans.

C’est un jeu d’ambiance pour enfants qui fait appel à leur mémoire auditive. Autrement dit, ils vont devoir… écouter !

Le matériel :

  • 1 Grange (tiroir de la boite de jeu) 
  • 36 cartes (12 de chaque type)   
  • 4 tuiles Animal
  • 63 jetons point

Le matériel est minimaliste : tout tient dans la boîte, qui sert elle-même pendant la partie. Les cartes comportent plusieurs informations, mais restent très lisibles.

Comment on joue ?

À tour de rôle, les enfants deviennent fermier. Leur mission : piocher une carte, la glisser dans la grange, puis imiter, mimer ou nommer les animaux présents dessus.

Les autres joueurs doivent alors écouter (ou observer) attentivement pour déterminer quel animal est le plus représenté… ou lequel est complètement absent.

Les trois types de cartes :

  • Carte « Kikicri » : la carte montre les cris des animaux, le fermier dit « Kikicri » puis imite les cris (miaou, bêêh, groin, croâ).
  • Carte « Kikibouge » : la carte montre les gestes à faire, le fermier dit « Kikibouge » puis mime les animaux indiqués.
  • Carte « Kikéla » : la carte ne montre que les animaux, le fermier doit les nommer (chat, chèvre, cochon ou grenouille).

Une fois qu’il a terminé le fermier annonce STOP.

Les autres joueurs doivent alors choisir le plus rapidement la tuile animale qu’ils pensent avoir été le plus représenté, ou celle qu’ils pensent avoir été absent.

Et c’est là que le jeu demande de la réflexion car si l’enfant choisi par exemple le chat car c’est celui qui a été le plus représenté mais que la grenouille était absente alors seule la tuile grenouille rapporte des points. Si tous les animaux sont présents, les points sont attribués selon leur fréquence d’apparition.

Mon avis de parent

Je trouve le jeu super malin sur plusieurs niveaux.

D’abord, l’aspect mémoire auditive qui force à bien écouter pour pouvoir répondre à la question.

Ensuite, le fait que si un animal n’est pas représenté il soit le seul à donner des points est un twist très malin.

Les parties sont rapides et animées. Petit point d’attention sur la frustration qui peut monter lorsque deux enfants visent la même tuile. Cela ajoute un peu de compétition sur la rapidité.

L’avis de mon fils (5 ans)

Imitations et mimes de chat, chèvre, cochon et grenouille n’ont plus de secret pour lui.

La ferme en folie c’est vraiment trop drôle.

Le verdict

Jeu validé à la maison, il ressort facilement. Même sans savoir lire chaque animal à une couleur de cri qui est rappelé sur les tuiles animaux ce qui lui permet d’être adapté sans soucis dès 5 ans.

Pour limiter la frustration en fin de journée, on peut autoriser plusieurs enfants à se placer sur la même tuile pour partager les points.

On peut aussi imaginer une version coopérative où les enfants se mettent d’accord avant de choisir, avec l’objectif de faire le meilleur score possible.

Bref, plusieurs variantes simples permettent d’adapter le jeu sans prise de tête.

Et n’oublions pas… le bonheur des enfants de voir leurs parents imiter un cochon ou une chèvre !

Un correctif à imprimer pour 2 cartes éronnées dispo ici.

Notre boutique partenaire :

Prix constaté : 16 €

Test : Micro Nimo

Test : Micro Nimo

Critique rédigée à l’aide d’un jeu fourni par l’éditeur.

Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Les règles, c’est important. C’est bien souvent la seule porte d’entrée pour le jeu proprement dit. Un outil qui doit allier la précision d’un objet technique et l’abord agréable d’un élément ludique. Le mot “paire”, pour vous il veut dire quoi ? Pour moi, il signifie deux cartes identiques. Il peut aussi vouloir juste dire “deux cartes”, ça ne me dérange pas tant que c’est précisé. Mais quand le terme est utilisé un coup pour l’un, un coup pour l’autre, ça ne va pas. Ça crée des confusions inutiles surtout pour un jeu qui, en réalité, est d’une simplicité confondante.

l

Une fois cet écueil franchi, Micronimo est… c’est un jeu de collection quoi.

On pioche parmi un panel de paires visibles (deux cartes qui peuvent être différentes) et on essaye de rassembler des paires (deux cartes identiques) pour gagner de partie. Il y a d’autres sources de points de victoire qui changent d’une partie à l’autre et sont là pour créer du dilemme.

C’est d’un classicisme assumé et pour cause, ça se présente comme un jeu d’initiation visant notre chère progéniture. Tiens, c’est marrant c’est la mode ? Super Peluches, sur lequel j’ai aussi écrit, portait la même ambition pour la gestion de ressources. J’en avais peu parlé dans ma précédente critique mais je me permet de développer ici. En quoi, être un jeu “de découverte” est un bon argument marketing ? En quoi serait-il meilleur qu’un autre ? En quoi serait-il plus intéressant, plus amusant, plus… ludique ?

Je pense que c’est le contraire. En se présentant ainsi, ces jeux louchent méchamment vers le jeu pédagogique. Simplifiant à outrance et oubliant au passage qu’un jeu existe avant tout pour être une expérience plaisante. Un jeu doit nous titiller, stimuler notre intellect, notre imagination ou notre créativité. Un jeu se doit d’apporter une plus-value à notre capacité naturelle à jouer. Et, par extension, offrir une expérience différente de tous les jeux qui existent déjà se bousculent sur les étals de nos boutiques préférées.

l

J’ai beau de ne pas apprécier cette pratique, j’y vois quand même un élément positif. Il instaure insidieusement l’idée d’une culture ludique. Des mécaniques, des jeux qu’il faudrait transmettre à la génération future.

Mais de ce point de vue là, je préfère encore les versions enfant ou famille qui suscite notre attention en utilisant des noms de jeux déjà installés. Une méthode marketing un peu sale qui cache parfois de petites perles d’originalité. Comme l’excellent Âge de Pierre Junior. Si, par exemple, vous cherchez à initier votre gamine à la gestion de ressource, il est autrement plus inventif que Micronimo. En plus, la préhistoire mignonnisée est bien plus attrayante que l’univers de la collection entomologique.

Je l’admet, je suis un peu dur avec Micronimo. Il n’est pas foncièrement mauvais, c’est juste un énième jeu condamné aux oubliettes du monde ludique. Il faudrait peut-être penser à faire quelque chose d’ailleurs car on commence à manquer de place dans les cellules du donjon.