Test: Celestia

Test: Celestia

Celestia est un jeu de Aaron Weissblum, illustré par Gaëtan Noir (Canopéa), il est édité par BLAM !

C’est un jeu pour 2 à 6 personnes à partir de 8 ans et pour des parties de 30 minutes environ.

Ce test est réalisé à partir d’une boite qui a déjà quelques années et de nombreuses parties au compteur, il sera aussi question des deux extensions disponibles.

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Le matériel :

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Pour le jeu de base c’est vraiment top, les cartes sont de bonne qualité et l’aéronef est très sympa à assembler, mais tout ne tient pas toujours en place, il faudra parfois remonter des éléments qui vont tomber à force de manipulation, mais rien de dramatique tant que vous n’y allez pas comme une brute épaisse !

Pour les cartes des extensions, par contre, je ne peux pas être aussi élogieux.
Pourquoi ?
Elles sont bien plus fines que celles du jeu de base.

Pas dramatique me direz-vous, mais pourtant, quand je distribue les cartes, je sais si je distribue une carte d’une extension ou du jeu de base, dommage dans un tel jeu ou le secret de nos cartes doit être bien gardé…

La petite chaloupe rajoutée en plus est de très bonne qualité ceci dit !

Les jetons qui donnent des capacités spéciales à nos personnages sont de bonne qualité aussi, pas de soucis de ce côté-là !

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A quoi ça ressemble ?

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Comment on joue ?

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Celestia est un jeu qui mélange quelques mécaniques connues, le bluff, le guessing (le fait de pouvoir lire dans le jeu ou de passer outre le bluff potentiel des adversaires) et aussi ce qu’on appelle un « push your luck » (comprenez le fait de prendre des risques, un genre de stop ou encore quoi) dans un jeu qui mélange gestion de main de cartes et lancers de dés. Allergiques au hasard, passez votre chemin !l

C’est d’ailleurs totalement par hasard qu’on me proposa de m’embarquer dans la visite des cités flottantes de Celestia, le royaume du ciel.

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Diantre !

Comment cela se peut-il ?

Des cités volantes ?

Mais, même si vous dites vrai, comment s’y rendre ?

Comment ?

Dans cet… pardon ?

Aéronef ?

Ce gros bateau à hélice va nous faire monter dans le ciel pour nous rendre de ville en ville et tenter d’atteindre la dernière île ?

Pourquoi dites-vous : tenter ?

De quelconques dangers seraient-ils présents par-delà les nuages ?

Ah… Je ne suis pas très rassuré de savoir que pirates, oiseaux en tous genres, orages et brouillard sont possiblement rencontrables…

Comment ?

Vous dites que le navire est équipé de matériel permettant de contourner, fuir ou faire fuir ces différents dangers et que le voyage peut être effectué en toute sécurité ?

Ah mais cela change tout si le capitaine a la situation bien en main !

Plait-il ?

Le capitaine change de ville en ville et si je ne suis pas descendu dans une ville pour découvrir les trésors qu’elle recèle, je deviendrai capitaine et ce sera à moi d’éviter ces dangers ?

Il me faudra alors convaincre mes compagnons de voyage de faire la route avec moi ou qu’ils quittent le navire ?

Dans quel but s’il vous plait ?

Pour récupérer les plus beaux trésors ?

La première personne à revenir avec des valeurs cumulées de 50 et plus pourront être sacrées ?

Ah, vous m’intéressez de plus en plus !

Mais que se passe-t-il si le capitaine ne peut pas faire face aux dangers ?

Je peux lui donner un coup de pouce ?

Ah bien !
Il peut aussi tenter une manœuvre pour reprendre les choses en main ?

Parfait !

Mais, de vils malandrins pourraient vouloir notre perte ?

Non, impossible, si le vaisseau ne traverse pas les périls, que faire ?

Repartir au port et recommencer le voyage en s’équipant mieux ?

Cela me parait bien fastidieux quand-même, surtout que nous connaissons déjà les villes…

Ah, mais là je suis intéressé, vous dites que les villes ont plusieurs trésors de plusieurs valeurs, dont des longues vues qui nous permettent de contourner les obstacles et d’arriver à bon port quelle que soit la ville que l’on veut atteindre ?

D’accord, c’est parti, allons-y !

Visitons la prochaine ile !

Comment ?

Pourquoi l’aéronef ne bouge-t-il pas ?

Que dites-vous ?

Un gredin l’a amarré pour ne pas qu’il bouge ?
Mais pour quelle raison ?

Ah oui, je vois, il n’était pas satisfait d’être parti alors que la capitaine pouvait nous tirer d’affaire et veut nous voir ralentis…

Quelle mentalité lamentable.

D’ailleurs de dépit, descendez de l’aéronef !

Non, vous n’avez pas le choix, vous débarquez ici, ça vous apprendra à vous moquer de moi !

C’est injuste ?

Oui mais c’est la vie !

OH MISERE !!!!

L’aéronef va s’écraser !!!!

Ouf, j’ai mon jetpack qui me permet de terminer le voyage dans la ville en toute sécurité et de l’explorer !

Je remarque qu’un acolyte avait senti le coup venir et qu’il était parti de son propre chef dans la chaloupe. Malheureusement, la suite de son voyage n’a pas été de tout repos, je l’ai vu finir carbonisé par un éclair !

Me voilà à la tête d’un magnifique pactole de 51 trésors, à moi la victoire !

Mes chers compagnons, admirez mes 51 trésors rutilants !

Je prétends au titre de…..COMMENT ?????
VOUS EN AVEZ 55 ?!

MAIS, COMMENT EST-CE POSSIBLE ?!

*la fin du message est illisible*

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Verdict

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Cette petite boite recèle un petit bijou de jeu qui vous fera passer par toutes les émotions, le rire, la joie, la rage, la colère, le dépit, le sentiment de trahison, vous risquez même de perdre des amis car le concept de base de Celestia est quand même de faire croire à tout le monde que vous allez passer les dangers pour aller plus haut, dans le but qu’ils s’écrasent avec vous ou qu’ils partent dans les villes les moins intéressantes pour que vous puissiez continuer dans les villes avec des trésors de plus forte valeur.


C’est une valeur sûre pour fans de jeux où le hasard a sa place, mais où l’on peut tout contrebalancer avec du bluff : « Ok je ne peux pas passer ces obstacles, mais je vais faire croire que si, comme ça, tout le monde reste et personne ne gagne quoi que ce soit ! ».

Alors, pour le prochain obstacle, 3 dés, il me reste 2 cartes et je serai capitaine ?

Je descends tout de suite pour ne pas me crasher ensuite !

Le fameux push your luck qui donne des sensations de jeu intenses !

Un petit mot sur les extensions (au nombre de deux) : elles renouvellent énormément le jeu, le rendent plus stratégique, mais plus chaotique aussi, donc elles sont indispensables !

Plus de coups fourrés, plus de cartes pour venir en aide au capitaine quand on veut absolument aller plus haut et des cartes qui permettent même de partir en solitaire ou d’éviter 2 dangers de même nature sur une seule carte, de transmettre le rôle de capitaine à quelqu’un d’autre pour se barrer à l’arrache !

Il y a même des personnages pour que nous ayons une capacité unique à utiliser lors de la partie !

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Bref, des fous rires, des cris, des larmes et de la joie dans une petite boite, c’est, pour moi, un must have, qui passe avec tout type de personne, habituée ou non aux jeux de société, les règles sont assez simples et il n’y a que le timing pendant lequel jouer nos cartes qui peut être difficile à intégrer.

Une aide de jeu aurait été la bienvenue pour éviter de retourner régulièrement dans la règle pour savoir à quel moment jouer nos cartes de chacals, même si, à force, ça viendra tout seul.

Et parmi les extensions, à part ce souci d’épaisseur de cartes pour ma première version de la boite de base, les ajouts sont tellement bons que je ne joue jamais sans ces cartes désormais, même quand j’initie de nouvelles personnes, ça fait plus d’infos à retenir, mais le plaisir de jeu est multiplié car les sales coups sont plus nombreux !

La boite note que le jeu est jouable à partir de 2 personnes, mais de mon point de vue, en dessous de 4 il n’a absolument aucun intérêt, le duo est inintéressant et à 3 c’est à peine plus passionnant, c’est à partir de 4 qu’on peut voir l’intérêt et vraiment s’amuser, et dès qu’on est 5 ou 6, là le jeu tire son plein potentiel !

Une boite qui devrait être dans toutes les ludothèques où on aime les jeux que j’aime appeler de « fumiers » !

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Disponible ici :

Prix constaté : 22€

Test : Canopéa

Test : Canopéa

Après Celestia, un stop ou encore réussi aussi bien esthétiquement que mécaniquement, l’éditeur Blam! tente à nouveau le coup du jeu familial accessible aux enfants avec Canopéa. Malheureusement, je ne suis pas sûr que ce jeu de pichenettes connaisse le même succès.

Canopéa est un jeu d’Annick Lobet (Zombie Kidz Evolution), illustré par Gaetan Noir et édité par Blam!. Il est prévu pour être joué de 2 à 6 joueurs à partir de 6 ans pour une durée annoncée de 20 minutes. Cette critique a été écrite à l’aide d‘une boîte fournie par l’éditeur.

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A quoi ça ressemble ?

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Comment on joue ?

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Ah si votre ramage…

Ce qui frappe tout de suite une fois le jeu sous les yeux se sont évidemment les illustrations de Gaetan Noir qui, comme avec Celestia, font immédiatement mouche. On aime ou on aime pas, mais on ne peut pas nier qu’elles donnent à Canopéa une personnalité qui lui permet de sortir du lot. Une qualité bien utile pour le distinguer de la prolifique concurrence.

Une fois ouverte, la boîte paraît d’abord bien vide. On comprend vite que cet espace sera nécessaire pour contenir les différents éléments en relief sans avoir à les mettre à plat après chaque partie. Une fois le matériel monté, le résultat flatte la rétine. Tout est richement illustré et fourmille de petits détails sympas comme le vaisseau qui s’installe directement sur le palet. Par contre, s’il est nécessaire pour le jeu que les perchoirs soient légers, la finesse du carton me fait craindre pour leur durée de vie. Surtout si vos enfants ont l’habitude de détourner le matériel pour leurs propres jeux.

…se rapportait à votre plumage…

Canopéa est un jeu coopératif d’adresse et de mémoire dans lequel nous devons récupérer des oiseaux. Mais attention, pas comme ces vilains braconniers ! Nous, on est les gentils, notre but est de les ramener en sécurité à Canopéa avant qu’ils aient tous été capturés.

Pour cela, il va falloir heurter (avec gentillesse) les perchoirs avec notre vaisseau-palet et, animé des meilleures intentions du monde, en faire tomber les jetons volatiles. A chaque voyage une seule espèce d’oiseau peut être sauvée mais si à notre tour nous n’avons pas été capable d’en récupérer un seul, les braconniers en profitent pour tenter de nous en reprendre.

Idéalement, il faut donc mémoriser quels oiseaux vivent dans quels perchoirs afin d’optimiser nos voyages. Enfin, une fois les cinq voyages réalisés, pour savoir si on a gagné il suffit de regarder qui de nous ou des braconniers a la plus grosse pile d’oiseaux.

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VERDICT

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…Vous auriez pu être le phénix des hôtes de ces bois.

Canopéa part d’une bonne idée, ajouter une mécanique de mémoire toute simple à un jeu de pichenette. Alors qu’on aurait pu s’attendre à un jeu simple et rapide, le jeu manque pourtant de fluidité.

Les règles ne sont pas forcément très claires. J’ai dû relire plusieurs fois le passage sur les braconniers et si, en ce moment, mon sommeil est entrecoupé par un bébé qui refuse de faire ses nuits, je n’aurais quand même pas dû avoir tant de mal à comprendre une mécanique prévue pour un enfant de 6 ans.

Après, la règle fait aussi ce qu’elle peut avec ce qu’elle a à expliquer. Canopéa compte bien trop d’exceptions et de micro-manipulations pour le public qu’il vise. Prenons le retour à la cité des oiseaux, il faut : toucher l’élément sur la table représentant la cité puis y glisser les oiseaux, retirer les jetons braconniers, les mélanger, changer l’espèce d’oiseau recherchée et avancer le compteur de voyage. Cinq étapes pour un simple jeu de pichenette. Rajoutez à ça, le besoin de retenir la position de vingt-cinq jetons oiseaux répartis sur cinq perchoirs qui vont bouger sur la table. On est loin de la simplicité mécanique d’un Pitch Car.

L’autre conséquence du manque d’épure des règles, ce sont les parties sont un tantinet trop longues à plus de deux joueurs. Je n’ai pas eu l’occasion d’y jouer à six, mais déjà à quatre l’envie de presser la fin de partie se fait sentir. Une impression renforcée par le sentiment de redondance dû aux voyages. La boucle perchoir – perchoir – perchoir – Canopéa étant assez répétitive.

Dernier regret, si ses illustrations sont clairement son point fort, à aucun moment le jeu ne s’en sert pour créer un univers. La narration, pourtant importante dans un jeu pour enfants, est vite expédiée et, en dehors de la cité de Canopéa qui donne son nom au jeu, rien n’est caractérisé. Les espèces d’oiseaux n’ont pas de noms, les braconniers ne sont même pas représentés. C’est beau mais un peu vide et c’est dommage.

Angry birds ?

Je ne voulais pas voler dans les plumes de Canopéa. J’aime beaucoup les jeux de pichenettes et j’adore l’univers visuel de Gaetan Noir. Pourtant, même si les parties ne sont pas toujours évidentes à gagner, je n’ai pas retrouvé la tension que j’attends dans ce genre de jeu. En raison, sans doute, de règles pas assez fluides et d’une boucle de jeu trop répétitive. C’est dommage.

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Disponible ici :

Prix constaté : 22 €