Test : Once Upon a Line

Test : Once Upon a Line

Mais kéçéçé c’machin ?!

Oui, ça résume assez bien ce qu’on se dit quand on entend parler de Once Upon A Line (OUAL pour les intimes).

OUAL, c’est un peu un OLNI (Objet Ludique Non Identifié), sorti d’un peu nulle part, sans vraiment s’être annoncé, j’ai pu tester le prototype il y a quelques années de cela et maintenant je fais un retour sur le jeu complet.

Le prototype m’avait donné envie, c’est donc naturellement que j’ai suivi la campagne et que j’ai participé à celle-ci.
Non seulement je voulais encourager une équipe française, mais aussi le concept même du jeu et sa mécanique m’ont mis immédiatement sous le charme, bien que je sois de base totalement réfractaire aux jeux de type legacy (si vous n’être pas familier avec le terme, ça signifie qu’on va détruire/endommager/modifier de manière définitive le jeu au fil des parties pour finir soit avec un jeu plus basique à jouer à la fin, soit avec simplement des souvenirs de partie, OUAL est dans cette seconde catégorie, une fois terminé, le jeu n’est plus rejouable, enfin presque, vous verrez en fin d’article.).

Donc malgré l’horreur que m’inspire le fait de détruire un jeu, OUAL réussi le pari de ne pas me donner cette impression de le détruire vraiment !

Comment est-ce possible, me demanderez-vous ?

Tout simplement parce que la mécanique de gratter des cases sur une grille offre un plaisir bien plus intense que de devoir déchirer une carte ou placer un sticker sur un plateau.

J’ai étrangement moins eu cette sensation de côté irréversible, alors qu’une fois une case grattée, on peut se… gratter (badum pchhh) pour revenir en arrière, c’est tout aussi irréversible que de déchirer une carte.


Mais ce côté legacy ne m’a finalement pas dérangé plus que cela !

Bon ok, c’est un jeu jetable, ce n’est pas dingue, mais au moins, est-ce que c’est bien ?

Derrière se sous-titre bien trop long se cache une vraie question : doit-on céder pour acheter OUAL quand on sait qu’on y jouera qu’une fois et qu’on devra le jeter.

Pas de prêt, de don ou de revente possible, c’est poubelle…

Donc l’investissement en vaut-il la chandelle ?

A cela, je répondrai sans hésiter : OUI !

Pourquoi ?

Déjà parce que chaque chapitre qui constitue la campagne vous prendra entre 2 et 4H pour être terminé, donc multiplié par les 5 chapitres, ça fait quand même une bonne campagne qui vous occupera de longues heures (si vous avez la flemme de faire les calculs, comptez entre 10 et 20H de jeu pour voir le dénouement de l’histoire.)

Rajoutez à ça que vous allez vivre une histoire, faire des choix qui vous mèneront à l’une des 4 fins possibles dans un univers assez atypique.

Cumulez-le avec le fait que c’est ultra satisfaisant de gratter les cases, de découvrir des mots, des indices, de faire progresser vos héros et enfin, cerise sur le gâteau, rajoutez des énigmes à résoudre et vous avez là une expérience nouvelle dans le monde du jeu de société mélangeant le jeu à gratter, que votre tonton va s’acheter au bar tabac du coin, avec une ambiance de jeu de rôle sur table magnifiquement illustré, secouez le tout et vous avez un jeu de société unique, dans tous les sens du terme !

Ok, tu as aimé, on le comprend, mais ça parle de quoi ?

Comment ça ?

Il vous en faut encore plus pour vous lancer dans l’aventure et vous n’avez pas encore appelé votre boutique habituelle pour réserver une boite ?!

Bon ok, je parle un peu de l’histoire, mais je n’en dis pas trop, zéro spoil !

Vous êtes des Soufflerimes, des entités très puissantes qui veillez sur l’équilibre des mondes.

Et le monde des humains est en danger !

Votre charge est d’empêcher qu’avec leurs idées de génie, ils ne provoquent leur propre extinction.

Le pire a été évité il y a fort longtemps, mais une catastrophe a quand-même eu lieu.

Maintenant, les insectes sont les maîtres du monde et les humains tentent de survivre, loin des smartphones, GPS et autres réseaux sociaux.

Certains arthropodes sont malgré tout dociles et continuent d’assister les humains dans leurs différentes tâches.

Les humains ont légèrement évolué aussi et sont organisés en différentes castes, l’injustice règne toujours (oui, les humains sont très forts pour être injustes et pleins de préjugés, ça ne change pas…), mais surtout, une nouvelle catastrophe va arriver et il faut l’empêcher car l’humanité risque l’extinction.

Votre rôle en tant que Soufflerimes sera de vous glisser dans la peau de certains de ces humains, homme ou femme et de les guider vers un avenir moins catastrophique que l’extinction.

Y arriverez-vous ?

Le sort de l’humanité est entre vos mains !

Voilà pour le résumé qui ne divulgue absolument rien de l’intrigue ni des personnages !

Résumé et validation de l’achat

Pour finir de convaincre les dernières personnes qui n’ont pas encore décidé d’acheter cette pépite voici mon plaidoyer final :

Once Upon a Line est pour moi, le jeu de l’année 2025, son originalité faisant que personne ne peut se placer au-dessus de lui.

Sa mécanique originale fait de lui un choix intéressant pour découvrir quelque chose de vraiment unique.

Si on ajoute à ça qu’on peut acheter des packs de recharge pour réinitialiser le jeu, soit pour le vendre, le prêter, le donner ou simplement pour le rejouer en faisant d’autres choix et pour découvrir d’autres fins, on se retrouve avec un cocktail qui fait que le temps qu’on passera à réfléchir, à gratter les cases, à se raconter l’histoire et à profiter du jeu nous procureront de vraies sensations agréables et pleines de rebondissements. (Vous voyez que le jeu n’est pas totalement et irrémédiablement fichu, comme je le disais plus haut !)

SI je devais lui faire quelques reproches (car le jeu n’est pas parfait non plus hein !) :

C’est un peu salissant de gratter les cases, donc aspirateur à main à proximité recommandé !

Le grattoir fait parfois des siennes et il sera soit un peu difficile de gratter, soit on retirera quelques morceaux des lettres présentes sous l’encre à gratter et enfin, le présentoir de cartes de héros qui est un peu fin pour y placer les cartes sans les endommager (mais c’est un problème connu, qui sera comblé pour la réimpression du jeu).

Sinon, je ne trouve pas grand-chose de plus négatif à en dire, nous avons passé un excellent moment et nous avons hâte de finir les extensions.

Car oui, il y a des extensions pour prolonger l’expérience !

Mais ça sera l’objet d’un prochain article !

Notre boutique partenaire :

Test : Méandres

Test : Méandres

Critique réalisée à l’aide d’un prototype envoyé par l’éditeur Perte & Fracas.

Qui n’aime pas les cauchemars ?

Bah tout le monde en fait…durant notre sommeil, il faut avouer qu’on préfère rêver de la victoire que de se voir perdre à son jeu favori et se faire humilier parce que tout à coup nos vêtements ont disparu et que l’on déambule dans les rues à la recherche d’un couvercle de poubelle pour cacher notre intimité alors qu’un monstre de légende se paye notre tronche… (non ce n’est pas du vécu, j’invente, OK ?!)

Alors rassurez-vous (ou pas), la thématique de Méandres n’est là que pour mettre des illustrations sur des cartes et sur la boite et pour avoir des meeples monstrueux, sinon elle passera au second plan.

Donc ce côté cauchemar sera présent uniquement sur la boite et les cartes, le reste du temps, vous aurez surtout envie de conquérir du territoire, d’embêter vos adversaires et de tenter de bien choisir les « légendes » que vous allez recruter pour tordre les règles à votre avantage.

Des règles horribles ?

Pour une fois, je vais détailler un peu les règles car le jeu ne sera probablement pas encore disponible au moment où vous lirez ces lignes puisque j’ai reçu un prototype du jeu pour en parler avant sa mise en ligne sur une plateforme de financement participatif.

Donc les règles sont assez simples, vous aurez des grands meeples, appelés les seigneurs et de plus petits meeples, appelés des rejetons.

Votre but sera d’essaimer le plateau de jeu qui va évoluer au fil de la partie et qui va forcément changer d’une partie à l’autre puisqu’il faudra poser des tuiles à chaque tour.

Une fois toutes les tuiles placées sur l’aire de jeu, la partie prend fin, on procède au compte des points puis la victoire est attribuée à la personne qui en comptabilise le plus.

Le scoring final change un peu de ce qu’on voit habituellement, ce qui apporte une différence assez bienvenue.

Donc les règles sont simples, elles tiennent sur 2 pages d’un petit format.

Le jeu se joue de la manière suivante :

Au début de la partie vous avez une carte colorée qui représente votre « emprise » dans ce monde des cauchemars.

Elle est d’une couleur définie aléatoirement et vous sera utile pour essaimer le plateau.

Votre seigneur partira d’une tuile colorée, le jeu propose 4 couleurs, du bleu, du rose, du jaune et du gris.

A votre tour, vous sélectionnez une carte appelée « danse » dans une rivière de 4 cartes.

Vous devrez faire entre 3 et 4 déplacements sur des tuiles de différentes couleurs en partant d’une tuile adjacente à celle sur laquelle vous êtes posé.

Cette carte vous permettra de placer entre 1 et 4 rejetons une fois la danse terminée.

Pour le déplacement vous devrez respecter l’ordre des couleurs indiqué sur la carte danse choisie, il vous est possible de revenir sur vos pas, mais vous ne pourrez pas terminer votre déplacement sur la tuile de laquelle vous êtes parti.

Une fois ceci fait, si votre seigneur est sur une tuile qui est adjacente à une (ou plusieurs) tuile qui représente la couleur de votre « emprise » (la carte qui vous est remise en début de partie) vous pouvez y déposer un ou plusieurs rejetons.

Si, en chemin, vous êtes passés par une tuile contenant un seigneur adverse, vous déposerez aussi un rejeton sur sa tuile.

Quand vous avez terminé cela, vous prenez une tuile d’une autre couleur que celle sur laquelle votre seigneur se situe à ce moment-là et vous la placez où vous voulez sur la table, soit à côté d’une autre tuile, soit par-dessus si la tuile le permet.

Car les tuiles peuvent s’empiler et vous allez jouer sur plusieurs niveaux et ainsi la zone de jeu sera soit plus large, soit simplement plus haute.

Une fois ceci fait, vous remettez une carte danse pour remplacer celle que vous venez d’utiliser et c’est à la personne suivante de jouer.

Vous pourrez acquérir des légendes qui vous aideront à modifier certaines règles en votre faveur, elles changeront peut-être aussi votre couleur d’emprise, ou au contraire elles vous laisseront le choix de conserver la même ou de la remplacer.

Pour le scoring final, il vous faudra être présent sur le plus de tuiles possible, si en plus les tuiles ont plusieurs étages et que vous avez 3 de vos rejetons dessus, c’est le jackpot !

De même un bonus sera accordé pour toute tuile grise occupée par vos rejetons, donc un combo de 3 rejetons sur plusieurs étages dont la tuile au sommet est de couleur grise et c’est l’assurance de marquer des gros points !

Surtout que placer un ou plusieurs rejetons sur des tuiles grises n’est pas aussi facile que pour les 3 autres couleurs, donc il faudra bien jouer !

Et si jamais vous avez réussi à isoler un rejeton et qu’aucun autre se trouve sur les tuiles adjacentes, c’est encore un bonus de points !

Ajoutez à ça un scoring qui se fait via votre carte d’emprise en fonction du nombre de fois où vous vous êtes arrêté sur une tuile qui ne contenait aucun rejeton vous avez un scoring sympa, original et qui demandera de bien optimiser ses déplacements.

Un jeu qui vire au cauchemar ?

Et bien non !

Au contraire, pour un jeu aux règles si simples, le scoring oblige à la réflexion, à regarder ce que font les autres pour ne pas leur laisser de bonnes opportunités, mais il faut aussi ne pas trop vous isoler pour éviter d’être bloqués et de devoir faire une danse de la dèche qui n’apporte que peu d’intérêt.

J’adore ce genre de jeu, on explique les règles en moins de 10 minutes, le jeu ne prend pas trop de place, mais il demande de bien réfléchir si on veut optimiser ses mouvements pour avoir le meilleur scoring possible.

Il demande de l’adaptation aussi parce qu’on peut se faire piquer les tuiles qu’on voulait et on peut recouvrir les tuiles qui intéressent les autres pour s’arranger soi-même.

Le jeu peu aussi totalement être joué en mode « no brain ».

On joue un peu à l’arrache, sans se soucier de l’autre pour juste se détendre un peu et ne pas être à fond dans la compétition, la tension sera moins présente et poser des rejetons ou des tuiles sans réfléchir est possible, mais je ne suis pas certain des sensations que cela peut procurer car j’aime me triturer les méninges et optimiser au mieux sur ce type de jeux (même si ça ne me réussit que rarement, il faut l’avouer…)

En résumé, Méandres est un jeu à la thématique atypique, même si elle ne se ressent pas au travers des mécaniques, mais c’est un jeu très plaisant pour la réflexion et qui a une jolie présence sur la table une fois la partie terminée, qui demandera de surveiller les autres donc qui est aussi interactif.

Si on ajoute à ça un prix très raisonnable, on a affaire à un vrai bon jeu qui donne envie de rejouer !

A priori, le jeu sera proposé à 24€ + 1 extension pendant la précommande à venir fin septembre 2025, puis 35€ environ à sa sortie en boutiques.