Test : Light Speed Arena

Test : Light Speed Arena

C’est le genre de jeu que je regarde arriver avec un œil circonspect (oui c’est souvent le cas je le sais, je suis exigeant). En plus, Jurgen de chez Intrafin me propose de le découvrir en plein salon de jeu à Essen, et alors que nous n’étions que 2 laborantins dispo à ce moment-là. Pas vraiment l’idéal dans la configuration (quoique on y reviendra, mais sur le papier, ça semble quand même taillé pour plus de joueurs) et dans l’explication pendant laquelle je me suis surtout demandé comment tout ça allait s’emboiter correctement pour proposer un jeu et pas uniquement une appli.

Car oui ! J’ai lâché le mot qui fâche, il y a une appli !!! Pour moi l’utilisation d’une appli dans un jeu de société est souvent un point négatif. Souvent ça n’est pas très bien amené, la plupart du temps trop omniprésent, et pas exempts de bugs. On peut tout de même noter que cela semble s’améliorer avec le temps, et heureusement. Pour notre exemple du jour, le jeu n’existerait tout simplement pas sans une appli, tant elle facilite la résolution de la partie, permet d’automatiser les choix qui pourraient être soumis à discussion et apporte même du rythme à la partie.

En fait si, il existe… Grâce à un « downgrade pack », comprendre un pack de « baisse de niveau » qui va donc vous permettre de jouer sans l’appli. Mais clairement, là je passe mon tour vu ce que l’appli fait gagner comme temps pour automatiser et résoudre les phases sans intérêts, et même dynamiser la résolution de la partie.

Le mieux c’est quand même de voir ce que ça donne, et voici une courte vidéo qui fera bien mieux que tous les mots que je pourrais trouver :

Donc on va gentiment se foutre sur la tronche dans l’espace où personne ne vous entendra crier, mais où l’on vous entendra rire sans aucun doute. Light Speed Arena c’est du fun et il faut prendre pour ce qu’il est, un jeu d’ambiance ! Vous avez des vaisseaux avec un numéro d’initiative qui définit l’ordre dans lequel ils seront résolus. A vous de les placer dans la zone de jeu lorsque l’appli vous le demande. Posez, et visez avec vos canons pour faire le maximum de dégâts. Attention le temps est limité, et interdiction de déplacer les éléments déjà placés précédemment par vous ou vos adversaires !

Le timer apporte une sensation de stress pour optimiser votre placement et essayer d’anticiper où vos canons vont tirer : dans le vaisseau-mère adverse, un astéroïde ou encore dans l’un de vos propres vaisseaux ! Et oui c’est fun !

Chaque round de pose de vaisseau, les joueurs place 1 tuile à leur couleur. Le timer de l’appli indique d’en placer un 2ème, tout le monde se dépêche, car le timer est intransigeant, et vient bientôt le signal pour placer le 3ème. Et ainsi de suite jusqu’à ce que la zone de jeu se remplisse de vaisseaux, et réduise aussi vos possibilités pour placer vos prochaines tuiles. C’est donc assez frénétique, on essaie de garder son sang-froid et optimiser son placement, mais parfois c’est coton.

Une fois que tous les vaisseaux sont placés, l’appli prend une photo de la zone de jeu, scanne les éléments, et va résoudre la partie. C’est là où l’on devient spectateur de l’écran, l’appli fait interagir les vaisseaux, les résout les uns après les autres, attribue les points. Le tout avec musique d’ambiances et explosions et bruits qui vont bien. Les vaisseaux explosent, les tirs qui manquent la cible font rire les joueurs, et même exploser de rire lorsqu’on détruit son propre vaisseau. A la fin de la résolution, l’appli comptabilise les points, et le vainqueur peut exulter, même si l’essentiel ne se situe plus dans la victoire, mais dans le bon moment passé avec tous les joueurs.

Deux étapes distinctes dans ce jeu qui se complètement parfaitement. La première où tout le monde s’affaire durant le temps imparti pour placer ses vaisseaux, optimiser les lignes de tir au mieux, les boucliers, protéger sa base, etc … Et surtout râler contre les autres, « mais bouge toi de là toi c’est mon spot ! », « pourquoi tu te mets là toi, c’est lui qu’il faut attaquer ! ». Mauvaise foi et chouinage au programme, tout ce qu’on aime !

La 2ème phase encore plus dépendante de l’application fait monter la « tension » et on pourrait faire la comparaison avec une course à l’hippodrome où tout le monde crie et encourage (ou peste) les chevaux et les cavaliers, pensant les pousser pour aller plus vite et l’emporter. Ici chacun pourra se féliciter du placement de son vaisseau qui va faire feu de tous ses canons et toucher au but (et marquer des points de victoire), ou bien se moquer de l’adversaire qui tire partout sauf sur une cible. C’est fun, tout se résout devant nos yeux ébahis, et l’appli gère les lignes de tirs (pas de place à l’interprétation et à la mauvaise foi), vaisseau après vaisseau, jusqu’au scoring final.

Cela ne reste tout de même pas exempt de reproches, l’omniprésence de l’appli va en faire tiquer plus d’un, ce que je peux comprendre. En plus on va « jouer » pendant la moitié de la partie, la 2ème manche les joueurs ne seront que spectateurs de la résolution de la partie en fixant l’écran du téléphone ou de la tablette. Il y a de l’ambiance ça c’est sûr, mais pour nos chers jeux de société qui pour beaucoup permettent de sortir des écrans, on flirte avec la ligne rouge.

Ce qui achève de me convaincre et contre balance ces reproches, c’est que les parties sont rapides. Comme un bon jeu d’ambiance qui se respecte, on est sur 2 minutes pour la première phase (en moyenne) et 2 minutes de plus pour la résolution à regarder sur l’écran. Le même jeu qui me demande de regarder l’écran pendant 6 ou 7 minutes ça serait non. En plus d’être uniquement spectateur, on passerait bien trop de temps sur l’écran.

Ici la séquence est bonne, le rythme parfait et la réalisation aussi.

Pour donner toutes les infos, chaque « peuple » à son pouvoir spécial, vous pouvez jouer avec ou sans (je joue sans pour des parties plus fun et « simples »), et il y a plusieurs astéroïdes dans la boite de base avec des effets différents. Et arrivent tout bientôt dans nos boutiques des extensions avec des nouveaux « peuples » et astéroïdes, de quoi rajouter du choix pour vos parties, même si je pense que la boite de base est largement suffisante. L’intérêt sera surtout d’ajouter un 5ème joueur avec une extension et un 6ème avec deux extensions (ils sont malins quand même).

« Filler » idéal (jeu pour combler un « espace » entre deux autres jeux ou entre deux activités), jeu d’apéro, de fin de soirée, on peut jouer une partie ou les enchaine. Même pour ceux qui ne connaissent pas, on peut même expliquer en 15 secondes les principes du jeu, puis jouer la 1ère partie et les nouveaux comprendront lors de la phase de résolution. Bref, un très bon jeu qui procure beaucoup de plaisir autour de la table.

Notre boutique partenaire :

Prix constaté : 22,50 €

Test : Magic Maze Tower

Test : Magic Maze Tower

A chaque fois que j’introduis Magic Maze, je rappelle cette anecdote, servie avec gourmandise par l’un des patrons du Meisia, un chouette bar à jeux vers République : « Il y avait un groupe qui jouait à Magic Maze, dans le plus grand des silences. Pas une parole, pas un grognement, juste le tac-tac-tac régulier du pion rouge pour indiquer à l’autre qu’il fallait qu’il fasse quelque chose. Y en a d’ailleurs un qui utilisait beaucoup le pion rouge, très fréquemment, et avec force. On sentait qu’il commençait à perdre patience. Et puis le sablier s’est écoulé. Je pense qu’ils avaient perdu. Alors, le mec en question s’est levé, il a pris sa veste, et il s’est barré. Sans un mot. » Je trouve que ça résume bien l’état d’énervement que peut provoquer ce jeu. Heureusement, on est ici pour parler du petit frère, Magic Maze Tower.

Les deux jeux, coopératifs, fonctionnent de manière très similaire : un labyrinthe, des personnages qui doivent en trouver la sortie, la possibilité de diriger n’importe lequel d’entre eux, mais dans une seule direction par joueur, et surtout l’impossibilité de communiquer ou presque. Le premier Magic Maze rendait le tout hyper frustrant avec la présence d’un sablier, qui obligeait à se grouiller et augmentait la haine vis-à-vis de ses camarades de manière inversement proportionnelle au nombre de grains de sable restant. Alors Sit Down, voyant l’état actuel du monde, s’est dit qu’on allait plutôt favoriser la paix entre les joueurs, et a supprimé le sablier. On aurait pu croire que le jeu en deviendrait automatiquement fade, il n’en est rien.

Chut, on triture des neurones

Tout l’intérêt repose en effet sur les labyrinthes présents dans la boite, et l’auteur s’en est donné à cœur joie. Initialement, Magic Maze offrait des puzzles modulaires avec des tuiles tirées au hasard qu’on posait pour constituer petit à petit le terrain, le mécanisme parfait pour se retrouver avec une sortie bien trop loin pour y arriver dans le temps imparti. Le gameplay au service du sadisme, c’est brillant. Mais si on enlève le sablier, ça devient beaucoup trop simple. Longuet, mais simple. Alors Magic Maze Tower propose des niveaux pré-établis, l’occasion de placer avec soin les portes fermées à clé, les échelles et les pièges, et de proposer une courbe de progression calibrée.

J’en entends râler comme quoi c’est la rejouabilité du jeu qu’on bafoue, mais la boite, même si petite, propose quand même 76 puzzles (en plus des 6 du tutoriel), y a de quoi voir venir. Surtout que, twist incroyable, chaque puzzle fait partie d’un set de 4 ou de 8, et qu’une fois l’ensemble du set résolu, il est temps de les retourner sur leur verso et de les assembler pour accéder au puzzle « légendaire » qui conclut le set, avec une nouvelle mécanique qui décuple le potentiel de grattage de neurones : les niveaux légendaires composés de 4 tuiles pourront voir leurs sous-niveaux pivoter les uns par rapport aux autres, tandis que ceux à 8 sont ré-agençables via un système de taquin. De quoi passer une heure ou deux sur les plus compliqués avant d’en voir le bout. En silence, évidemment.

source : Sit Down

Petite sœur, grand casse-tête

Cela dit, il est toujours possible de communiquer, mais on supprime le pion rouge totalement inefficace, donc parfait pour ce grand sadique de Magic Maze, et on le remplace par une aide de jeu rappelant les différentes actions possibles et pouvoirs des personnages, histoire d’indiquer avec des gestes presque pas grossiers un peu plus précisément ce qu’on attend de nos camarades. Ça ne ruine pas la difficulté, on a presque les effluves de rage du prédécesseur qui viennent chatouiller les narines, mais ça reste vivable. Et puis, c’est l’occasion de vous parler du nouveau personnage, avec son nouveau pouvoir assez original. En effet, au nain qui peut passer dans les trous de souris, au barbare qui peut pousser ses coéquipiers au-delà des pièges, à l’elfe qui peut sauter par-dessus les autres personnages, et à la sorcière qui peut échanger de place avec un autre pion, Magic Maze Tower rajoute la petite sœur de la sorcière, qui a des pouvoirs magiques, mais qui ne sait pas très bien les utiliser.

Résultat, elle ne peut que se téléporter à côté d’un autre personnage, et uniquement de manière orthogonale par rapport à sa position initiale. Du coup, les habitudes prises avec les autres personnages ne fonctionnent plus, il faut calculer tout ou partie de son itinéraire dès le début, pour pouvoir placer ses « relais » au bon endroit. Et surtout, pas de retour en arrière possible s’il n’y a pas ou plus de personnage près de sa position de départ, on peut se retrouver à devoir recommencer des niveaux à cause d’un mauvais choix. Plus de sablier pour amener l’échec donc, mais ce personnage qui peut bloquer une partie, ou oblige en tout cas à y réfléchir deux fois avant de la bouger. On ne peut plus vraiment perdre, mais on peut ne pas gagner. Et comme Sit Down ne se refuse jamais une petite blague, ils ont inclus dans la boite de quoi ajouter la petite sœur au Magic Maze de base. Je n’imagine même pas l’arrachage de cheveux.

Au rebut, l’ancêtre !

Au final, ce Magic Maze Tower me plait beaucoup. Les niveaux sont tordus juste ce qu’il faut, la satisfaction de les réussir pareil, les nouvelles mécaniques ont comme un air d’évidence. Certains regretteront la disparition du sablier et de la frénésie de son prédécesseur. Personnellement, je n’appréciais pas vraiment la tension induite par le temps réel de Magic Maze, je n’aime pas quand mes puzzles viennent me hurler dans l’oreille et me secouer par le col. Je préfère les savourer en transpirant abondamment mais dans une ambiance apaisée, le tic-tac de l’horloge dans les oreilles et un hors d’âge à la main. Que voulez-vous, j’ai vieilli.

Test : Ritual

Test : Ritual

« Le dormeur doit se réveiller… »

Non, Ritual n’est pas un énième jeu dans l’univers de Dune, c’est tout simplement mon coup de cœur de Cannes 2025 !

Plutôt que de vous faire le compte rendu de nos pérégrinations (que vous retrouvez en podcast), j’ai décidé de vous parler de mon coup de cœur du salon :

Dans un moment où certains reprochent aux éditeurs de manquer d’originalité, Palladis Games a choisi d’étoffer sa gamme en localisant un OLNI (objet ludique notablement incroyable) qui avait déjà été repéré et recommandé par le Jury du Spiel l’année dernière.

Dans ce jeu coopératif, chaque joueur incarne un chaman qui doit participer à un rituel collectif. Pour cela, au moins trois d’entre eux vont devoir « s’éveiller » et se connecter avec les esprits de façon à guider les autres vers l’incantation finale 

À la base, le chamanisme est une tradition ancestrale de guérison et de communication avec le monde spirituel. Le chaman va se connecter à la nature et au monde des esprits supérieurs pour obtenir une vision plus large, plus pertinente, plus lucide des phénomènes d’ici-bas comme l’amour, la maladie, la destinée d’un individu.

Nous ne sommes pas dans un jeu narratif et pour autant, l’auteur Espagnol, Tomás Tarragón a réussi l’exploit par le biais de la mécanique du jeu, à nous plonger dans le monde du chamanisme de façon tout à fait pertinente (J’en rajoute un peu mais force est de constater que le lien thème/ mécanique est réel !)

Mais rentrons dans le vif du sujet car l’illustration que ce soit l’original ou la future de la boite française (même si elle est très réussie) aura du mal à vous convaincre de la richesse que ce jeu possède

Ritual comme je l’ai dit auparavant est un jeu coopératif qui ajoute une double difficulté : la communication restreinte et ceci dans un temps défini ! heureusement les manches s’enchainent très vite et vous ne resterez pas plus de 8 minutes silencieux !

Chaque Chaman reçoit 4 gemmes au hasard parmi 5 couleurs et une carte objectif à réaliser, votre « inspiration », qui une fois faite vous permettra de vous « connecter » aux esprits. Si vous êtes le premier à le faire, vous pourrez prendre connaissance du morceau de rituel à mettre en place une fois trois chamans « éveillés » et guider ensuite les autres afin de le réaliser dans le temps imparti.

Le rituel complet, composé de 6 « parties » est visible en plateau central et 6 cartes représentant chaque morceau du rituel sont posées face cachée à côté. On en tire une pour la première manche, deux pour la seconde et les trois dernières pour la troisième. Chaque partie doit être réalisée dans l’ordre de la découverte. Afin de nous aider à ne pas l’oublier, des petits pions en bois numérotés de 1 à 6 vont être posés au fur et mesure des manches sur les morceaux en jeu.

La boite contient un nombre conséquent de rituels de plus en plus compliqués permettant de rajouter de la difficulté et de la rejouabilité. Si ce n’est pas suffisant, le timer peut etre diminué vous donnant alors un temps encore plus restreint pour finaliser l’exercice. Il est d’ailleurs conseillé de télécharger l’application timer fournie gratuitement pour IOS ou Android. Elle ajoute un élément d’ambiance par le biais d’une musique « tribale » qui s’accélère à l’approche de la fin du temps imparti.

Bon c’est sympa tout ça mais comment on joue exactement !!!

Chaque Chaman a donc 4 gemmes de couleur parmi les 5 présentes : Jaune, rouge, verte, bleue, violette et une carte « inspiration » permettant son « éveil » une fois réalisée.

Chaque carte objectif est construite selon trois designs, soit :

  • Posséder 5 gemmes de même couleur
  • Posséder 3 gemmes d’une couleur et 3 autres d’une couleur différente
  • Posséder 2 gemmes d’une couleur, deux gemmes d’une autre couleur et enfin 2 gemmes d’une troisième couleur

Heu… comment avec 4 gemmes, on peut en avoir 5 ou 6 différentes ou identiques ? on peut en piocher ? …

Ce serait trop simple ! A aucun moment, vous ne pourrait augmenter le nombre total de gemmes : le chamanisme, c’est à économie fermée !

Il va falloir par le biais de sept actions différentes, réaliser votre objectif et bien sûr dans le silence le plus complet !

Afin de les aider, chaque chaman a devant lui une carte supplémentaire représentant un « hôtel mystique » vous permettant d’indiquer à vos coéquipiers quelle couleur de gemme ne vous est pas utile.

Les différentes actions possibles sont :

  • Passer, une action permettant d’accélérer le jeu et indiquer que :
    • Vous ne pouvez pas jouer
    • Ne savez pas quelle configuration chez vos coéquipiers est la bonne
    • Vous voulez donner rapidement la main à un autre chaman afin qu’il réalise son objectif
  • Prendre une gemme au chaman situé à votre gauche s’il lui reste au moins trois gemmes. En effet, on ne peut pas avoir moins de deux gemmes devant soi
  • Donner une gemme à n’importe lequel de vos coéquipiers
  • Déposer une gemme sur « l’hôtel mystique » et indiquer aux autres joueurs que la couleur de cette gemme vous est inutile. Plus tard dans le jeu, vous pourrez aussi indiquer que vous ne souhaitez pas posséder autant de gemmes de cette couleur
  • Echanger la gemme qui est sur un « hôtel mystique » d’un de vos coéquipiers avec une gemme de la réserve. Vous ne pouvez pas réaliser cette action sur votre propre hôtel 
  • Récupérer la gemme échangée sur votre « Hôtel mystique » et l’ajouter à votre réserve personnelle
  • Révéler votre objectif lorsqu’il est atteint et en fonction de la manche et de votre position parmi les chamans éveillés, prendre un morceau du rituel disponible.

Pour pouvoir jouer et réaliser une de ces sept actions, il vous faut « le totem du pouvoir » symbolisé par un totem en bois que vous devez passer à votre voisin une fois votre action terminée… Evidemment, si vous oubliez de le faire, le temps s’écoulera et vous verrez se dessiner sur les visages de vos coéquipiers les signes d’agacement propices à de franches rigolades 

Une fois le nombre de chamans éveillés, il va falloir réaliser les morceaux du rituel dans l’ordre établi en fonction de la manche. Le jeu prend alors une autre dimension car il va falloir être attentif à la fois aux « messages » du Chaman « guide » et aux configurations possibles illustrées par le plateau central.

Ritual est une expérience extraordinaire de communication et de mise en exergue de valeurs positives comme l’altruisme, l’écoute bienveillante, et ceci sans effet « leader » car celui qui d’habitude prend les commandes au bout de quelques minutes sera logé à la même enseigne que vous, condamné au silence !

Pour que l’alchimie fonctionne, il va falloir comprendre que tout le monde ne peut réaliser son inspiration en même temps et en fonction de la situation, il vaut mieux se « sacrifier » à la cause commune que plutôt vous concentrer uniquement sur votre objectif personnel !

Au bout de quelques tours, l’alchimie va se faire entre les joueurs et une atmosphère incroyable naitra de cette expérience.

Pour l’avoir fait jouer une bonne dizaine de fois depuis que je suis revenu de Cannes, seul un joueur n’a pas réellement réussi à « rentrer » dans le jeu. Pour les autres, le bilan est plus que positif et malgré le fait que j’ai bien précisé que le jeu arrivait en Français avec une DA comme Palladis sait le faire (respect de l’environnement, circuit court, transport Co2 amoindri), certains de mes joueurs n’ont pas su attendre et Monsieur Bezos a fait des affaires !

En tout cas, je n’ai qu’un conseil, à sa sortie, essayez-le sans tarder, c’est pour moi une pépite qui mérite sans contestation  mon « as d’or » personnel ( dans la catégorie initié).

Test : Time of Empires

Test : Time of Empires

Critique rédigée à l’aide d’un jeu fourni par l’éditeur.

Le temps, en pire

Entre Time of Empires (ToE) et Black Angel, le précédent gros titre de Pearl Games, on assiste à un virage à 180°. Black Angel avait des mécaniques très proches des succès du studio (Troyes et Tournai) et des illustrations très originales (et clivantes) signées Ian O’Toole. ToE, lui, a une identité graphique beaucoup moins marquée mais un concept mécanique bien plus original.

Si Time of Empires dénote parmi les sorties actuelles, au moins il est simple à décrire. Prenez un jeu de civilisation (expansion géographique, conflits entre joueurs et avancée technologique) et faites gérer toutes ses actions par une mécanique classique de placement d’ouvrier. Imaginez maintenant qu’on remplace les meeples habituels par des sabliers. Voilà, vous avez ToE.

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A la recherche du temps perdu

Le fait que tout soit chronométré -les actions par les sabliers mais aussi la durée des manches via une application mobile- change complètement la donne en termes de sensations. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elles sont intenses. L’impression d’urgence ne nous quitte pas durant toute l’heure que dure la partie.

Malheureusement, sensations fortes ne riment pas forcément avec bonnes sensations. En ce qui me concerne, cela a même été l’inverse. La course contre le temps imposée par le jeu m’a épuisé, aussi bien mentalement que physiquement. Les amateurs d’adrénaline vont sans doute apprécier. Moi, j’ai juste eu le sentiment que le jeu me bousculait en permanence, me rappelant un peu le métro 13 aux heures de pointe. Loin d’être le meilleur souvenir de mon ancienne vie parisienne.

Même en cours de jeu, cette pression temporelle permanente a des effets néfastes. La panique provoque des erreurs, des maladresses, qui m’agacent. Même la victoire ne nous semble pas justifiée quand on ne nous laisse pas le temps de faire les choses correctement.

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Pas si société

Je ne mettrai jamais les pieds sur les serveurs de Fortnite ou de League of Legend. Me faire insulter en russe par des minots de 15 ans n’étant pas vraiment ma définition d’une bonne soirée. Par contre, dans le jeu de société, j’aime interagir avec les joueurs. Parce qu’en face à face, on a moins tendance à oublier qu’on s’adresse à un être sensible mais aussi parce qu’on a le temps. On prend des nouvelles quand ce n’est pas à nous de jouer.  On se plaint d’un joueur trop agressif ou trop en avance. On se moque gentiment de Roger* dont le tour prend plus de temps que tous les autres réunis. Time of Empires interdit tout ça. Même pendant la pause entre les manches, on profite de ce répit pour souffler un peu et scruter la situation des autres joueurs et tout ce qu’on a pu manquer pendant le déroulé frénétique du tour.

Je dois confesser que pour le test de ToE, j’ai réduit le nombre de parties jouées au strict minimum. J’ai bien conscience que c’est un jeu qui s’apprivoise. Qu’après quelques parties, on doit pouvoir s’adapter à son tempo original mais rien, dans mes premières expériences, ne me donne envie d’y revenir.

Ce n’est pas parce que Time of Empires offre une expérience originale qu’elle est forcément plaisante. Lorsque le concept d’un jeu repose entièrement sur une course contre la montre, il faut s’attendre à ce que cela ne convienne pas à tout le monde. Les amateurs de jeux de stratégie temps réel comme Starcraft y trouveront peut-être leur compte. Ça n’a pas été mon cas.

*Afin de préserver son anonymat, le prénom a été modifié.

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Disponible ici :

Prix constaté : 72 €

Test: Dream Runners

Test: Dream Runners

Article rédigé par Fabien.

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Le nouveau jeu de chez Ankama Boardgames débarque ! J’apprécie beaucoup leur travail d’édition et le soin apporté aux illustrations et au matériel. Draftosaurus, Tales of Glory, Welkin, Les Trésors de Cibola, Monster Slaughter, selon moi une expérience ludique toujours renforcée par un travail visuel et matériel au top.

Dream Runners est l’œuvre de Joan Dufour (Flash 8), illustré par Jade Moch.

Il est prévu pour 2 à 4 joueurs, à partir de 8 ans et pour une durée de 30 minutes environ.

Parcourez des rêves et assemblez vos polyominos afin de repousser les cauchemars et récolter des ressources et fragments d’étoile. Ce jeu vous propose aussi une mécanique de temps réel avec un sablier qui vous mettra gentiment la pression, ainsi qu’une difficulté évolutive et paramétrable en fonction des joueurs et de leur âge.

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Le matériel

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Comme d’habitude avec Ankama, les illustrations sont magnifiques, le matériel de très bonne qualité, et un insert bien pensé (même s’il ne faudra pas trop tourner et retourner la boite 😉 ) vous permettra de gagner du temps lors de la mise en place et du rangement.

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A quoi ça ressemble ?

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Comment on joue ?

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Lors des 8 tours de jeu qui composent la partie, vous devrez résoudre un rêve représenté par une tuile rêve (24 tuiles de 4 niveaux différents disponibles). Au début du tour, on révèle une tuile au centre de la table, que tous les joueurs devront résoudre simultanément. Pour cela, vous utiliserez les segments en formes de polyominos. Vous les assemblerez afin de les faire correspondre au contenu de la tuile rêve.

Par exemple sur cette tuile :

Vous devez assembler vos segments pour recouvrir les différents symboles. Les icônes avec du rose sont les cauchemars, les autres des ressources que vous devrez essayer de récolter.

Dès qu’un joueur est satisfait du placement de ses segments, il l’annonce et retourne le sablier. Les autres doivent se dépêcher de terminer leur composition.

On vérifie ensuite le résultat de chaque joueur. On perd des points pour les cases en trop, ou les cases manquantes du carré de 3×3 cases. Si vous avez placé une icône « repousser » sur la case correspondant au cauchemar, vous ne perdez pas de points. Si vous avez placé l’icône « récolter » sur la ou les cases correspondant aux récompenses, vous les gagnez (fragments d’étoile, sérénité, clé ou pièce).

Ajoutez à cela des cases spéciales comme un bonus de récolte x2, des cauchemars plus balèzes que d’autres, et des coffres que vous pouvez ouvrir avec les clés récoltées précédemment.

Vient ensuite une phase d’amélioration durant laquelle vous allez dépenser vos pièces pour acquérir de nouveaux segments avec des formes et des icônes différentes, vous permettant de mieux affronter les prochaines tuiles cauchemars, qui seront de + en + difficiles à appréhender !

A la fin des 8 tours, chaque joueur additionne ses points et celui qui en a le + … l’emporte !

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VERDICT

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Dream Runners est vraiment plaisant et bien ficelé. Il vous embarque dans un monde onirique où vous devrez repousser divers cauchemars tout en récupérant des ressources pour améliorer vos « outils ». Tout le monde débute avec la même configuration mais au fur et à mesure de la partie, vos choix vous permettront de vous différencier et de vous adapter + ou – bien à la difficulté croissante des rêves qui vous sont proposés.

Dextérité, observation, prise de décision, le tout en agissant le + vite possible, surtout quand le sablier est déclenché, voilà ce que vous propose ce jeu. Et ça fonctionne, on est embarqué dans cette chasse aux cauchemars. Tous les joueurs résolvent le même rêve mais aucun ne le fera de la même façon, surtout quand on arrive à la moitié de la partie. Les choix que vous aurez faits, les segments que vous aurez achetés feront la différence ou pas. Attention tout de même à ne pas trop sélectionner de tuiles complexes lors de la mise en place si vous êtes avec des + jeunes ou des joueurs ayant du mal avec la gestion du stress et la manipulation, vous pourriez les perdre très vite.

Côté thématique c’est une belle invitation au voyage dans le monde des rêves, qui passe quand même au second plan au fur et à mesure de la partie. Le côté mécanique du jeu prend le dessus et on se voit réfléchir de manière optimisée afin de recouvrir les icones avec tel ou tel segment, le + rapidement possible. Mais clairement ça n’enlève rien au jeu qui fonctionne très bien. Peu d’interactions hormis la pression mise par les autres joueurs, et qui nous force à nous dépêcher, ainsi que le déclenchement du sablier dès que le + rapide a composé son tableau. Mais faire preuve d’un peu de patience permettra parfois de récupérer encore + de ressources !

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Prix constaté: 23 €