Le labo en Festival : Vichy pro 2026
Ça y est, j’ai fait mon premier Vichy pro ! Et c’était vraiment super bien.
Mon statut Media avec le Labo des jeux m’offre la possibilité de participer à ces événements de manière privilégiée et de pouvoir tester un nombre conséquent des futurs jeux qui viendront emplir les étals des magasins dans les mois qui viennent.
Vichy Pro, c’est avant tout un rendez-vous commercial où de nombreuses boutiques (et ludothèques) viennent prendre la température et anticiper leurs futures ventes, négocier les commandes et finaliser les futures transactions afin de préparer les fêtes. Dans un contexte difficile pour le milieu des loisirs et où certaines boutiques historiques jettent l’éponge, où des éditeurs disparaissent, il est vraiment courageux à tous ces professionnels de s’investir comme ils le font. J’ai un profond respect pour chacun d’eux, éditeurs, distributeurs, boutiques et ces trois jours furent l’occasion de juger du dynamisme ambiant !
Nous avons donc abordé ce festival avec l’envie de nous laisser surprendre plutôt que d’arriver avec une longue liste de rendez-vous et de jeux qui avaient déjà fait le buzz. De plus, nous avions de notre côté, amené quelques jeux que nous voulions découvrir ensemble.
Tout d’abord, il faut constater que le nombre de jeux annoncés pour les mois à venir ne tend pas à diminuer, sachant qu’Essen arrive d’ici quelques semaines et là encore de nouvelles références vont fatalement apparaitre. La seule question qui reste en suspens, c’est : « vont-ils trouver une place sur la table des joueurs et joueuses de France et de Navarre ? ». Il est clair que chaque personne aura un avis différent sur la qualité ludique que représente un jeu et ceci en fonction du style qu’il affectionne, des personnes avec qui il joue et bien d’autres critères encore.
Comme je le disais juste avant, dans ce buffet pléthorique, difficile de ne pas friser l’indigestion et pour avoir travaillé en boutique il y a de nombreuses années, le nombre de références devient aujourd’hui un pari sur l’avenir car qui peut prédire le succès d’un jeu qui à peine en rayon, disparait au profit d’un nouvel arrivant. La prise de risque devient minime et beaucoup de boutiques n’ont pas les reins assez solides pour multiplier les références qui finiront parfois par être soldées d’ici quelques mois. C’est là que le travail des influenceurs peut éventuellement influer sur la décision qui amènera l’achat final. Il y a eu d’ailleurs une expérience vécue lors de ce séjour qui nous a amené à réfléchir. Mais nous en parlerons plus tard.
Nous avons testé un peu plus d’une vingtaine de jeux en deux jours (Nous sommes repartis le lundi en début d’après-midi).
Plutôt que de vous relater les choses de façon chronologique, voici pêle-mêle notre sélection et mes coups de cœurs :
Catégorie Expert :
Oïl Rock de chez Intrafin (localisation d’un jeu de chez Cranio). Premier jeu de son auteur, Marco Piola Caselli. 2 à 4 joueurs.
On incarne un Magnat de l’industrie et on cherche à développer son empire. C’est un jeu de pose d’ouvriers avec pas mal de twists et un système d’évolution des ouvriers original. C’est tendu, cela se joue en 4 tours et compte tenu du matériel, la rejouabilité s’avère très intéressante. J’ai personnellement adoré l’expérience. On lui reconnait une petite filiation avec Russian Rail Road. A essayer, si vous aimez les jeux d’optimisation.
Greenwood is a lie : Chez Super Meeple, localisation du futur Feuerland Spiele qui sera présent à Essen. Les auteurs sont Christos Giannakoulas, Manolis Zachariadis. 1 à 4 joueurs.
Dans Greenwood, on incarne des esprits de la forêt qui vont guider des compagnons afin de sauver des animaux magiques emprisonnés dans l’archipel de Greenwood. Ces animaux sont exploités par de méchants Druides. L’objectif est d’en libérer le plus possible et les faire quitter l’ile par le biais de sous-marins (« sic »). Le jeu est foisonnant et le matériel est particulièrement pléthorique. Clairement le parti pris graphique et la thématique sont très clivant. Les règles en soit ne sont pas compliquées, par contre il y a de nombreuses actions possibles à son tour de jeu et une iconographie importante (l’aide de jeu est d’ailleurs conséquente). Tester ce type de jeu à quatre lors d’un festival est toujours casse gueule et nous n’avons pas terminé la partie. Il est donc difficile de donner un avis. J’avoue que l’empilement de mécaniques et le thème plaqué a sorti de la partie deux joueurs sur quatre. Il est donc important de le tester dans des bonnes conditions et à 2 ou 3 car il y a de fait dans une partie découverte pas mal de downtime.
Tempestia : de chez Pearl Games de Sébastien Dujardin et Xavier Georges. 1 à 4 joueurs
On peut se réjouir, tel le phénix renaissant de ses cendres, du retour de Pearl Games. Nous n’avons hélas pas pu jouer mais Sébastien Dujardin a eu la gentillesse de nous pitcher le jeu : Tempestia est une planète à la météo instable et qui subit des tempêtes régulièrement. Les joueurs sont à bord de dirigeables et vont essayer de glaner le plus de ressources possibles. Le twist est assuré par des modules représentant les tempêtes qui se clipsent sur le plateau et qui vont restreindre les possibilités des joueurs au fur et à mesure de la partie qui se joue en quatre tours. Il est indéniable que Solenia est une inspiration pour ce jeu que nous aurons sans souci la possibilité de détailler lorsque nous pourront tester une version jouable.
Nous avons eu aussi la chance de pouvoir voir la prochaine réédition de Troyes, cette fois ci illustrée par Ian O’Toole qui est magnifique.
Catégorie Initiés :
Odéon : De chez Open Your Eyes Games. Premier jeu de Sébastien Datiche et Cyrille Sellier
Tout d’abord, il faut noter que cette maison d’édition est toute nouvelle et qu’Odéon est leur premier jeu. On leur souhaite un franc succès car ils le méritent tant Odéon nous a surpris dans le bon sens.
Dans Odéon, on aborde un thème qui dans le passé, n’a pas toujours rencontré un grand succès, la musique classique. Et pourtant, dès l’explication des règles et le début de partie, le jeu est fluide et élégant !
Un véritable coup de cœur
On a un jeu qui se joue en cinq manches intégrant de la pose d’ouvriers, de la programmation grâce à un système de partitions musicales hyper malin et de la collection d’œuvres musicales permettant de répondre aux souhaits du public ou permettant à des musiciens de devenir virtuoses. C’est intelligent, ça se joue en une heure et il y a une courbe de progression intéressante. Si vous avez l’occasion de le tester, vous trouverez avec Odéon un jeu intermédiaire original.




Lairs de chez KTBG : localisé par Moona Games. Les auteurs sont Josh Cappel et Christopher Westmaas. Un jeu en plusieurs modules, le premier se jouant exclusivement à deux.
Là encore un nouvel éditeur qui frappe un grand coup d’entrée avec un catalogue de jeux à venir incroyable. Je ne suis pas objectif sur ce coup-là, j’adore les gars qui composent cette équipe et j’adore leur ligne éditoriale (Hamani, Babiole, Tidal Blades). Par contre, j’ai découvert Lairs au cours de ce salon. Et ce fut pour moi un coup de cœur d’entrée surtout avec les modules à venir qui vont faire évoluer le jeu de façon exponentielle. Mais je vais me cantonner à décrire le jeu de base.
Le jeu est une sorte de dungeon crawler qui va se dérouler en deux phases. La première, grâce à un matériel de qualité en 3D, chaque joueur va « construire » son donjon sur une plaque de 36 cases numérotée de 1 à 6 et de A à F. il va devoir placer murs, pièges, monstres et trésors ainsi qu’une case départ et un escalier de sortie. La seconde partie grâce à des cubes d’énergie, chaque joueur va explorer à l’aveugle le donjon de son adversaire et essayer de le quitter en ayant fait fortune, en supprimant les monstres qui hantent les couloirs et en désamorçant les pièges. Le premier joueur qui sort impose la fin de la partie au tour suivant et c’est celui qui a accumulé le plus de points qui remporte la partie. Le jeu est clivant et ne plaira pas aux joueurs qui aiment avoir un véritable contrôle sur le jeu. Avec Lairs, il faut savoir jauger son adversaire et aimer prendre des risques. Il m’a fait penser à Eye of Beholder un vieux jeu vidéo d’exploration de Donjons ou à chaque intersection, on ne savait pas ce qui allait arriver !
En tout cas la suite est alléchante, avec deux modules supplémentaires qui vont permettre d’ajouter des monstres, introduire des Boss, construire un méga donjon et jouer seul contre plusieurs joueurs à la façon d’un Descent, incarner des véritables personnages aux pouvoirs spécifiques et bien d’autres choses encore !
Les trois boites seront disponibles en même temps à Cannes à priori ! Impatient, je suis !!
Pilgrims : de chez Potam Games de Radim Jurda. 1 à 4 joueurs pour une durée de jeu d’environ une heure
Pilgrim se caractérise tout d’abord par un univers graphique original qui là encore peut être clivant. Le jeu est une inspiration d’un jeu vidéo indépendant du même nom. C’est un jeu de collection et de gestion de main. L’objectif est de parcourir un plateau constitué de cartes et de collecter des objets ou recruter des compagnons qui vous aideront à réaliser des aventures (la manière d’obtenir des points de victoire). Il va donc falloir bien optimiser vos déplacements, sensiblement identiques aux mouvements de certaines pièces d’échec, afin d’arriver à vos fins.
Pilgrim se caractérise par une réelle originalité et est beaucoup plus profond qu’il n’y parait au premier abord. Là encore, ce fut une belle découverte.
Les Terrasses de Kanoa : de David Carmona et Karen Nguyen édité par Unfriendly Games. 1 à 4 Joueurs
Les terrasses de Kanoa à tout pour réussir : un bouche à oreille qui a parfaitement fonctionné lors de ce festival, une excellente jouabilité, un matériel plutôt soigné et des modules permettant de corser l’exercice au fur et à mesure des parties.
C’est un jeu de placement de tuile qui se décompose en deux phases : récolte de ressources et construction de son domaine. L’objectif du jeu est de développer son « environnement personnel » en collectant des ressources puis en construisant son domaine de façon à optimiser chaque élément et faire le plus de points possibles. Chaque « écosystème » à sa manière de scorer : les arbres valent plus de points quand ils sont regroupés en forêt, les cascades sont plus intéressantes quand elles sont placées en hauteur, les terrasses accentuent la valeurs des « écosystèmes » qui les entourent, etc. Vous l’aurez compris, on est dans un environnement familier avec des mécaniques proches de celles d’Acropolis. Et c’est peut-être le principal défaut des Terrasses de Kanoa. Sa filiation est tellement évidente que malgré des propositions originales, on a du mal à ne pas comparer les deux propositions sachant que son illustre prédécesseur a, en son temps, été plébiscité par beaucoup et raflé de nombreux prix amplement mérités. En tout cas, j’ai adoré ma partie et il offre assez de rejouabilité pour faire partie de ma ludothèque.
Fric Frac : de David Gordon et Jonathan Gilmour-long édité par Lucky Duck Game. De 2 à 5 Joueurs.
Depuis l’annonce de Lucky Duck d’abandonner certains types de jeux, il était intéressant de découvrir leur nouvelle ligne éditoriale. Nous nous sommes donc installés pour tester un jeu que l’on pourrait même classer dans la catégorie familiale : Fric Frac.
On a avec Fric Frac, un jeu super fun avec du bluff et de la collection de cartes.
Chaque joueur est un monte en l’air et va à chaque tour décider dans quelle demeure il va s’introduire pour s’emparer des richesses des riches propriétaires ou s’attaquer au coffre de la banque. Les autres joueurs vont « parier » sur la destination du cambrioleur qui lui aussi va face cachée, décider du lieu où il veut commettre son méfait.
Si le casseur de coffre est seul, il rafle la mise en entier. S’il a des complices, il y aura partage. Chaque demeure a des effets spéciaux qui ajoutent encore aux stratégies de chaque joueur : passage secret, tableau et objets rares, chien de garde.
Le jeu est composé de tableaux modulables qui ajoutent encore à la rejouabilité et à l’interaction autour de la table. Certains de mes compagnons étaient très dubitatifs en débutant la partie mais très vite, les rires ont fusé et tout le monde s’est pris au jeu. L’interaction est maximum et le jeu remplit totalement son office ! Une réussite en ce qui me concerne.
Catégorie Ambiance :
Bas les pattes : de Félix Metzinger et Sarah Germain édité par Disto Studio. 4 à 6 joueurs.
Des ours affamés, une rivière poissonneuse et un système malin de stop ou encore auxquels s’ajoute une originalité supplémentaire : l’ours qui remporte la mise doit frapper une carte centrale et en fonction du fait qu’il utilise sa main droite ou sa main gauche, les points qu’il remportera ne seront pas les mêmes.
Chaque ours garde au départ ses mains levées et un d’entre eux va découvrir une série de cartes dans un rythme qu’il choisit. S’il y a sept cartes sur la table, on les élimine et on repart à zéro.
Celui qui remporte la mise va devenir le donneur. Chaque ours a quatre possibilités de gagner des cartes avant d’hiberner. Quand deux ours ont épuisé leurs possibilités, le jeu s’arrête. Il va donc falloir bien jauger ses interventions et parfois agir avec rapidité afin d’éviter de s’endormir le ventre vide ! Pour corser le jeu, quelques cartes spéciales peuvent être ajoutées.
On a là encore avec Bas les pattes, un jeu fun, élégant et superbement illustré où on aura envie d’enchaîner les parties. Un autre coup de cœur en ce qui me concerne !
Dans le Mille : de Grace Kendall et Mike Belsole édité par Blackrock Games. De 3 à 7 joueurs
Jeu d’ambiance où il va falloir faire deviner un mot grâce à des indices (des lettres) qui logiquement et au fur et à mesure des tours vont former des mots. Tout le souci et qu’à chaque tour où celui qui devine ne trouve pas, les autres font circuler leurs supports et la communication étant interdite, il va apparaitre des situations cocasses.
Au départ, on distribue deux cartes à un joueur qui va choisir le thème qu’il désire voir aborder et le joueur suivant choisit un mot ayant rapport avec le sujet choisi. Ensuite sur un support ayant la forme d’une flèche, chaque joueur va inscrire une lettre correspondant à un mot ayant un rapport avec le mot à faire deviner. Plus le joueur qui devine, trouve tôt, plus l’équipe marque des points qui seront inscrit sur une cible. On fera le décompte quand chaque joueur aura été à son tour celui qui devine.
Dans le Mille vient surfer sur les vagues du succès d’un Just one. On retrouve là encore une filiation évidente même si le gameplay est assez éloigné pour pouvoir y jouer sans arrière-pensées. C’est efficace et cela fait ce pourquoi le jeu est conçu. C’est convivial et on peut vraiment s’amuser si on aime ce type jeu.
Catégorie Jeux pour enfants :
Pouss’ ta poule : de Yannis Lidy et Benoit Turpin édité par The Flying Games. De 2 à 4 Joueurs à partir de 5 ans
Pouss’ ta poule, c’est un jeu de stop ou encore au matériel incroyable et particulièrement fun !
Il est composé d’un poulailler qui cache un « fakir » à l’intérieur. Ce qui veut dire que quand on va y déverser un œuf de couleur, on ne sait absolument pas où il va sortir. Il y a trois sorties possibles.
Chaque œuf cache sur son autre face, un petit poussin qui peut ne pas être de la même couleur que l’œuf utilisé. Il y a cinq couleurs différentes. L’objectif est de savoir quand s’arrêter et d’éviter que deux poussins de la même couleur se retrouvent dans la même rigole, car dans ce cas au lieu de récupérer tous les poussins de couleurs différentes, on va juste récupérer un des deux poussins identiques. Ces poussins vont ensuite être utilisés pour pousser une poule jusqu’à la rivière. Si lune poule franchit cette limite, les autres n’ont plus qu’un tour pour pouvoir éventuellement la dépasser.
Franchement, on passe un agréable moment et les parties sont rapides. Un nouveau Flying Games qui m’a particulièrement séduit. J’ai hâte de le jouer avec ma petite fille !
Catégorie Jeux de cartes et de plis :
Minikin City : De Mathieu Verdier et Simone Luciani édité par Gigamic de 2 à 5 joueurs.
Premier jeu de deux designers qui ont eu déjà de multiples succès, Minikin City est un jeu de construction de moteur à base de cartes qui vont servir à la fois à déterminer qui emporte le manche en fonction de la valeur et de la couleur jouées et qui vont en fonction des collections construites rapporter des points de victoires en fin de partie.
Certaines cartes nécessitent l’obtention de Minikins pour pouvoir les activer. La partie se joue en 8 manches pilotées par huit cartes indiquant la couleur à jouer et les récompenses possibles en fonction du classement.
J’ai beaucoup aimé la découverte de Minikin City. Le jeu est malin, demande un peu de réflexion et se joue en une vingtaine de minutes, de quoi en enchaîner une autre.
Trick Stakes : de Susumu Kawasaki et Basaki Takumi localisé par Musoka studio de 3 à 4 joueurs.
Celui-là, je l’attendais depuis que j’ai eu la chance de le découvrir grâce à Romain Bré et Golden Meeple. Il était introuvable et Musoka studio a eu l’excellente idée de le localiser et il sera disponible à Essen. De plus, le bon goût français a amené quelques micro changements dans les règles afin de rendre le jeu plus fluide et plus tactique. De plus, la version française a été retravaillé du point de vue artistique donnant au jeu une dimension supplémentaire ! Voici de quoi récompenser l’attente de ceux qui voulaient l’obtenir et séduire ceux qui vont le découvrir.
Trick Stakes comme son nom l’indique est un jeu de plis, mais pas que ! il s’agit aussi d’un jeu de paris. Chaque joueur est au champ de course et ils vont avant de commencer la partie, parier sur un des quatre chevaux en course. Ensuite le premier joueur ouvre le pli et chaque joueur doit suivre à la couleur S’il n’a pas la couleur, il joue une autre carte ou il peut utiliser sa carte cravache qui lui permettra de rendre sa carte, couleur maitresse. Chacun ensuite va récupérer sa carte jouée car à l’issue de la manche, il va passer son jeu et son cheval à son voisin de gauche et les cotes des chevaux vont varier en fonction de la ligne d’arrivée, le gagnant de chaque pli faisant avancer son cheval. Au bout de quatre manches, chaque joueur aura joué avec chaque main. Le gagnant est celui qui a le mieux optimisé les mains et parié avec intelligence.
Trick Stakes est une petite merveille qui demande un peu d’investissement pour bien le maitriser. Je le range dans la catégorie expert. Ce sera en ce qui me concerne un instant buy à Essen.
Musoka studio a aussi localisé un autre jeu de pli et l’auteur, Jon Barron à ajouter une petite extension pour la version française : il s’agit de Tricky Time Crisis, un jeu de plis original dans un univers de super héros. Le jeu est fun est très malin (J’ai la version originale) mais nous n’avons pas eu le temps d’en faire une partie.
Seven Prophecies : de Hinata Origuchi chez Pixie Games. 3 à 4 joueurs
Là encore, Seven Prophecies est un jeu d’origine asiatique qui était déjà sorti, il y a quelques années dans une édition beaucoup moins jolie (2017).
Seven Prophecies c’est à la fois de la programmation ainsi qu’un jeu de pli un peu particulier.
Tout d’abord, on va étaler sur la table, dix cartes qui permettront de savoir quelle sera la couleur d’entame à chaque pli. Ensuite on va évaluer sa main et déterminer non pas le nombre de plis mais combien de fois on va être premier, second, troisième ou quatrième et on va l’indiquer avec sept cubes ce qui nous laisse une marge d’erreur de trois.
On va jouer ensuite normalement en tenant compte de la couleur demandée. On classera sous la carte guide les cartes en fonction de leur place dans le pli et on y fera figurer un cube ne notre couleur pour indiquer que l’on a rempli une partie de notre objectif. Si l’un des joueurs a rempli ses sept objectifs, la partie s’arrête. Dans le cas contraire, on finira les dix plis et une nouvelle manche débutera.
On a avec Seven prophecies une nouvelle itération autour du jeu de plis avec une mécanique originale de programmation et de gestion de main afin d’atteindre son objectif. Je trouve cela pour ma part extrêmement efficace et la version commercialisée est particulièrement soignée.
Just Chillin : de Juan Agustín Maiolino et Ariel Mora de chez Mandoo Games localisé chez Pixie Games. De 1 à 6 joueurs
Avec Just Chillin, on est dans l’univers du 6 qui prend, un jeu nerveux, rapide qui va consister à prendre le moins de cartes possible. Dès qu’il y a quatre cartes de couleur identiques ou de chiffres identiques, la personne doit les ramasser. On a bien sûr à sa disposition des cartes spéciales permettant de vider la table, de donner les cartes présente à un de ses voisins, etc. Chaque carte représente un piment et certains tout comme les bêtes à cornes, sont plus corsés que les autres et comptent double.
A la fin on compte un point par carte ramassées, deux pour les piments « forts ». On regardera ensuite qui à la majorité par couleur ce qui permettra de contrebalancer le nombre de points négatifs en ajoutant un bonus de points. Celui qui a le moins de points dans la manche obtient aussi un bonus de points positif.
Just Chillin surfe sur les jeux de cartes que l’on sort à l’apéro et que l’on joue de façon frénétique pendant un temps. Difficile de dire s’il va trouver son public tant le créneau est embouteillé.

La Meute : de Johan Benvenuto et Gricha German Chez Sylex. De 4 à 8 joueurs
Autant le dire tout de suite, je n’ai pas du tout aimé mon expérience de jeu comme quoi le fait de réunir deux bons auteurs ne fait pas tout !
Dans La Meute on joue deux contre deux (au minimum) avec un deck de cartes identiques dans un jeu d’affrontement. Le gagnant gagne un croc et le perdant va affronter un autre joueur selon un système de rondelles qui bougent sur une échelle. On retrouve une mécanique déjà éprouvée avec des cartes qui selon, vont annuler le texte de l’adversaire, valoir une autre valeur, vous faire gagner des quartiers de lune qui s’additionneront à la valeur de certaines cartes et bien sûr la carte qui va vous permettre de récupérer toutes les cartes jouées. Quand un joueur a récupéré quatre crocs, il devient un loup Alpha et chaque combat est alors un combat à mort pour son adversaire, s’il perd. La partie s’achève quand il ne reste plus qu’un loup.
Que dire si ce n’est que la mécanique est classique et déjà vue et que le jeu est finalement bien long pour ce qu’il veut être. C’est une déception en ce qui me concerne compte tenu de la réputation des auteurs.
Catégorie jeux en périphérie, protos et bizarrerie :
Can’t Win : De Taki Shinzawa édité par Engames de 3 à 4 Joueurs
Can’t Win fait partie des jeux amenés à Vichy que nous avons joué à l’appartement. C’est un Shinzawa, donc gage de qualité ! Taki Shinzawa est un auteur prolifique, et qui à chaque fois qu’il crée un jeu, déclenche souvent de fortes attentes tant il a déjà des pépites à son actif.
Dans Can’t Win, c’est à la fois le scoring et le twist proposé au départ qui fait de ce jeu de pli toute son originalité.
Quatre couleurs dont une, le bleu, est toujours l’atout. Les règles sont simples, on suit toujours à la couleur et si on en est dépourvu, on joue n’importe quelle carte au choix, atout ou non.
Les subtilités du jeu se situent en début de partie ! on va devoir dans l’ordre que l’on veut, décider du nombre de plis que l’on va effectuer, symbolisé par des pions à poser sur les plis gagnants, et on va choisir une situation où nos cartes sont considérées comme perdantes. On a le choix entre une des couleurs, les cartes pairs ou les impaires. On aura pour cela une plaquette que l’on gardera devant soi pour que chacun ait bien en tête les choix de chacun. Ainsi lors de la partie, on pourra présenter sa carte de façon verticale afin de bien faire valoir le fait que l’on ne peut pas remporter le pli.
A la fin de la manche, on marque sur la fiche de score combien de plis on a réalisé et en dessous si on a réalisé notre objectif. On marque un point si l’objectif est atteint, deux points si on avait programmé le fait de ne faire aucun pli. Au bout de quatre manches, on fait le total du nombre de plis effectués sur l’ensemble de la partie que l’on multiplie par l’addition des objectifs réalisés. Le plus haut score l’emporte.
En ce qui me concerne, j’ai beaucoup aimé Can’t Win, ce n’est peut-être pas le plus abouti des Shinzawa, mais il a de mon point de vue, l’originalité et le fun nécessaire pour enchainer les parties avec un panel de joueurs variés.
Numberwang : de Cardner et Alex Babakitis édité par Odd Candy
Encore un jeu de pli et une réédition dans un emballage plus luxueux et la possibilité de le jouer à trois, quatre ou cinq alors qu’à l’origine, il n’était prévu que pour quatre joueurs.
Là encore, le principe est, on ne peut plus classique, on joue une carte et on est obligé de suivre à la couleur. Les cartes mauves sont des atouts mais ne peuvent être jouées directement que si quelqu’un à précédemment coupé un pli. Rien de nouveau donc dans la manière de jouer.
Le twist se situe au départ, on va avoir en main l’ensemble des mains de chaque joueur et on va devoir estimer le nombre de plis qu’ils vont réaliser. On récupèrera en dernier sa main et on complètera l’estimation, le total ne devant pas excéder le nombre de plis. Afin d’ajouter un brin de chaos, on va donner deux cartes à son voisin de gauche ou de droite suivant les manches.
Si on a bien déterminé le nombre de plis d’un joueur, en fonction de sa position, on va gagner un certain nombre de points indiqué sur la fiche de score. On marque ensuite des points concernant sa main par joueur qui n’a pas fait la bonne estimation.
Là encore, on passe un agréable moment avec un jeu de plis intermédiaire qui pourra rebuter par sa mise en place et le changement de sens à chaque manche. Le fait de voir chaque main et d’essayer d’anticiper le nombre de plis est un challenge intéressant. Plus réfléchi que fun, Numberwang reste pour moi un très bon jeu qui complétera parfaitement une soirée.
Marvel Remix The Cosmos ! : de Bruce Glassco édité chez Wizkids de 2 à 4 joueurs
La nouvelle itération Marvel Remix basée sur le légendaire Fantasy Realms vient de sortir ! et avec les abrutis que sont mes compagnons, il était évident que les parties allaient s’enchainer !
Quelles sont les nouveautés ? tout d’abord une carte géante de Galactus qui apparait si quelqu’un jette dans la réserve le surfer d’argent avant le sixième tour.
On peut maintenant jouer Thanos et les pierres d’éternité. Il y a d’ailleurs une nouvelle condition de victoire les concernant.
On notera aussi l’apparition de cartes qui se place horizontalement et qui donnent aussi de nouvelles conditions de marquer des points : les cartes cosmiques.
Des nouveaux personnages emblématiques, des super vilains et la possibilité de mélanger les deux boites en modifiant légèrement les règles : on débute avec sept cartes au lieu de six et la partie s’achève lorsqu’il y a douze cartes dans la réserve au lieu de dix dans le jeu de base.
Marvel Remix The Cosmos malgré quelques petites nouveautés n’apporte pas de changements majeurs au gameplay. Ceux qui sont réfractaires à l’univers ou qui n’ont pas accroché au premier du nom, ne trouveront pas de raisons d’y revenir. Pour les autres c’est un achat INDISPENSABLE !!!!! Galactus et Thanos les gars ! Comment on peut passer à côté ? Allo quoi ?
Protos : Nous avons eu la chance, l’honneur et l’avantage de pouvoir tester deux protos de Mathieu Verdier qui devraient marquer l’année 2027 avec la création d’une nouvelle maison d’édition : Mosaïc
Il s’agit de Birds et de Magister
Le premier est un jeu expert qui introduit une manière originale et inédite d’utilisation d’une rivière de carte et à déjà pour lui un buzz retentissant, le second est un jeu initié, plus classique consistant à créer son université lors de la renaissance. Je ne détaillerai pas les jeux pour l’instant sachant que chacun d’eux n’a pas totalement fini sa phase de développement. Tout ce que je peux en dire c’est que chacun d’eux dans leur catégorie offre une profondeur de jeu dans un temps de partie relativement serré ce qui est déjà une très belle performance. Vivement la suite !!
Bizarrerie :
Il s’est passé une semaine depuis que je suis rentré de Vichy et j’ai toujours la même interrogation concernant le dernier jeu que je vais détailler ici.
S’agit-il d’une bonne blague ou un vrai projet d’édition ? Je veux parler de ffffff ! présenté par Le Passe-Temps
Lors du salon pro, nous avons donc été sollicité par le Passe-Temps pour tester leur nouveau concept et être filmé pendant l’expérience.
Devant nous un tas de cartes blanches mélangées et l’objectif est d’en tirer cinq, unique, car surprise, un certain nombre de cartes sont collées entre elles.
Notre première réaction fut l’étonnement et nous nous sommes vraiment demandé s’il s’agissait d’une blague comme Simon peut être coutumier ou d’un vrai projet d’édition. Le plus surprenant c’est que personne n’en a parlé sur les réseaux.
Après recherche, le jeu existe bien, il s’agit de Mr Pai Pai de Macoto Nakamura en auto édition. En voilà la description :
« Des voleurs se sont introduits dans le manoir du milliardaire M. Pai Pai. Le trésor qu’ils recherchent est une carte blanche, qui, selon la rumeur, vaut autant qu’un diamant. Cependant, M. Paipai a tendu un piège. Ne vous laissez pas berner par la fausse carte Paipai et récupérez la carte blanche. »
Je reste donc très dubitatif quant à la suite de ce happening ludique ! Engouement autour d’un concept original et fun ou simplement une adaptation des « habits neufs de l’Empereur » ? J’attends avec impatience la suite, s’il y en a une !!!




































































