Le labo en Festival : Vichy pro 2026

Le labo en Festival : Vichy pro 2026

Ça y est, j’ai fait mon premier Vichy pro ! Et c’était vraiment super bien.

Mon statut Media avec le Labo des jeux m’offre la possibilité de participer à ces événements de manière privilégiée et de pouvoir tester un nombre conséquent des futurs jeux qui viendront emplir les étals des magasins dans les mois qui viennent.

Vichy Pro, c’est avant tout un rendez-vous commercial où de nombreuses boutiques (et ludothèques) viennent prendre la température et anticiper leurs futures ventes, négocier les commandes et finaliser les futures transactions afin de préparer les fêtes. Dans un contexte difficile pour le milieu des loisirs et où certaines boutiques historiques jettent l’éponge, où des éditeurs disparaissent, il est vraiment courageux à tous ces professionnels de s’investir comme ils le font. J’ai un profond respect pour chacun d’eux, éditeurs, distributeurs, boutiques et ces trois jours furent l’occasion de juger du dynamisme ambiant !

Nous avons donc abordé ce festival avec l’envie de nous laisser surprendre plutôt que d’arriver avec une longue liste de rendez-vous et de jeux qui avaient déjà fait le buzz. De plus, nous avions de notre côté, amené quelques jeux que nous voulions découvrir ensemble.

Tout d’abord, il faut constater que le nombre de jeux annoncés pour les mois à venir ne tend pas à diminuer, sachant qu’Essen arrive d’ici quelques semaines et là encore de nouvelles références vont fatalement apparaitre. La seule question qui reste en suspens, c’est : « vont-ils trouver une place sur la table des joueurs et joueuses de France et de Navarre ? ». Il est clair que chaque personne aura un avis différent sur la qualité ludique que représente un jeu et ceci en fonction du style qu’il affectionne, des personnes avec qui il joue et bien d’autres critères encore.

Comme je le disais juste avant, dans ce buffet pléthorique, difficile de ne pas friser l’indigestion et pour avoir travaillé en boutique il y a de nombreuses années, le nombre de références devient aujourd’hui un pari sur l’avenir car qui peut prédire le succès d’un jeu qui à peine en rayon, disparait au profit d’un nouvel arrivant. La prise de risque devient minime et beaucoup de boutiques n’ont pas les reins assez solides pour multiplier les références qui finiront parfois par être soldées d’ici quelques mois. C’est là que le travail des influenceurs peut éventuellement influer sur la décision qui amènera l’achat final. Il y a eu d’ailleurs une expérience vécue lors de ce séjour qui nous a amené à réfléchir. Mais nous en parlerons plus tard.

Nous avons testé un peu plus d’une vingtaine de jeux en deux jours (Nous sommes repartis le lundi en début d’après-midi).

Plutôt que de vous relater les choses de façon chronologique, voici pêle-mêle notre sélection et mes coups de cœurs :

Catégorie Expert :

Oïl Rock de chez Intrafin (localisation d’un jeu de chez Cranio). Premier jeu de son auteur, Marco Piola Caselli. 2 à 4 joueurs.

On incarne un Magnat de l’industrie et on cherche à développer son empire. C’est un jeu de pose d’ouvriers avec pas mal de twists et un système d’évolution des ouvriers original. C’est tendu, cela se joue en 4 tours et compte tenu du matériel, la rejouabilité s’avère très intéressante. J’ai personnellement adoré l’expérience. On lui reconnait une petite filiation avec Russian Rail Road. A essayer, si vous aimez les jeux d’optimisation.

Greenwood is a lie : Chez Super Meeple, localisation du futur Feuerland Spiele qui sera présent à Essen. Les auteurs sont Christos Giannakoulas, Manolis Zachariadis. 1 à 4 joueurs.

Dans Greenwood, on incarne des esprits de la forêt qui vont guider des compagnons afin de sauver des animaux magiques emprisonnés dans l’archipel de Greenwood. Ces animaux sont exploités par de méchants Druides. L’objectif est d’en libérer le plus possible et les faire quitter l’ile par le biais de sous-marins (« sic »). Le jeu est foisonnant et le matériel est particulièrement pléthorique. Clairement le parti pris graphique et la thématique sont très clivant. Les règles en soit ne sont pas compliquées, par contre il y a de nombreuses actions possibles à son tour de jeu et une iconographie importante (l’aide de jeu est d’ailleurs conséquente). Tester ce type de jeu à quatre lors d’un festival est toujours casse gueule et nous n’avons pas terminé la partie. Il est donc difficile de donner un avis. J’avoue que l’empilement de mécaniques et le thème plaqué a sorti de la partie deux joueurs sur quatre. Il est donc important de le tester dans des bonnes conditions et à 2 ou 3 car il y a de fait dans une partie découverte pas mal de downtime. 

Tempestia : de chez Pearl Games de Sébastien Dujardin et Xavier Georges. 1 à 4 joueurs

On peut se réjouir, tel le phénix renaissant de ses cendres, du retour de Pearl Games. Nous n’avons hélas pas pu jouer mais Sébastien Dujardin a eu la gentillesse de nous pitcher le jeu : Tempestia est une planète à la météo instable et qui subit des tempêtes régulièrement. Les joueurs sont à bord de dirigeables et vont essayer de glaner le plus de ressources possibles. Le twist est assuré par des modules représentant les tempêtes qui se clipsent sur le plateau et qui vont restreindre les possibilités des joueurs au fur et à mesure de la partie qui se joue en quatre tours. Il est indéniable que Solenia est une inspiration pour ce jeu que nous aurons sans souci la possibilité de détailler lorsque nous pourront tester une version jouable.

Nous avons eu aussi la chance de pouvoir voir la prochaine réédition de Troyes, cette fois ci illustrée par Ian O’Toole qui est magnifique.

Catégorie Initiés :

Odéon : De chez Open Your Eyes Games. Premier jeu de Sébastien Datiche et Cyrille Sellier

Tout d’abord, il faut noter que cette maison d’édition est toute nouvelle et qu’Odéon est leur premier jeu. On leur souhaite un franc succès car ils le méritent tant Odéon nous a surpris dans le bon sens.

Dans Odéon, on aborde un thème qui dans le passé, n’a pas toujours rencontré un grand succès, la musique classique. Et pourtant, dès l’explication des règles et le début de partie, le jeu est fluide et élégant !

Un véritable coup de cœur

On a un jeu qui se joue en cinq manches intégrant de la pose d’ouvriers, de la programmation grâce à un système de partitions musicales hyper malin et de la collection d’œuvres musicales permettant de répondre aux souhaits du public ou permettant à des musiciens de devenir virtuoses. C’est intelligent, ça se joue en une heure et il y a une courbe de progression intéressante. Si vous avez l’occasion de le tester, vous trouverez avec Odéon un jeu intermédiaire original.  

Lairs de chez KTBG : localisé par Moona Games. Les auteurs sont Josh Cappel et Christopher Westmaas. Un jeu en plusieurs modules, le premier se jouant exclusivement à deux.

Là encore un nouvel éditeur qui frappe un grand coup d’entrée avec un catalogue de jeux à venir incroyable. Je ne suis pas objectif sur ce coup-là, j’adore les gars qui composent cette équipe et j’adore leur ligne éditoriale (Hamani, Babiole, Tidal Blades). Par contre, j’ai découvert Lairs au cours de ce salon. Et ce fut pour moi un coup de cœur d’entrée surtout avec les modules à venir qui vont faire évoluer le jeu de façon exponentielle. Mais je vais me cantonner à décrire le jeu de base.

Le jeu est une sorte de dungeon crawler qui va se dérouler en deux phases. La première, grâce à un matériel de qualité en 3D, chaque joueur va « construire » son donjon sur une plaque de 36 cases numérotée de 1 à 6 et de A à F. il va devoir placer murs, pièges, monstres et trésors ainsi qu’une case départ et un escalier de sortie. La seconde partie grâce à des cubes d’énergie, chaque joueur va explorer à l’aveugle le donjon de son adversaire et essayer de le quitter en ayant fait fortune, en supprimant les monstres qui hantent les couloirs et en désamorçant les pièges. Le premier joueur qui sort impose la fin de la partie au tour suivant et c’est celui qui a accumulé le plus de points qui remporte la partie. Le jeu est clivant et ne plaira pas aux joueurs qui aiment avoir un véritable contrôle sur le jeu. Avec Lairs, il faut savoir jauger son adversaire et aimer prendre des risques. Il m’a fait penser à Eye of Beholder un vieux jeu vidéo d’exploration de Donjons ou à chaque intersection, on ne savait pas ce qui allait arriver !

En tout cas la suite est alléchante, avec deux modules supplémentaires qui vont permettre d’ajouter des monstres, introduire des Boss, construire un méga donjon et jouer seul contre plusieurs joueurs à la façon d’un Descent, incarner des véritables personnages aux pouvoirs spécifiques et bien d’autres choses encore !

Les trois boites seront disponibles en même temps à Cannes à priori ! Impatient, je suis !!

Pilgrims : de chez Potam Games de Radim Jurda. 1 à 4 joueurs pour une durée de jeu d’environ une heure

Pilgrim se caractérise tout d’abord par un univers graphique original qui là encore peut être clivant. Le jeu est une inspiration d’un jeu vidéo indépendant du même nom. C’est un jeu de collection et de gestion de main. L’objectif est de parcourir un plateau constitué de cartes et de collecter des objets ou recruter des compagnons qui vous aideront à réaliser des aventures (la manière d’obtenir des points de victoire). Il va donc falloir bien optimiser vos déplacements, sensiblement identiques aux mouvements de certaines pièces d’échec, afin d’arriver à vos fins.

Pilgrim se caractérise par une réelle originalité et est beaucoup plus profond qu’il n’y parait au premier abord. Là encore, ce fut une belle découverte.

Les Terrasses de Kanoa : de David Carmona et Karen Nguyen édité par Unfriendly Games. 1 à 4 Joueurs

Les terrasses de Kanoa à tout pour réussir : un bouche à oreille qui a parfaitement fonctionné lors de ce festival, une excellente jouabilité, un matériel plutôt soigné et des modules permettant de corser l’exercice au fur et à mesure des parties.

C’est un jeu de placement de tuile qui se décompose en deux phases : récolte de ressources et construction de son domaine. L’objectif du jeu est de développer son « environnement personnel » en collectant des ressources puis en construisant son domaine de façon à optimiser chaque élément et faire le plus de points possibles. Chaque « écosystème » à sa manière de scorer : les arbres valent plus de points quand ils sont regroupés en forêt, les cascades sont plus intéressantes quand elles sont placées en hauteur, les terrasses accentuent la valeurs des « écosystèmes » qui les entourent, etc. Vous l’aurez compris, on est dans un environnement familier avec des mécaniques proches de celles d’Acropolis. Et c’est peut-être le principal défaut des Terrasses de Kanoa. Sa filiation est tellement évidente que malgré des propositions originales, on a du mal à ne pas comparer les deux propositions sachant que son illustre prédécesseur a, en son temps, été plébiscité par beaucoup et raflé de nombreux prix amplement mérités. En tout cas, j’ai adoré ma partie et il offre assez de rejouabilité pour faire partie de ma ludothèque.

Fric Frac : de David Gordon et Jonathan Gilmour-long édité par Lucky Duck Game. De 2 à 5 Joueurs.

Depuis l’annonce de Lucky Duck d’abandonner certains types de jeux, il était intéressant de découvrir leur nouvelle ligne éditoriale. Nous nous sommes donc installés pour tester un jeu que l’on pourrait même classer dans la catégorie familiale : Fric Frac.

On a avec Fric Frac, un jeu super fun avec du bluff et de la collection de cartes.

Chaque joueur est un monte en l’air et va à chaque tour décider dans quelle demeure il va s’introduire pour s’emparer des richesses des riches propriétaires ou s’attaquer au coffre de la banque. Les autres joueurs vont « parier » sur la destination du cambrioleur qui lui aussi va face cachée, décider du lieu où il veut commettre son méfait.

Si le casseur de coffre est seul, il rafle la mise en entier. S’il a des complices, il y aura partage. Chaque demeure a des effets spéciaux qui ajoutent encore aux stratégies de chaque joueur : passage secret, tableau et objets rares, chien de garde.

Le jeu est composé de tableaux modulables qui ajoutent encore à la rejouabilité et à l’interaction autour de la table. Certains de mes compagnons étaient très dubitatifs en débutant la partie mais très vite, les rires ont fusé et tout le monde s’est pris au jeu. L’interaction est maximum et le jeu remplit totalement son office ! Une réussite en ce qui me concerne.

Catégorie Ambiance :

Bas les pattes : de Félix Metzinger et Sarah Germain édité par Disto Studio. 4 à 6 joueurs.

Des ours affamés, une rivière poissonneuse et un système malin de stop ou encore auxquels s’ajoute une originalité supplémentaire : l’ours qui remporte la mise doit frapper une carte centrale et en fonction du fait qu’il utilise sa main droite ou sa main gauche, les points qu’il remportera ne seront pas les mêmes.

Chaque ours garde au départ ses mains levées et un d’entre eux va découvrir une série de cartes dans un rythme qu’il choisit. S’il y a sept cartes sur la table, on les élimine et on repart à zéro.

Celui qui remporte la mise va devenir le donneur. Chaque ours a quatre possibilités de gagner des cartes avant d’hiberner. Quand deux ours ont épuisé leurs possibilités, le jeu s’arrête. Il va donc falloir bien jauger ses interventions et parfois agir avec rapidité afin d’éviter de s’endormir le ventre vide ! Pour corser le jeu, quelques cartes spéciales peuvent être ajoutées.

On a là encore avec Bas les pattes, un jeu fun, élégant et superbement illustré où on aura envie d’enchaîner les parties. Un autre coup de cœur en ce qui me concerne !   

Dans le Mille : de Grace Kendall et Mike Belsole édité par Blackrock Games. De 3 à 7 joueurs

Jeu d’ambiance où il va falloir faire deviner un mot grâce à des indices (des lettres) qui logiquement et au fur et à mesure des tours vont former des mots. Tout le souci et qu’à chaque tour où celui qui devine ne trouve pas, les autres font circuler leurs supports et la communication étant interdite, il va apparaitre des situations cocasses.

Au départ, on distribue deux cartes à un joueur qui va choisir le thème qu’il désire voir aborder et le joueur suivant choisit un mot ayant rapport avec le sujet choisi. Ensuite sur un support ayant la forme d’une flèche, chaque joueur va inscrire une lettre correspondant à un mot ayant un rapport avec le mot à faire deviner. Plus le joueur qui devine, trouve tôt, plus l’équipe marque des points qui seront inscrit sur une cible. On fera le décompte quand chaque joueur aura été à son tour celui qui devine.

Dans le Mille vient surfer sur les vagues du succès d’un Just one. On retrouve là encore une filiation évidente même si le gameplay est assez éloigné pour pouvoir y jouer sans arrière-pensées. C’est efficace et cela fait ce pourquoi le jeu est conçu. C’est convivial et on peut vraiment s’amuser si on aime ce type jeu.

Catégorie Jeux pour enfants :

Pouss’ ta poule : de Yannis Lidy et Benoit Turpin édité par The Flying Games. De 2 à 4 Joueurs à partir de 5 ans

Pouss’ ta poule, c’est un jeu de stop ou encore au matériel incroyable et particulièrement fun !

Il est composé d’un poulailler qui cache un « fakir » à l’intérieur. Ce qui veut dire que quand on va y déverser un œuf de couleur, on ne sait absolument pas où il va sortir. Il y a trois sorties possibles.

Chaque œuf cache sur son autre face, un petit poussin qui peut ne pas être de la même couleur que l’œuf utilisé. Il y a cinq couleurs différentes. L’objectif est de savoir quand s’arrêter et d’éviter que deux poussins de la même couleur se retrouvent dans la même rigole, car dans ce cas au lieu de récupérer tous les poussins de couleurs différentes, on va juste récupérer un des deux poussins identiques. Ces poussins vont ensuite être utilisés pour pousser une poule jusqu’à la rivière. Si lune poule franchit cette limite, les autres n’ont plus qu’un tour pour pouvoir éventuellement la dépasser.

Franchement, on passe un agréable moment et les parties sont rapides. Un nouveau Flying Games qui m’a particulièrement séduit. J’ai hâte de le jouer avec ma petite fille ! 

Catégorie Jeux de cartes et de plis :

Minikin City : De Mathieu Verdier et Simone Luciani édité par Gigamic de 2 à 5 joueurs.

Premier jeu de deux designers qui ont eu déjà de multiples succès, Minikin City est un jeu de construction de moteur à base de cartes qui vont servir à la fois à déterminer qui emporte le manche en fonction de la valeur et de la couleur jouées et qui vont en fonction des collections construites rapporter des points de victoires en fin de partie.

Certaines cartes nécessitent l’obtention de Minikins pour pouvoir les activer. La partie se joue en 8 manches pilotées par huit cartes indiquant la couleur à jouer et les récompenses possibles en fonction du classement.  

J’ai beaucoup aimé la découverte de Minikin City. Le jeu est malin, demande un peu de réflexion et se joue en une vingtaine de minutes, de quoi en enchaîner une autre.

Trick Stakes : de Susumu Kawasaki et Basaki Takumi localisé par Musoka studio de 3 à 4 joueurs.

Celui-là, je l’attendais depuis que j’ai eu la chance de le découvrir grâce à Romain Bré et Golden Meeple. Il était introuvable et Musoka studio a eu l’excellente idée de le localiser et il sera disponible à Essen. De plus, le bon goût français a amené quelques micro changements dans les règles afin de rendre le jeu plus fluide et plus tactique. De plus, la version française a été retravaillé du point de vue artistique donnant au jeu une dimension supplémentaire ! Voici de quoi récompenser l’attente de ceux qui voulaient l’obtenir et séduire ceux qui vont le découvrir.

Trick Stakes comme son nom l’indique est un jeu de plis, mais pas que ! il s’agit aussi d’un jeu de paris. Chaque joueur est au champ de course et ils vont avant de commencer la partie, parier sur un des quatre chevaux en course. Ensuite le premier joueur ouvre le pli et chaque joueur doit suivre à la couleur S’il n’a pas la couleur, il joue une autre carte ou il peut utiliser sa carte cravache qui lui permettra de rendre sa carte, couleur maitresse. Chacun ensuite va récupérer sa carte jouée car à l’issue de la manche, il va passer son jeu et son cheval à son voisin de gauche et les cotes des chevaux vont varier en fonction de la ligne d’arrivée, le gagnant de chaque pli faisant avancer son cheval.  Au bout de quatre manches, chaque joueur aura joué avec chaque main. Le gagnant est celui qui a le mieux optimisé les mains et parié avec intelligence.

Trick Stakes est une petite merveille qui demande un peu d’investissement pour bien le maitriser. Je le range dans la catégorie expert. Ce sera en ce qui me concerne un instant buy à Essen.

Musoka studio a aussi localisé un autre jeu de pli et l’auteur, Jon Barron à ajouter une petite extension pour la version française : il s’agit de Tricky Time Crisis, un jeu de plis original dans un univers de super héros. Le jeu est fun est très malin (J’ai la version originale) mais nous n’avons pas eu le temps d’en faire une partie.

Seven Prophecies : de Hinata Origuchi chez Pixie Games. 3 à 4 joueurs

Là encore, Seven Prophecies est un jeu d’origine asiatique qui était déjà sorti, il y a quelques années dans une édition beaucoup moins jolie (2017).

Seven Prophecies c’est à la fois de la programmation ainsi qu’un jeu de pli un peu particulier.

Tout d’abord, on va étaler sur la table, dix cartes qui permettront de savoir quelle sera la couleur d’entame à chaque pli. Ensuite on va évaluer sa main et déterminer non pas le nombre de plis mais combien de fois on va être premier, second, troisième ou quatrième et on va l’indiquer avec sept cubes ce qui nous laisse une marge d’erreur de trois.

On va jouer ensuite normalement en tenant compte de la couleur demandée. On classera sous la carte guide les cartes en fonction de leur place dans le pli et on y fera figurer un cube ne notre couleur pour indiquer que l’on a rempli une partie de notre objectif. Si l’un des joueurs a rempli ses sept objectifs, la partie s’arrête. Dans le cas contraire, on finira les dix plis et une nouvelle manche débutera.

On a avec Seven prophecies une nouvelle itération autour du jeu de plis avec une mécanique originale de programmation et de gestion de main afin d’atteindre son objectif. Je trouve cela pour ma part extrêmement efficace et la version commercialisée est particulièrement soignée.

Just Chillin : de Juan Agustín Maiolino et Ariel Mora de chez Mandoo Games localisé chez Pixie Games. De 1 à 6 joueurs

Avec Just Chillin, on est dans l’univers du 6 qui prend, un jeu nerveux, rapide qui va consister à prendre le moins de cartes possible. Dès qu’il y a quatre cartes de couleur identiques ou de chiffres identiques, la personne doit les ramasser. On a bien sûr à sa disposition des cartes spéciales permettant de vider la table, de donner les cartes présente à un de ses voisins, etc. Chaque carte représente un piment et certains tout comme les bêtes à cornes, sont plus corsés que les autres et comptent double.

A la fin on compte un point par carte ramassées, deux pour les piments « forts ». On regardera ensuite qui à la majorité par couleur ce qui permettra de contrebalancer le nombre de points négatifs en ajoutant un bonus de points. Celui qui a le moins de points dans la manche obtient aussi un bonus de points positif.

Just Chillin surfe sur les jeux de cartes que l’on sort à l’apéro et que l’on joue de façon frénétique pendant un temps. Difficile de dire s’il va trouver son public tant le créneau est embouteillé.

La Meute : de Johan Benvenuto et Gricha German Chez Sylex. De 4 à 8 joueurs

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas du tout aimé mon expérience de jeu comme quoi le fait de réunir deux bons auteurs ne fait pas tout !

Dans La Meute on joue deux contre deux (au minimum) avec un deck de cartes identiques dans un jeu d’affrontement. Le gagnant gagne un croc et le perdant va affronter un autre joueur selon un système de rondelles qui bougent sur une échelle. On retrouve une mécanique déjà éprouvée avec des cartes qui selon, vont annuler le texte de l’adversaire, valoir une autre valeur, vous faire gagner des quartiers de lune qui s’additionneront à la valeur de certaines cartes et bien sûr la carte qui va vous permettre de récupérer toutes les cartes jouées. Quand un joueur a récupéré quatre crocs, il devient un loup Alpha et chaque combat est alors un combat à mort pour son adversaire, s’il perd. La partie s’achève quand il ne reste plus qu’un loup.

Que dire si ce n’est que la mécanique est classique et déjà vue et que le jeu est finalement bien long pour ce qu’il veut être. C’est une déception en ce qui me concerne compte tenu de la réputation des auteurs.

Catégorie jeux en périphérie, protos et bizarrerie :

Can’t Win : De Taki Shinzawa édité par Engames de 3 à 4 Joueurs

Can’t Win fait partie des jeux amenés à Vichy que nous avons joué à l’appartement. C’est un Shinzawa, donc gage de qualité ! Taki Shinzawa est un auteur prolifique, et qui à chaque fois qu’il crée un jeu, déclenche souvent de fortes attentes tant il a déjà des pépites à son actif.

Dans Can’t Win, c’est à la fois le scoring et le twist proposé au départ qui fait de ce jeu de pli toute son originalité.

Quatre couleurs dont une, le bleu, est toujours l’atout. Les règles sont simples, on suit toujours à la couleur et si on en est dépourvu, on joue n’importe quelle carte au choix, atout ou non.

Les subtilités du jeu se situent en début de partie ! on va devoir dans l’ordre que l’on veut, décider du nombre de plis que l’on va effectuer, symbolisé par des pions à poser sur les plis gagnants, et on va choisir une situation où nos cartes sont considérées comme perdantes. On a le choix entre une des couleurs, les cartes pairs ou les impaires. On aura pour cela une plaquette que l’on gardera devant soi pour que chacun ait bien en tête les choix de chacun. Ainsi lors de la partie, on pourra présenter sa carte de façon verticale afin de bien faire valoir le fait que l’on ne peut pas remporter le pli.

A la fin de la manche, on marque sur la fiche de score combien de plis on a réalisé et en dessous si on a réalisé notre objectif. On marque un point si l’objectif est atteint, deux points si on avait programmé le fait de ne faire aucun pli. Au bout de quatre manches, on fait le total du nombre de plis effectués sur l’ensemble de la partie que l’on multiplie par l’addition des objectifs réalisés. Le plus haut score l’emporte.

En ce qui me concerne, j’ai beaucoup aimé Can’t Win, ce n’est peut-être pas le plus abouti des Shinzawa, mais il a de mon point de vue, l’originalité et le fun nécessaire pour enchainer les parties avec un panel de joueurs variés.

Numberwang : de Cardner et Alex Babakitis édité par Odd Candy

Encore un jeu de pli et une réédition dans un emballage plus luxueux et la possibilité de le jouer à trois, quatre ou cinq alors qu’à l’origine, il n’était prévu que pour quatre joueurs.

Là encore, le principe est, on ne peut plus classique, on joue une carte et on est obligé de suivre à la couleur. Les cartes mauves sont des atouts mais ne peuvent être jouées directement que si quelqu’un à précédemment coupé un pli. Rien de nouveau donc dans la manière de jouer.

Le twist se situe au départ, on va avoir en main l’ensemble des mains de chaque joueur et on va devoir estimer le nombre de plis qu’ils vont réaliser. On récupèrera en dernier sa main et on complètera l’estimation, le total ne devant pas excéder le nombre de plis. Afin d’ajouter un brin de chaos, on va donner deux cartes à son voisin de gauche ou de droite suivant les manches.

Si on a bien déterminé le nombre de plis d’un joueur, en fonction de sa position, on va gagner un certain nombre de points indiqué sur la fiche de score. On marque ensuite des points concernant sa main par joueur qui n’a pas fait la bonne estimation.

Là encore, on passe un agréable moment avec un jeu de plis intermédiaire qui pourra rebuter par sa mise en place et le changement de sens à chaque manche. Le fait de voir chaque main et d’essayer d’anticiper le nombre de plis est un challenge intéressant. Plus réfléchi que fun, Numberwang reste pour moi un très bon jeu qui complétera parfaitement une soirée.

Marvel Remix The Cosmos ! : de Bruce Glassco édité chez Wizkids de 2 à 4 joueurs

La nouvelle itération Marvel Remix basée sur le légendaire Fantasy Realms vient de sortir ! et avec les abrutis que sont mes compagnons, il était évident que les parties allaient s’enchainer !

Quelles sont les nouveautés ? tout d’abord une carte géante de Galactus qui apparait si quelqu’un jette dans la réserve le surfer d’argent avant le sixième tour.
On peut maintenant jouer Thanos et les pierres d’éternité. Il y a d’ailleurs une nouvelle condition de victoire les concernant.

On notera aussi l’apparition de cartes qui se place horizontalement et qui donnent aussi de nouvelles conditions de marquer des points : les cartes cosmiques.  

Des nouveaux personnages emblématiques, des super vilains et la possibilité de mélanger les deux boites en modifiant légèrement les règles : on débute avec sept cartes au lieu de six et la partie s’achève lorsqu’il y a douze cartes dans la réserve au lieu de dix dans le jeu de base. 

Marvel Remix The Cosmos malgré quelques petites nouveautés n’apporte pas de changements majeurs au gameplay. Ceux qui sont réfractaires à l’univers ou qui n’ont pas accroché au premier du nom, ne trouveront pas de raisons d’y revenir. Pour les autres c’est un achat INDISPENSABLE !!!!! Galactus et Thanos les gars ! Comment on peut passer à côté ? Allo quoi ?

Protos : Nous avons eu la chance, l’honneur et l’avantage de pouvoir tester deux protos de Mathieu Verdier qui devraient marquer l’année 2027 avec la création d’une nouvelle maison d’édition : Mosaïc

Il s’agit de Birds et de Magister

Le premier est un jeu expert qui introduit une manière originale et inédite d’utilisation d’une rivière de carte et à déjà pour lui un buzz retentissant, le second est un jeu initié, plus classique consistant à créer son université lors de la renaissance. Je ne détaillerai pas les jeux pour l’instant sachant que chacun d’eux n’a pas totalement fini sa phase de développement. Tout ce que je peux en dire c’est que chacun d’eux dans leur catégorie offre une profondeur de jeu dans un temps de partie relativement serré ce qui est déjà une très belle performance. Vivement la suite !!

Bizarrerie :

Il s’est passé une semaine depuis que je suis rentré de Vichy et j’ai toujours la même interrogation concernant le dernier jeu que je vais détailler ici.

S’agit-il d’une bonne blague ou un vrai projet d’édition ? Je veux parler de ffffff ! présenté par Le Passe-Temps

Lors du salon pro, nous avons donc été sollicité par le Passe-Temps pour tester leur nouveau concept et être filmé pendant l’expérience.

Devant nous un tas de cartes blanches mélangées et l’objectif est d’en tirer cinq, unique, car surprise, un certain nombre de cartes sont collées entre elles.

Notre première réaction fut l’étonnement et nous nous sommes vraiment demandé s’il s’agissait d’une blague comme Simon peut être coutumier ou d’un vrai projet d’édition. Le plus surprenant c’est que personne n’en a parlé sur les réseaux.

Après recherche, le jeu existe bien, il s’agit de Mr Pai Pai de Macoto Nakamura en auto édition. En voilà la description :

« Des voleurs se sont introduits dans le manoir du milliardaire M. Pai Pai. Le trésor qu’ils recherchent est une carte blanche, qui, selon la rumeur, vaut autant qu’un diamant. Cependant, M. Paipai a tendu un piège. Ne vous laissez pas berner par la fausse carte Paipai et récupérez la carte blanche. »

Je reste donc très dubitatif quant à la suite de ce happening ludique ! Engouement autour d’un concept original et fun ou simplement une adaptation des « habits neufs de l’Empereur » ? J’attends avec impatience la suite, s’il y en a une !!!

Le labo en Festival : Brussels Games Festival BGF 2026

Le labo en Festival : Brussels Games Festival BGF 2026

Le week-end des 28, 29 et 30 août 2026, se tenait le BGF. J’ai eu la chance de participer à l’événement. Je n’ai malheureusement pas pu m’y rendre dès le vendredi mais j’ai pleinement profité des samedi et dimanche !

Je vais vous présenter brièvement les jeux auxquels j’ai joué dans l’ordre chronologique.

Fourmis

Jeu expert sur le thème des… fourmis (Etonnant, non ?) vous emmène dans une fourmilière où vous devez développer votre colonie en gérant les salles, les fourmis avec leur progéniture, les ressources à collecter, les phéromones… Vous allez également jouer des cartes qui vous permettront de construire un petit moteur. Dans cette partie à 4 joueurs, nous avons joué pendant presque 2h30 sans voir le temps passer. Autant dire que le jeu m’a plu !

Kumata

Un jeu léger où vous jouez avec des dominos. Le but du jeu est de marquer le plus de points en s’efforçant de recouvrir les dominos des autres joueurs et en laissant apparaître un maximum de dominos à notre couleur.

Une partie à 4 et une partie à 2 : j’ai trouvé ça plus tendu à 2 car on ne recouvre que la couleur de son unique adversaire et la nôtre (logique !).

Le jeu est sympathique et n’est pas sans rappeler Marrakech en y ajoutant des nombres.

Dewan

Un jeu de placements. En effet, chaque joueur va positionner les camps de sa couleur sur différents types de terrains, cela en jouant des cartes en fonction des terrains traversés. Un petit côté Aventuriers du Rail pour l’utilisation des cartes, plus des objectifs à débloquer parmi une rivière de tuiles (ainsi que quelques autres détails, n’exagérons rien !) et cela donne un jeu facile d’accès et très sympathique.

Voilà pour la journée du samedi, qui a aussi été l’occasion de revoir des copains que je n’avais pas eu l’occasion de croiser depuis longtemps et qui m’ont accompagnée pendant la soirée du off avec les jeux suivants :

Camel Up 

On ne présente plus cette course de chameaux effrénée aux paris survoltés. Nous y avons joué à 6 et nous sommes bien amusés.

Olé Guacamole

Un petit jeu où il faut trouver un mot ne contenant pas les lettres qui sont retournées et en rapport avec le dernier mot prononcé. Pas toujours facile mais source de bonne humeur ! Nous y avons joué à 6 et avons bien ri.

Da Da Da

Il nous a fait découvrir de nouveaux langages lors d’une partie à 8 complètement déjantée qui nous interdisait de communiquer autrement qu’avec un langage composé de syllabes présentes sur des cartes tirées au hasard.

Et me voilà (déjà) arrivée au dimanche.

Carnuta

Dans ce jeu vous devez amasser des ingrédients en les « achetant » avec des runes. Le système est malin : vous retournez côté lune ou soleil ou défaussez vos runes pour jouer une carte ingrédient dans votre zone de jeu. Plus assez de runes ou des runes tournées du côté qui ne vous intéresse pas ? Retournez-les toutes sur la même face ou récupérez-en de nouvelles ! Je ne suis pas certaine que la rejouabilité soit énorme mais j’ai vraiment passé un bon moment lors de mes 2 parties à 2 joueurs.

First Giants

Il m’a emmenée, dans une partie à 4, dans le monde des dinosaures qu’il fallait collectionner pour les faire entrer dans son exposition et marquer ainsi des points. Le système de poteaux (rapportant des points) pour relier les différentes salles contenant les dinosaures est malin et le fait de les retourner (les poteaux) pour marquer plus de points lorsqu’une collection est finie, l’est tout autant. Un jeu où l’on joue des coudes avec ses adversaires pour parfaire ses collections.

Mélodies

Ce jeu est à paraître en octobre et m’a proposé de me mettre dans la peau d’un membre d’un groupe de rock qui répète dans un garage. A 5, nous avons essayé de jouer les morceaux demandés sans fausse note, c’est-à-dire en jouant des cartes de valeur plus ou moins haute en fonction de la note demandée. Attention, vous n’avez pas le droit de ranger vos cartes ! Vous pouvez jouer des nombres identiques, des suites, une carte toute seule… Mais s’il vous reste des cartes en main à la fin du tour, cela vous handicapera pour la suite. Le petit twist sympa : vous jouez vos cartes « comme vous le sentez ». Je m’explique : si vous êtes sûr de vous, vous pouvez jouer dès le début du tour ou au contraire attendre que les autres joueurs aient posé leur(s) carte(s). Un jeu coopératif où l’on s’amuse bien !

Awalé

Et j’ai conclu ce festival avec une partie d’Awalé, vous savez, le jeu africain dans lequel on prend les graines d’un emplacement et on les sème une par une dans les trous suivants. Cette mécanique a servi dans certains jeux de société comme Trajan ou Five Tribes. Eh bien, je n’avais jamais essayé le « vrai » jeu ! Cela m’a beaucoup plus car le hasard n’a point sa place ici et seule la réflexion peut aider à se rapprocher de la victoire. De plus, toute erreur peut coûter très cher et pas question de compter sur un quelconque hasard pour la rattraper !

Conclusion :

Depuis quelques années à « The Egg » à Anderlecht, le cadre du BGF n’est pas aussi attractif qu’au parc du Cinquantenaire (avant la Covid) et est plus bruyant, mais avec le temps pluvieux de ce week-end, c’était parfait ! D’autant que l’architecture du bâtiment est impressionnante et très belle.

Ludiquement parlant, les éditeurs et les bénévoles ont été au top et les jeux présentés étaient aussi nombreux que divers.

Côté nourriture (Eh oui, cela compte aussi !), plusieurs solutions étaient proposées et, même si la file d’attente était assez longue, cela s’est bien passé à chaque fois. Un gros coup de cœur pour « Chez Fanny » qui a vraiment tenu la distance.

N’oublions pas les retrouvailles avec les copains qui font chaud au cœur, et les parties avec des inconnus qui réservent parfois d’excellentes surprises. Mais ce dernier point est le propre de ce type d’événement.

Bref, voilà donc un festival que je recommande à tous les joueurs !

Le labo en Festival : Octogones 2026 #3

Le labo en Festival : Octogones 2026 #3

Un jeu qui concourait pour le prix famille octogones 2026 famille et qui m’était inconnu, c’est Archipels d’Alexandre Droit et Yannick Gobert chez Tiki Editions.

J’ai eu le plaisir de discuter avec l‘un des auteurs dont l’actualité est brulante puisque son nouveau jeu, Ipso sortait ce week-end.

Dans Archipels, chaque joueur, à son tour, va pouvoir choisir trois tuiles dans une pioche sur une ligne ou une colonne. Une fois chose faite, il va bloquer la ligne qu’il vient d’utiliser avec une pagaie empêchant de ce fait les autres joueurs de pouvoir obtenir les tuiles restantes. Les tuiles sont de trois nature, il s’agit d’eau, de sable ou des bâtiments. Sur chaque tuile « mer » ou « plage » sont dessinés des animaux qui en fonction du nombre et de la valeur finale que l’on va leur attribuer rapporteront un certain nombre de points de victoire. Il faut au moins deux tuiles mer pour poser une tuile sable et deux tuiles sable pour poser une hutte ou un Tiki. Le jeu se joue en un certain nombre de manches dépendant du nombre de joueurs (8 à 4 joueurs). Le dernier joueur de la manche a bien évidemment moins de choix que les autres mais une fois qu’il a joué, il peut prendre une des tuiles restantes et augmenter la valeur d’un animal ou d’un bâtiment en fonction de la tuile utilisée (à quatre, le troisième joueur fait de même). Certaines tuiles comportent des bouteilles en plastique qui si elles sont encore visibles en fin de partie font perdre 3 points par bouteille ! Pour l’anecdote, une des personnes avec qui je jouais a battu le record de la journée avec 5 bouteilles visibles ! Le plus drôle c’est que dans la vie, elle travaille dans une entreprise spécialisée dans la dépollution de l’amiante !!

J’ai passé un moment extra avec Archipels, à la fois grâce à l’accueil de l’éditeur, la compagnie des trois autres joueurs et par le fait d’avoir joué à un jeu malin, fun au matériel plaisant et offrant un challenge intéressant !  Le jeu est à la fois facile d’accès et suffisamment taquin pour pouvoir offrir un challenge à des joueurs habitués à des jeux plus complexes. En tout cas c’est pour moi, le meilleur moment que j’ai passé à une table de jeu sur ces trois jours grâce à mes sympathiques adversaires !

Comme nous avions passé un super moment, j’ai invité mes trois compagnons à tester Ipso. Alexandre Droit m’avait passé son exemplaire pour le tester dans la foulée ! Encore un grand merci pour sa gentillesse car je n’ai vu aucune table le proposer.

Ipso de chez Gigamic entre dans une catégorie qui commence à s’embouteiller ! Les jeux rapides type Skyjo, chaque éditeur cherchant le Graal synonyme de succès commercial et de porte d’entrée dans le monde ludique pour de nouveaux joueurs !

Chaque joueur pioche 14 cartes qu’il déploie en pyramide face cachée devant lui (la pyramide étant complétée à son dernier étage par une carte « étoile » qui rapportera 3 points à la fin de partie si on ne l’utilise pas).

Il y a cinq couleurs et 90 cartes qui vont de 1 à 90. On retourne 2 cartes de la pioche (on écarte le reste) et on commence à jouer. A son tour un joueur récupère une des deux cartes visibles et la place dans sa pyramide. La carte face cachée qu’elle remplace vient directement rejoindre la pioche face visible. Si on arrive à faire sur chaque étage, des lignes de chiffres croissants, on aura des points de victoire à la fin. S’il y a une erreur dans la ligne, elle ne compte pas. Si la ligne croissante est composée de cartes de la même couleur, les points compte double. En dernier recours à la fin de partie, on peut enlever l’étoile et piocher une carte de la pioche face cachée pour éventuellement corriger une erreur. On peut pour durcir le challenge ajouter un paramètre (pair ou impair) en début de partie, les lignes réalisant le challenge rapporteront un point supplémentaire par carte.

Le jeu se joue en 10 minutes maximum et on a envie de s’en refaire une (surtout si la frustration du tirage ne vous a pas gâté ! Ce fut mon cas !). Que dire de plus, que le jeu est efficace, qu’il va plaire et reste à savoir s’il va réussir à se hisser au niveau de ses brillants prédécesseurs.

J’ai été surpris du nombre de jeux qui surfait sur ce créneau et en particulier, j’ai rencontré des petits éditeurs et des auteurs qui s’autoéditaient et qui eux aussi cherchaient à s’imposer sur ce marché difficile.

J’ai donc testé Dozito d’Alex Fortineau et Simon Moulard chez Double combo Games (je connaissais Alex Fortineau pour Naishi qu’il avait fait en collaboration avec Mathieu Bieri). Le jeu a une première particularité : C’est le premier jeu qui est sorti de l’usine « Game in France » située en Lorraine ! Voici un point qui peut jouer en sa faveur, beaucoup de personnes étant sensibles aujourd’hui aux conditions de fabrication et au respect de l’environnement !

On tire douze cartes que l’on dispose face cachée devant soi et on a la possibilité de tirer une carte face cachée ou l’une des deux cartes visibles de la défausse. En fonction du chiffre de la carte, celle si va se placer dans votre tableau à l’emplacement qui lui correspond exactement. La carte révélée va pouvoir être jouée à la suite et on s’arrêtera quand on ne pourra ou ne voudra plus jouer, l’objectif du jeu étant de faire des groupes de cartes de la même couleur. Pour vous faciliter la tâche, il y a pour chaque couleur des cartes joker, tour supplémentaire ou stop.

On comptera les points en fin de manche, les plus grands groupes de cartes à la couleur identique rapportant le plus de points et à cela s’ajoutera des points « Dozito », de petits soleils que l’on trouvera sur certaines cartes.

Franchement, j’étais parti en fronçant le nez et au final je trouve le jeu vif et malin. Encore une fois, va-t-il concurrencer les mastodontes de ce créneau, je n’en sais rien mais si vous devez choisir un jeu qui fait le taf dans ce domaine, Dozito est un bon candidat.  

J’ai ensuite pour boucler la boucle, testé Coin ! Qui osera ? de Sylvain Raballand. On a là un jeu hybride de défausse et de bluff qui fonctionne un peu comme un Skyjo concernant le mode de calcul à la fin de la manche. Si j’ai dans ma main le score le plus bas, chaque joueur compte ses points et les soustrait au total choisi pour la partie (en général 150). Si je perds, c’est le total le plus haut obtenu par l’un des autres joueurs qui est retranché à mon capital. Quand l’un des joueurs arrive à 0, c’est le joueur au capital le moins entamé qui remporte la partie.

D’abord au début de tour, on pioche une carte de la pioche ou de la défausse mais on ne l’intègre pas directement à sa main. On essaye de constituer une combinaison de cartes permettant ainsi de les défausser (carte unique, pair, suite, etc.). Au moment où un joueur pense avoir la main au total le plus faible, il annonce « Coin » et tout le monde pose ses cartes et on fait les totaux. Il y a un mode plus expert qui introduit les couleurs et qui permet de regagner des points en fonction des combinaisons réalisées.

Là encore, difficile de trouver de véritables défauts au jeu, les mécaniques sont connues et bien exploitées. On a avec Coin ! Qui osera ? Une autre alternative au catalogue proposé dans sa catégorie. Il a pour lui le défaut d’être un jeu édité à compte d’auteur et qui ne bénéficie finalement que du bouche à oreille et d’une distribution insuffisante pour se hisser au niveau de ses concurrents. Force est de constater, qu’il a rencontré un très bon accueil grâce à son créateur qui a animé les trois jours sans se départir de son énergie et de sa sympathie communicative ! Ce jeu est un jeu de festival indéniablement et je lui souhaite tout le succès qu’il mérite !

J’ai terminé ce festival avec un tour sur le stand de Nuts ! Publishing où j’ai découvert un wargame pour deux joueurs, Guerre éclair de Yasushi Nakaguro. Ce dernier a déjà à son actif deux autres jeux de ce type, chez le même éditeur dont 300 qui avait fait un peu parler de lui.

Le jeu se veut retranscrire l’invasion allemande en 1940 en passant par la Belgique, la Hollande et la France. Le jeu est en fait un jeu de cartes qui va permettre à chaque joueur de déplacer ses troupes (blindés ou infanterie). L’Allemand démarre avec 8 cartes qu’il va choisir parmi un deck de cartes et les Alliés vont faire de même mais avec seulement 6 cartes. C’est d’ailleurs dans cette sélection que l’aspect tactique prend tout son sens ! Vaut-il mieux privilégier le mouvement rapide vers Paris ou s’assurer une aide de l’aviation et un bon ravitaillement ?

Le joueur Allemand pour remporter la partie doit atteindre un objectif qu’il aura tiré au hasard. Lors de l’installation du jeu, il va tirer deux objectifs, un qu’il va découvrir et l’autre qu’il va garder secret. L’allié lui pour remporter la victoire doit contre attaquer et prendre une des trois villes Allemandes d’où vont partir les troupes ennemies.

Très bonne surprise que cette « simulation » qui en trois quart d’heure vous permet de faire chauffer vos neurones avec le bémol que les combats par le biais des dés peuvent être rapidement catastrophiques si comme moi vous avez un adversaire extrêmement « talentueux » ! De Gaule en passant par la Belgique a réussi une contre-attaque flamboyante et a réussi à changer le cours de l’histoire !!

Le cru 2026 est donc un immense succès, j’ai passé un agréable moment et je ne vous ai pas parlé de jeu de rôle, ni de jeux de figurines alors que j’ai passé aussi beaucoup de temps à discuter avec pas mal de monde. Le milieu est dynamique et il y a une communauté très active ! Les tables étaient remplies ! Je vous en parlerai plus longuement dans un prochain article ! A l’année prochaine soyez en sûrs !!

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Le labo en Festival : Octogones 2026 #2

Le labo en Festival : Octogones 2026 #2

En ce 2ème jour du festival, un petit tour chez Asmodée afin de voir le succès de Moon Colony Bloodbath qui visiblement a fait le plein et je découvre une petite pépite méconnue au matériel magnifique et qui se joue à deux : Strategeti.

C’est un jeu abstrait ou l’objectif est d’aligner quatre de ses « animaux » ou éliminer cinq pièces adverses. Sur un plateau de 4x 4 cases, on va à tour de rôle jouer ou déplacer des pièces représentant des animaux de la savane. Chaque pièce ayant un déplacement ou un pouvoir particulier.

J’ai adoré ! C’est vraiment prenant et à la manière d’un jeu d’échec, il va falloir anticiper, provoquer afin d’arriver à ses fins ! J’ai juste envie d’y rejouer ! Il existe un mode plus avancé que je n’ai pas testé qui modifie sensiblement la façon de jouer ! Si vous êtes amateurs de jeux abstraits, n’hésitez pas, c’est très efficace ! 

Je tombe ensuite sur Jerôme Daniel Snowrchoff, l’auteur de Doggerland qui m’entraine sur le stand qu’il anime chez Bioviva éditions, afin de me faire tester deux jeux, petits en taille mais qui tiennent selon lui, de grandes promesses ! Le premier s’intitule « Oh mon Dieu ! ». Il en existe deux itérations : L’Egypte et l’Olympe.

Les règles sont expliquées en 30 secondes : 3 cartes en main, à son tour, on pioche une carte et on en dépose une devant soi en appliquant son pouvoir. Le premier joueur qui réussit à constituer un panthéon de 5 cartes composé de Déités, de mortels et de monstres arrête la partie immédiatement. On comptabilise la valeur des cartes et celui qui a le total le plus élevé, est désigné vainqueur. Le jeu s’inscrit dans la catégorie des jeux d’ambiance. C’est vif, chaotique et cela amène pas mal de retournement de situations tout au long de la partie qui va durer au maximum une dizaine de minutes. On peut tout à fait mélanger les deux versions existantes ou les jouer séparément. Le jeu se joue de 2 à 6 joueurs et il est clair que plus vous êtes nombreux, plus les retournements de situations vont être nombreux ! Là encore, cela n’invente rien mais c’est fun et très efficace ! C’est un bon filler en début de soirée et on peut enchainer quelques parties avant de se lancer dans quelque chose de plus consistant ! Les illustrations de Michaël Cao et Claire Zamora apportent beaucoup.

Le second jeu avec le même format s’avère beaucoup plus calme et plus cérébral. Il s’agit de Kondor, de Romaric Galonnier (l’un des auteurs de Courtisans) et de Charly. Il se joue de 2 à 4 joueurs. Chaque joueur a devant lui 8 cartes paysage face cachée et à son tour, va devoir tirer une carte à partir d’une petite rivière de 3 cartes ou prendre directement celle face cachée sur la pioche. Il va ensuite la positionner à la place d’une de ses 8 cartes. La carte face cachée est retournée. Il aura encore le choix de choisir parmi les deux. Une fois choisie, elle composera une partie d’un paysage qui va ainsi s’agrandir au fur et à mesure de la partie. La carte restante rejoint la rivière face visible ou la pioche face cachée. C’est là, tout le sel du jeu car il faut bien évidemment observer les paysages de vos adversaires et éviter de leur donner une carte trop favorable. Quand les joueurs ont devant eux un paysage composé de 8 cartes visibles, la partie s’arrêtera et on comptabilisera les points. Chaque carte a des éléments qui la compose (foret, montagne, rivière, demi temple inca, condor, relique) et en fonction du nombre, voire de la disposition de ces éléments, on fera un calcul permettant de désigner le vainqueur. Là encore, une partie se joue en une dizaine de minutes et on a plusieurs façons de comptabiliser les points si l’on désir augmenter un peu la difficulté du jeu. C’est un jeu familial et il s’adresse parfaitement à la cible qu’il veut toucher. Ce sont des mécaniques éprouvées mais j’avoue être resté sur ma faim, en indiquant toutefois que je savais dès le départ que je n’étais pas la cible.

Je suis allé ensuite tester la dernière création de Thomas Planète, Pirates en Péril. On avait découvert l’auteur avec Turbulences, où au-delà des mécaniques, le jeu se caractérisait par son originalité de fabrication à partir de bois recyclé donnant à la fois l’image d’un jeu écologique et un objet d’art, chacun des exemplaires étant numérotés.

Pirates en Péril est basé sur le même concept de fabrication. Cette fois ci plutôt que d’affronter les vents contraires à bord de biplans, l’auteur nous invite à naviguer sur des flots déchainés sur un bateau pirate. Votre objectif est d’accaparer les trésors les plus fabuleux quitte à les obtenir en partant à l’abordage de vos concurrents ! Mais attention aux récifs et au Kraken qui peuvent à eux deux briser vos rêves !

La partie démarre en insérant sur le terrain de jeu une tuile où l’on place un coffre au trésor. De ce fait une tuile à la manière de Labyrinthe va ressortir de l’autre coté et indiquera en fonction des vagues dessinées, le nombre de déplacement de votre bateau. A votre tour, vous pourrez jouer 6 actions gratuites (Mouvement de deux cases, passage d’un obstacle, boulet de canon, longue vue vous permettant de regarder la valeur des trésors d’un adversaire, abordage pour voler un trésor ou donner un trésor de valeur négative, jeter l’ancre pour bloquer une colonne qui ne pourra bouger au tour du joueur suivant) qui sont aussi vos points de vie. Ainsi plus vous allez jouer d’actions, plus vous prenez le risque de sombrer et de mettre fin à la partie car la disparition d’un joueur est une des conditions qui met fin au jeu. Il y en a deux autres, votre bateau est éjecté de la colonne en étant sur la tuile qui sort du jeu et fini dans le ventre du Kraken ou quand la tuile où se trouve le coffre à trésor sort de l’espace de jeu. Chaque tuile qui sort est retournée et apporte un bonus (récupération d’actions gratuites et donc de points de vie, pièces de trésor, tentacules du Kraken que vous allez positionner sur le plateau et qui vont pouvoir gêner, voire attaquer vos adversaires) ou des malus qui vont avoir des conséquences sur votre environnement (par exemple, les tentacules du kraken attaquent de façon orthogonale les bateaux voisins). Plus le déplacement est important (nombre de vagues dessinées), plus la tuile pourra avoir des conséquences négatives.

Le jeu se veut familial et possède les ingrédients d’un jeu d’ambiance même si on l’aura compris, la gestion des actions gratuites, le positionnement des tentacules et l’anticipation des mouvements des colonnes lui donnent indubitablement une valeur tactique. Le hasard des tuiles et les réactions en chaîne que cela induit rend difficile un véritable contrôle mais il ne s’agit pas de faire de Pirate en Péril, ce qu’il n’est pas. En 30 minutes environ, vous avez là un jeu magnifique dans sa conception qui reste une œuvre unique et qui apporte un plaisir communicatif à la table. J’ai passé un agréable moment avec un groupe de joueurs hilares et satisfaits de l’expérience ! Et c’est cela le plus important ! Un financement participatif va débuter d’ici peu sur Gamefound. Pour plus d’informations je vous conseille d’aller sur le site de l’éditeur, Ludenbois.

J’ai rejoint ensuite Michael Munoz, l’auteur de Premier Contact qui m’a fait découvrir San, le nouveau jeu du prolifique Jules Messaud et de Martin Montergnole. Un Deck building d’affrontement où l’originalité vient du fait d’avoir trois conditions permettant d’atteindre la victoire.

A votre tour, vous ne pouvez jouer qu’une seule faction parmi trois disponible. A cela s’additionne une faction joker qui s’ajoute aux autres factions. Grâce aux cartes jouées, vous allez agir sur un des paramètres vous menant vers la victoire et de plus vous pourrez acheter des cartes et enrichir votre deck. Vous pourrez alors en fonction de vos choix, activer un virus, corrompre la rivière et empêcher la progression de votre adversaire tout en facilitant la vôtre. L’interaction est à son maximum et les parties sont courtes. Je n’ai joué qu’une partie et j’avoue que j’ai très envie d’y retourner pour mieux affiner ma perception et tester les différentes voies. Les mécanismes du Deck building sont éprouvés et c’est vraiment le fait de jouer sur les trois conditions de victoires qui fait l’originalité du jeu. Son succès à l’Alchimie, le festival de jeux de Toulouse, le précède et il va trouver sans aucun doute son public.

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Le labo en Festival : Octogones 2026 #1

Le labo en Festival : Octogones 2026 #1

C‘est déjà fini ! Octogones 2026 a fermé ses portes Dimanche soir après trois jours intenses où les foules venant d’horizons ludiques bien différents se sont côtoyées pendant trois jours !

Car Octogones qui reste à aujourd’hui le plus grand salon consacré aux Jeux de rôle, s’est étoffé depuis plusieurs années pour englober le jeu de société et ses dérivés, le jeu de figurines et bien d’autres loisirs annexes. 

Ce cru 2026 était particulièrement attendu puisqu’après des années de bons et loyaux services, le double mixte (palais des Congrès de Villeubanne), devenu trop étroit pour contenir à la fois toutes les activités ainsi que les joueurs, laissait la place à Eurexpo, un énorme complexe au Sud Est de Lyon. Bien évidemment la promesse fut tenue, un hall gigantesque parfaitement climatisé a pu accueillir le festival tout en permettant une circulation bien plus facilitée que ces dernières années. Tout le mérite en vient aux nombreux bénévoles qui telles des fourmis invisibles ont orchestré les choses de manière tout à fait professionnelle. Certes, il y a encore quelques points à améliorer mais je suis certain que l’année prochaine sera encore d’un niveau supérieur ! Un grand bravo à toute l’organisation car le boulot est colossal et tout ceci en à peine 6 mois !

Alors ? Tout le monde est satisfait ? Pas tout à fait et le premier bémol reste la nouvelle date du mois de Mai. J’ai pu discuter avec de nombreux éditeurs que ce soit du milieu du jeu de société ou du jeu de rôle, tous sont unanimes pour dire que la date d’octobre obtient leur faveur et de très loin. Proche de Noel, juste avant Essen, elle permet d’aligner la sortie des nouveautés et facilite les ventes. Car l’argent restant le nerf de la guerre, avec des stands plus chers, quasi aucune nouveauté et une date faisant suite à de nombreux festivals importants, tous faisaient contre mauvaise fortune, bon cœur et ont pris la chose avec philosophie !

Le reproche qui a émergé parfois est la situation de la salle. A l’extérieur de la ville, elle est un peu excentrée et on ne peut la rejoindre que par voiture ou en tramway. Compte tenu de la conjoncture, un forfait trois jours avec le parking en prime, reste un investissement que tout le monde ne peut pas obligatoirement se permettre.

Malgré tout cela, la foule était présente surtout à partir du Samedi. La preuve en est, le record d’affluence à été battu cette année avec plus de 19.000 visiteurs.

Eurexpo Lyon, jour 1, 09h32

N’ayant pas de réelles nouveautés à me mettre sous la dent, j’ai profité du vendredi après-midi pour me repérer dans ce nouvel environnement et dénicher quelques pépites encore ignorées.

Mon premier arrêt fut au stand de Palladis Games où j’ai pu tester « Promenons-nous dans les bois » de Vincent Bernet et illustré par Camille Chaussy, un jeu de majorité et de collection qui s’adresse à la famille pour 3 à 5 joueurs (Je l’ai testé à deux joueurs, il m’a donc manqué une partie de l’interaction qui fait bien évidement le sel du jeu). Le plaisir du jeu réside dans le fait qu’il va plaire à toutes les générations et pour des raisons différentes, un peu comme le dernier Pixar !

Le jeu est d’une simplicité enfantine : chaque joueur à devant lui deux pions « Loup garou » qui vont devoir se balader en foret et trouver de quoi se nourrir. Cela va du champignon, au poulet en passant par le cochon et met délicat s’il en est, le moine bien dodu ! Un loup garou est de force 1 l’autre de force 2 et vous allez donc les déplacer sur les emplacements qui représentent la forêt. Le nombre d’emplacements et le nombre de victuailles dépendant du nombre de joueurs. Le twist amusant, c’est que vous allez pouvoir les balader et changer d’emplacement tout le temps que va durer la comptine « Promenons nous dans les bois pendant que le loup … » que tout le monde chante en cœur ! Quand la comptine se termine, on a plus le droit de bouger les pions loup garou et on les retourne afin de voir qui est majoritaire. Si deux loups sont à égalité rien ne se passe, s’il y en a un troisième de valeur différente c’est le lui qui se barre avec la bouffe ! si jamais l’un des joueurs n’a rien remporté sur la manche, il a droit à une carte « rage » qui lui donnera, une fois joué, un avantage ou lui permettra d’avoir recours aux sorts d’une sorcière ! Le jeu va pouvoir s’étoffer avec des pouvoirs de lieux ainsi qu’un petit legacy sous une forme de conte afin d’en améliorer encore la durée de vie ! C’est fun, ça se joue vite, c’est beaucoup plus taquin que cela en a l’air et le matériel est plutôt sympa avec toujours chez Palladis la volonté de garantir un respect de l’environnement.

J’ai enchainé toujours chez Palladis, avec la version proto du Biotopes, nouvelle mouture de Sébastien Castano ! Hé oui, vous entendez bien, une nouvelle version de Biotopes qui va apporter quelques changements et gommer certains aspects qui pouvaient gêner des joueurs n’aimant pas l’utilisation du bag building. Car le principal changement, c’est la disparition de sac ou l’on tirait les cubes au moment de la production. De plus, plutôt que d’avoir des cartes pour chaque écosystème, vous aurez 6 grandes cartes recto verso qui couvriront l’ensemble des écosystèmes. Là encore, la volonté est d’apporter plus d’équilibre entre chaque joueur. Pour le reste, les cartes animaux n’auront plus de texte, l’objectif est de rendre le jeu totalement texteless afin de fournir le jeu avec les règles en Anglais et en Français. Les règles n’ont pas foncièrement changé et pour ceux qui connaissent le jeu, vous ne serait pas dépaysés !

Finalement pour un jeu qui est aujourd’hui épuisé, le savoir bientôt de nouveau disponible est une excellente nouvelle. Palladis a pensé aux joueurs possédant l’ancienne version car un kit sera mis à disposition en téléchargement afin de pouvoir jouer avec les nouvelles règles et surtout récupérer les 6 grandes cartes écosystèmes. De plus, la volonté de l’éditeur est d’arriver à diminuer les coûts de production afin de rendre le prix plus doux (le prix du jeu fut une des critiques à l’époque). Logiquement, le jeu devrait être disponible à Essen.

Un Castano peut en cacher un autre, cette fois ci associé à Franz Couderc ! Saut de puce pour aller chez Fentasy Games où Microlonies fort de son sablier d’or était très attendu. Ce fut mon coup de cœur au FIJ 2026, j’ai donc choisi de laisser ma place. J’ai eu juste le plaisir de voir en avant-première quelques pièces du matériel final. Le jeu dans son écrin définitif sera magnifique et il est clair qu’il sera mien à Essen prochain si les délais sont tenus ! La majorité des tables étaient consacrées à Kikai qui concourait pour le prix expert Octogones 2026.

J’ai donc complété la table de Animal Rescue Team qui vient de sortir en magasin. L’auteur est connu, puisqu’il s’agit de Matt Leacock, l’auteur de Pandemic.  Nous sommes donc dans un environnement familier, puisqu’il s’agit là encore d’un jeu collaboratif où nous allons incarner chacun un personnage à la carrière bien définie (vétérinaire, Pompier, etc.), nous accordant des pouvoirs et du matériel spécifiques. Notre but est de secourir des animaux en danger, les ramener au refuge afin de les rendre à leur propriétaire. Le jeu ne vous laissant à aucun moment le temps de souffler, il va falloir se coordonner pour sauver les animaux et gérer les déplacements avec des véhicules à disposition qui en fonction de leur nature pourront transporter des pions joueurs, des équipements et charger les animaux sauvés et se déplacer plus ou moins loin. A chaque fin de tour d’un joueur, on complète la rivière verticale qui s’agrandit. On ajoute des animaux ou on fait avancer notre pion équipe sur une autre ligne où se trouvent 3 objectifs à des intervalles définis.  La partie est collectivement perdue si un animal non secouru quitte la rivière verticale ou si le pion de l’équipe atteint un objectif non résolu.

Pour réussir à sauver un animal, on lance deux dés quand on arrive sur sa zone. Sur la carte le représentant, il y aura la valeur à atteindre ainsi que les bonus à ajouter en fonction de la présence de personnages ou d’équipements spécifiques voire du véhicule adéquat présent ! Si vous obtenez un sablier sur le dé, il vous fera avancer sur la ligne des objectifs !

J’ai apprécié ma partie et mes compagnons de jeux furent très efficaces ! Au fur et à mesure que le jeu avance, on a mieux coordonné nos actions et nous avons réussi à remplir les trois objectifs, synonyme de victoire ! Nous avons joué à la version facile (il y a un mode normal et difficile) et déjà, le challenge était à mon avis, assez élevé. Je n’ai pas ressenti d’effet leader et c’est vraiment collectivement que nous avons planché sur les problèmes que nous posait le jeu. La thématique n’a pas une grande importance et le coté choupinou peut laisser penser que l’on a affaire à un jeu familial, alors qu’il s’agit d’un vrai expert ! La plus grosse difficulté que je pressens, c’est de lui trouver une place dans tout ce qui existe actuellement sur le marché des jeux collaboratifs. La réputation de l’auteur n’est plus à faire et c’est un critère de qualité qui peut faire la différence ! N’hésitez pas à le tester si vous en avez l’occasion ! De plus les parties peuvent être très courtes … !

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