Ce week-end c’était festival pas loin de chez moi (dans le 54) avec la 7ème édition de Gondreville Est Ludique ! Un festival comme j’aime, à taille humaine mais avec autre chose que des vieilleries ou des jeux vus et revus. Les éditeurs locaux (on a de la chance d’en avoir plusieurs dans l’Est) et même ceux d’ailleurs jouent le jeu et on peut donc aisément jouer à des nouveautés toutes fraiches.
Le lieu est agréable, le festival est gratuit, et je n’ai pas attendu une seule fois avant de jouer à un jeu. C’est tout bonnement impossible dans la plupart des festivals, et c’est un confort de jeu incroyable, donc merci à l’orga de ce festival, en espérant que cela perdure pendant des longues années à venir !
Avec les copains et les enfants, on a donc passé presque tout notre samedi sur place, et voici des retours à chaud sur quelques jeux :
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Restart
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Un autre jeu agréable qui rejoint la pile de plus en plus importante de jeux consensuels, facile à apprendre, rapides à jouer, et avec un bon goût de reviens-y. Je sais pertinemment que ce jeu plaira à mes parents adeptes de Skyjo, Trio, Lucky Numbers, Hit ! et autres joyeusetés qui sont quand même bien partis pour s’installer sur la durée.
Le but est de se débarrasser de ses tuiles/jetons, en les plaçant dans un ordre croissant. Au centre du plateau, 5 lignes de couleurs différentes commençant par la tuile de valeur 1, et c’est aux joueurs de poser chacun son tour. Vous avez une suite de 5 chiffres de la même couleur, vous pouvez la poser et potentiellement embêter les autres. Les tuiles vont jusque 16, vous pouvez aussi fermer une ligne. Personne ne peut plus poser après un 16, sauf si quelqu’un a une tuile spéciale qui permet de « couper » tout ou partir d’une ligne. Et ainsi rendre à nouveau possible la pose dans cette ligne.
Soit vous prolongez une ligne en posant x tuiles, soit vous utilisez une tuile spéciale, soit vous passez.
C’est tout.
Une manche se termine lorsqu’un joueur n’a plus de tuiles ou lorsque tous les joueurs passent. Chaque joueur additionne alors la valeur des tuiles qu’il lui reste en main. La partie s’arrête dès qu’un joueur atteint ou dépasse 100 points (ou selon la condition de fin définie). Le joueur avec le score total le plus faible remporte la partie. (ce dernier paragraphe emprunté au site Iello, l’éditeur du jeu).
Je sais exactement avec qui je jouerai à ça, je pourrais même m’avancer et parier sur le fait que mes parents l’achèteront pour y jouer avec leurs petits enfants quand ils les auront en vacances. C’est immédiat, c’est agréable, c’est rapide, bref ça coche toutes les cases y’a rien à jeter. Il y a de quoi embêter les autres mais pas trop, c’est bien dosé.
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Got Five
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Le jeu de déduction du moment. J’avais envie d’y jouer pour voir ce que Yoann Levet, son auteur, avait trouvé comme nouvelle idée. Auteur de Myrmes, Kronologic, Turing Machine, Dewan, Archeologic, Humanity … c’est un auteur qui a le vent en poupe et la hype dans les voiles (oui j’essaie cette expression …). C’est surtout un auteur dont les jeux ne laissent pas indifférent dans la logique et le côté cérébral qui transparait de ses créations. Je le vois un peu comme un tableau Excel vivant cet homme là (en même temps vous avez déjà joué à Turing Machine ??) et Got Five pourrait lui permettre de toucher ce public familial et d’avoir son long seller, à savoir un jeu qui se vend sur le long terme, et qui ne se retrouve pas chassé par la prochaine vague des sorties ludiques.
C’est donc du familial, et si vous connaissez Mastermind et Qui Est-ce ? vous aurez une idée assez proche du jeu. Vous avez devant vous 5 tuiles qui sont rangées dans l’ordre croissant sur une réglette devant vous. Les autres voient les valeurs, vous non. Vous n’avez que la couleur de chaque tuile de visible. Idem pour les autres joueurs. A tour de rôle, vous piochez une tuile face cachée devant vous, et vous allez demander aux autres joueurs de la positionner au bon endroit de votre réglette. Cela vous permet donc d’en déduire que les tuiles situées à gauche sont inférieures à cette valeur, et à droite supérieures. Derrière votre paravent, vous pourrez alors éliminer des valeurs dans le but de déduire la valeur des 5 tuiles que vous avez depuis le début de la partie.
Vous pouvez aussi demander aux autres si l’une de vos tuiles comporte 1,2 ou 3 points, et ainsi continuer votre travail de déduction. Un adversaire va tirer la tuile verte 35 pour jouer son tour, vous pouvez alors la barrer chez vous, puisque chaque tuile est unique.
Le premier à avoir déduit ses 5 tuiles l’annonce à son tour, et l’emporte s’il a tout bon !
C’est gentillet, c’est très bien produit et édité, ça fait passer un bon moment, mais ça reste cantonné à du familial et manque un peu de profondeur selon moi. Cela me donne un peu l’impression d’un auteur qui décline sa gamme de jeux, et sa spécialité (la déduction) pour ceux qui aiment s’arracher les cheveux (Turing Machine et Archelogic), la famille avec Got Five, et peut être bientôt la version 2 joueurs, et la version coop. Alors le jeu est très bien, fait ce qu’on lui demande, mais n’en attendez pas plus.
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Dewan
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Même auteur que le jeu précédent, on enchaine avec un autre jeu auquel je souhaitais jouer. Annoncé par les influenceurs comme les aventuriers du rail new generation, j’avoue être resté sur ma faim.
Pour le pitch je suis fatigué, cliquez ici pour le site de l’éditeur, ça sera même mieux que si c’est moi qui en parle. C’est de la gestion de main, placement de huttes afin d’obtenir des symboles pour valider des objectifs.
On pioche des cartes ou on pose des cartes de sa main pour jouer sur le plateau. C’est pour le côté Aventuriers du Rail.
Je n’ai pas trouvé ça enthousiasmant du tout, c’est encore une fois un bon jeu qui fonctionne (heureusement 90% des jeux qui sortent de nos jours n’ont pas de problème majeur dans le gameplay) et il y a cet aspect course afin de valider ses objectifs le plus rapidement possible. Et donc optimiser sa main, sa présence sur le plateau. Mais c’est assez plat et linéaire je trouve, j’ai pas trouvé grand-chose d’original ou d’addictif. C’est sûr que c’est moins ma came de jeu mais j’arrive à apprécier beaucoup de jeux plus légers quand même. Dewan est très mécanique, le thème disparait dès que la partie commence.
J’y rejouerai si on me le propose pour essayer les 3 scénarios fournis dans la boîte, et voir ce que ça apporte à un jeu de base plutôt plat.
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Trok
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Un deuxième flop sur ce festival avec déjà un ressenti plutôt négatif en arrivant sur la table. La boîte est plutôt moche avec cet aplat de bleu, et surtout le trait de l’illustrateur ne me convainc absolument pas. Les couleurs un peu fades et pastels sont certainement voulues, mais au final rien ne ressort. Les personnages sont censés représenter des nains mais clairement, on me dit au départ que c’est des humains dans un univers fantasy j’y crois autant. De mémoire il y en a 1 qui ressemble plutôt à un nain, pour les autres bah ça me transporte pas. Bref, les goûts et les couleurs toussa.
Passé l’aspect visuel, on attaque avec les règles qu’on nous explique … mal. Ça arrive c’est un festival avec des bénévoles, tous n’ont pas joué aux jeux ou parfois 1 seule partie. On reprend le livret de règles et on comprend mieux. Alors on y retourne.
On a une main de 5 cartes avec des valeurs de 1 à 7 + 1 joker, tout le monde en révèle 3 devant lui. Le 1er joueur peut prendre une carte parmi les 3 devant ses adversaires, la garder ou l’échanger avec le marché (une rivière de 3 cartes). Tour à tour, les joueurs font la même chose, et quand toutes les cartes ont été échangées, on révèle les combinaisons. 3 cartes identiques font gagner des pièces, 3 cartes différentes permettent d’aller récupérer un « nain » qui nous amènera un pouvoir pour les prochaines manches. Le 1er à 50 pièces l’emporte. Quelques twists légers bien sûr, j’ai résumé l’essentiel du jeu en le minimum de mots.
Ça me donne vraiment le sentiment d’un jeu de plus dans le marché ludique. J’ai pas d’effet waouh, pas d’envie d’y retourner. C’est pas vraiment trépidant.
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Le druides d’Edora
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Alors celui là j’avais envie d’y jouer. Un Feld de plus, donc je sais à quoi m’attendre. Y aura de la salade de points à la fin. Je l’ai vu pas mal tourner au moment d’Essen et je n’avais pas encore eu l’occasion d’y jouer.
Commençons par le positif, le jeu est plutôt simple à appréhender, ça pourrait être plus lisible mais ça va, les mécas sont connues, et la partie est passée très vite. 1h20 explications comprises à 4 joueurs, c’est propre. Vous allez trimballer votre druide dans la forêt des Carnuttes, gérer votre nourriture pour ses déplacements et le placement de vos dés pour réaliser les actions de la clairière où vous poserez votre baluchon. Récupérer du gui, ériger un totem, gagner des bonus … et plein de manières de scorer bien sûr ! Au final, rien de bien fifou là dedans, c’est classico-classique.
Chaque clairière peut accueillir un dé de chaque joueur, et à la fin, celui qui reste sera celui qui a la plus grande. Bah oui déjà au temps des druides c’était le plus balèze qui l’emportait. C’est donc à surveiller parce que vous pourrez toujours faire votre action durant la partie avec un dé de faible valeur, mais pour marquer des points à la fin, c’est uniquement celui dont le dé à la plus forte valeur qui restera.
On ballade notre druide, on pose nos totems, on récupère des dés, on essaie d’optimiser nos trajets … J’ai trouvé ça sympa mais l’excitation que j’avais en commençant la partie s’est vite planquée derrière un arbre. Feld n’est pas l’auteur le plus original qu’on connaisse, mais parfois il arrive à sortir des sentiers battus et proposer quelque chose de marquant. Là j’ai passé un bon moment, heureusement que ça n’a pas duré 2 heures, mais à la fin je ne suis pas conquis. Pas de reproches particuliers, à part un manque de plein de choses. Et surtout rien qui ne le fait ressortir de la masse des bons jeux.
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