Origin story n’est pas un jeu de plis.
Jamey Stonemeier est un grand amateur de jeux de plis. Il en fait des articles et des résumés de temps en temps sur BGG.
Être fan de jeux de plis est-il un gage de qualité quand on est auteur et éditeur de très bons jeux ?
Pour l’instant la réponse est non, clairement non.
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Origin story vous met dans la peau d’un super-héros de ses origines à la révélation de son pouvoir.
Commençons par le matériel, la petite boite contient énormément de cartes, des plateaux, le tout brillamment illustré par Clementine Campardou.
Pour le positif, c’est déjà terminé, passons au jeu et là c’est la déception qui domine largement.
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À chacune des 5 manches, on va recevoir une main de 8 cartes, choisir un nouveau pouvoir, et choisir si on veut un PV par pli que l’on va gagner (super-héros) ou 4 PV si on ne gagne aucun pli (super-vilain).
Rien de nouveau, rien d’incroyable mais du fonctionnel. La règle pour les plis est elle aussi plutôt basique : on doit suivre la couleur demandée et une couleur fixe est celle de l’atout.
Tout le sel du jeu viendra donc des pouvoirs de chacun, modifiant leur façon de jouer ou d’appréhender les plis.
Ces pouvoirs partent dans tous les sens, ce n’est pas une nouveauté avec Stonemaier Games, chez qui l’équilibrage est un détail. La sortie des peuples corrigés de Tapestry de façon payante illustre bien leur approche de l’équilibrage : jouez à nos jeux, faites-nous des retours et en remerciement on sortira un pack correctif que vous pourrez acheter. Chacun se fera son opinion sur le sujet, il n’en reste pas moins extraordinaire que cet éditeur ait si bonne presse et une telle cote de popularité dans un milieu où l’on fait des tier lists de cartes, des analyses de pouvoirs et autres décorticages de mécaniques pour savoir ou réfléchir sur l’équilibrage des jeux.
Les pouvoirs d’Origin Story partent donc dans tous les sens, nous voilà prévenus.
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Ce qu’ils apportent est aussi du travail demandé au joueur : on doit les retenir, les siens, cela va de soi, mais aussi ceux des autres pour adapter sa façon de jouer. Si la carte la plus forte de l’atout ne peut plus gagner un pli parce qu’un adversaire peut inverser la force des cartes, c’est tout de même un paramètre à prendre en compte.
On va donc devoir travailler, se souvenir ou redemander en permanence si quelqu’un a la possibilité de modifier le pli en cours. Ou alors on s’en fout ? On joue, on voit ce qu’il se passe et on se désintéresse totalement de ce que les autres vont faire parce qu’après tout on est sur un jeu initié de 30 à 45 minutes ?
C’est ce que j’ai constaté le plus souvent. Les joueurs se disent leurs pouvoirs, les autres écoutent d’une oreille distraite et au final on fait des plis… sans les autres.
C’est là le paradoxe d’Origin Story, réussir à sortir l’esprit du jeu de plis d’un jeu de plis. On ne joue plus avec les autres, on s’amuse à créer son perso, à essayer de combotter les pouvoirs et à marquer un maximum de points de victoire. Pour être honnête, les points de victoire en fin de partie, on s’en moque un peu, on ne demande pas vraiment aux autres combien ils ont fait, chacun annonce son score et le gagnant est presque étonné de se retrouver dans cette position.
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Origin Story n’est pas un jeu de plis, c’est un tableau building en multi-solitaire, ces jeux où les autres sont autour de la table mais où mon jeu et ce que j’en fais est tout ce qui m’importe. Le jeu est déséquilibré mais ça, on le savait, c’est écrit sur la boite avec le logo de l’éditeur.
Pour autant est-ce un mauvais jeu ? Non, quand même pas, mais si on sait ce que l’on va trouver, ça peut amoindrir la déception. Reste un magnifique produit avec de super illustrations. Pour les amateurs de jeux de plis, vous pouvez passer votre chemin, ce n’est pas ici que vous trouverez votre compte.
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Prix constaté : 27€
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