De la déduction et des neurones qui chauffent
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Si vous avez joué à Turing Machine, vous ne serez pas en grande difficulté pour comprendre la logique de base du jeu. Je ne comparerai pas vraiment les deux jeux, mais des parallèles seront faits, c’est inévitable : même auteur, même logique de base et globalement même concept : trouver la solution de l’énigme avant les autres et avec le moins de coups possible.
Je vais d’ailleurs commencer par faire la liste des points communs avec Turing Machine pour que vous puissiez savoir à quoi vous attendre.
On retrouvera : des paravents pour pouvoir écrire sur votre feuille sans risquer que quelqu’un ne regarde ce que vous faites. Des indices à trouver pour vous donner des pistes sur la solution de l’énigme que vous avez à résoudre. Une combinaison d’indices visibles en plaçant une feuille derrière un objet perforé pour avoir la réponse à la question que vous vous posez. Une course pour obtenir la réponse avant les autres, ce qui met immédiatement fin à la partie en cas de bonne réponse.
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Les différences avec Turing Machine (ah bah si, je les compare finalement !):
Pas de chiffres à trouver, mais l’emplacement de formes géométriques dans un grand carré. Aucune « machine » au centre de la table qui donne des indices à choisir ; dans Archeologic, vous décidez de l’information dont vous voulez prendre connaissance et personne d’autre ne saura ce que vous avez consulté comme information. Choisir un indice vous coûtera du temps en fonction de la précision de l’indice que vous voulez connaître.
Tout cela produit un jeu qui va brûler vos neurones encore plus que Turing Machine, car en plus des indices, il vous faudra vous repérer dans l’espace avec des formes géométriques, ce qui peut dérouter totalement si on n’est pas à l’aise avec la géométrie dans l’espace (spoiler alert : c’est mon cas !).
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Une mécanique simple, mais efficace
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On retrouve donc un mélange de Turing Machine avec un soupçon de Patchwork (si, si). Le côté Patchwork pour le choix de vos indices : plus vous allez chercher des indices précis, plus vous allez consommer de temps, donc plus vous allez avancer sur la piste de position. Cette piste sert à savoir qui va jouer en premier lors du prochain tour. Le jeu propose de placer des polyominos, orientés de différentes manières, et qui doivent tous former un carré parfait en fin de partie.
Sur ces polyominos, des disques ou des triangles sont dessinés et ils doivent aussi correspondre à la solution du puzzle pour que votre victoire soit validée. Une image valant plus que mille mots, voici le carré, avec les formes qui sont dessus :

C’est assez clair ? (En même temps, vous ne pouvez pas me répondre… mais bon, passons…)
Pour les indices, ça se passe comment ?
On a une ligne ou une colonne dans laquelle on va rechercher une information. Ça peut être sur une forme spécifique, sur le nombre de symboles de disques ou de triangles visibles dans cette ligne ou colonne, ou si une forme précise est présente. Si je veux avoir un indice sur le carré susmentionné, ça me demandera plus de temps que si je veux savoir combien de cases vides sont situées sur ma ligne ou ma colonne. Ces lignes et colonnes forment un carré géant et sont toutes nommées d’un chiffre et d’une lettre, un peu comme dans le vieux jeu « Touché-coulé » : A1, manqué…
On cherchera donc par exemple à savoir si la forme carrée se situe en B3.
Mais si on cherche une forme spécifique, comme je le disais, ça coûtera plus de temps. À quoi sert le temps ? À savoir qui joue et combien de fois. Comme dans Patchwork, la personne la plus en avant devra attendre que les autres la dépassent pour pouvoir rejouer. Et tant qu’une personne reste en arrière, elle continue de jouer. Donc c’est toujours la personne la plus en arrière qui jouera en premier, comme dans Patchwork je vous dis !
Donc prendre un gros indice aide à trouver de bonnes réponses, mais on laissera peut-être entre 2 et 4 indices à une autre personne. À vous de peser le pour et le contre et de savoir quand prendre de gros indices pour éviter de laisser trop de possibilités à vos adversaires.
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Des nœuds au cerveau
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Cette manière de gérer les lignes, les colonnes, les formes des polyominos et les symboles qui sont sur ces polyominos, de prendre des notes selon ce qu’on comprend, fera que, si vous avez du mal avec la géométrie, vous allez avoir des certitudes qui seront balayées à l’indice suivant et que vous allez tout remettre en question tout le temps ! Pour moi, c’est extrêmement frustrant, mais pour d’autres c’est une gymnastique intellectuelle géniale !
Mais il faudra se triturer les méninges et avoir une logique implacable pour réussir à être plus rapide que les autres, car c’est une pure course. Une fois qu’une personne a trouvé la solution, la partie prend fin immédiatement ; pas de place pour le second ou pour tenter de trouver la solution dans le même tour ! C’est un jeu simple, mais qui demande une grosse réflexion (ou peu de réflexion, mais un esprit très logique avec des formes géométriques).

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Conclusion
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Ce jeu me casse les pieds, je suis le postérieur entre deux chaises… Je l’aime beaucoup car il est original tout en restant familier si on a déjà joué à Turing Machine. Il est joli et manipuler le matos est très plaisant. Ce qu’il propose est super sympa et donne envie de rejouer.
Mais en même temps, à cause de cette géométrie que j’ai du mal à appréhender, je me retrouve très vite à la limite de la crise de nerfs quand mes certitudes s’envolent, que je dois quasiment tout reprendre à zéro et que je vois mon ou mes adversaires trouver la solution rapidement alors que j’ai l’impression de ne rien avoir compris du tout.
Donc voilà, je n’ai pas d’avis positif ni négatif sur le jeu. Je l’aime autant que je le déteste et j’ai du mal à le sortir puisque je sais que je risque de me prendre la tête bien plus qu’avec Turing Machine par exemple.
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