Bruno Cathala que l’on ne présente plus vient de sortir sa dernière contribution au monde ludique. Comme d’habitude c’est propre, intéressant, équilibré et promis à un gros succès. D’ailleurs le jeu est déjà en rupture chez Philibert à l’heure où j’écris ces lignes… Au Labo des jeux, Djon a quand même réussi à mettre la main dessus chez notre crémier habituel la caverne du gobelin à Metz. Donc on se lance la playlist Game of Thrones sur Melodice, le site dont on vous a parlé hier sur notre page facebook, et on va rédiger ce test!
Il s’agit donc d’un petit – mais costaud car cet adjectif est loin d’être négatif en l’occurence – jeu de cartes créé par Bruno Cathala, et magnifiquement illustré par Mihajlo Dimitrievski. Edité chez Fantasy Flight Games (normal ils s’occupent de tous les produits de cette licence), distribué par Edge, prévu pour 2 à 4 joueurs, à partir de 14 ans et pour une durée de 15 à 30 minutes par partie.
Le pitch: Le Roi vient d’annoncer qu’il allait nommer une nouvelle Main du Roi (son bras droit en quelque sorte pour ceux qui ne connaissent pas la série GoT). Toutes les familles de Westeros sont au rendez-vous pour essayer de ravir le précieux titre. Varys, l’un des personnages de la série occupé la plupart du temps à comploter et recueillir des informations à l’aide de son réseau d’espions, commence alors à recueillir des appuis, murmurer des noms et chercher à influer sur la décision. En tant que prétendant, vous allez devoir réunir des blasons/soutiens de familles afin de l’emporter sur vos adversaires.
– mise en place et matériel –
Des cartes vont représenter les membres des différentes familles. La mise en place se présente sous forme d’un carré de 6 cartes de côté que vous allez disposer après avoir mélangé toutes les cartes ensemble. L’une d’elle représente Varys et sera la seule carte que vous devrez manœuvrer pour réunir les familles. Vous pourrez la déplacer une fois par tour dans les directions suivantes: en haut, en bas, à droite ou à gauche.
En déplaçant Varys (la carte violette avec une tête de gros chauve dessus) comme sur l’exemple ci-dessus, je vais terminer mon mouvement sur la carte Eddard Stark. Je récupérerais donc tous les membres de la famille Stark qui se situent sur la ligne de mouvement, y compris Eddard dont Varys prendra la place.
Mon adversaire suivant aura alors la possibilité de déplacer Varys selon les mêmes règles de mouvement et commencera à collecter les membres d’une famille. La partie se termine lorsque vous ne pouvez plus déplacer Varys (il doit impérativement terminer son déplacement sur une carte du plateau). Il pourra donc rester des cartes si elles ne se situent pas sur une ligne de déplacement valide pour Varys.
S’agissant d’un jeu de majorité, le but est d’obtenir tous les membres d’une famille, ou tout du moins plus de membres que ses adversaires, pour s’assurer le blason à la fin du jeu. Celui avec le plus de blasons à la fin remporte la partie. En cas d’égalité, les valeurs des familles sont prises en compte. Par exemple, la famille Lannister comporte 8 membres alors que les Barathéon seulement 4. Les familles nombreuses seront donc plus difficiles à réunir mais pourront faire la différence à la fin si besoin.
Pour rendre le jeu un peu plus intéressant, le joueur aura la possibilité de récupérer un compagnon quand il récupérera le dernier membre d’une famille.
– les compagnons –
Il aura alors un effet à résoudre immédiatement. Certains pourront vous permettre de récupérer gratuitement un membre d’une famille, ou alors d’en éliminer un! Ce qui est top c’est que vous pourrez même éliminer un membre d’une famille directement dans les cartes possédées par l’un de vos adversaires. Idéal pour modifier l’équilibre et récupérer un blason 😉
Il y a enfin les jetons Corneille à 3 yeux qui permettront à 2 joueurs de s’isoler pendant 1 minutes et de palabrer afin d’établir une alliance contre leurs adversaires.
Plusieurs stratégies s’offrent donc à vous, et vous ne vous ferez pas que des amis… Le mouvement prévisible dans une certaine mesure du chauve Varys vous permet de mettre votre adversaire en fâcheuse posture puisque la partie avançant les mouvements seront moins évidents. En essayant de prévoir plusieurs mouvements à l’avance vous pourrez ainsi (essayer) de le contraindre à faire des mouvements qui vous arrangeront par la suite. Ça marche en théorie, un peu moins en pratique, chacun s’efforçant de déjouer les plans de l’autre, mais c’est ça qui fait l’intérêt du jeu!
Vous pouvez aussi empêcher vos adversaires de conserver une majorité, ou bien leur « voler » le dernier membre d’une famille afin de récupérer un compagnon et déclencher son effet dévastateur.
En fonction de l’évolution de la partie, et des choix de vos adversaires, votre stratégie sera certainement amenée à changer et c’est un vrai intérêt de ce jeu qui évolue sans cesse. Bref vous l’aurez compris, vous pouvez aussi enchaîner les coups dans le dos et pourrir vos adversaires. C’est même vivement recommandé le crois!! 😉
VERDICT
Ce jeu est tout à fait le genre de jeu que l’on recherche pour finir une soirée après avoir joué à certains jeux bien longs, ou bien trop cérébraux. Il faut parfois un jeu efficace et rapide pour se détendre. Game of Thrones – la Main du Roi fait partie de ceux-là. Le principe est simple mais terriblement efficace, la mécanique est bien rodée, le jeu s’explique en 2 temps 3 mouvements, et les parties sont rapides et intenses. Un autre bon point, même à 2 le jeu fonctionne très bien.
Cathala confirme encore plus sa réputation de faiseur d’or, et pour la petite histoire, il avait développé le jeu indépendamment de l’univers de GoT. Ce n’est qu’après avoir créé, testé et amélioré la mécanique de base du jeu qu’il a intégré l’univers de la série à son jeu. Il est vrai que GoT n’est qu’un prétexte dans le jeu et que l’on peut tout à fait imaginer ce jeu dans n’importe quel autre univers. Malgré tout, étant fans de la série c’est un plaisir de retrouver les familles de Westeros, encore plus avec les magnifiques illustrations dont nous a gratifié Mihajlo Dimitrievski, qui a aussi illustré le très beau Pillards de la Mer du Nord pour ceux qui connaissent.
Dernier point non négligeable, le jeu est proposé à 13,95€ en moyenne ce qui veut dire que seule votre mauvaise volonté pourra vous empêcher de craquer pour ce « petit jeu » fort sympathique!
– Tu vois, le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuse –
Outlaws Last Man Standing vous propose d’incarner un gouverneur à l’époque du far west. Votre but est de vous faire élire président comme Donald! Il y a pour ça plusieurs méthodes, et comme Clint le dit si bien, avoir un pistolet chargé ça aide pour parvenir à ses fins!
Il y a 3 méthodes:The Good, the Bad and the Ugly way!
La méthode « douce » vous permet de remporter la partie en récoltant le plus grand nombre de voix.
La méthode « sale » vous permet d’embaucher des sales types pour faire le sale boulot à votre place. Un gouverneur mort ne saurait être élu président… c’est d’une logique imparable!
La 3ème méthode vous permet d’empêcher votre assassinat et de faire porter le chapeau à votre adversaire. Fourbe mais efficace!
Laquelle choisirez-vous?
Le jeu vient de débuter sa campagne, qui est d’ores et déjà validée. Il vous en coûtera 18€ pour un exemplaire du jeu, et 30€ pour 2 exemplaires afin de mettre en place la variante à 3 ou 4 joueurs dont je parle en fin d’article. Le livre de règles sera dispo en anglais et en français. Le jeu est prévu pour 2 joueurs (avec 1 boîte), à partir de 12 ans et pour des parties de 15 minutes environ.
Chaque joueur contrôle 10 personnages variés aux caractéristiques différentes. On dresse une ligne avec ses personnages qui fait front à l’adversaire. Des jetons sont placés aléatoirement entre chaque personnages qui se font face.
– mise en place à 2 joueurs –
Durant la partie les personnages vont se déplacer le long de la ligne, et vont se rendre visibles à votre adversaire pour récolter des jetons et utiliser leurs compétences. Il faut donc manœuvrer avec finesse afin de bluffer votre adversaire et le forcer à vous révéler ce que vous cherchez afin de remporter la partie.
A chacun de son tour, un joueur peut réaliser 2 actions:
déplacement
Un joueur peut échanger de place 2 de ses personnages.
regarder un jeton caché
Pour ce faire, le joueur révèle l’identité d’un de ses personnages à son adversaire, et peut consulter le jeton posé en face. Ensuite, le personnage est remis face cachée face à l’adversaire, de même que le jeton qui est replacé au milieu de la « rue » face cachée aussi.
– les jetons –
prendre un jeton
Un joueur révèle l’un de ses personnages à son adversaire, et annonce le symbole du jeton qui est posé devant. S’il a découvert le symbole il le gagne. S’il s’est trompé, le jeton est remis face cachée. Le jeton « élection » ne peut être récupéré que par le gouverneur, le jeton « menottes » que par le sheriff, le jeton « balle » que par l’assassin, le jeton « vote » peut être récupéré par tous les personnages sauf le gouverneur.
Une fois qu’un jeton est récupéré par un joueur, on fait glisser les jetons le long de la « rue » et on en ajoute un à partir de la pioche.
utiliser une compétence d’un de ses personnages
Cette action vous permettra, suivant le personnage que vous utilisez, de tuer le gouverneur, d’arrêter l’assassin, de révéler un personnage de votre adversaire, de modifier l’emplacement de 2 jetons, etc…
– exemple de personnages avec le Sheriff et le magasinier –
Il y a donc 3 moyens de remporter la partie:
récolter le plus grand nombre de voix et récupérer le jeton « élection » avec votre gouverneur
assassiner le gouverneur avec votre tueur
arrêter le tueur de votre adversaire avec votre sheriff
VERDICT
Ce jeu de déduction et de bluff peut être vraiment intéressant! Les illustrations sont vraiment sympa et le matériel a l’air très correct! Le jeu semble rapide et agressif, l’explication des règles ne devrait pas poser trop de problèmes. Le truc est d’essayer de deviner où se situent les cartes importantes de votre adversaire, de placer vos personnages en conséquence et de mettre en place votre stratégie suivant que vous serez plutôt The Good, The Bad or The Ugly!
Une variante qui me semble très très prometteuse mais peut-être « bordélique » est celle pour 3 ou 4 joueurs.
– variante à 3 joueurs –
– variante à 4 joueurs –
Vous voyez maintenant quand je vous parle de côté « bordélique »??? Mais sincèrement ça doit être bien fun de devoir prêter attention à tous les côtés et gérer plusieurs adversaires en même temps vous ne trouvez pas!!??
Quoi qu’il en soit le projet a déjà atteint son objectif de financement et devrait donc voir le jour! Voilà une bonne nouvelle!
A l’heure actuelle la tendance est à la vente au poids. Plus il y a de matos plus ça va vous plaire (c’est juste une observation ne vous fâchez pas). Les kickstarters récents se concentrent sur des tonnes de figurines à vous montrer dans des mises en situations 3D tip top qui vous donneront envie de faire fumer la CB. Parfois la promesse est tenue et on se retrouve avec un plateau rempli de figs à ne plus s’avoir quoi en faire, et un jeu qui déchire! Parfois c’est au détriment de la mécanique de jeu…
Du coup pour changer un peu on va s’intéresser à un petit jeu rapide qui clôture sa campagne de financement participatif sur Kickstarter dans 15 jours. Plus de 111.000 dollars récoltés sur 10.000 demandés… pô mal!!
Le jeu paie pas de mine et franchement niveau matos et direction artistique y’a pas de quoi s’étouffer. Du coup on va se concentrer sur le jeu en lui-même, histoire de voir si ça vaut les 12 dollars demandés (10 + 2 pour la livraison en France).
– mise en situation du jeu –
Le principe est simple vous incarnez un livreur d’une usine de pastille de menthe.
Whaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaat??? T’es sûr???? ça paraît tellement dingue dis comme ça sans prévenir! Laisse moi 1 seconde pour m’en remettre!
Ouais je sais mais vous vous y ferez. On continue!
Le but: devenir l’employé du mois en livrant le plus possible!
Ça ressemble à un jeu financé par le Medef, faudra que j’aille regarder d’un peu plus près le C.V. de l’auteur du jeu…
Le joueur avec l’haleine la plus fraîche commence… excellent! J’aime l’esprit! Y a déjà de quoi perdre plusieurs amis alors qu’on a pas commencé! Le pro-ouvriers est déjà parti, et celui qui vient de manger chargé ne vas pas tarder…
Un joueur (parmi ceux qui restent) effectue 2 actions dans un tour:
Déplacement.
Le joueur avance son camion sur un lieu adjacent à celui sur lequel il se trouve. Plusieurs joueurs peuvent se retrouver sur le même lieu. Le joueur peut choisir d’effectuer 2 fois la même action et donc de se déplacer 2 fois.
Activer l’emplacement sur lequel il se trouve.
En fonction du lieu sur lequel vous vous trouvez vous pourrez réaliser différentes actions.
– la carte du jeu –
Sur Mintopia City et les cartes contenant une usine, vous pourrez charger votre camion de sa cargaison de pastilles de menthe, ou convertir vos pastilles standards en pastilles sans sucres, ou à la cannelle.
Sur les 4 cartes aux extrémités vous pourrez prendre des commandes, et y livrer la marchandise nécessaire. Les commandes correspondent à une certaine quantité de pastilles à livrer à un endroit donné et qui vous rapporteront des points.
La partie se termine lorsqu’il n’y a plus de commandes disponibles (face visible) dans 2 des cités aux extrémités, ou alors quand il n’y a plus de commandes disponibles dans les piles de pioches de commandes (face cachée). On comptabilise les points et le vainqueur est élu employé du mois!
Il existe des règles avancées permettant d’apporter un peu plus de profondeur au jeu. On distribue des cartes améliorations au début du jeu. Le joueur peut décider d’en acquérir une pour le coût d’une de ses actions.
– les cartes améliorations –
L’une donnera par exemple une action supplémentaire, augmentera la capacité de transport de votre camion, vous fera gagner des points de victoire supplémentaires, prendre une commande d’une autre cité que celle dans laquelle vous vous situez, etc…
De quoi combotter un peu!
VERDICT
Pour le prix ça peut être sympa! Le projet ne se prend pas la tête, c’est simple (simpliste? peut être pas finalement 😉 ), rapide, convivial et ça tient dans la poche (avantage non négligeable en déplacement). Le jeu prend le pari de réunir habitués et néophytes des jeux de société autour d’une même table. A vue de nez, il y a quand même moyen d’y trouver son compte puisque le fan de combo et de stratégie (par exemple PY) cherchera à optimiser son parcours et ses commandes pour maximiser ses points de victoire. On pourra aussi inviter une personne ne connaissant pas les jeux de société à venir s’y essayer. Il ou elle pourra prendre plaisir à servir des commandes sans forcément combotter comme un sauvage. Même s’il n’est pas dit qu’il/elle ne se prenne pas au jeu!
En cette actualité chargée avec au moins 2 types louches ayant le doigt sur le bouton nucléaire, l’équipe du labodesjeux s’est intéressée au Manhattan Project, créé en 2011 par Brandon Tibbetts, illustré par Sergi Marcet et édité par Minion Games.
Le jeu nous propose de participer à la course à l’arme atomique qui s’est déroulée durant la seconde guerre mondiale. Chaque joueur va chercher à fabriquer des bombes atomiques et ainsi s’imposer comme la super-puissance mondiale. Il s’agit d’un jeu de placement d’ouvriers, c’est à dire qu’en plaçant des pions sur le plateau, on active des actions.
– le contenu de la boîte (les éléments ont un côté en allemand et un côté en français) –
En tant que responsable du programme atomique de votre nation, vous aurez à votre disposition des ouvriers et des bâtiments vous permettant de produire les ressources nécessaires à la construction des bombes atomiques. Vous marquez des points en fabriquant, testant et chargeant dans les avions des bombes atomiques de puissance variable. Le premier à atteindre l’objectif de points de victoire remporte la partie.
Vous devrez pour cela utiliser un plateau central vous indiquant les différents bâtiments que vous pourrez construire, et vous offrant plusieurs options de placement pour vos ouvriers qui produiront diverses ressources.
– le plateau central est, comme son nom l’indique, l’élément central du jeu –
Vous aurez aussi un plateau individuel sur lequel vous allez construire l’ensemble des bâtiments que vous achèterez tout au long de la partie, ainsi que les forces d’attaque et de défenses que vous mettrez en place pour attaquez vos ennemis et/ou protéger vos installations.
– plateau individuel –
A chaque tour, un joueur doit effectuer un seule de ces actions:
placer des techniciens
récupérer ses techniciens
Jeu de placement d’ouvriers oblige, un joueur va positionner les ouvriers qu’il possède sur des bâtiments de son plateau individuel ou sur le plateau central pour y produire les ressources indiquées. Une fois placés ils sont affectés à cette tâche qu’ils réalisent durant ce tour, et doivent être récupérés par le joueur pour être utilisés à nouveau. Seulement, le fait de récupérer ses techniciens vous coûte un tour complet pendant lequel vous ne ferez rien d’autres. Il faut donc bien veiller à utiliser correctement le nombre de techniciens que vous avez pour optimiser vos tours de productions de ressources.
L’autre spécificité de ce jeu est que vous ne pouvez pas poser l’un de vos ouvriers sur une case ou un bâtiment déjà occupé par un ouvrier (qu’il vous appartienne ou non). Autrement dit tant que vos adversaires n’ont pas décidé de récupérer leurs techniciens, et continuent à placer leurs ouvriers pendant plusieurs tours, vous ne pourrez pas bénéficier du bâtiment qui vous fait pourtant fortement défaut dans votre production de ressources. C’est une des interactions principale du jeu, avec la phase de déclenchement de frappes aériennes te l’espionnage dont nous parlerons plus tard.
Il est évident qu’il faudra appliquer un minimum de stratégie si vous voulez vous en sortir. Il vous faudra faire avec les actions des autres joueurs sur le plateau principal, actions qui vous feront parfois changer de stratégie une fois votre tour arrivé. il faut donc étudier le plateau et les bâtiments à disposition. Il y a souvent des moyens détournés de récupérer les ressources dont vous avez besoin.
La guerre des classes sociales: cols bleus vs. cols blancs
Dans Manhattan Project, vous avez à votre disposition différents types de techniciens. Les ouvriers, les ingénieurs et les chercheurs. Certains bâtiments vous demanderont un certain type de techniciens pour vous permettre de produire les ressources. Il vous faut donc bien gérer le nombre de différents techniciens que vous avez à disposition.
Etant donné qu’on ne peut placer qu’un seul ouvrier sur le plateau central mais autant que l’on veut sur ses bâtiments, le jeu est bien plus stratégique qu’il n’y paraît. Le choix des bâtiments que l’on achètera et construira sur son plateau individuel peut aussi faire pencher la balance en votre faveur puisque les bonnes ressources au bon moment vous assureront la construction des bombes.
Comment est votre blanquette ?
– OSS 117 –
L’espionnage pourra aussi vous permettre de vous sortir d’un mauvais pas. En construisant votre réseau d’espions vous pourrez ainsi aller poser vos ouvriers directement sur les bâtiments des plateaux individuels de vos ennemis! Vous récoltez ainsi les ressources, mais vous les empêchez aussi d’utiliser leurs propres bâtiments!!!
Habile! comme dirait Hubert Bonisseur de La Bath (et Maurice aussi puisque c’est sa réplique préférée 😉
Déclenchez des frappes aériennes!
Vous avez aussi la possibilité de construire des chasseurs et des bombardiers. Vous pourrez ainsi bombarder et rendre inopérants les bâtiments de vos adversaires. Comme dans toute bataille, l’équilibre des forces en puissance décidera du sort du combat. Si un adversaire est suffisamment armé, vous allez vous casser les dents sur ces défenses, et laisser ainsi vos propres bâtiments sans défenses. A utiliser avec intelligence donc! Mais cela peut tout de même rétablir un équilibre et/ou freiner un adversaire un peu trop engagé sur le chemin de la victoire.
– les tuiles de tirs d’essai de vos bombes, et les personnalités historiques (facultatifs) que les joueurs pourront récupérer et bénéficier de leurs bonus, si vous choisissez de les inclure dans le jeu –
VERDICT
Malgré son thème délicat on vous conseille de ne pas passer à côté de ce jeu!! Côté matériel tout est très clair et on découvre en un coup d’œil sur les cartes ce qu’elles contiennent. Les illustrations sont très plaisantes, le côté pictogrammes est réussi. Côté jeu et mécaniques, il y a un vrai côté stratégique puisque plusieurs solutions peuvent vous permettre d’arriver à vos fins. Le jeu est fluide, même si une première partie sera nécessaire pour vous familiariser avec l’ensemble des éléments et des stratégies possibles. Nous avons joué à 5, et comme je le lisais sur d’autres tests de ce jeu, le potentiel est peut être meilleur à 4 maximum. Je citerai notamment l’excellent Gus de GusandCo.net: « Des parties à 5 à déconseiller (surtout si vos partenaires de jeu sont du genre lents.)« .
Une fois n’est pas coutume le poto Maurice a ramené un jeu… On voulait un p’tit jeu fun et rapide pour terminer la soirée jeux de l’équipe du LabodesJeux. Après avoir bien cogité sur des tactiques et stratégies pour des jeux un peu plus ardus ça fait du bien de passer à quelque chose de plus léger.
Bref Momo nous a ramené Boss Monster Le jeu de cartes de création de donjons!
Le rétro-gaming est à la mode et voici un jeux qui surfe sur cette vague. Le principe est tout simple: imaginez un bon vieux jeux d’aventure sur votre Master System ou Megadrive. Maintenant, vous incarnez non pas le héros sans peur et sans reproches qui va défourailler les méchants, mais plutôt le Boss de fin, qui justement, en a marre de se faire rétamer et qui va essayer de construire le donjon le plus velu pour dézinguer tous les héros qui voudraient s’y frotter.
Et comme tout est pensé sur ce blog, on fait le lien entre un projet kickstarter et le test de sa version sortie dans toutes les bonnes échoppes. En effet Boss Monster a fait l’objet d’une campagne Kickstarter fin 2012 et a récolté + de 200.000 dollars (pas mal pour un jeu de cartes!). Le succès a donc été au rendez-vous et maintenant on le trouve un peu partout. Il est devenu un jeux de société parmi les autres, seuls certains se rappellent qu’il a commencé sa vie sur la plateforme de financement collaboratif. Une belle transition donc!
Donc comment ça se danse Boss Monster? Au début vous tirez une carte Boss parmi la dizaine disponible. C’est celui que vous incarnerez durant la partie, le Boss qui doit avaler son quota de héros intrépides au petit déjeuner, et dont le donjon doit coller les miquettes aux plus chevronnés!
– le roi coassant, l’un des big boss! –
Vous disposerez de cartes représentant des salles que vous pourrez construire dans votre donjon et ainsi corser le passage des héros qui ne manqueront pas d’arriver. Et là le côté deck-building rentre en jeu. Vous pourrez construire 1 salle par tour, dans la limite de 5 maximum. Le héros qui rentre dans votre donjon devra passer par ces 5 salles, et donc se ramasser sur le coin du crâne ce que vous mettrez sur son chemin. Le but étant d’occire le plus de héros pour arriver à 10 points (ou 10 âmes de héros). Vous commencez la partie avec 5 points de vie. Certains héros réussiront à traverser votre donjon et vous infligeront des blessures, jusqu’à ce que votre nombre de points de vie soit réduit à zéro et entraîne votre mort.
– exemples de salles à construire dans votre donjon –
Vous aurez aussi à votre disposition des sorts qui pourront infliger des blessures, attirer des héros dans votre donjon, ou savonner la planche de vos adversaires, car oui, chaque joueur construit son donjon et comme le premier qui atteint 10 âmes gagne, bah si on peut le ralentir on va pas s’priver!
De plus l’ordre dans lequel vous construisez vos salles à son importance, puisque certaines auront des effets spéciaux qui agissent sur la salle suivante, oblige le héros à repasser par la salle précédente (et donc éventuellement subir à nouveau des blessures) etc…
– Ciel mon héros! –
Chaque tour de jeu se déroule selon cet ordre:
1- Arrivée des héros en ville. On pioche un nombre de héros correspondant au nombre de joueurs)
2- Le joueur pioche une carte dans son deck.
3- Phase de construction de salle dans son donjon.
4- Phase d’appât. Les héros se dirigent vers les donjons qui leur correspondent (on va détailler ça juste après).
5- Phase d’aventure. Les héros progressent dans les donjons.
Alors comment ils arrivent chez vous les héros?? Les héros arrivent en ville (zone neutre sur la table) à raison de 1 par joueur et par tour. Il y a différentes classes de héros avec un symbole associé. Le guerrier a son épée, le voleur son sac d’or, le mage son grimoire et le clerc son symbole religieux (rien de trop complexe jusque là). Chaque salle que vous construisez comporte aussi ces symboles, parfois 1, parfois plusieurs.
Lors de la phase d’appât, on compte le nombre de symboles. Le joueur qui en a le plus d’une catégorie (épée, sac d’or, grimoire…) attire les héros de cette catégorie. En cas d’égalité entre les joueurs, les héros restent en ville, attendent les renforts et patientent à la taverne.
Il y a là l’un des mécanismes les plus important du jeu. L’objectif du jeu étant de ne pas mourir, et d’occire suffisamment de héros, il faut absolument construire un donjon qui pourra attirer les héros, mais pourra aussi en venir à bout! Cet équilibre vous assurera la victoire. En faisant rentrer trop de héros que vous n’avez pas la capacité de tuer, vous serez submergés. En ayant un donjon méga velu mais dont les héros se désintéressent au profit des donjons de vos adversaires ne vous servira à rien sauf à pouvoir dire à la fin de la partie « Ouais mais moi s’ils avaient osé mettre un pied dans le donjon ils étaient rôtis avant d’avoir atteint la moitié du donjon!« . Ce dont personne ne doutera… mais qui ne vous fera pas remporter la partie.
Et c’est donc parti pour la phase d’aventure, avec une traversée de votre donjon savamment huilé et préparé! Avec vos salles et vos pièges vous devez réduire les points de vie du héros à zéro avant qu’il n’arrive à la fin de votre donjon. Dans le cas contraire c’est lui qui vous inflige une blessure.
Une fois construites vos 5 salles vous pourrez continuer à construire mais uniquement en recouvrant les salles existantes. Du coup de nouveaux combos pourront être envisagés en fonction des salles que vous piochez. Ceci afin de rendre votre donjon encore plus corsé à traverser, puisque vers la fin du jeu entrent dans l’arène les héros épiques, qui eux vont vraiment vous rétamer si vous n’êtes pas préparés.
On avait pourtant dit un jeu simple et fun Momo…
VERDICT
Et le résultat est très positif! Le thème abordé nous a rappelé des souvenirs d’heures passées sur nos bonnes vieilles consoles et les illustrations sont très chouettes. On peut juste regretter le manque de second degré qui est amené par petites touches (mention spéciale à mon héros préféré, j’ai nommé « L’Idiot » le bien-nommé 😉 ) mais ça aurait pu être bien plus poussé notamment dans le texte explicatif de chaque héros, qui n’apporte rien…
Et il ne faut pas vous y tromper, Boss Monster est bien un jeu de deck building. Vous allez devoir vous creuser les méninges pour construire un donjon bien velu, avec des salles qui s’enchaînent parfaitement et des pièges dignes des plus grands méchants. Ça combotte sévère, ça anticipe, ça reluque le donjon du voisin, et ça joue avec 3 tours d’avance (enfin faut pas oublier qu’on a fait ça en fin de soirée donc bon…).
Il faudra voir avec les multiples extensions qui sont sorties depuis mais on a passé un très bon moment, on a bien accroché et on y rejouera très vite!